Leçons de l’expérience, épisode 2

Publié par 10lunes le 15 janvier 2017 à 10 h 03 dans Formation/déformation

 

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Comme promis dans ce déjà lointain billet, je vous raconte.

Le stage alterne théorie et exercice pratiques. La théorie me semble obscure, parsemée de néologismes divers et d’affirmations gratuites visant à vernir le tout d’un fondement scientifique irréfutable.
La pratique nous fait expérimenter le toucher.

Le premier exercice dont je me souvienne, c’est d’être assis en tailleur deux par deux et dos à dos. Nous devons sentir comment nos corps s’imbriquent, comment chacun réagit, se défend ou se détend au contact de l’inconnu de l’autre côté.

Le second…
Ah, le second…

Dans mon vieux souvenir un peu reconstruit nous sommes en sous-vêtements mais j’imagine que nous étions simplement jambes nues.
Nous nous bandons les yeux et les animateurs du stage nous placent deux par deux. Chacun doit toucher, palper les jambes de l’autre, en mémoriser formes, contact, perceptions diverses.
Puis les animateurs nous séparent et nous répartissent dans la salle.
L’exercice est maintenant de retrouver notre binôme.

D’aucuns, plus doués, plus chanceux ou plus tricheurs (y a eu des aveux secondaires !) y parviennent rapidement et gagnent le droit de s’asseoir et de retirer leur bandeau.

D’autres, moins doués ou plus naïfs s’appliquent à jouer le jeu.
Je suis – évidemment- dans le clan des naïfs.

Les exclamations de voix et autres commentaires m’indiquent que presque tout le groupe a terminé l’exercice.
Ils sont donc tous assis autour de la salle et contemplent les derniers égarés.

Nous restons quatre à tourner désespérément en rond en cherchant à percevoir où sont les autres.

Je donne un spectacle pitoyable. Imaginez un peu.
Dans un  corps post-partum avec lequel je ne suis pas tout à fait réconciliée, je suis en slip (et surement T-shirt), sous les yeux de différents étrangers et pire encore de mon chef de service, également stagiaire.
J’avance quasi pliée en deux, battant largement mes bras tendus à 50 cm du sol.
Oui, 50 cm, surtout pas plus haut.
Parce que les voix montrent qu’il reste au moins un mec parmi les retardataires et que je ne veux pas prendre le risque de choper une paire de couilles…

Je ne sais plus comment ça s’est terminé, si j’ai retrouvé mon binôme ou si en désespoir de cause, on a autorisé les derniers à laisser tomber.

Mais là aussi, j’ai mis des années avant de réaliser la perversité de cet « exercice » et surtout à interroger ma tolérance du moment.

 

 

10 commentaires sur “Leçons de l’expérience, épisode 2”

  1. reinemere dit :

    Je ne dirai qu’un mot:pfffffffffffffff

  2. Akä dit :

    Quelle cruauté…

  3. philomenne dit :

    Et là, finalement, tu as deux solutions (à ma connaissance mais je suis preneuse d’une troisième) : soit tu te soumets, soit tu refuses et tu passes pour une chieuse, une rebelle… et ça, devant ton chef de service, ça n’aurait peut-être pas été possible, non ?

    1. 10lunes dit :

      Aucune idée. Ce qui me consterne, c’est de n’avoir même pas eu l’idée de protester…

  4. Caroline dit :

    Euh.. c’était quoi le BUT de cet « exercice » ?!?

    1. 10lunes dit :

      Le but, je ne sais pas vraiment et je ne sais pas si je l’ai su un jour !

  5. Aurore dit :

    J’ai du mal à trouver l’utilité de cet exercice qui doit mettre tout le monde mal à l’aise…

  6. Liloo dit :

    on dirait un jeu de mariage! lol Nous on a caressé des pommes, et nous devions les retrouver avec les autres pommes ds le saladier. et on les a toutes retrouvées!

  7. Hiatus dit :

    Ça ressemble pas mal à du bizutage avec l’alcool et les costumes ridicules en moins…

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