Mauvaise volonté

Publié par 10lunes le 6 juillet 2010 dans Pffffff

Après deux grossesses vécues sans problème, l’attente de ce bébé se révèle plus difficile. Entre temps, elle a changé de métier pour devenir professeur de sport et dispense des cours aux enfants comme aux adultes. Activité très physique, horaires hachés en fonction des temps scolaires, séances nocturnes pour les salariés en quête de décompression après leur journée de travail, elle se donne sans compter. Si l’on y ajoute des nausées envahissantes, un utérus se contractant plus que de raison et deux petits à la maison… vous conviendrez que le rythme s’annonce difficile à tenir.

Il n’y a pas de réelle pathologie, juste une inadéquation entre sa
profession et sa grossesse. J’anticipe donc en lui demandant de voir son médecin du travail afin que son poste soit aménagé. Premier barrage de son employeur qui s’étonne de sa démarche, arguant que ce n’est pas à elle de solliciter une consultation à la médecine du travail. Elle insiste cependant et obtient enfin un rendez-vous… pour s’entendre dire que sa grossesse se passe bien et que si besoin, son médecin pourra toujours l’arrêter. Aucune proposition ne lui est faite d’aménager son poste ou ses horaires.

Blessée par cette indifférence, elle s’obstine à ne rien changer à ses cours, saute, pédale et bat des jambes avec application devant un public un tantinet médusé par de telles démonstrations d’énergie émanant d’une femme enceinte. A deux reprises, j’insiste pour qu’elle se repose et lui prescris une semaine d’arrêt. Voilà mon faible quota d’arrêt de travail autorisé (15 jours !) déjà épuisé…

Médecin du travail défaillant, sage-femme – absurdement – limitée dans sa prescription, elle ne peut que se tourner vers son médecin traitant. Je rédige un beau courrier résumant la situation et exposant les démarches entreprises, tout en me gardant bien d’affirmer la nécessité d’un arrêt afin qu’il ne s’offusque pas d’être aux ordres d’une simple sage-femme. Pour faire bonne mesure, je m’excuse platement de la limite qui m’est imposée par les textes. Il lui prescrit un arrêt de 15 jours en l’assurant qu’il le renouvellera ensuite. Je ne m’étendrais pas sur l’incongruité de programmer une seconde consultation deux semaines plus tard alors qu’il est clair que son arrêt doit se prolonger jusqu’au congé maternité …

Mais 15 jours plus tard, apparemment contrarié parce qu’elle désire poursuivre le suivi avec sa sage-femme, il refuse de prolonger l’arrêt.

Elle revient me voir, anxieuse à l’idée de devoir reprendre le travail ; sa grossesse évolue normalement mais allez donc faire des abdos-fessiers à longueur de journée enceinte de 7 mois ! Elle fera donc une énième consultation chez une gynécologue de mes amies qui acceptera enfin de l’arrêter sans condition.

Nonchalance du médecin du travail, mauvaise volonté du généraliste, rigidité d’un texte de loi limitant nos prescriptions… Tout cela se solde par trois consultations supplémentaires, bien évidemment financées par la collectivité, pour une femme en parfaite santé au métier simplement inadapté à l’état de grossesse !

Mots-clés : , , | 1 commentaire

Epinglée

Publié par 10lunes le 8 octobre 2009 dans 9 mois

Elle se dit terrorisée par la douleur mais aussi par la péridurale.

Avant de se pencher sur sa peur de la douleur, de chercher à en décoder les raisons et d’envisager avec elle les alternatives à l’analgésie médicamenteuse, je commence par démystifier le geste technique.
A l’aide d’un kit de péridurale, j’explique rapidement l’anesthésie locale, la pose de l’aiguille, l’enfilage du cathéter puis l’ablation de l’aiguille pour ne laisser que le fin tube souple en place… et elle s’exclame que c’est formidable !

Depuis le début de la grossesse, elle raconte à qui le veut qu’elle ne peut s’imaginer avec une aiguille plantée dans le dos. Mais comme elle s’arrête là,  chacun pense qu’elle parle de la pose et tente de la rassurer sur l’absence de douleur au moment de ce geste.

Malentendu persistant car ce n’est pas cela qu’elle appréhende. Elle s’est imaginée le trocart planté dans la colonne vertébrale pendant tout l’accouchement avec le risque de s’empaler au moindre faux mouvement.
Alors évidemment, mon petit tuyau de plastique, ça la rassure…

Mots-clés : , , , , | 1 commentaire

Bientôt maman, épisode 3

Publié par 10lunes le 23 septembre 2009 dans Médias

Consultation. Un obstétricien avenant pianote sur son clavier. Il questionne une jeune femme sur ses antécédents mais ne la regarde pas, les yeux vissés à son écran informatique.
« La date de vos dernières règles ? »
« Je ne sais pas … »
« Même approximative ? »
« Février »

Il tourne – enfin – la tête vers elle, sourit gentiment et la rassure, «ben voilà, c’est approximatif».

De nouveau sur son écran, il lance, «pas de douleurs particulières au niveau de l’abdomen ? »
«Heu…C’est quoi l’abdomen ?»
Surpris il lève les yeux et précise «le ventre »
«Si, ça tire un peu sur les cotés»…

Il reformule « c’est latéral alors »  se conformant ainsi au code implicite qui interdit de noter les symptômes dans un langage courant.

Le gynéco rassure sur la douleur « c’est un grand clas sique » et enchaine immédiatement «je vous donnerai des bandelettes urinaires à faire chaque semaine».
Dialogue de sourd quasi parfait puisque la jeune femme, toujours à ses « douleurs latérales », s’assure d’avoir bien compris en demandant «c’est pour ça ?» en désignant son ventre.

PS: désolée de la césure sur le mot « clas sique » mais les très impénétrables mystères informatiques font que le mot n’apparait pas si je tape les lettres sans cet espace !!

Mots-clés : , , | 1 commentaire

Bientôt maman, épisode 1

Publié par 10lunes le 19 septembre 2009 dans Médias

Bientôt maman est un documentaire récemment diffusé sur France 5.

En préalable prudent à ce billet * : Bien évidemment, la spontanéité des échanges est perturbée par la présence d’une équipe de tournage, par le micro qui plane au dessus des têtes et l’objectif de la caméra qui désigne sa cible. Chacun craint de prononcer une irréparable stupidité qui sera ensuite livrée aux téléphages.
Bref, nous le savons, la maternité filmée n’est pas tout à fait la vraie vie.

Mais tout de même…

Première séance de préparation à la naissance. Une bonne douzaine de femmes et de rares représentants de la gente masculine font cercle, sagement alignés sur des chaises. Certaines, studieuses, ont posé une feuille sur leurs genoux afin de noter les précieux conseils qui vont leur être dispensés. A l’extrémité du cercle, facilement identifiable par sa blouse et son pantalon rose, la sage-femme. Elle est pleine d’allant, tonique, souriante. Soucieuse de capter l’attention et de séduire son public, elle alterne explications, questions et petites incises humoristiques.

En guise d’introduction, elle explique que l’intitulé des séances est «préparation à la naissance et à la parentalité»: «et quand vous entendez parentalité, vous entendez quoi ?»

Se conformant à l’ambiance scolaire définie par le ton de la question, le groupe reste silencieux jusqu’à ce qu’une voix timide ose murmurer «parents ?». Un «très bien !» vient la féliciter.

«Ça veut dire qu’on entend maman et papa» reprend la sage-femme «et donc les papas sont les bienvenus. Peut-être que tous les hommes ne sont pas là car ils ne sont pas libres ou ils ne voulaient  pas venir parce que la préparation à l’accouchement, c’est une histoire de bonne femme, qu’on va faire le petit chien et puis vous allez parler de vos accouchements »

            Si la formulation infantilisante dérange, il est cependant nécessaire de se débarrasser de ces a priori réducteurs.  La préparation à la naissance est trop souvent caricaturée comme une alternance de ahanements cadencés et d’échanges passionnés sur la taille des soutiens-gorge…

Mais elle ajoute, martelant les mots, «Raconter des histoires d’accouchements, ça n’intéresse personne ! Je ne vais surement pas faire raconter les histoires d’accouchement des unes et des autres, ça n’a aucun intérêt. Si vous avez envie de raconter des histoires d’accouchement, on verra, mais de toute façon, c’est moi qui module, c’est pas vous…»

Qu’importe si certains désirent revenir sur leurs expériences passées, si d’autres s’intéressent à leurs récits, si tous souhaitent une parole circulant librement. Le pouvoir est ainsi annoncé sans partage.
Caricature quand tu nous tiens…

*et à quelques autres ! L’inspiration quotidienne est un challenge difficile à tenir.  Je tente pour le moment de m’y conformer… mais ne vais pas me priver de la sécurité de quelques billets d’avance nourris par les différents intervenants de ce documentaire !

Mots-clés : , , , | 1 commentaire

Juste à temps

Publié par 10lunes le 18 septembre 2009 dans 9 mois

Elle est dans son neuvième mois.

Son premier trimestre est habité par les nausées et vomissements.

Au début de second trimestre, une infection virale potentiellement dangereuse pour son enfant est décelée. Au fil des semaines, de nombreux contrôles, bilans sanguins, amniocentèse, scanner et autres joyeusetés s’enchainent.
Son angoisse est permanente, nourrie par l’attente minante de chaque résultat, les avis complémentaires demandés, la prudence des professionnels qui ne peuvent se prononcer.

Le huitième mois arrive et après une dernière concertation des experts, elle peut enfin être rassurée.

C’est sans compter la mauvaise fée qui la laisse séjourner longuement dans une salle d’attente de la maternité aux cotés de deux enfants souffrant de varicelle… Quand la situation est découverte, c’est le branle bas général avec contrôle sanguin pour toutes les femmes enceintes présentes afin de s’assurer de leur immunité.

De nouveau, elle attend des résultats dans l’anxiété.
Finalement, tout va bien, ses anticorps la protègent.

Il lui reste moins d’un mois pour profiter sereinement de cette grossesse qui se révèle, bien tardivement, parfaitement normale.

Mots-clés : , , | 1 commentaire

Séparation

Publié par 10lunes le 15 septembre 2009 dans 9 mois

Cette fin de grossesse est plus que pénible. Elle est lourde de ce bébé, des œdèmes, du trop de kilos pris. Elle se mobilise avec difficulté, ses gestes sont ralentis, du fait de son poids mais aussi d’une multitude de petites douleurs. Son corps n’en peut plus.

Elle espère depuis plusieurs semaines se mettre en travail, consulte régulièrement et tente invariablement de négocier un déclenchement pour écourter ce qui lui apparait chaque jour un peu plus comme une épreuve.
Il lui est toujours refusé, son col n’est pas favorable et accéder à sa demande risquerait de compliquer l’accouchement.
Elle repart chaque fois extrêmement déçue, accusant l’équipe de mésestimer son mal-être.

N-ième consultation, le col s’est un peu modifié et la tension commence à s’élever au delà des limites admises. Il ne s’agit plus simplement d’un déclenchement pour lassitude, il existe une indication médicale.

Sachant avec quelle persévérance elle a demandé à ce que l’on abrège cette grossesse, la décision de déclenchement lui est joyeusement annoncée. Enfin, elle va se sentir entendue…
Son cri est déroutant « oh non, pas tout de suite, pas aujourd’hui ! »

Si elle ne supporte plus l’état de grossesse, elle réalise au pied du mur qu’y mettre fin impliquera dans le même temps de ne plus porter son enfant.

Il n’est pas si simple de se séparer.

Mots-clés : , | 1 commentaire

Le temps des pleurs

Publié par 10lunes le 13 septembre 2009 dans Blessures

Ils sont très en retard et je ne peux m’empêcher de leur en faire la remarque, précisant que nous n’aurons que peu de temps.

Elle s’est assise, ou plutôt recroquevillée, sur le fauteuil. Lui est à ses cotés, silencieux. Il m’est facile de comprendre que mon accueil sans chaleur ne suffit pas à expliquer leur mutisme. Je leur présente mes excuses et affirme ma disponibilité.
Ses yeux s’emplissent de larmes. Elle tente une phrase mais sa voix éteinte par l’angoisse est à peine audible. Elle l’implore du regard. Alors c’est lui qui raconte, tourné vers sa compagne, tendu vers elle et sa souffrance.

Et c’est une sale histoire.
Un enfant espéré depuis des années,  l’attente d’abord, puis les examens, le diagnostic de stérilité et le laborieux parcours de la procréation médicalement assistée.

Enfin, une grossesse survient. Le premier contrôle échographique révèle deux embryons. Dès l’annonce de la gémellité, elle est envahie par l’inquiétude. Elle avait perdu toute confiance dans sa capacité à porter un enfant, alors deux…

Elle me contacte peu de temps après, craignant une  fausse couche. Devant l’immensité de son angoisse, je la renvoie vers un médecin échographiste ( il est trop tôt pour entendre les battements de cœur) et lui propose cependant de nous voir rapidement. Après l’échographie, rassurée, elle souhaite différer le rendez-vous.

Nous sommes donc à cette première rencontre, programmée depuis plus de deux mois. Elle tombe bien ou mal, c’est selon. Car depuis peu, ils ont appris que l’un des bébés, atteint d’une grave malformation, ne pourrait survivre. La question est maintenant de savoir quand il va cesser de vivre et quelles conséquences cela aura pour son jumeau. Devant le risque, les médecins proposent une interruption sélective de grossesse sur le fœtus atteint, mais ce geste n’est pas dénué de danger pour le second.

Eux sont perdus devant cette alternative – agir ou laisser faire – qui n’en est pas vraiment une.

Ils sollicitent mon avis. Je ne peux en rien les guider. Je ne connais du dossier que ce que le père m’en rapporte et cette situation est de toute façon bien éloignée de mes compétences.

Je ne peux leur offrir que peu, mon temps et mon écoute ; dans le tourbillon diagnostique et la difficulté de choisir une stratégie «thérapeutique», l’équipe qui les prend en charge, si elle fait preuve d’une grande humanité, manque de temps pour les accompagner.

Elle pleure longuement, sans bruit. Il ne la quitte pas du regard, souffrant plus encore de sa souffrance à elle que de sa peine à lui. Le temps s’étire en silence.
Ils repartent avec ma promesse d’être disponible autant que nécessaire.

Elle me contactera une dernière fois quelques semaines plus tard pour me donner l’épilogue. Comme on le craignait, l’interruption sélective a entrainé le décès du deuxième jumeau… elle vient d’accoucher de ses deux enfants morts.

La vie est parfois chienne.

Mots-clés : , , , | 1 commentaire

Pour quelques euros de plus

Publié par 10lunes le 9 septembre 2009 dans Profession sage-femme

Eric Woerth nous explique doctement : « Quand on augmente d’un euro le forfait hospitalier, on fait rentrer 80 millions dans les caisses de la Sécurité sociale ».
Le gouvernement lance comme ballon d’essai une augmentation de 25 % du forfait hospitalier. Il lui restera ensuite à mesurer la virulence des réactions indignées pour ajuster le tir et annoncer avec une feinte générosité une majoration inférieure au taux initial.

Je me permets de suggérer à nos dirigeants une autre piste pour réaliser quelques économies : faire connaitre la possibilité d’être suivie par une sage-femme pendant la grossesse. En effet, le tarif des consultations est de 19 € pour une sage-femme, 22 € pour un médecin généraliste et 28 € pour un médecin spécialiste (si l’on se réfère aux tarifs conventionnels).

Je ne défends pas un accaparement hégémonique du suivi de grossesse par les sages-femmes. Pouvoir faire appel aux autres praticiens
compétents dans la prise en charge de la pathologie est essentiel.

Mais, pour une grossesse basique, chez une femme basique – ce qui, vous me l’accorderez, arrive fréquemment – le suivi de grossesse par une sage-femme est à la fois moins couteux et tout aussi performant. S’ajoute à cela l’accompagnement apaisé, donc apaisant, d’un professionnel dont l’exercice est dédié à la physiologie.

Aussi, lorsque la grossesse se passe bien, une femme enceinte devrait être informée de l’ensemble des possibilités de suivi et pouvoir se tourner vers le praticien qui lui convient, qu’il s’agisse de son médecin traitant, son gynécologue, son obstétricien… ou sa sage-femme !

Chaque consultation assurée par une sage-femme permet d’économiser entre 3 et 9 €. Ce qui, rapporté aux 7 consultations habituelles de la grossesse pourrait représenter quelques millions d’euros en plus dans les caisses de la sécurité sociale, avec la même de qualité de soin et sans augmentation de la participation des assurées.

Elle est pas belle la vie ?

Alors à quand une petite campagne médiatique  pour  informer les femmes de cette possibilité : Vous pouvez vous adresser à une sage-femme pour le suivi de votre grossesse.

PS pour les esprits chagrins : il ne s’agit en aucun cas d’un suivi au rabais. Le dépistage de situations pathologiques et l’orientation vers d’autres praticiens est totalement de la compétence des sages-femmes.

 

 

Mots-clés : , , , , | 1 commentaire

Alerte sanitaire

Publié par 10lunes le 6 septembre 2009 dans Profession sage-femme

« La fromagerie Germain procède au retrait de la vente d’un lot de fromage Epoisses au lait pasteurisé, après un contrôle en magasin ayant mis en évidence la présence d’une bactérie Listéria ».*

Fait remarquable dans ce communiqué, le fromage contaminé est un produit pasteurisé.

«Pas de fromage au lait cru» est pourtant l’une des multiples recommandations qu’une femme enceinte se doit de suivre pour démontrer son attachement à être une «bonne» mère. L’avertissement sera assorti d’un autre conseil -«consommez des produits laitiers»- qu’il faudra donc choisir pasteurisés.

Cette récente alerte confirme, s’il en était besoin, que l’affirmation sans appel, lait cru/danger – lait pasteurisé /sécurité, devrait être nuancée.

Nos positions  se présentent souvent comme incontestables. « Je vous interdis ceci et vous impose cela mais c’est pour votre bien et celui de votre enfant »; quotidiennement, les professionnels de santé jouent les despotes au grand cœur.

Mais ce manque de nuance du discours médical doit-il être mis sur le compte de la préoccupation sanitaire ou de l’irréprochabilité médico-légale ?


*Suite du communiqué : Il s’agit du lot 174 identifié par le numéro d’estampille sanitaire FR 52 092 01 CE, dont les dates limites d’utilisation sont le 24, 26, 28, 29, et 31 août.

Ces produits sont commercialisés sous plusieurs marques : Chalancey, Germain, Auchan, Lincet, Patrimoine, Gourmand et Nos régions ont du Talent. Ils sont susceptibles de se trouver dans toute la France et toutes les enseignes, fait savoir la société. Les consommateurs doivent bien entendu s’abstenir de les manger et les rapporter au point de vente.

La listériose est non seulement une maladie qui peut être très grave, notamment chez les sujets fragiles – femmes enceintes, personnes immuno-déprimées et personnes âgées – mais la durée d’incubation peut aller jusqu’à 8 semaines ce qui ne peut que compliquer le diagnostic en cas d’apparition des symptômes tels que la fièvre éventuellement accompagnée de maux de tête.

Un numéro spécial – le 0800.35.29.19.- a été mis en place par la fromagerie. »

Mots-clés : , , | 1 commentaire

Un ton plus haut

Publié par 10lunes le 1 septembre 2009 dans Pffffff

Service maternité, la vaste salle d’attente d’un grand centre hospitalier. Quelques bacs de fausses plantes vertes tentent vainement de délimiter de plus petits espaces. Les chaises de plastique inconfortables, soudées les unes aux autres, laissent peu de place pour étaler les rondeurs. Des magazines fatigués trainent sur des tables basses. Aux cotés des couvertures passées et déchirées s’étalent de riantes brochures sur les interdits de la grossesse, alcool, tabac, régime alimentaire…

Pas de lumière du jour. Ce sont les bureaux de consultations et les secrétariats disposés tout autour qui bénéficient de fenêtres. Au centre reste ce large espace à l’éclairage artificiel et la ventilation ronronnante.

De nombreuses femmes, quelques hommes aussi, s’ennuient en silence. 
Régulièrement, l’un des cabinets s’ouvre, un médecin s’avance, dossier à la main, et annonce le nom de la patiente suivante. Une femme se lève alors avec plus ou moins d’aisance et emmène son ventre rond jusqu’à la porte.

Parfois, personne ne réagit et il faut répéter l’appel.

L’un des médecins a opté pour une autre stratégie. Lorsqu’il ouvre la porte, il ne prend pas le risque d’être amené à répéter deux fois le même nom ; il le hurle et, à chaque fois, fait sursauter la salle.

Ce jeune couple vient pour son second rendez-vous. Heurté par cet accueil tonitruant, le père a prémédité sa riposte. Lorsque leur tour arrive, leur nom est  sans surprise crié à travers le hall.
Alors, il se lève d’un bond et hurle tout aussi fortement, «c’est nous» en s’avançant vers le bureau.

Mots-clés : , , , | 1 commentaire