Poussez pas !

Publié par 10lunes le 15 mars 2014 à 17 h 03 dans Naissance, Profession sage-femme

 

bulldozerLa nuit a été longue. L’annonce de la dilatation complète lui parvient comme une libération. La dernière ligne droite se profile enfin, quelques poussées et son petit sera là.

Vite dit.
Oh, elle s’applique pourtant, mettant en œuvre tout ce qui lui a été appris, dans une expiration forcée du plus bel effet. Du plus bel effet sauf sur la progression fœtale.
La sage-femme l’encourage, tente de lui communiquer toute l’énergie dont elle dispose, elle qui vient de prendre sa garde.
Mais rien n’y fait, le petit n’avance pas.

La sage-femme suggère une pause,
– Si vous voulez, on attend un peu ?
– Non, non, je ne veux pas me reposer. Je veux pousser !
– La sage-femme insiste doucement : Vous êtes sure d’être prête ? Il n’y a aucune urgence. Si vous avez besoin d’un peu de temps pour vous séparer de ce bébé…
Sa phrase reste inachevée ; la mère s’offusquerait presque de l’hypothèse évoquée…

Chacun poursuit ses efforts. La sage-femme propose de changer de technique. Va pour une poussée bloquée.
Ventre tendu, rouge aux joues, son souffle explose quand enfin elle s’autorise à reprendre un peu d’air.
Comme il serait tentant d’appuyer sur son ventre. Une « petite » poussée sur le fond utérin et très certainement ce troisième bébé viendrait se poser sur le périnée maternel.
Tentant mais injustifié. Tout va bien si ce n’est l’inutilité des efforts. La sage-femme se donne, leur donne, du temps.

Et puis le déclic, ce besoin de pousser qui s’impose. Cette force qui la traverse. Ce souffle qui se transforme en cri. Comme une évidence.
En une seule contraction, la tête arrive à la vulve. Elle la sent, souffle plus doucement pour laisser glisser son enfant hors d’elle.
Il est né.

Que s’est-il passé ? Comme une bascule, une dernière hésitation vaincue dans l’ambivalence qui préside à toute mise au monde : garder l’enfant encore un peu pour soi ou le laisser partir. Le temps du corps n’est pas forcément celui de l’esprit et le col utérin peut s’ouvrir bien avant que la mère soit prête à la séparation.
Si elle pousse cependant, elle sera inefficace. Combien de femmes le disent ensuite « Je sentais bien que je ne faisais pas ce qu’il fallait, mais je ne pouvais pas faire autrement ». L’ambivalence est bien au delà de la volonté…

Parfois l’ambivalence cesse, parfois elle se règle par une extraction instrumentale.
L’intermédiaire semble être « l’expression utérine », ce geste paraissant anodin car réalisé sans instrument. « Accompagner « les efforts de poussée de la femme en labourant son ventre  appuyant sur son fond utérin.
Violent et absurde.

Soit il y a un obstacle réel et il ne sert à rien d’appuyer, il faut utiliser une aide instrumentale pour mieux orienter l’enfant dans les axes du bassin maternel, ou même recourir à la césarienne.
Soit il n’y pas d’obstacle. Pourquoi alors ne pas se laisser du temps ? Rien n’oblige à pousser dès dilatation complète. Savoir attendre, c’est permettre à la femme de réaliser que l’heure de se séparer est venue, de l’accepter ou de s’y résoudre…

L’expression abdominale est fortement déconseillée par la HAS depuis 2007.
L’enquête du Ciane révèle pourtant qu’elle est encore utilisée dans un accouchement sur cinq !

 

Sur le même sujet  :
Le besoin et l’envie
Brève tempête 

NB : certains commentaires semblent rester bloqués plusieurs jours en attente de validation avant que je n’en sois informée. Vous m’en voyez à la fois désolée et incapable d’y remédier. N’hésitez pas à me le signaler par mail.

 

36 commentaires sur “Poussez pas !”

  1. Blandine Marie Renee dit :

    Oh que j’aime te lire Dixlune …

    l’expression abominable – euh abdominale – j’ai subi à mon ainée, juste parce que c’était la fin de service, et que les sf voulaient « me finir » avant de partir
    col déchiré
    hémorragie non diagnostiquée (personne ne voulait entendre que je perdais trop de sang jusqu’à ce que je m’écroule sur le berceau de ma fille …)
    épisiotomie largement surdéchirée (j’ai vu la tite stagiaire entre mes jambes près de la sf virer au vert olive, metter la main sur sa bouche et sortir en titubant quand ça a pété – à la poussée suivant l’épisio … c’est fou comme certains souvenirs restent en lettres de feu avec une précision chirurgicale …)
    le lendemain, impression qu’il y avait eu finale de rugby sur mon ventre
    périnée lésée en profondeur
    prolapsus de la vessie …

    Continue, Dixlunes ! merci !

  2. J’ai frémi pendant des années à entendre par ma mère le récit de la naissance de mon frère où elle décrivait la sage-femme, appuyer héroïquement de toutes ses forces sur son ventre.
    La dernière fois qu’elle a ressorti cette histoire en plein dîner familial, j’ai enfin pu lui dire que c’était juste une pratique dangereuse, à supprimer absolument, et que si vraiment on avait voulu l’aider il aurait peut être juste fallu l’aider à ne pas rester allongée sur le dos (pas de péri à l’époque).

  3. Eh bien, je fais partie du 1 sur 5. Mon ostéopathe a du tout me remettre en place. Ma sage femme a été choquée. Trop fatiguée, trop vulnérable pour protester. Vivement que cette pratique disparaisse.

  4. Kat dit :

    J’ai eu droit à l’expression utérine pour mon premier, mais je dois reconnaître que c’était au moins partiellement justifié – même si je l’ai senti passer ! J’avais 39.5 de fièvre (merci, gentil strepto B)et cela avait quasiment arrêté les contractions. Pendant ce temps, mon loulou était également colonisé par le strepto et son cœur battait de l’aile.
    La SF a donc poussé bébé vers la sortie car je n’avais plus la force de le faire, crevée par la fièvre qui durait depuis plusieurs heures (mon accouchement a duré 27 heures à partir de la perte des eaux) et dépourvue de toute sensation, alors que je n’avais pas de péri… Au final, une déchirure, mais pas d’épisio (mon gynéco, qui était là, préfère éviter si possible)et pas de dégâts à long terme, ni pour mon fils ni pour moi.
    J’ai nettement préféré mon second accouchement (27 heures aussi après perte des eaux, mais totalement physiologique), mais j’ai conscience que l’initiative de la SF, pour désagréable qu’elle ait pu être, m’a probablement évité une césarienne.

  5. Axyzt dit :

    Le mari n’est il pas souvent présent aux côtés de sa femme pendant l’accouchement ? N’a-t-il pas le moyen de s’opposer physiquement à des pratiques un peu barbares, a fortiori si elles sont entreprises sans consentement ?

    1. petrolleuse dit :

      Lorsqu’il s’agit d’accouchement, il semblerait qu’aux yeux de beaucoup – y compris (et même surtout) à ceux du mari – les pratiques les plus barbares soient justifiées. « Le médecin/la SF sait ce qu’il/elle fait tout de même, c’est pas moi qui vais lui apprendre son métier ». Quant à ce qui est de recueillir le consentement de celle qui accouche, j’ai bien envie de rire (jaune). D’où l’importance de s’informer bien en amont et de briefer soigneusement son compagnon pour faire en sorte que de tels gestes soient évités.

      1. Axyzt dit :

        Le consentement devrait être recueilli, mais j’imagine que le consentement éclairé donné par une femme qui mal, qui en a marre, et qui veut que ça finisse n’est de toute façon pas très éclairé… d’où l’intérêt supplémentaire de se renseigner en amont, ce qu’Internet permet aisément dans le monde d’aujourd’hui.

        Concernant l’attitude « le médecin connaît son boulot, je ne dois pas m’opposer », j’ai l’impression, du peu que j’ai cotoyé le milieu médical, que c’est quelque chose de très répandu parmi la population, et que le corps médical compte là-dessus. Peu de médecins admettent qu’ils ne savent pas tout, et on voit souvent des affirmations catégoriques (exemple récent vécu : « votre anémie ne peut absolument pas être la conséquence d’un don du sang », ce qui s’est avéré faux) alors que le médecin n’est absolument pas sûr.
        En tant que scientifique cela me gêne énormément, car on se rend compte que ce domaine qui devrait être celui des faits, de la rigueur, et de la méthode scientifique, repose en fait souvent sur des traditions non justifiées, de l’argument d’autorité à tout va, et peu de remise en question de ses pratiques. Si on avait fait de la physique comme on fait de la médecine, la Terre serait probablement toujours plate.

        Désolé pour le hors-sujet, c’est vrai que je n’ai pas grand chose à raconter concernant mes consultations avec des sage-femmes, ayant un chromosome Y. Par contre, j’ai des milliards de questions, mais on va faire les choses pas à pas. 🙂

  6. petrolleuse dit :

    Une femme ne ressentirait pas l’envie de pousser au moment de la dilatation complète car son esprit ne pourrait se résoudre à se séparer de son bébé? Les femmes qui ont eu le bonheur de se voir arracher leur bébé par des forceps ou une ventouse seront donc heureuses d’apprendre que c’était de leur faute… En matière de grossesse et d’accouchement, je me méfie de ces explications « psychologisantes » comme de la peste. Bien souvent, elles ne sont là que pour justifier l’ignorance du professionnel de santé quant aux mécanismes qui sont à l’œuvre dans ces processus physiologiques et n’ont pour (seul) but que de culpabiliser les femmes…

    1. Anna dit :

      Bien sûr que ce n’est pas de leur faute, c’est celles des SF/gynécobs qui n’ont pas su leur donner le temps nécessaire !

    2. 10lunes dit :

      Relis moi Petrolleuse. J’ai aussi évoqué l’obstacle physique..
      Et les forceps inutiles ne sont pas liés à la difficulté de se séparer de la mère mais au fait de ne pas lui laisser le temps nécessaire !
      Enfin reconnaître que le travail psychique accompagne le travail physique de l’accouchement, ce n’est à mes yeux pas culpabiliser les femmes mais au contraire les respecter.

      1. petrolleuse dit :

        Pardon 10lunes, mais ton texte n’était pas si clair:

        « Vous êtes sure d’être prête ? Il n’y a aucune urgence. Si vous avez besoin d’un peu de temps pour vous séparer de ce bébé… »

        « Que s’est-il passé ? Comme une bascule, une dernière hésitation vaincue dans l’ambivalence qui préside à toute mise au monde : garder l’enfant encore un peu pour soi ou le laisser partir. Le temps du corps n’est pas forcément celui de l’esprit et le col utérin peut s’ouvrir bien avant que la mère soit prête à la séparation. »

        « Parfois l’ambivalence cesse, parfois elle se règle par une extraction instrumentale. »

        Tout, dans ces extraits, suggère que le moment de l’expulsion aura lieu lorsque la mère sera « psychologiquement » prête à laisser partir son bébé. Et j’ai même été étonnée de voir l’insistance avec laquelle tu revenais sur cette « explication ». Cela m’a fait penser à ses femmes sur lesquelles on rejette la responsabilité d’un dépassement de terme ou – pire encore – à celles dont on explique les nausées de début de grossesse par un rejet de l’idée même d’attendre un bébé…

      2. Anna dit :

        Tu parles de « faute », pourtant on n’est pas responsable de ce que l’on ressent, et pour cause, on est loin de le maîtriser complètement… Personnellement je ne suis pas étonnée que le ressenti joue un rôle important dans le déroulement d’un accouchement. Nous, êtres humains, ne sommes pas que logique et réflexion, nous sommes aussi ressenti, émotions.

      3. -Elodie- dit :

        pour le coup je suis totalement d’accord avec petrolleuse!

      4. Liesse dit :

        Ce qui se passe dans notre inconscient est par essence non voulu/contrôlé/responsable ! Ça n’est pas une question de faute ou pas! Et pourtant ça existe, souvent. Le constater n’est qu’accepter que nous ne soyons pas qu’une simple tuyauterie.
        Nous sommes complexes, et c’est ça qui fait que nous sommes si magiques ! Reconnaître notre complexité est, pour moi, du respect ! Qu’on ai conscience ou non de cette complexité.
        Il n’y a rien de volontaire dans certaines réactions de notre corps, et aucune explication mécanique pour autant parfois…
        Définitivement, nous sommes bien plus que de belles mécaniques bien huilées (ou pas…). Et c’est comme ça… Et c’est beau… Et c’est pas notre faute !
        Merci 10Lunes pour ton beau texte !

      5. LiloMiska dit :

        J’arrive (bien) après la bataille mais je suis complètement d’accord avec pétrolleuse moi aussi. Les interprétations psychologisantes sont tout sauf appropriées venant des soignant.e.s ! Nous n’avons aucun moyen de savoir et la seule personne capable d’interpréter son psychisme est la/le patient.e. En obstétrique, mais aussi en médecine en général… (ou en tant qu’étudiante j’ai déjà vu ce genre de comportement chez les médecins). Ca masque bien plus souvent une méconnaissance d’un mécanisme physique d’ailleurs. Et de toute façon, comment faire la différence d’un point de vue extérieur ??
        Ces remarques étaient, à mon sens, du simple paternalisme. « Vous ressentez ça, je vous le dis parce que moi j’ai l’expérience, et c’est cela qui bloque la progression de votre accouchement »… Et c’est aussi culpabilisant.
        Libre aux patient.e.s de décrypter leur psychisme, avec du recul. Mais les soignant.e.s doivent rester à leur place. Nous ne sommes que des humain.e.s aux interprétations biaisées…

  7. Fanny dit :

    Expression pour ma première en 1999, je n’ai pas cherché à savoir si elle était évitable alors. En tout état de cause et malgré une rééducation périnéale dans les temps (par électrostimulation mais…), je souffre depuis lors d’une faiblesse du périnée. L’expression est-elle (seule) en cause ? Je ne sais.

  8. G. dit :

    Pareil avec mon premier en 2007 – et pourtant déjà je savais que c’était déconseillé, pas su/pu dire stop… Enfin, tous les trucs auxquels je n’ai pas su/pu dire stop, par méconnaissance de toutes les possibilités de faire autrement ou par confiance aveugle dans le corps médical…..

  9. Isabelle dit :

    Ma mère était à la maison cette semaine et on a parlé de l’expression abominable car il y avait un article qui disait qu’elle devrait bientôt être interdite (il serait plus que temps). Elle m’a expliqué qu’elle y avait eu droit pour l’expulsion du placenta après les naissances de mes frères et moi (1979, 1982 et 1987) et elle n’en gardait pas un bon souvenir.
    Je ne comprends pas qu’une telle pratique puisse paraître utile. Encore pour la génération de mes parents, je peux imaginer qu’on y voyait un intérêt mais de nos jours, ça ne devrait plus être pratiqué quand on sait les conséquences que ça peut avoir.

    1. Bonjour,
      au sujet de ce commentaire, 10 lunes, qu’en penses tu ? Il me semblait que la mauvaise pratique nommée « expression abdominale » concerne l’acte d’appuyer violemment sur le ventre de la femme pour « aider » le bébé a descendre. Ds le cas de la délivrance (donc bébé sorti et expulsion du placenta), il s’agit de quelque chose de beaucoup moins violent et qui « aide » l’utérus à se contracter ?

      Par contre je suis étonnée des commentaires : je trouvais clair la distinction entre certains cas où il y une part non négligeable de psychologique (la mère retient inconsciemment son bébé avant de le laisser sortir) et où il faut accompagner ( = laisser du temps, parler si besoin, etc…) et d’autres où un problème (mauvaise position du bébé, ou de la mère, ou autre) médical ou mécanique explique le blocage… J’ai vécu les deux, je ne me sens nullement jugée par ce récit…

      1. Gwen dit :

        Et toi, tu arrives sans problème à faire la distinction entre les situations où c’est l’inconscient qui fait blocage, et celles où c’est la mécanique qui coince… Très forte…

      2. Anna dit :

        De l’intérieur et avec le recul, j’imagine que oui.
        Et moi, je ne comprends pas pourquoi il faudrait avoir honte des uns et pas des autres.

      3. pétrolleuse dit :

        Je suis plutôt d’accord avec ça. Il n’en demeure pas moins que les femmes sont souvent promptes à culpabiliser et que les professionnels de santé ne font rien pour les en empêcher. Une femme à qui on met la pression en lui disant « il va falloir le lâcher votre bébé », parce que la dilatation ne progresse pas assez vite au goût de l’équipe médicale ou parce que le délai d’expulsion dépasse les 30 mn imparties, oui, c’est non seulement culpabilisant parce que cela sous-entend que c’est de sa faute si son accouchement ne se conforme pas au rythme défini par le protocole hospitalier, mais cela peut aussi conduire à justifier le recours à des méthodes brutales, invasives, puisque la femme fait elle-même obstacle à l’accouchement (sous-entendu, le bébé va finir par en souffrir…).

        Et puis, à l’inverse, ce texte suggère-t-il qu’en absence de cette « ambivalence » de la mère, l’expulsion est toujours immédiatement consécutive à l’étape de la dilatation complète? Il me semble au contraire que si ces 2 moments sont souvent différés, c’est pour permettre au bébé de prendre le temps de s’adapter au bassin maternel et de progresser vers la sortie, non? Je préfère de très loin cette explication mécanique à une fumeuse explication psychologique. Désolée, j’ai beau le relire dans tous les sens, je n’aime pas ce billet et ce qu’il suggère…

      4. Whaou comme j’aime internet et la possibilité qu’il offre à certains d’être agressifs gratuitement derrière leur écran ! Oui, avec du recul, on peut comprendre ce qui se passe dans notre corps, et même dans notre esprit. J’ai fait attention de dire ce qu’il en était pour moi, et non pas d’en faire une vérité universelle.

      5. Oups, les commentaires ne s’affichent pas dans l’ordre, je répondais à Gwen, pas à Pétrolleuse (dont je comprend tout à fait la logique! )

  10. kia dit :

    Également un peu agacée par cette explication psy que je trouve un peu facile. Ce sont des moments et des sensations que l’on experimente peu souvent et peu longtemps dans une vie, est ce si illogique et si psy d’avoir besoin d’un peu de temps pour s’y adapter physiquement ?!

  11. Hermine dit :

    Qu’ils sont beaux, tes mots qui racontent ce métier..

  12. Norine dit :

    Un truc que je comprends pas: pourquoi cette femme pousse-t-elle alors que, visiblement, elle n’en éprouve pas le besoin? Est-ce parce qu’elle vient de s’entendre dire qu’elle est à dilatation complète et qu’elle a alors pris l’initiative de pousser parce qu’elle pense que c’est le « bon » moment? Ou est-ce par ce que la SF lui a demandé de le faire? Auquel cas, cette dernière ne devrait pas s’étonner que la poussée ne soit pas efficace, non? Comme le dit une autre commentatrice plus haut, si le bébé n’est pas encore engagé dans le bassin, peu de chances que ces efforts soient couronnés de succès (« ambivalence » ou pas)…

  13. Kaya dit :

    Cela m’est arrivé pour ma fille que je considérait comme ma dernière : au moment de pousser, j’ai tout arrêter… pour me donner du temps. Ce qui m’a valu des « engueulades » des SF avec au final « mais Madame, il va falloir la laisser sortir, elle doit vous gêner! »

  14. Pour mes 2 accouchements, le terme était dépassé. Ils étaient longs et difficiles … on m’a souvent dit que c’étaient mes bébés qui voulaient restés au chaud mais je pense aujourd’hui que c’était moi qui voulait les garder encore un peu. Je ne me sentais pas vraiment bien enceinte mais je craignais l’arrivée du bébé: m’aimera t il? Aurai je l’énergie de m’en occuper comme il faut? Seule l’annonce d’une césarienne m’a mis au pied du mur, j’ai relâché… Mes deux bébés sont nés par voie basse non instrumentale!

  15. ES dit :

    1 Axyzt: le compagnon d’une de mes cousines était là lors de son accouchement (il y a une dizaine d’années), quand la sage-femme a pratiqué une expression abdominale tellement brutale qu’il lui en est resté de gros bleus sur le ventre par la suite… Mais que faire face à la décision du gynécologue ? Celui-ci, d’après ma cousine, avait été particulièrement odieux pendant tout l’accouchement: la sage-femme l’avait appelé (accouchement en clinique) alors qu’il était chez lui, et il n’a pas arrêté de lui reprocher de l’avoir appelé trop tôt, qu’elle aurait dû attendre, que l’accouchement se passait trop lentement, etc.

    Finalement, le bébé est sorti, mais avec le cordon enroulé autour du cou (et je ne sais pas s’il y avait un lien mais juste après sa sortie de maternité, ma cousine a dû être hospitalisée pour des hémorragies utérines importantes… Entre ça et son épisiotomie qui lui a fait mal pendant plusieurs mois, elle n’a vraiment pas gardé un bon souvenir de son accouchement.

    En ce qui me concerne, pour mon premier accouchement, lorsque j’ai été à dilatation complète (sous péridurale), la sage-femme (une personne remarquablement peu aimable) m’a annoncé « vous avez 30 minutes pour pousser sinon ce sont les forceps ». Bonjour le stress… L’envie de pousser n’était pas là du tout (et n’a jamais été là), ma fille était encore haute et je ne sentais rien de particulier. Bref, au bout de 30 minutes, forceps. Je ne sais pas si c’est lié au hasard, mais il y a eu 4 forceps cette nuit-là dans la même maternité.

  16. Nina Atté dit :

    C’est vrai on pense tous que si le col est dilaté, c’est que l’accouchement va se produire à l’instant même. En réalité, si la future mère n’est pas prête à couper le cordon alor le bébé se fera attendre.

  17. ocreperline dit :

    Manoeuvre fortement déconseillée depuis 2007… Et pourtant, 2011, j’y ai eu droit, résultat ? Hémorragie par atonie utérine.

    Avec des si j’aurai eu un accouchement tout autre. Arrivée aux urgences à 6 pour ma deuxième avec de fortes contractions. J’aurai juste aimé que l’on me dise, si on ne pose pas de péri, bébé est là dans peu de temps. Non, on m’a dit « vite, on pose la péri ». Péri posée, plus de contractions, le calme plat. Alors synto, des contractions de dingues sur le scope (heureusement que sur le scope), expulsion nulle car je n’ai jamais eu envie de pousser (manque de sensation à cause de la péri ?)et là la sage femme responsable non pas de l’accouchement mais du prélèvement de sang de cordon me fait cette manoeuvre, la jeune sage femme s’occupant de moi n’osant lui dire non. Il est vrai que bébé commençait à bradycarder mais il y avait d’autres solutions. Avec l’hémorragie j’ai eu droit à 3 révisions, une péri à forte dose et les effets indésirables de cette dernière… Bonjour l’accueil de bébé. On voulait me le coller dans les bras en même temps qu’on m’asseyait, une tension à 6, j’ai juste eu le temps de dire au papa de prendre sa fille avant de perdre connaissance.

    L’épisio est passée aux oubliettes et pourtant je n’en voulais pas mais soit disant peau claire oblige.

    Ce qui m’a fait bien « sourire » : 6 accouchements cette nuit là dont des jumeaux : 5 bébés en réa néonat et une maman qui a failli passer au bloc.

    Pour le troisième j’ai beaucoup réfléchi à l’accouchement à la maison et cherché des maisons de naissance. Au final placenta praevia donc césarienne. Le commentaire de l’obstétricien: « mais vous avez un utérus cicatriciel! » Tu m’en diras tant!

    Ce deuxième accouchement a eu des répercussions sur le début de ma relation avec ma petite fille. Au début, je ne me sentais pas vraiment sa mère, je savais que je ne fonctionnais pas au coup de foudre dès le bébé posé sur le ventre mais j’avais tellement mal vécu cette naissance que je me demandais si j’arriverais à l’aimer. A cinq mois, elle eu un problème de santé sans gravité mais qui a nécessité quelques jours d’hospitalisation, là j’ai eu le declic : ce bébé je l’aimais de façon inconditionnelle.

    Je vous raconte tout ça mais ce post m’a beaucoup interpellé… peut être besoin de le dire à une sage-femme ?

    Merci pour votre blog, ça fait du bien de lire une soignante qui se préoccupe de ses patientes. C’est le cas de beaucoup heureusement, j’en ai connu des supers et je dois dire que je fais tout pour être comme ça étant infirmière.

  18. ES dit :

    « L’épisio est passée aux oubliettes et pourtant je n’en voulais pas mais soit disant peau claire oblige. »

    J’avais déjà entendu parler des mythes concernant la peau claire et les crevasses lors de l’allaitement (on se demande bien comment font les norvégiennes qui sont 99% à allaiter en sortie de maternité…) mais je ne savais pas qu’il y avait aussi ce genre de discours au sujet des épisiotomies. En Suède, il y a moins de 6% d’épisios, et pourtant il y a beaucoup plus de femmes à peau claire là-bas qu’en France…
    C’est affligeant de voir que certaines personnes (y compris dans les maternités) continuent à répéter ce genre de choses, sans prendre au moins la peine de se renseigner !

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