Coup de projecteur

Publié par 10lunes le 7 janvier 2013 dans Militer

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Des articles et forums lus sur le net, les témoignages de mes consoeurs, certains commentaires du blog, des questions posées par le biais de « contactez l’auteur« , des échanges mails, et le presque quotidien du cabinet … une convergence d’éléments démontrant la méconnaissance de notre métier.

La sage-femme cette inconnue…

La sage-femme est la professionnelle de santé pouvant prendre en charge l’ensemble des événements physiologiques (normaux) de la maternité et du suivi gynécologique.

Maternité : suivi médical de la grossesse, préparation à la naissance, accouchement, suivi postnatal, allaitement, rééducation périnéale.

Gynécologie : suivi annuel, frottis, prescription de contraception (y compris pose d’implant et de dispositif intra utérin).

Lorsqu’elle dépiste une pathologie, la sage-femme collabore avec le médecin spécialiste pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, lui passe le relais pour le suivi gynécologique.

La France compte 20000 sages–femmes en exercice. Elles exercent majoritairement au sein des maternités, mais aussi en cabinet libéral et en PMI.

 

En libéral, elles assurent tout ou partie des activités suivantes : consultation de grossesse et postnatale, préparation à la naissance, suivi au retour à domicile, suivi de l’allaitement, consultation nourrisson (suivi staturo pondéral), rééducation périnéale, échographie, suivi gynécologique (et, sur prescription d’un médecin, surveillance d’une grossesse qualifiée de pathologique).

Certaines de ces sages-femmes proposent un accompagnement global de la naissance : présentes du pré au postnatal, elles vous assistent lors de votre accouchement, que ce soit à domicile ou en plateau technique (au sein d’une maternité mais en toute autonomie)

Il y a 4000 sages-femmes libérales, donc forcément une pas trop loin de chez vous. Pensez à la contacter pour votre suivi gynécologique et dès que vous avez un projet de grossesse…

 

En maternité, vous aurez – très ! – souvent affaire aux sages-femmes. Elles assurent une partie des consultations, des échographies, la préparation à la naissance, sont les praticiennes qui vous prennent en charge au quotidien en cas d’hospitalisation pendant la grossesse, tout au long de votre accouchement et pendant votre séjour postnatal.

 

Elles sont aussi présentes dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour accompagner les femmes enceintes dont la grossesse nécessite, pour des raisons médicales, sociales ou psychologiques, une présence rapprochée.

Certaines exercent dans les centres de procréation médicalement assistée.

Enfin, vous trouverez des sages-femmes dans les centres d’orthogénie, pour assurer les consultations de contraception et pour accompagner les IVG.

 

Vous avez donc de très nombreuses raisons d’avoir affaire à une sage-femme. Pourtant, les jeunes diplômées peinent à trouver leur place.

Certains cabinets libéraux ont du mal à exister, faute d’agenda suffisamment rempli. A l’inverse, du fait de la diminution des postes, les sages-femmes salariées sont débordées et constatent chaque jour la dégradation de la qualité de leurs prises en charge. Il est demandé à chacune d’en faire toujours plus avec moins. Ce toujours plus se fait forcément au dépend de la qualité des soins, de l’attention portée à chacune.

 

Comment agir ?

– pour les libérales, le principal obstacle est la méconnaissance de leur champ de compétences. La sécurité sociale promettait en 2007 une mise en avant de leur profession. Nous l’attendons toujours. Faisons le ensemble grâce à la magie des réseaux sociaux !

– pour les salariées, les directions des établissements négligent leur surbooking quotidien. La pénurie n’est pas encore à un point tel que la sécurité soit en cause (quoique…) mais « la mère et l’enfant vont bien » n’est qu’un minimum, nécessaire mais pas suffisant ! Il faut que de nouveaux postes soient ouverts. Ecrivez, témoignez, dénoncez ce qui ne doit plus être.

 

Faites circuler très largement cet article autour de vous. Demandez à vos contacts de le relayer.
Faites mieux connaître ce métier dédié à la santé des femmes !

 

Pour aller plus loin

Rôle des sages femmes dans le système de soin (rapport de la cour des comptes septembre 2011) 

– Une plaquette d’information restée confidentielle.

Quelles sont les compétences générales de la sage-femme (site du conseil de l’ordre)

– Sur ce blog, Sage-femme mode d’emploi, Résister

 

©Photo  A is for Angie

 

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Jachère

Publié par 10lunes le 4 novembre 2012 dans Militer

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Ca doit se voir « un peu », le blog est en friche ces derniers temps. La faute au « trop de boulot » qui m’empêche de prendre le temps et la distance nécessaires à l’écriture ; la faute à l’actualité sociale qui me met en rage ; la faute aux parcours singuliers, violents, chaotiques, dont je ne peux rien transcrire sans trahir la confiance de celles et ceux qui m’en livrent quelques détours ; la faute à la paresse, au mauvais temps, au feu de cheminée que j’aurais bien envie de faire… 

Disons que je laisse mes pensées en jachère, leur laissant un peu de repos pour espérer une meilleure récolte ensuite.

Eviter les productions intensives, respecter les cycles et les saisons, voilà qui ne devrait pas déplaire à la revue KAIZEN. A défaut d’écrire, je mets en lien  – avec leur très aimable accord – un article consacré à l’accouchement à domicile paru dans le numéro 5 de cette jeune revue. Loin de tout sensationnalisme, il décrit honnêtement une possibilité méconnue, son  intérêt, ses limites.

Une bonne synthèse de la situation de l’AAD en France.

 

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Prix d’excellence

Publié par 10lunes le 1 octobre 2012 dans Militer

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Il faudra que je pense à remercier le Syngof qui se montre attentif à mes pannes d’inspiration et me donne régulièrement – un peu trop – matière à billets.

Voici donc un nouveau communiqué tout poli tout lissé pour s’étonner «de l’appel lancé par l’ordre des sages-femmes incitant les femmes françaises à les consulter en gynécologie»

« L’appel » est pourtant plus que discret ; il ne s’agit que d’une page sur le site de l’ordre intitulée «Histoire de la profession» qui, entre autres éléments, cite la compétence accordée aux sages-femmes depuis juillet 2009 dans le suivi gynécologique de prévention.

Le Syngof lance des attaques récurrentes contre notre profession. Les arguments utilisés sont eux aussi récurrents. Mes réponses finissent par l’être tout autant.

J’aurais donc pu bouder ce énième avatar de « c’est qui qu’est le meilleur » si, dans sa volonté de convaincre, le Syngof n’avait pas usé d’un nouveau qualificatif à notre égard. Soudaine reconnaissance «Elles [les sages-femmes] excellent en salle de naissance ». Cette reconnaissance se tempère cependant rapidement par le «dévouement» qui suit. Chers confrères, plutôt que de dévouement, parlons de compétences. Je ne me dévoue pas à mes patientes, j’exerce mon métier. Et si j’y trouve de grandes satisfactions, abnégation et renoncement, grands compagnons du dévouement, ne font pas partie de ma vie.

Donc nous excellons en salle de naissance alors que l’année dernière, le même Syngof souhaitait «demeurer vigilant sur la sécurité de l’accouchement qu’elles [les sages-femmes] ne peuvent assumer seules». Loin de moi l’idée d’affirmer l’inutilité des obstétriciens. Mais la tournure de la phrase et le contexte du moment laissaient à penser que nous n’étions que de stupides exécutantes.

La lutte de territoire semblant se déplacer sur le terrain de la gynécologie, le Syngof nous accorde enfin toutes les qualités en obstétrique.

Quoique..  le petit lapsus de ce communiqué de presse prouve que rien n’est gagné. Nous excellons (permettez-moi de me régaler de ce verbe)  mais «depuis toujours, les femmes françaises ont une relation privilégiée avec leur gynécologue – le « gygy » cher à Borée ? – ou généraliste pour tout ce qui concerne le suivi de leur grossesse ».

« Depuis toujours » est à la louche aussi précis que « ça fait bien longtemps », oublie l’histoire de l’obstétrique pratiquée par les ventrières bien avant que les barbiers (ancêtres des chirurgiens) ne viennent s’en mêler. L’imprécision du terme évite de s’interroger sur la répartition optimale des rôles entre sages-femmes et médecins. Mais surtout, cette affirmation convaincue élude une réalité : de plus en plus de femmes choisissent de s’adresser aux sages-femmes. 

Le résultat de l’excellence sans doute…

 

 

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Contribution au débat

Publié par 10lunes le 2 mai 2012 dans Militer

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Et Marguerite Duras, trois ans avant sa mort, usait contre l’homme et sa clique l’une de ses dernières colères :

« La droite n’a pas d’idées. La pensée, chez elle, il faut la chercher longtemps. Elle disparaîtra… Quand on voit des caricatures comme ce gars de Neuilly, alors là ça risque d’aller vite… Il y a de quoi se demander pourquoi ils sont si cons ? Peut-être sont-ils venus au monde sans sage-femme ! »
 
 
Paru dans Globe Hebdo, 24 mars 1993

 

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Maternité danger !

Publié par 10lunes le 23 mars 2012 dans Militer

3719454599_7b04df600b_zLa nouvelle maternité de Port Royal a ouvert ses portes il y a un mois.

Fruit du regroupement deux maternités, ces nouveaux locaux devraient voir naître 6000 enfants chaque année.

Une communication soigneuse a précédé son ouverture. Mi février, journalistes et blogueuses  étaient invités à visiter la plus grande maternité d’Ile de France (de métropole ? ).

Vous pouvez retrouver l’ensemble des commentaires sur le blog de la maternité… Ils sont unanimement élogieux, saluant des équipements de pointe, des locaux agréables et spacieux – un  peu moins pour le centre d’orthogénie – et la prise en charge de tous les aspects de la santé féminine, de la PMA à la ménopause en passant bien évidemment par l’obstétrique.

Plan de com réussi pour faire oublier l’image d’usine à bébé que certains dénonçaient déjà.

Un bémol cependant souligné par de nombreuses blogueuses, Port-Royal semble laisser de coté toute velléité d’accouchement plus « naturel« . Si ballons, tabourets de naissance et autres suspensions peuvent un jour venir compléter l’équipement, il sera plus difficile d’ajouter des baignoires. Ce matériel pourtant peu coûteux n’a pas été prévu.

Mais évitons de chipoter, la sécurité est plus importante que ces outils de « confort ». Et rien n’a été négligé dans la conception de cette maternité de niveau III. Leur blog le souligne « Véritable centre de référence et d’excellence des Hôpitaux Universitaires Paris Centre (AP-HP), Port Royal offre le confort et la sécurité d’une maternité moderne et d’une expertise médicale de pointe, en plein coeur de Paris ». 

Rien n’a été négligé sauf peut-être la dotation en personnel. La CGT le dénonçait dans un communiqué dès l’ouverture, Port Royal, c’est 30% de personnel en moins pour 20% d’activité en plus

En tant de crise, faut préserver l’argent public. Les têtes pensantes ont sûrement imaginé que le matériel dernier cri pallierait facilement un personnel clairsemé. Un peu moins d’humanité certes mais une sécurité garantie…

Pourtant, moins de personnel c’est moins d’humanité et moins de sécurité.
La preuve vient d’en être donnée un mois à peine après l’ouverture.

L’histoire ressemble à une mauvaise blague. C’est le Canard Enchainé* de cette semaine qui le raconte. Au moment de la naissance, faute de mains pour l’accueillir**, un bébé a chuté au sol. Les sages femmes étaient toutes occupées avec d’autres patientes et la sage-femme qui prenait cette mère en charge a été appelée par un obstétricien pour gérer une hémorragie. La mère a accouché seule et son bébé est tombé d’une hauteur de un mètre !

Ce sont les cris de la mère qui ont alerté le personnel. Le bébé, bien évidemment soumis à une batterie d’examens, « devrait sortir avec sa mère » dit l’article du Canard. Espérons que cela soit sans séquelle.

La direction incrimine un accouchement « plus rapide que prévu » et le « positionnement du lit » (cf les tables d’accouchements en photo sur les blogs, les femmes sont comme souvent en position gynécologique avec les fesses au bord du vide)…

Bien sur, faut trouver un responsable ; il semble tout désigné.
Toujours selon le Canard, « la sage-femme qui, sur ordre du chirurgien, a du laisser la paturiente pour courir au bloc va être convoquée par la direction ».

 

 

* l’article n’est pas disponible sur le net
** n’ayant pas d’autres infos que celle du journal, je ne peux expliquer pourquoi la maman ne l’a pas attrapé elle même, peut-être parce qu’elle était sous péri et n’a pas senti son bébé descendre, peut être parce que ses mouvements étaient gênés par brassard à tension et perfusion.

 

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Résister

Publié par 10lunes le 21 février 2012 dans Militer

 

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Mes débuts ont été bercés par quelques lieux, quelques noms, symboles du combat pour l’accouchement respecté, Les Bluets et Les Lilas à Paris, mais aussi Pithiviers, Pertuis, Céret, Châteauroux, Rouen.

Pithiviers et Pertuis ne font plus parler d’eux, la maternité de Céret a disparu comme celle de Châteauroux*.
Les parisiens se battent pour survivre et faire perdurer les valeurs qu’ils défendent.
La mobilisation pour les Lilas semble avoir porté ses fruits ; aux Bluets, la bataille ne fait que commencer…

Comme souvent, la province fait moins parler d’elle que la capitale. Un peu excentré – la Haute Normandie, c’est pas central – le Belvédère a taillé sa route tranquillement. Mais là-bas aussi, la maternité est menacée, non pas de disparaître mais de perdre son âme.

Depuis les années 70, l’équipe du Belvédère défend une certaine idée de la naissance, de l’accueil du nouveau-né – Leboyer publiait « Pour une naissance sans violence » en 1974- mais aussi de ses parents. Déjà, on accueillait les enfants avec respect et douceur, l’équipe privilégiait la proximité de la mère et de son nouveau-né.

Quelques décennies plus tard, les relations avec les couples sont toujours envisagées comme un partenariat respectueux. Accompagner, donner  l’espace et le temps nécessaire, proposer de multiples façon de se préparer, respecter la physiologie, se montrer vigilant plutôt qu’interventionniste…

L’équipe sait se questionner, se remettre en question, interroge ses façons de faire pour faire mieux.

Mais là-bas comme ailleurs la T2A fait son œuvre. Cette façon de financer les établissements en comptabilisant chaque acte est tout sauf favorable à une maternité qui tente justement d’éviter tout acte superflu. Un accouchement physiologique, c’est d’abord de la présence, de la confiance, du temps, (ce qui n’exclût en rien l’intervention médicale, mais au plus juste niveau, quand elle s’avère indispensable).

Comme aux Bluets, on leur a fait croire qu’ils devaient faire plus pour éviter le déficit ; plus de consultations, de préparations, d’accouchements, plus de femmes, plus de bébés. Mais avec le même personnel !
Quotidiennement, l’équipe s’épuise et souffre de ne pouvoir donner autant qu’elle le voudrait.

Certains nous affirment que les femmes ont changé. La péridurale est un incontournable et avec elle les protocoles s’invitent. L’uniformisation des naissances, ce serait la faute à l’époque…

D’autres savent l’attention qu’il faut porter à chaque femme pour voir éclore ses attentes, ses choix. L’équipe du Belvédère est de ceux là et le temps de cet accompagnement ciselé n’est pas pris en compte par la T2A.

Ils ont choisi de se battre, soutenus par des parents motivés, mesurant l’importance de l’enjeu. Non, la santé ne peut se gérer comme une entreprise ! Il ne s’agit pas de dilapider l’argent public mais de l’investir utilement.

Bien accompagner la naissance d’un enfant est une exigence d’humanité.
Soutenons le Belvédère !
*Il y a toujours des maternités dans ces villes… pas les mêmes.

 

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Mardi 21 février (ce soir quoi !) à 23h10 sur France 2, documentaire à ne pas manquer : « La naissance, une révolution ».

 

 

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Tirs groupés

Publié par 10lunes le 16 décembre 2011 dans Militer

 

Les sages-femmes libérales sortent de l’ombre et cette exposition semble contrarier certains autres praticiens. Plutôt que de penser nos prises en charge comme complémentaires, quelques réactions évoquent fortement la bataille de territoire.

Ainsi, sur Impact-santé, la FMF s’exprime par la voix de son président, le Dr Hamon, qui qualifie le Prado « de scandale de la fin de l’année et évoque un risque sanitaire puisque seule une équipe de soins pluridisciplinaire est en mesure de repérer des situations à risques comme les déprimes post-partum »

Confier le suivi des accouchées et de leurs enfants aux sages-femmes est donc un risque sanitaire ? C’est bien embêtant puisque cela se passe ainsi depuis … des lustres !
Par ailleurs, le Dr Hamon invente un nouveau concept, la « déprime » du postpartum. Nous connaissons le blues du post partum (ou babyblues), épisode bref, sans gravité et qui ne demande qu’un accompagnement empathique pour aider à le traverser, et la dépression du post partum, réelle pathologie à prendre en charge médicalement… mais qui se révèle à quelques semaines de l’accouchement. La sortie de maternité avancée ou retardée de quelques jours n’y change rien.
A l’inverse, le dépistage de ces situations passe par un accompagnement prolongé dans le temps, souvent assuré par… les sages-femmes ! Nous revoyons les mères pour leur allaitement, les questions liés aux soins du nouveau-né, la rééducation périnéale… elles évoquent avec nous leur fatigue et leurs difficultés… toutes occasions qui permettent de faire le point en amont ou en aval de la consultation postnatale, de se préoccuper d’un épisode dépressif et de mettre en route le réseau médical pour une prise en charge adaptée. Complémentaires vous dis-je.

Sur Egora, autre article sur les transferts de compétences qui évoque l’extension récente (20 octobre) de nos droits de prescription en listant « antibiotiques, contraceptifs, homéopathie, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-sécrétoires gastrique ». 

Faut-il rappeler aux rédacteurs que notre compétence en matière de contraception date de 2004 pour le postpartum et 2009 pour le suivi gynécologique.  C’est une compétence certes récente mais qui n’a pas été modifiée par cet arrêté sur les médicaments. Feindre de la découvrir permet à nouveau de s’en offusquer… et de quelque peu se ridiculiser.  « …Ceci dans le but notamment d’améliorer le suivi de la contraception des femmes et des jeunes filles. «On se demande quand les sages-femmes les rencontrent», ironise le Dr Michel Combier, le président de l’Unof . C’est vrai ça, quand est-ce qu’une sage-femme peut bien rencontrer les femmes et les jeunes filles ? Au quotidien, parce qu’elles s’adressent à nous.

Dans le même article « (les sages-femmes) « ont renoncé à la prescription de l’IVG médicamenteuse, ce qui signifie qu’elles ont conscience de leurs limites ».
A ma connaissance, nous n’avons renoncé à rien, le projet de loi présenté par la députée Bérangère Poletti a été écarté sous la pression des lobbies anti avortement. Cette proposition d’expérimentation ne concernait pourtant que les sages-femmes hospitalières et de fait, les sages-femmes exerçant dans les CIVG sont déjà impliquées dans cette prescription.

Leur accorder la possibilité de prescrire une contraception « ne serait pas sans risques, alors que le sujet « très sensible », justifie une prise en charge longue, surtout auprès des adolescentes« .
La contraception est un sujet sensible, merci de le souligner ! Nous le savons, prenons le temps de débattre avec les femmes du moyen contraceptif qui leur sera le plus adapté et les revoyons aussi souvent, aussi longtemps que nécessaire. En obstétrique comme en gynécologie, nos compétences concernent les situations exemptes de pathologie et nous passons le relai quand ce n’est pas ou plus le cas. Nous ne prétendons pas faire mieux mais aussi bien que les médecins avec souvent la possibilité d’y consacrer plus de temps.

Enfin, dans le Quotidien du médecin « Les professionnels de santé ont découvert le PRADO ces derniers jours et ils s’offusquent de n’y avoir pas été associés. «À J +2, les femmes et les enfants sont fragiles et on les éjecte des maternités alors que le retour clas sique à domicile est de 4 à 5 jours », s’insurge le Dr Jean-Paul Hamon, président de la FMF ».
Il semble ignorer les contingences hospitalières. La tarification à l’activité impose aux établissements de faire « tourner » au maximum leurs lits. La durée de séjour se réduit depuis plusieurs années sans prise en charge à domicile. Officialiser un tel suivi est plutôt un progrès.

« Nous sommes pris pour des pions », s’insurge pour sa part le Dr Alice Touzaa, du Syndicat des gynécologues médicaux« . Pourtant, le suivi postnatal immédiat ne concerne pas les gynécologues médicaux qui, à ma connaissance, ne se déplacent pas à domicile. Loin de moi l’idée de le leur reprocher. C’est encore une fois le constat de notre complémentarité, constat que le SGM a décidément ( voir ici et ici) du mal à accepter.

Je suis plus que lassée de ces incantations sécuritaires chaque fois qu’il est question des compétences des sages-femmes. Comment espérer parvenir à collaborer efficacement quand les uns se défient autant des autres ?

 

PS : contrairement à ce que ce billet pourrait laisser penser, ma position sur le Prado reste la même. J’affirme l’intérêt d’un suivi cohérent de l’ante au postnatal et déplore que l’accompagnement du retour à domicile ne soit pas encore (expérimentation à venir) lié à celui de la grossesse.


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Austérité

Publié par 10lunes le 8 novembre 2011 dans Militer

 

La semaine dernière, le 13 h de France 2 célébrait la naissance du sept milliardième être humain en diffusant « Carnets roses », feuilleton consacré à la maternité des Bluets. Quelques couples suivis durant tout leur séjour, de l’attente de la naissance au presque départ, de l’information sur l’allaitement au premier bain du nouveau-né.
Un reportage se voulant proche de la réalité quotidienne, un peu plombé par les commentaires trop présents d’une journaliste se hasardant à d’obscures envolées lyriques «Ce petit être qui se déploie un peu gluant, un peu étrange ; dans quelques heures ce sera tout simplement un enfant »…

Les soignants interrogés, fidèles à l’histoire de cette maternité, apparaissent sincèrement préoccupés par le bien être des familles.

Mais l’essentiel est à entendre dans les quelques phrases de Virginie Gossez, sage-femme, dénonçant l’insidieuse violence du manque de temps et de disponibilité. L’équipe se sent maltraitante, les parents peuvent se sentir maltraités.

Le plan d’austérité cher à certains de nos politiques s’applique déjà à la naissance. Il faut faire plus avec moins -moins de personnel, de temps, de durée de séjour- pour faire soi-disant moins cher. C »est oublier que la physiologie se préserve, que la pathologie se prévient. A l’humanité empêchée de nos prises en charge se substituent des techniques onéreuses et des actes – et donc des coûts – supplémentaires.

Mais on ne peut réduire le rôle des maternités à l’extraction d’enfants du ventre de leur mère préservant la bonne santé physique des deux protagonistes. Je l’évoquais ici il y a plus d’un an, les Bluets – et d’autres – tirent la sonnette d’alarme. C’est tout au long de la grossesse, dans les heures de l’accouchement, dans les premiers jours avec un tout-petit que se construit le socle d’une famille. Augmenter la charge de travail, c’est contraindre les équipes à se centrer sur l’acte médical en abandonnant toute velléité d »accompagnement.

C’est le devenir de nos enfants que nous hypothéquons ainsi.

 

 

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Cherchez l’erreur…

Publié par 10lunes le 13 octobre 2011 dans Militer

Ces derniers temps, la presse abonde (tout est relatif) d’articles dithyrambiques sur de nouvelles maternités reconstruites, remodelées, recolorées… Dénoncer l’hypertechnicisation de la naissance semble devenir de bon ton. Réjouissons-nous de voir les médias s’enthousiasmer pour des naissances plus « naturelles », vécues dans d’agréables salles d’accouchement peuplées de ballons et de « lianes » pour le confort de la mère.
Ainsi cet article sur la maternité de Montfermeil.

Si je ne doute pas de la bonne volonté des sages-femmes travaillant dans ce service, je doute fortement de celle de la direction imposant un système « de centralisation des monitorings (…) que l’équipe médicale de la maternité peut ainsi suivre à distance ».

Parce que l’équipe médicale, entendons nous bien, ce sont les sages-femmes. Jamais vu un obstétricien rivé devant un écran pour décompter les contractions ou calculer le rythme de base du cœur fœtal et analyser ses variations. Cette surveillance est assurée par les sages-femmes qui, lorsqu’elles détectent une anomalie, la signalent au médecin. En cas de doute celui-ci, compulsant plus ou moins attentivement l’accordéon de papier quadrillé de vert pale ou l’écran de contrôle, vient confirmer le diagnostic.

Il n’y a pas de poste de spécialiste « es analyse du rythme cardiaque fœtal », la centralisation de l’ensemble des enregistrements ne dégage donc en rien l’équipe de ce travail.
Cette organisation vient simplement souligner que le slogan « Une femme / une sage-femme » est vide de sens pour les administratifs.

Aux yeux des décideurs, la sage-femme fera tout aussi bien son boulot – et de façon plus rentable – en surveillant du coin de l’œil ce qui se passe dans les autres salles tout en étant auprès d’une femme… Si tant est que l’on peut réellement se consacrer à l’une en restant en permanence attentif aux autres.

Toute femme ayant vécu un accouchement en comptant sur ses propres ressources sait les phases de découragement où l’on se sent totalement dépassée. Le recours à la péridurale est alors une tentation envahissante. Dans ces moments de doute, l’accompagnement rassurant de la sage-femme peut tout changer ; le niveau de la douleur s’abaisse, celui de la confiance remonte… et c’est reparti. Mais comment repartir sans soutien ?

Les lits ronds et roses, les ballons ronds et bleus, les écharpes roses et douces ne sont que poudre aux yeux si les équipes ne sont pas en nombre suffisant. La douleur et le stress se payent cash et le risque est de voir pulluler des statistiques démontrant l’inanité des ces équipements car les taux de péridurale et d’intervention restent inchangés…

Alors, oui à des maternités design, confortables et colorées mais pas sans sages-femmes DISPONIBLES !

 

 

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Retour de manif

Publié par 10lunes le 6 octobre 2011 dans Militer

 

Voilà, nous étions à nouveau dans la rue mardi pour défendre notre profession, tous réunis sous ce mot d’ordre « Sages-femmes malmenées, naissances en danger ».

Encore une manifestation joyeuse, désordonnée… et sans banderole. Ne la cherchez pas sur les images, personne n’a réussi à retrouver la bannière de l’intersyndicale, trop soigneusement rangée en mai dernier !

Nous sommes donc partis, parés de roses accessoires – code couleur pour être mieux identifiés – défiler dans les rues de Paris.

Nous étions -hélas- moins nombreux que le 12 mai dernier mais quand même assez pour ne pas avoir l’air ridicule : 1600 selon la police, 3000 selon les organisateurs (ou plusieurs centaines selon la version quelque peu réductrice du Nouvel Observateur  !)

Nettement plus nombreux par contre étaient les médias. Les demandes d’interviews tombaient de tous cotés et beaucoup on pu y aller de leur petit laïus… Mais entre ce que nous avons pensé dire et ce que nous avons effectivement dit, le message que nous voulions adresser et celui qui a été reçu, il peut y avoir comme un décalage…

Aussi, ne mégotons pas, je vais faire passer le mien de message ; celui que j’ai résumé en 20 secondes chrono (!) sur une radio, celui aussi que j’ai voulu transmettre à une charmante journaliste qui, comprenant soudain que je n’étais pas hospitalière, a baissé micro et caméra parce que « la problématique des libérales ne l’intéressait pas »…

J’étais dans la rue ce 4 octobre car je revendique une autre organisation de la périnatalité, orientant le suivi obstétrical et gynécologique des femmes en bonne santé vers les sages-femmes.

  • Ce que nous appelons le premier recours… la prise en charge pourrait, devrait, s’articuler autour des sages-femmes, compétentes pour le suivi de la grande majorité des grossesse, des accouchements et de leur suites, compétentes pour le suivi gynécologique de prévention, compétentes également pour dépister une pathologie et passer alors ce relais au praticien ad’hoc.

J’étais dans la rue parce que presque chaque jour, une femme me dit qu’elle découvre notre champs d’activité et que si elle avait su cela plus tôt…

  • Il y a 5 ans que l’assurance maladie nous promet « une communication forte en direction des usagers »… parait que c’est fait sur le site ameli. Je vous laisse aller vous y balader pour me dire ce que vous pensez de la mise en avant de notre profession.( je vous ai mâché le travail en sélectionnant la page « vous allez avoir un enfant »)

J’étais dans la rue parce que nous n’avons pas la possibilité d’exercer pleinement notre métier

  • Les maisons de naissance sont annoncées depuis 1998 mais toujours pas autorisées alors quelles se développent partout dans le monde, l’ouverture des plateaux techniques, permise par les textes reste au bon (mauvais !) vouloir des établissements et l’accouchement à domicile, prôné dans de nombreux pays est honni dans le notre.

J’étais dans la rue parce que l’assurance maladie place de multiples chausse-trappes dans notre parcours, que les textes de lois s’empilent et se contredisent, que la mauvaise volonté de nos interlocuteurs est parfois criante …

  • Certaines caisses nous dénient la possibilité de prescrire une rééducation abdominale après l’accouchement. La nécessité de cette rééducation s’évalue pourtant lors de la consultation postnatale que nous pouvons assurer. Nous avons tenté d’argumenter en citant un des textes (NGAP) régissant notre exercice qui précise « cette consultation doit permettre d’envisager la rééducation post partum ». Réponse : « envisager n’est pas prescrire » !!!

J’étais dans la rue parce que la sécu nous demande, par exemple, d’assurer une consultation obstétricale pour 19 € et de gynécologie pour 17 € …

  • Le tarif de la la plupart de nos actes est bloqué depuis 2002. Qui dit mieux ?

J’étais dans la rue parce que je suis solidaire de mes collègues salariés dont les conditions d’exercice se dégradent chaque jour un peu plus.

Enfin, surtout, j’étais dans la rue parce ce qu »au final, plus encore que les sages-femmes, ce sont les femmes, les couples et les bébés qui sont malmenés par la déshumanisation de notre système de soin.

Voilà pourquoi ce mardi, je marchais aux cotés d’une « usagère » et de sa toute petite fille militant à sa manière en dormant paisiblement malgré nos slogans, nos chants et nos coups de sifflets !
Sans aucun doute déjà acquise à notre cause commune…

 

 

 

 

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