GénérationS

Publié par 10lunes le 4 décembre 2012 dans Rencontre

 

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Une jolie brune passe la tête par la porte entrouverte du bureau.

« Bonjour Lola, je suis Marie, la fille d’Agnès, tu te souviens ?
– …
Mais si, tu t’étais occupée de ma mère à la maternité. Et puis l’été suivant, tu étais venue passer quelques jours à la maison !
Heu…mais c’était quand ?
– Pour la naissance de mon petit frère
– Il a quel âge ton petit frère ?
– Dix huit ans
J’assure, assez soulagée que le temps qui passe ne soit pas ainsi marqué par l’évocation d’un jeune majeur,
– Ah non c’est pas possible, il y a dix huit ans, je n’étais pas ici.
– Non, non, je sais bien, ma mère a accouché à Chateauroux.
Je me tasse d’un cran sur ma chaise. Finalement, le temps qui passe est bien passé…
Elle continue à égrener ses souvenirs
– Tu jouais avec moi dans les couloirs de la maternité…

Au fil de son évocation, mes souvenirs reviennent. J’avais sympathisé avec ses parents. A l’époque les femmes restaient hospitalisées douze jours après la naissance, ce qui nous laissait largement le temps de nouer des liens ! Comme ils venaient de loin, la famille avait campé dans la chambre toute la durée du séjour. Marie était une charmante petite fille d’une dizaine d’années qui m’accompagnait dans mon travail quand mon occupation du moment s’y prêtait.

L’échange est chaleureux. Je prends des nouvelles de ses parents que je resitue maintenant très bien, puis elle me parle des études de son frère.
Et toi comment vas tu ?
– Moi, je suis enceinte !! clame t’elle joyeusement en désignant son ventre légèrement bombé… C’est pour ça que je suis là, je suis venue voir ta collègue.

Et elle poursuit avec enthousiasme
– Oui parce que je me souvenais bien de toi, et comme je savais que tu étais ici alors je me suis dit que j’allais voir ton associée, que si elle travaillait avec toi, elle devait être sympa… Parce que toi, je ne pouvais pas venir te voir, toi tu es la sage-femme de ma mère« …

 

 

©Photo

 

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Max

Publié par 10lunes le 27 août 2012 dans Rencontre

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Max ça fait plus de trente ans que je le connais, ou presque 50 ans. Ca dépend comment on compte. Quand j’étais toute petite fille, il me faisait sauter sur ses genoux. C’est ce qu’il avait raconté dès le premier repas d’équipe, le jour de ma première garde dans sa maternité. Moi fraîchement diplômée, en quête de légitimité professionnelle… le coup du « à dada », ça m’avait pas vraiment aidée.

Max, ami de mes parents, révélateur miraculeux avec Nicole, sa compagne sage-femme, qui permit à ma mère de découvrir le bonheur d’un accouchement heureux, joyeux et -presque- sans douleur après deux mises au monde calamiteuses. Max que j’ai connu enfant puis perdu de vue. Max que j’ai retrouvé 20 années plus tard grâce aux hasards de la vie, mais était-ce vraiment un hasard ? Le CHU qui m’avait formée ne voulait plus de moi et l’offre d’emploi signée de son nom venait juste d’être affichée sur le panneau de liège de l’école.

Max, coeur et maison grands ouverts, passionné, généreux, enthousiaste, confiant, optimiste. Max, son amour des femmes, sa folie douce, ses coups de gueule. Militant de la cause des femmes, il a été parmi les pionniers de  nombre de combats, accouchement sans douleur, contraception, avortement, naissance sans violence, naissance respectée…

J »ai quitté sa maternité il y a bien longtemps. Mais je sais ce que je lui dois. Il m’a offert un nouvel horizon.

Max est mort ce week-end.

Max tutoyait tous les membres de son équipe sauf quand il les engueulait. Le vouvoiement nous annonçait son ire tout comme sa voix tonnant dans les couloirs de la maternité, clamant le prénom de la désignée coupable. Sans savoir pourquoi,  je faisais l’inverse. Je le vouvoyais au quotidien, le tutoyant quand j’étais fâchée contre lui.

Max Ploquin, tu m’emmerdes à être mort.

 

NB : Cette maternité, je l’évoque aussi ici et encore là...

 

 

 

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Fragile

Publié par 10lunes le 17 février 2012 dans Rencontre

 

2409012938_c6729e3679_zTatoués, percés, crêtés, ils ne passent pas inaperçus. 

Ils attendent leur premier enfant avec bonheur, s’émeuvent des premières sensations, imaginent les mois à venir, s’interrogent sur leur compétence parentale. Habituelles réflexions partagées par de nombreux couples.  

Pourtant… réactions un peu vives, critiques à peine voilées, au fil des mots se révèle leur totale défiance vis à vis du monde médical.  

L’un comme l’autre ont une santé fragile, l’un comme l’autre se heurtent à un système de soin qu’ils ressentent comme brutal. Ils dénoncent une médecine indifférente et riche en préjugés.

Si elle a cessé de fumer depuis le début de sa grossesse, lui n’y parvient pas. Ce serait pourtant nécessaire. Un asthme sévère l’amène régulièrement aux urgences. Une fois soulagé, il en ressort avec un traitement, les consignes d’un suivi régulier et d’arrêt du tabac. Tous conseils qu’il s’empresse de ne pas suivre.

Le dernier pneumologue, consulté il y a plusieurs années, lui aurait annoncé qu’il mourrait trop vite de l’action conjuguée de son asthme et de son tabagisme… Provocation volontaire pour le faire réagir et le mettre en face de choix essentiels ? Lui l’a entendu comme une fin de non-recevoir.

Du pré au post natal, notre chemin commun durera une année. J’ai très naïvement espéré le convaincre de mieux se soigner, cherchant le spécialiste qui l’accueillerait sans jugement abrupt, espérant que l’accompagnement respectueux de la grossesse restaurerait sa confiance dans le milieu médical.

Peine perdue.

Il néglige tout suivi, consentant à se rendre aux urgences lorsqu’une crise plus grave le met à bout de souffle…
Il n’a pas trente ans et ne peut monter des étages sans faire étape à chaque pallier.

 

©Photo

 

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Mal lunée

Publié par 10lunes le 3 décembre 2011 dans Rencontre

 

Le bus bondé nous bringuebale à travers la ville. L’humidité qui s’échappe des vêtements trempés de pluie et la chaleur des corps pressés les uns contre les autres le transforment en serre tropicale. Je me fraye un chemin en essayant de ne pas perdre l’équilibre malgré les puissants coups de freins et m’échoue contre le siège de trois retraitées assises en file indienne.

Elles sont vêtues à l’identique, parka imperméable, veste stricte, jupe droite, collant épais et larges chaussures à semelles compensées. Noir de jais ou roux flamboyant, leurs cheveux permanentés gomment le prévisible poivre et sel.

Elles débattent avec cœur de la qualité de leur sommeil. La dernière nuit n’a pas été bonne.

« Evidemment s’écrie la première, c’était la pleine lune. C’est bien connu, la pleine lune ça a de l’effet sur le sommeil. Je ne dors jamais les nuits de pleine lune ».
Sa voisine renchérit « C’est pas seulement la pleine lune, à la lune noire c’est pareil. »
La troisième « Peut-être bien que c’était la pleine lune hier, mais moi je dors mal depuis trois jours ! ».
Et la première de conclure « Normal, la lune ça joue trois jours avant et trois jours après. »

On pourrait remplacer insomnie par accouchement, les débats seraient tout autant passionnés et les avis tout aussi péremptoires…

 

NB: la lune n’a aucune influence sur les accouchements

 

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Viril

Publié par 10lunes le 10 octobre 2011 dans Rencontre

 

Ils espèrent un nouvel enfant et celui-ci se fait attendre… comme le rendez-vous avec le gynécologue se fait attendre aussi, ils ont souhaité venir me voir, « pour faire le point » me dit-elle.

Le point sera rapidement fait. Une heure pour convenir avec moi que je ne suis pas la personne compétente en la matière, ce que je lui avais précisé lors de la prise de rendez-vous mais elle avait insisté.
Une heure et une consultation que je ne ferai pas régler parce que cela me mettrait mal à l’aise (puisque je ne suis pas la personne compétente…)

Une heure quand même pour évoquer leur désir d’enfant, la pression mise par la famille, les aléas divers de la vie qui font que, peut-être, ce bébé n’arrive pas du fait de quelques casseroles plus ou moins conscientes que le couple doit régler auparavant.

Une heure enfin à tenter de comprendre ce qui s’était passé lors de la première grossesse qu’elle décrit comme compliquée et très suivie. Elle affirme avoir tout oublié de ses difficultés précédentes pour n’en garder que le meilleur, son enfant !
Quels symptômes ? Ca n’allait pas fort. Quels bilans ? Elle ne les a pas. Quels traitements ? Elle ne sait plus vraiment, « une boite blanche avec une bande verte je crois »…

De cette marée d’approximations, doutes et hypothèses émerge une seule certitude, celle de son compagnon lançant fièrement « Moi, mes spermatozoïdes sont en bétons… et d’ailleurs, j’en ai plus que la moyenne ! « 

Et dans son œil, toute la conviction de la virilité affirmée.

 

 

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Mot à mot

Publié par 10lunes le 20 mars 2011 dans Rencontre

 

Cette magnifique jeune femme arrive avec un tout aussi magnifique enfant dans les bras. Son sourire est éclatant, celui de sa fille tout autant.

Heureusement que nous avons ce moyen de communication car la langue est une vraie barrière. Elle bredouille qu’elle parle très peu le français, hélas pas du tout l’anglais ; par contre l’allemand ou le russe lui iraient bien… Je sais dire merci en russe et mes années d’allemand remontent au lycée… va pour le français ! Au pire, on se débrouillera avec un traducteur en ligne.

Finalement son français n’est pas si mauvais. Je choisis mes mots,  parle lentement, accompagne mes paroles de nombreux gestes et mimiques… elle aussi. Un peu laborieux mais on y arrive.

A la fin de cette consultation, nous somme l’une et l’autre plutôt soulagées d’avoir pu nous comprendre.
Nous sommes en train de nous dire au revoir et je souris à sa petite fille qui me gratifie aussitôt d’un enthousiaste «areu »… que je répète évidemment ; comment résister aux tentatives de séduction d’un nourrisson ?

Le visage de sa maman s’éclaire : « Areu ? Areu ? Allemand, on dit aussi ! »


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Les mots pour le dire

Publié par 10lunes le 14 février 2011 dans Rencontre

Plus que plantureuse, les cheveux cachés par un voile, les mains potelées immanquablement croisées sur le ventre, toujours souriante, son regard vif contraste avec son attitude réservée. Elle murmure plus qu’elle ne parle. Sa gentillesse me fait fondre, sa timidité m’invite à la plus grande attention.
Elle a vécu, dans son pays d’origine, un premier accouchement extrêmement difficile et sans possibilité de recours médical. Elle a eu depuis d’autres enfants en France, tous nés par césarienne. C’est à l’occasion du suivi rapproché prescrit pour sa dernière grossesse que nous nous rencontrons.

Elle revient me voir après la naissance et me confie alors un autre pan de son histoire ; plus aucun désir, plus aucun plaisir depuis son premier accouchement dantesque. Aucune douleur, pas de lésion apparente, « juste » ce corps qui ne réagit plus.

Je mesure combien évoquer ce sujet lui a été difficile. Unique dépositaire de ce secret, je me dois de l’aider. Mais nos échanges atteignent rapidement ma limite de compétence, il lui faut un accompagnement plus adapté.
Je lui propose alors de retourner à la maternité pour y consulter une psychologue, faisant l’hypothèse que ce cadre connu l’effraierait moins. Elle refuse avec force, ce n’est pas cela qu’il lui faut. J’évoque prudemment une consultation de sexologie et elle acquiesce immédiatement. Décidément surprenante.

Nous nous mettons en quête d’un médecin qui prendrait en compte ses faibles revenus car nombre de praticiens de la région pratiquent systématiquement des dépassements d’honoraires.
Le premier correspondant, hospitalier, est débordé. Je l’oriente alors vers un autre spécialiste en insistant pour qu’elle précise bien sa situation de bénéficiaire CMU. Rendez-vous est pris.

C’est ce qu’elle revient m’annoncer. Je la félicite de sa démarche, l’assure de ma disponibilité, souligne que je serai heureuse d’avoir des ses nouvelles. Elle sourit, baisse les yeux, mais n’esquisse pas un au revoir. J’attends.

Le silence persistant, je m’autorise une question.Y aurait t-il autre chose qu’elle ait envie de me dire ?
Elle saisit la perche. La secrétaire lui a demandé une lettre de son médecin traitant. Parcours de soin j’imagine. Mais évoquer son absence de libido avec son généraliste est un triple défi. Il est homme, plutôt bourru, et médecin traitant de son conjoint.

C’est ainsi que je me retrouve à rédiger laborieusement un courrier à ce « Cher confrère » inconnu afin de lui exposer sommairement les difficultés sexuelles de sa patiente et l’inviter à une écoute empathique lors de la prochaine consultation…

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Mictions impossibles

Publié par 10lunes le 21 janvier 2011 dans Rencontre

Massive, le cheveu dru et blanc, l’œil vif, la voix forte, elle ne passe pas inaperçue.

Elle vient pour traiter une situation invalidante, des besoins irrépressibles et très fréquents d’uriner qui la clouent chez elle. Elle fuit le marché qu’elle aimait tant, ne fait plus ses courses que dans une grande surface proche de son domicile disposant de toilettes facilement accessibles, a renoncé aux sorties organisées par le club des anciens, n’ose plus répondre aux invitations de ses amis.
75 ans, veuve, elle reste malgré son âge alerte et tonique ; mais sa vessie la condamne progressivement à la solitude.

Elle reprend espoir lorsque, osant enfin en parler à son médecin, il lui prescrit des séances de rééducation. Elle arrive chez nous bien décidée à corriger cette vessie devenue incontrôlable.

Nous travaillons donc, avec assiduité, motivation. Elle se plie sans protester à mes « exigences », répète les exercices quotidiennement, consigne avec précision ses ressentis, la fréquence de ses passages aux toilettes, note les petits progrès.
Au fil des semaines, elle reprend le contrôle de sa vessie, retrouve confiance, s’autorise une sortie au restaurant avec le club, puis s’aventure à une excursion en car. Libérée de ses anciennes contraintes, elle retrouve amis et joie de vivre.
Nous pouvons nous quitter.

Quelques mois plus tard, je la croise dans un des rayons de la supérette voisine. Quelques clients y font leurs courses, leur panier à la main. La musique de fond est discrète, l’ambiance aseptisée.
A quelques mètres l’une de l’autre, nos regards se croisent. Je n’ai pas le temps de m’approcher pour la saluer. Rompant le silence quasi monacal du temple consumériste, elle s’écrie avec force Oh ! Lola ! Ça me fait plaisir de vous voir, je pense à vous tous les jours quand je fais pipi !

Je prends de ses bonnes nouvelles puis me sauve sans oser lever les yeux sur les clients qui nous entourent.
Mais je m’amuse encore à l’idée ce qu’ils ont pu penser…

PS : Pardon pour le titre calamiteux. J’ai pas pu résister...

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Partage

Publié par 10lunes le 15 janvier 2011 dans Rencontre

C’est une réunion de sages-femmes, un temps de rencontre où chacun peut évoquer son métier, son expérience, son ressenti, son vécu, ses attentes.
Un moment chaleureux où nous percevons la force de ce qui nous porte tous.
Un temps d’énergie partagée qui donne l’envie d’aller plus loin.

C’est aussi l’occasion d’évoquer les difficultés rencontrées.

L’une de nous prend la parole. Sa gorge est serrée, ses mots retenus, l’émotion affleure à chacune de ses phrases. Elle vient de passer une nuit sans sommeil auprès d’une femme dont l’accouchement était prévu à domicile. Au fil des heures, l’évidence s’est imposée. Cet enfant ne pourrait naitre à la maison.

Ils décident de partir à la maternité où la mère était inscrite – au cas où – maternité informée du projet initial… La sage-femme prévient de leur arrivée, en explique les motifs. Une fois sur place pourtant, l’obstétricien se braque. Il refuse de prendre en compte ce qui s’est passé auparavant puisque il n’en avait pas la responsabilité et exige que le protocole habituel soit suivi. Aucun respect pour la femme, son histoire, ses besoins, aucun respect non plus pour la sage-femme qui a accompagné les heures précédentes, qui sait ce qui s’y est passé, qui sait l’inutilité du protocole.

Bien plus tard, l’enfant naitra enfin, dans la tension, la fatigue, la violence.

Elle raconte. Sa voix ne tremble pas, ses yeux ne brillent pas, mais nous sentons chacune à travers ses mots sa souffrance. Il lui importe peu de ne pas avoir été entendue, que sa compétence lui ait été déniée. Non, la souffrance et la colère sourde qui l’habitent à ce moment sont celles de n’avoir pu protéger cette mère et son enfant de l’institution ; cette institution qui confond rigidité et sécurité, qui se défie du sur mesure en le prenant pour du laisser aller…

A cet instant, j’observe la main de sa voisine, autre sage-femme, qui vient de se poser sur son dos, verticalement, juste sous la nuque. Cette main, douce et immobile, affirme notre solidarité. Elle est un étai léger venant soutenir notre consœur.

Car nous partageons ce souci du bien être des couples et de leur petit, dépositaires d’un savoir que nous ne savons pas suffisamment transmettre.
Un savoir qui ne peut se dire en chiffres, en études randomisées, en odd ratio, en cohorte.
Un savoir qui s’appuie sur la force des femmes pour leur en donner plus encore.
Parce que l’histoire ne s’arrête pas à la naissance, elle se poursuit, elle recommence.

 


Sans rapport aucun (quoique…): l’on m’a demandé d’annoncer les Journées Annuelles d’Ethique qui auront lieu les 28 et 29 janvier à la Cité des Sciences. Je ne sais rien de plus que ce que dit le programme mais cet extrait du mail reçu me donne envie de relayer l’information :« Notre objectif : faire que les questionnements éthiques relatifs à la parentalité, la filiation et la place de l’embryon dans nos sociétés ne soient pas du seul domaine des spécialistes mais qu’ils puissent être appropriés et débattus par tous ».

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Contraceptif

Publié par 10lunes le 27 décembre 2010 dans Rencontre

TGV bondé des retours de week-end… pas d’échappatoire, les wagons sont pleins.

Un petit enfant surement très fatigué envahit l’espace de ses cris. Ses parents cherchent à l’apaiser, le bercent, le cajolent, tentent de faire diversion. Rien n’y fait.
Le père se lève alors et emmène le petit plus loin, dans le sas séparant deux rames. Même de là, les pleurs emplissent le wagon

Ils cessent par intermittence, nous laissant espérer l’apaisement puis reprennent de plus belle. Le petit bonhomme s’époumone avec enthousiasme.
Les minutes s‘écoulent, les hurlements font vibrer l’air…

C’est alors que j’entends une voix masculine s’élever derrière moi, assez fort pour être audible dans le vacarme du moment.
Il s’adresse à sa compagne assise à ses cotés :
« C’est là que je me dis, faut pas qu’ t’oublies ta pilule »

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