Flash back

Publié par 10lunes le 13 mai 2010 à 09 h 00 dans Non catégorisé

Elle vient d’accoucher sur le parking de la maternité, seule avec son homme, dans leur fourgonnette bariolée et bringuebalante. A peine garée, une envie de poussée irrépressible, vague déferlante, l’a submergée. Pas le temps de sortir ni de traverser les quelques mètres la séparant de la porte des urgences. Son fils est né sur la banquette de skaï. Joyeusement.

Elle affirme sa surprise, étant partie dès les premières contractions. Pourtant…

Remontons le fil de l’histoire : deux années plus tôt, elle est accueillie dans cette même maternité pour mettre au monde son premier enfant.

Elle, écolo passionnée, révoltée, naviguant hors de tous les circuits de consommation, « jusqu’au boutiste », ne trahissant jamais ses convictions ; personnalité attachante, entière et déterminée.
La sage-femme, charmante bourgeoise, très maquillée, trop parfumée, parée de colliers, boucles d’oreilles, broche et autres accessoires scintillants, réellement soucieuse du bien être des femmes mais à mille lieux des choix de vie de cette mère.

Ces deux là ne vivent pas dans le même monde.

La dilatation est rapide – trop – brutale, violente.
Et l’incompréhension mutuelle.

L’une se sent délaissée. Elle déplore un accompagnement réduit à de simples suggestions techniques, bain, postures, massages… La présence de la sage-femme ne lui est d’aucune aide, ses réassurances n’ont aucun écho. A ses plaintes répétées, la proposition finale de péridurale, aux antipodes de ce qu’elle avait projeté, finit de la convaincre de l’indifférence de la professionnelle.
L’autre se sent niée ; aucun des soutiens proposés ne semble trouver grâce et son offre d’analgésie est balayée avec fureur alors qu’elle ne souhaite qu’aider cette femme à traverser la tempête.

L’enfant nait, lors d’une expulsion vécue tout aussi violemment, dans une infinie solitude pour l’une et un profond sentiment d’impuissance pour l’autre.

La mère en garde une sourde colère, jamais exprimée. A nouveau enceinte, l’inéluctabilité du dénouement réactive son contentieux avec les
sages-femmes. Elle se prépare donc au combat, se barricade dans un projet d’accouchement pointilleux, briefe abondamment son homme, résolue à ne compter que sur leurs seules forces conjuguées.

C’est pourquoi cette naissance aux portes de la maternité apparait providentielle. Elle a accouché seule, réglant ainsi ses comptes avec les sages-femmes en se prouvant l’inutilité de leur présence … mais à proximité du lieu où elle savait pouvoir trouver de l’aide en cas de besoin.

Compromis jubilatoire.

Contentieux c lassé.

PS : de temps à autre, le logiciel fait acte d’autorité et avale tout ou partie d’un mot (cela est bien lié au mot, pas à sa police ou à sa place dans le texte). Parfois soumise au pouvoir informatique, je modifie mon texte. Parfois rebelle, je m’obstine et ne peux faire apparaitre le mot à l’écran qu’en y ajoutant une césure… ce long commentaire pour expliquer que oui, c-lassé s’écrit en un seul mot … sauf sur 10 lunes !!!

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