Un tout petit effort…

Publié par 10lunes le 13 juillet 2014 à 15 h 02 dans Pffffff, Vie des femmes

 

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Abordant la baisse du désir au sein du couple, cet article s’éloigne un peu des sujets traités ici. Mais comme l’une des situations évoquées est le post-partum, je m’empare de ce prétexte afin de répondre aux quotas habituels des médias … On ne saurait passer l’été sans causer de sexualité !

La journaliste débute donc son papier par la reprise des rapports sexuels après l’arrivée d’un enfant, citant le trop célèbre Naouri sur la nécessité de se forcer pour que l’homme n’aille pas voir ailleurs.

Se forcer… ! Une majorité des personnes citées en parlent comme d’une obligation (et pas seulement après un accouchement).
Où comment tenter de réhabiliter sous couvert de vernis psychologique le détestable concept de devoir conjugal.

S’en est suivi sur twitter une discussion à bâtons rompus en 140 caractères sur l’émergence du désir.

Effectivement, rares sont les amants si submergés par leur libido qu’ils commencent à se défringuer fougueusement dans l’ascenseur… laissons ça aux poncifs cinématographiques.
Evidemment, l’envie peut avoir du mal à trouver sa place dans un agenda surchargé par les contingences familiales et les obligations professionnelles.
Avoir à faire l’effort de donner du temps – pas au mâââle mais au désir ! – est certainement une réalité partagée par de nombreux couples.

Mais le psychiatre J-D Nasio n’évoque pas ce temps à prendre. Il qualifie d’évidence PHYSIOLOGIQUE le fait que les besoins des hommes seraient supérieurs à ceux des femmes et en déduit qu’il faut bien faire des concessions pour que le couple dure, s’autorisant même à préciser qu’il faut maintenir un rythme de deux fois par semaine environ…

En 1914, dans le Guide pratique pour le bonheur en ménage, on pouvait lire : « Quant à elle [l’épouse], si elle use comme il convient de l’art de plaire, elle en sera récompensée par la bonne humeur de son mari. »

Y a pas à dire, on avance.

 

Edit du 14 juillet. Une amie sage-femme regrette ma brièveté. J’avoue ma paresse et botte en touche en renvoyant vers d’autres billets sur le même sujet.
Cercle vicieux 
Tête à quoi
Un grand amour 

 

 

 

28 commentaires sur “Un tout petit effort…”

  1. elihah dit :

    Ha ben forcément naouri et nasio, hein….En même temps, cette conception (haha) des rapports sexuels dans le couple est tellement répandue, y compris dans les magfem sous la rubrique ‘double message’ voire ‘double bind’: « vous êtes libres, mesdames, mais forcez vous un peu ».

  2. Kisbuel dit :

    Après mon accouchement en 2011, je vois ma SF libérale environ 2 mois après. Avec mon conjoint on n’avait pas repris les rapports. Ça m’ inquiétait un peu car on avait essayé une fois, j’avais eu un peu mal…et franchement je n’en avais pas très envie non plus. Je souhaitais en toucher 2 mots à ma SF. Justement elle m’en parle. Elle me demande si on a repris les rapports sexuels…je lui réponds par la négative, le coeur battant car étant de nature pudique je voulais lui en parler mais en même temps je ne savais pas bien comment commencer…

    J’ai pas eu le temps de quoi que ce soit qu’elle a laché un « ben faudrait ptet s’y mettre quand même ! Allez un petit effort ! »

    Je crois que ça se voulait humoristique mais ça m’a surtout bien bloquée ! Du coup j’ai rien dit.

    Mon conjoint a attendu, on a repris quand j’étais prête, 4 mois après l’accouchement. Et ma foi, j’avais besoin de ce temps là pour « récupérer » mon corps et le faire redevenir un peu sacré.

  3. La sorcière dit :

    Je pense que

    1) le manque de désir est un réel problème sur lequel on devrait d’avantage se pencher (en arrêtant de le taxer de « psychologique » la perte de désir pour moi, c’est comme l’arrêt des règles chez les anorexique : quand le corps ne veut plus se reproduire, c’est pas bon signe et c’est pas vraiment psychologique).

    2) le devoir conjugal est ancré dans le plus féministe des cerveaux. On est pas mal à s’être forcée, au moins une fois. En mode « l’appétit vient en mangeant ». Même les plus féministes d’entre nous… Bref. Merci de soulever ce charmant article.

  4. reinemère dit :

    Et si le désir n’était pas d’un autre ordre qu’uniquement sexuel ? Et si chacun avait le droit de vivre à son rythme y compris dans la chambre à coucher, sans se soumettre à une pseudo-normalité ? Allez un tout petit effort ?

  5. Fluffy dit :

    Quand je pense que c’est moi (une femme) qui pousse mon mec a faire  » un effort » et à se forcer un peu « tu verras ça va venir quand t’auras mis le pied à l’etriller » => ça marche quasi jamais xD bref, ce cliché comme quoi les hommes en ont toujours envie…. -_-

    1. Christelle dit :

      punaise tu me fais du bien, j’ai le même à la maison !! oh frustration… et bizarrement, je vais pas voir ailleurs, comme quoi ces psychologues à deux sous, dédouaner l’infidélité des hommes c’est bien plus simple que de leur dire de pas se laisser dominer par leurs pulsions. c’est comme dire aux filles de pas s’habiller trop court plutôt qu’apprendre aux garçons de pas les violer…

  6. Philomenne dit :

    A force de lire et d’entendre ce genre d’inepties, je pense que les hommes devraient protester collectivement. En effet, aussi insupportable que le « faites un effort », il y a, au départ, cette idée admise comme une évidence qu’un homme serait forcément un mâle en rut incapable de comprendre que sa compagne vient de subir un bouleversement dans son corps et incapable d’attendre quelques semaines/mois sans aller forcément « voir ailleurs ». Le moins qu’on puisse dire c’est que ce postulat, injuste, n’est pas très sympa pour ces messieurs.

    1. Anna dit :

      Carrément. Ce ne sont pas des couilles sur pattes !

  7. sophie dit :

    Ce qui me choque et qui me pousse à me demander si je suis normale, est qu’on ne parle jamais du désir en baisse des hommes.

    Je vois peu écrit que les hommes peuvent ne pas avoir envie face à notre énorme ventre, puis qu’il puisse avoir peur de faire mal et qu’il attend notre feu vert pour reprendre.

    Je suis la seule à avoir un conjoint qui « ne pense pas qu’à ça » ?

    Souvent on culpabilise les femmes en leur disant d’être au top rapidement physiquement pour que leur mari n’aille pas ailleurs mais ce n’est pas aussi simple. Et retrouver son corps d’avant ne rime pas forcément retrouver la sexualité d’avant.

  8. sophie dit :

    qu’ilS puissENT pardon, qu’ilS attendENT.

  9. Salwa dit :

    D’où les femmes auraient moins de libido que les hommes???
    Les a priori ont la peau dure!!
    Quand est ce qu’on va sortir de ces rôles?

  10. cécile dit :

    J’apprécie et lis régulièrement votre blog, c’est toutefois mon 1er commentaire. Merci pour cet article, et ces réflexions : voilà un message si constamment rappelé, et culpabilisant que c’est vraiment de salut public que de le déconstruire. Y a encore du boulot, c’est rien de le dire, mais vraiment merci d’y contribuer.

  11. virgo dit :

    Pour les anglophones, un article qui rappelle que longtemps, c’est la libido de la femme qui était considérée comme excessive, et en tout cas supérieure à celle des hommes – il s’agissait, à ces époques-là, de pointer du doigt la nature animale et donc inférieure, de la femme :

    http://www.alternet.org/when-women-wanted-sex-much-more-men?page=0%2C2

    1. Get72 dit :

      Une bonne âme s’est même déjà fadée la traduction en français : http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/04/07/quand-les-femmes-partie-1/

    2. Merci Virgo pour l’article ! C’est surtout très lié à la culture tout ça ! En Europe du Nord, les femmes ont toujours eu droit à l’initiative. Dans les religions animistes anciennes, « la femme qui force l’homme » faisait même partie des rites printaniers qui permettaient d’assurer une bonne récolte.
      Comme quoi, les stéréotypes ont toujours une part de réalité…
      Je vois aussi que les stéréotypes ont la vie dure. En cette période de vacances, je pense au schéma classique des plages méditerranéennes : il y avait la femme de l’Europe du Sud, la pauvre petite ménagère, excellente cuisinière, sainte maman, toujours élégante, mais très chaste, pour qui le devoir conjugale était une corvée, vs. la touriste nordique, femme libérée qui aime le sexe, qui porte des fringues moches et des sandales qui tuent, et qui a toujours du succès malgré son look tue-l’amour juste parce qu’elle aime baiser. Et l’homme… eh bien c’est le prédateur qui a une douzaine de chaînes dorées autour du cou et un slip de bain en peau de panthère. Et il s’amuse avec les touristes libérées, mais retourne fidèlement auprès de sa petite ménagère qui fait la meilleure paêlla/pasta/risotto du monde…!
      Je croyais qu’on n’était plus dans ce monde, mais en lisant ces articles et autres intervieuws de Naouri et co, je me dit que le monde n’évolue jamais…? ou très lentement !

  12. jeanne dit :

    Fidèle lectrice ici, je dévore également les articles sur « les fesses de la crémière ». Et oui, moi femme à la mi quarantaine, 4 enfants, jamais eu de baisse de libido, on a le droit de ne pas tous être pareils…

  13. Youpi dit :

    Le Bon Docteur J-D Nasio, il a jamais entendu parler de la Masturbation?
    Ha oui, c’est pêché!
    En voilà un psychiatre qu’il est bon, qu’il est doué! Combien de couples brisés parmi ses ex-patients?

    Sérieux, si Madame a pas envie et que Monsieur a besoin, et bien Monsieur fait comme avant de connaître Madame, il se poli le chinois (Merci Pierre Perret). Et si Madame veut lui donner un coup de main, tant mieux, sinon la douche convient très bien. 😀 😛
    Idem si Madame a besoin et Monsieur a pas envie, c’est idem, elle se fait reluire le berlingot (merci Colette Renard) 🙂

    Depuis quand on est obligé d’avoir envie en même quantité et au même moment pour faire un couple heureux?

  14. Léger dit :

    Mais quand va-t’on parler de ces hommes avec des problèmes de libido qui ne satisfont pas leurs femmes ? Pourquoi on serait toujours les fautives ????

    1. Anna dit :

      Et pourquoi serait-il normal d’attendre de son conjoint (homme ou femme) qu’il vous « satisfasse » ? Le mariage est un peu plus qu’un moyen d’obtenir des faveurs sexuelles, non ?

      1. Sarah dit :

        D’accord avec ça.
        J’avais lu une phrase qui m’a beaucoup fait réfléchir à l’époque sur la place de la sexualité dans le couple, sur ce qu’on est en droit d’attendre de l’autre dans ce domaine … « Je suis responsable de mes propres orgasmes. »
        Ca suppose que non, on n’est pas obligés d’avoir envie en même temps, que oui on peut se donner du plaisir soi-même sans que ce soit à prendre comme une « trahison » de la part de l’autre, ni un signe de problème dans le couple, mais aussi qu’il est illusoire de penser que l’autre va deviner tout seul ce qui me fait grimper aux rideaux si je ne prends pas la peine de le lui dire.
        Ca suppose qu’il y ait un dialogue, un échange et une acceptation de l’autre comme partenaire, et pas comme seul responsable ou dépositaire de notre bonheur et de notre satisfaction.
        Et je trouve que ça permet d’assainir les relations, puisqu’on n’est en effet plus dans le « je fais l’amour pour satisfaire le besoin de l’autre », mais plus dans « nous faisons l’amour ensemble pour partager un moment de plaisir intense ensemble » que je trouve moins porteur de pression.
        Après entendons nous bien, je ne dis pas qu’il ne faut pas essayer de donner du plaisir à l’autre, bien au contraire, juste qu’il faut arrêter de s’imaginer que tout dépend de ça.

        Je ne sais pas si je suis très claire ^^

      2. Philomenne dit :

        Super claire à mon avis et j’applaudis des deux mains.

        Et j’ajoute, pour faire bonne mesure, que le problème est aussi dans le fait que ces « glorieux psychiatres » assimilent systématiquement la relation sexuelle à la pénétration du vagin par le pénis. En oubliant (ou en ignorant) que la sexualité ne se réduit pas à cela. On peut faire des tas de trucs formidables et très satisfaisant avec les doigts, la langue… sans pénétration.

        Et puis, et puis… et la tendresse, b*rdel ! ;o)

      3. Viobi dit :

        Oui, on peut faire des tas des trucs chouettes sans pénétration… ou sans vagin, aussi. :op
        Non mais y’en a marre de cette sexualité normée qu’on cherche à nous imposer. Si t’as pas envie, tu seras cocue et t l’auras bien mérité; si t’as trop envie, t’es une salope, si t’as envie autrement,alors là y’a même plus de mot.
        Tenez-vous le pour dit, une sexualité normale est hétéro, conjugale, bi-hebdomadaire et consiste en une pénétration vaginale éventuellement précédée de juste ce qu’il faut de « préliminaires » pour que ça glisse.
        Et si une sexualité normale, dans un couple, c’était un partage, une communication, un échange, le prolongement de tout ce qui fait la relation (au sens large) entre les deux?

  15. oops06 dit :

    Je voulais mettre en lien l’article sur du blog Les fesses de la crémière… mais je vois que c’est déjà fait !
    Je l’ai pratiquement appris par coeur (à force de le relire avant de le faire suivre), en réponse aux hommes et au femmes qui croient encore au désir impérieux et essentiel des hommes de « se vider ». Sinon quoi, ils explosent ?!!

    Bref, je me permets de mettre un autre lien, que je devrais peut-être envoyé la l’ahuri, heu pardon, Naouri (vaut mieux qu’il ne croise pas mon chemin, celui-là) :
    http://blog.scommc.fr/comment-obtenir-plus-de-desir-et-plus-de-sexe-en-faisant-moins-defforts/
    Où l’on apprend (enfin !), pourquoi se forcer tue le désir ; à cogiter.

    Et dans cet article du même blog, une analyse très juste de ce que peut penser en réalité une personne dont le conjoint se force :
    http://blog.scommc.fr/les-questions-du-vendredi-comment-maintenir-une-relation-harmonieuse-quand-je-nai-pas-envie-de-mon-mari-mais-que-jaccepte-quand-meme-davoir-une-relation-sexuelle-avec-lui/
    Franchement, vous aimeriez que votre conjoint se force à faire l’amour pour vous ? Moi je le prendrais très mal : je ne le considère certainement pas comme une chose, et je ne me considère pas comme un animal en rûte, dont les hormones auraient le dessus sur mes actes, mes sentiments, ma raison. Soit le plaisir et le désir est partagé, soit je suis assez autonome et adulte pour me débrouiller seule !

    1. Sarah dit :

      Merci pour ces liens, les articles du blog que tu cites sont vraiment intéressants.
      J’ai particulièrement aimé celui que tu cites ne premier sur les mécanismes de défenses qui font diminuer le désir. C’est clair et très parlant.

  16. Ça me fascine toujours, cette idée (non étayée scientifiquement) que les hommes ont plus de désir que les femmes … J’avoue ne pas comprendre.
    Et même non scientifiquement, tant qu’à verser dans les clichés, il paraitrait que les femmes changent d’humeur au gré de leurs fluctuations hormonales. Si c’est si puissant pourquoi cela ne le serait-il pas sur la libido ??
    Non je ne comprends pas.

    Sinon au sujet de « se forcer ». De mon coté, après la naissance de la 2e, je me suis mis un petit « coup de pied au cul » mental. Et très tôt, si j’en crois les spécialistes citées : environ 3 semaines.
    Pourquoi ? Je n’avais pas peur que l’Homme aille voir ailleurs (cf. plus haut, il n’est pas plus passionné par La Chose que moi).
    Mais, il me « manquait » (on parlera un jour de la baisse de libido pendant la grossesse chez certains hommes ? Alors que leur femme est en ébullition ? On en parlera un jour dites ??). « Ça » me manquait, ces instants de complicité, à 2.
    Alors je n’avais pas envie, mais j’avais d’avoir envie.

    De plus, certes il ne faut pas forcer son partenaire (merci pour le lien vers les explications biologiques), mais je trouve que le désir monte aussi quand on se sent désiré. Quand les 2 sont en panne de libido, le désir s’éloigne de plus en plus, et je trouve le chemin long à parcourir pour revenir vers l’autre.
    Bref, signifier son désir, est, je trouve, un bon moyen de faire naître celui de l’autre.

    Donc, je « me force », mais pas pour répondre à l’injonction d’autrui, plus pour retrouver le chemin du désir. Et au final, je ne me force pas 🙂

    Pinaise c’est compliqué !!

  17. audren dit :

    « Ça me fascine toujours, cette idée (non étayée scientifiquement) que les hommes ont plus de désir que les femmes … J’avoue ne pas comprendre »

    Ce n’est pas vrai pour tout le monde et ce n’est pas vrai au début d’une relation, mais il y a de plus en plus de données statistiques qui semblent confirmer le préjugé général que dans un couple longue durée, la libido des femmes s’use (statistiquement, c’est à dire pas pour tout le monde, heureusement) plus vite que celle des hommes.

    Lire ici : http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2014/06/06/quand-le-desir-deserte-le-couple-une-etude-sur-la-chute-de-la-libido-feminine/

    1. Mais ça n’est pas vrai un peu chez tout le monde ?
      La fameuse recrudescence de la libido en vacances, quand on change de contexte et d’air, par exemple ?

      Je vais lire ton lien qui a l’air très intéressant, merci !

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