Tic-tac et papouilles

Publié par 10lunes le 6 janvier 2017 dans Militer

 

Errant paresseusement sur le net à la recherche d’une image (…et d’une idée !) pour commencer l’année, cette montre m’a fait de l’oeil.

Le temps passe.
Et me revient un très récent échange sur la patience.

La maternité d’un CHU de la région – enfin une partie non négligeable de l’équipe de la maternité – fait preuve de beaucoup de bonne volonté pour s’ouvrir à plus de respect des demandes parentales et à des naissances plus physiologiques. Cette ouverture zigzague de la liberté de mouvement aux baignoires de dilatation, de la réflexion sur les rythmes du service à la volonté de personnaliser l’accompagnement et les conseils donnés aux parents.

Du coup, je la joue sage-femme enthousiaste auprès de plus jeunes qui pensent – avec raison – que rien ne va assez vite et déplorent que personne dans la région n’ait voulu accueillir de maison de naissance et que l’ouverture de plateaux techniques se négocie si lentement que de futurs bébés espérant y naître soient maintenant  adultes !

Je suis là depuis assez longtemps pour avoir vu le balancier parti dans le bon sens se mettre à inexorablement reculer. Une bonne décennie de recul.
Il me semble que le mouvement s’inverse à nouveau, que les limites de notre tout-très-trop médical et notre tout-très-trop technique commencent enfin à être perçues.

L’avenir s’éclaire mais …  devant le souhait de sages-femmes de pouvoir passer plus de temps auprès des femmes, un obstétricien résumait ainsi leur demande « être disponibles pour faire des papouilles »….

On a encore un peu de chemin à faire,
Mais on avance 😉

 

 

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Ne vous inquiétez pas, néanmoins…

Publié par 10lunes le 26 juin 2016 dans Formation/déformation, Pffffff

 

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Ne vous inquiétez pas et néanmoins sont les deux mantras d’une vidéo postée par un site « d’information santé ». Vidéo dont je ne donnerai pas le lien, parce que je veux ici dénoncer un discours, pas la collègue qui le récite. Je ne sais pas comment cette vidéo a été tournée, quel contrôle cette sage-femme a eu sur la version finale. Surtout, je ne sais pas quel est son parcours et je sais trop bien quel aurait pu être le mien sans un petit coup de main du destin.

J’ai donc choisi de vous copier les mots et vous certifie l’exhaustivité de la copie.

 

Bonjour, je m’appelle Gudule* je suis sage-femme.  Nous allons voir aujourd’hui les questions qu’on n’ose pas poser sur l’accouchement.

Première question : Est-ce que je vais avoir mal ?
La douleur est une sensation subjective, nous n’avons pas toutes le même seuil de douleur.
Parler de seuil de douleur, c’est sous-entendre que son niveau serait unique mais, selon que l’on soit douillette ou courageuse, sa tolérance variable. Pourtant, de multiples facteurs vont influer sur le vécu de la douleur, en particulier le stress (et perso, si on me bassine avec des ne vous inquiétez-pas… je stresse). Tout ce qui aide ou empêche le glissement dans l’état de conscience si particulier de l’accouchement favorise ou bloque la sécrétion d’endorphines.

Néanmoins, la période de pré-travail peut être douloureuse.  Les contractions seront présentes toutes les 10 minutes, peu douloureuses, puis elles vont s’accentuer toutes les 2, 3 minutes, assez régulières et douloureuses. 
Je m’insurge (oui, à ce point !) contre cette description mathématique des contractions. Elle laisse penser que tous les utérus avancent de la même manière, indépendamment du corps et de la psyché qui les accompagnent. Les contractions peuvent être immédiatement rapprochées, rester espacées ou irrégulières jusqu’à la naissance. Cette description minutée du rythme du travail fait que nombre de femmes ont l’impression que rien ne se passe comme prévu et s’en tracassent. Alors que ça se passe et c’est tout.

Une fois la péridurale posée, vous ressentirez les contractions utérines mais vous n’aurez plus mal. Lors de l’accouchement, vous pourrez sentir une pression mais vous n’aurez plus mal non plus.
Comprenez bien, quel que soit votre seuil de douleur, la péridurale est un incontournable de la salle de naissance !!

L’accouchement sans péridurale est différent. Il vous faudra une solide préparation à l’accouchement reposant sur le souffle et la maîtrise de soi. La douleur sera constante jusqu’à l’accouchement.  Le travail peut être long si votre fœtus n’arrive pas à se positionner correctement dans votre bassin. A tout moment vous pouvez poser une péridurale, ne le considérez  pas comme un échec.
L’accouchement sans péridurale passerait plutôt par le lâcher prise. Se préparer à mettre au monde, ce n’est surement pas être formatée à souffler en cadence… Prendre confiance dans ses ressentis, se savoir compétente et capable de s’adapter me semble bien plus « solide ».

Une autre question que les femmes enceintes se posent régulièrement : Est ce que nous pouvons poser la péridurale à tout instant ?
Souvent la péridurale est posée à partir de 3 cm. Nous attendons cette dilatation afin d’être surs que le travail est bien lancé. Néanmoins, si les douleurs sont trop importantes, nous pouvons poser la péridurale avant.  La péridurale peut être posée jusqu’à dilatation complète. Cela s’appelle une rachi-anesthésie. Elle agit du coup instantanément.
Sans péridurale, pas de salut. Et si vous aviez pensé pouvoir faire sans, on vous le dit, ne vous entêtez pas, jusqu’au bout c’est possible. C’est vrai – mais variable selon les organisations de maternité – et parfois au prix de l’absence totale de sensation.

Néanmoins si la douleur est trop vive, nous pouvons choisir de nous installer car seul l’accouchement pourra  vous soulager.
Vous vous demandez bien quelle installation va vous soulager ? Le terme est un peu jargonnant et signifie que la sage-femme vous met en position pour pousser. Ca veut dire surtout que la sage-femme décide du quand et du comment (sans attendre votre besoin de pousser).

La question qui en découle est : est-ce que j’aurais assez de péridurale jusqu’à l’accouchement ?
Le travail peut durer  7 à 8 heures.  Ensuite nous pouvons attendre jusqu’à 2 heures que le bébé descende dans le bassin. Mais ne vous inquiétez pas la péridurale continuera jusqu’à la fin de l’accouchement.
Une énième couche de péridurale. Aucune nuance apportée sur l’efficacité, réelle mais pas toujours optimale ; aucune information sur la PCEA qui permet aux femmes de controler elles-mêmes la dose d’analgésie nécessaire. La PCEA n’est pas disponible dans tous les établissements mais c’est une information utile aux femmes qui pourraient alors interroger la maternité choisie.

La question que toutes les femmes enceintes se posent est la question des selles. Est-ce que nous allons avoir des selles au moment de l’accouchement ?
Seules 10 % des femmes sont dans ce cas. 
Personne ne sait d’où vient cette statistique de 10 % (j’ai demandé aux copains/copines). Et puis les chiffres on s’en fiche un peu. Même si la probabilité est de 1%, si c’est toi le 1 %, tu te sens très concernée.

En effet, cela fait 12 à 24h que vous supportez des contractions utérines douloureuses, vous n’avez pas ou peu mangé. Au moment de l’accouchement, nous vous posons une perfusion qui vous alimente par voie veineuse. Néanmoins vous pouvez sentir comme une pression au moment de l’accouchement. Si on reprend le bassin, le coccyx se met en arrière de manière à laisser passer votre bébé. C’est ce mouvement-là qui peut vous amener à penser d’avoir des selles au moment de l’accouchement. Pas de panique il ne se passera rien.
Effectivement le coccyx bascule mais la sensation de rectum plein n’a rien à voir. Elle est liée à la pression de la tête à travers la paroi vaginale. Cette sensation d’appui est présente pour toutes les femmes (plus ou moins gommée par une éventuelle péridurale) mais toutes ne vont pas à la selle. Rien à voir avec leur supposée jeûne de 12 à 24 heures (minutage au doigt mouillé un poil anxiogène), pour la plupart  leur rectum s’est vidé en début de travail.
Pour les autres, il se « passera bien quelque chose ». Il leur restera donc à paniquer comme les explications leur suggèrent.

Une autre question qui peut revenir, c’est est ce que je vais avoir mal si on utilise des instruments pour la naissance?
Suivant le mode d’accouchement, nous pouvons utiliser soit une ventouse, soit des forceps ou alors des spatules. Avec la péridurale vous sentirez la pose des instruments mais vous n’aurez pas mal.
Puisqu’on vous dit qu’une péridurale est in-dis-pen-sa-ble !

L’autre question qui en découle  c’est : est ce que mon bébé va être déformé par ces instruments ?
Ne vous inquiétez pas. Le bébé lorsqu’il descend dans votre bassin doit s’adapter. C’est pour cela qu’il a une tête un peu allongée. Cela peut être majoré par l’utilisation d’instruments.
Les forceps violents qui pouvaient avoir un impact sur le crane du nouveau-né ont laissé la place aux césariennes. La tête allongée n’est que le résultat de son adaptation pour traverser le bassin maternel. Et si l’accouchement est long et laborieux, cette déformation sera plus importante encore.
Par contre, la ventouse crée – du fait de la dépression – un œdème sur le sommet du crane.

Ne vous inquiétez pas, au bout de 24 heures votre bébé retrouvera une tête bien ronde. Une consultation chez l’ostéopathe peut être nécessaire à la sortie de la maternité.
Le crane met souvent plus de 24 heures à se remodeler, même quand aucun instrument n’est utilisé. Et enchainer tout revient à la normale mais faudra peut-être consulter, c’est … dissonant. 

Une autre question récurrente c’est : l’épisiotomie, est-elle systématique ?
La sage-femme ou l’obstétricien prendra la décision de la réaliser si une déchirure du périnée semble inévitable. L’épisiotomie fait peur pourtant la cicatrisation d’une épisiotomie est plus facile qu’une déchirure
C’est acquis depuis longtemps dans d’autres pays et depuis 2005 en France ; l’épisiotomie ne protege pas le périnée et elle ne cicatrise pas mieux  qu’une déchirure.

Votre conjoint sera présent à tout instant.
N’y aurait-il qu’un modèle unique ? Le mot « conjoint » exclut femmes seules, en couple avec une autre femme,  qui ne souhaitent pas la présence de leur compagnon, dont le compagnon ne souhaite pas être présent.

Pour la pose de péridurale, votre conjoint sera amené à attendre à l’extérieur de la pièce pour des raisons d’hygiène.
Le motif me rappelle un épisode récent de « babyburk » ou un soignant (sage-femme ? anesthésiste ?) assénait à un père demandant très poliment à rester auprès de sa femme pendant la pose de la péridurale « Non et ce n’est pas négociable ! ».
Là aussi l’hygiène était convoquée pour justifier l’arbitraire.

Si l’obstétricien décide de réaliser une césarienne, votre conjoint peut être amené à attendre à l’extérieur de la pièce.
Bis repetita. Et présenter comme banal le fait que l’accompagnant ne puisse aller au bloc en cas de césarienne court-circuite toute discussion sur le sujet avec l’équipe.

Voilà, j’espère que ces conseils vous seront utiles. N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne maman gnangnan * et à bientôt pour une nouvelle vidéo.

Vous me direz que tout cela n’est pas si grave et que mes remarques ne changent pas foncièrement le fond du discours.
Mais se conjuguent maladresse du propos, approximations et injonction anesthésique sur un fond anxiogène peu contrebalancé par le propos plus lénifiant que rassurant.
Le ton est sirupeux, concentré de gnangnantitude. Le formatage assumé. 

Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout.
Dormez braves gens.
Dormez !

NB : Orcrawn a aussi été « inspiré » par cette vidéo. Plein de similitudes avec son billet et pourtant on ne s’est même pas concertés. Juste je lui ai piqué le prénom qui rebaptise la sage-femme…

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*Afin de préserver l’anonymat, les noms ont été modifiés  😉

 

 

 

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Pour un clic, avec toi, j’écrirais n’importe quoi… ♫

Publié par 10lunes le 12 janvier 2016 dans Après

 

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Quel meilleur moyen pour booster les visites sur un site que d’affoler le chaland ?
Les titres accrocheurs et les contenus racoleurs, c’est le fond de poubelle du net.
Cette petite cuisine me laisse souvent indifférente. Mais quand un titre grand public tente de recruter de l’audience en reprenant une étude sur l’accouchement tout en en omettant un « détail » essentiel pour la rendre plus angoissante, je m’énerve.

Parents.fr titre « Les blessures post-accouchement comparables à celles des sportifs ».
Sportive de dernière zone inclassable tellement elle est énième, je peux m’enorgueillir de deux performances athlétiques enfants ! Et m’imagine bardée de blessures de guerre, éclatante démonstration de mon dévouement maternel puisque je n’en ai jamais rien ressenti…

Je lis « événement le plus traumatisant, blessures pelviennes irréversibles dans 15 % des cas » (en gras, des fois que vous sautiez la ligne). Et comme on en est plus à un trou de la sécu près, l’article évoque l’intérêt d’une IRM systématique pour toute accouchée.

Mais vous n’avez pas encore assez peur, alors se rajoute avec un deuxième paragraphe sur le périnée avec 41 % (!) des femmes ayant subi « une déchirure du périnée, au point que ce muscle se détachait partiellement ou complètement de l’os pelvien ». Vous le voyez bien votre corps déchiqueté… vous vous imaginez traînant votre lambeau de périnée plus attaché à rien… ?

Sous l’article un lien conduit à un résumé de l’étude initiale. On découvre alors que les chiffres ne concernent pas l’ensemble des accouchées ; l’étude ne portait que sur des femmes présentant des facteurs de risque élevés de déchirure (lesquels, quel pourcentage de femmes concernées ?).
Elle souligne d’ailleurs qu’il n’est pas question de généraliser l’IRM à toutes les femmes ayant accouché.

La conclusion est bien celle citée par Parents.fr : « Si une femme sent qu’elle ne récupère pas assez, qu’elle a une sensation d’inconfort ou que certains symptômes l’empêchent de faire ses exercices de Kegel, elle doit consulter un spécialiste »*. 

Mais elle n’a plus tout à fait  le même sens…

 

*En espérant qu’elle n’entendra pas ce qu’une femme me racontait ce matin même. Se plaignant de douleurs vives plusieurs semaines après son accouchement, elle a consulté et a eu pour seule réponse, « Tout est rentré dans l’ordre, tout est normal, c’est dans votre tête ».

 

 

 

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Taxe tampon

Publié par 10lunes le 1 janvier 2016 dans Pffffff, Vie des femmes

 

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Je surfais paisiblement sur le net, tentant de me motiver pour un petit billet histoire de débuter une année pleine de bonnes résolutions bloguesques.

J’hésitais entre une version volontariste et positive : 2016 sera l’année de l’expérimentation des maisons de naissance (pour lesquelles nous bataillons depuis 1998…)

Et une version réaliste : des tarifs assurantiels s’apprêtant à exploser, des maternités overbookées « offrant » des conditions de travail de plus en plus délétères, des droits de prescriptions toujours stupidement listés et autres incohérences textuelles nous imposant moult acrobaties dans notre exercice quotidien…

Puis je suis tombée sur ça.
Que sont nos petits problèmes face à une société qui ne semble pas s’émouvoir de l’instrumentalisation chaque jour accrue des corps maternels ?

Parce que oui, les injonctions sont multiples ; ne pas fumer, ne pas boire, éliminer de nombreux aliments – et souvent les meilleurs ! -, ne pas prendre trop de poids mais quand même assez, avoir une activité sportive mais pas trop quand même, bien dormir et surtout, surtout, ne pas stresser !

Une autre série d’injonction est médicale. Par définition, une femme enceinte offre son corps aux soignants, acceptant sans broncher échographie endovaginale et touchers vaginaux répétés.
Mon coeur se serre chaque fois qu’après ma demande d’accord pour un examen, j’entends : Avec ma grossesse, je me suis tellement habituée –  La pudeur est une notion que j’ai du oublier… Phrases accompagnées d’un demi sourire résigné.

Donc ne chipotons pas, les mères ne sont plus à une intrusion près. Envisager un nouveau truc à mettre dans son vagin pour aider leur futur génie à être encore plus génial NE DOIT PAS leur poser problème.

Il serait quand même détestable et bien peu maternel de refuser un dispositif qui permet « d’améliorer le développement neuronal de son bébé ».
A croire que tous les enfants nés avant cette magnifique invention sont débiles. Du coup, je comprends mieux pourquoi je suis si fréquemment déçue de l’humanité.
Z’ont pas eu les neurones correctement développés ? C’est bien ça ?

 

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Trêve de ralerie !

Je vous souhaite une belle et heureuse année 2016.
J’en profite pour remercier toutes celles (aucun homme ne s’est senti concerné) qui m’ont envoyé leurs récits pour l’Avent 2015. Je n’ai pas pu tout utiliser, parfois parce que je ne trouvais pas comment reprendre le récit, parfois parce qu’il m’invitait plutôt au pessimisme.
Mais je piocherai dans toutes ces histoires pour nourrir le blog cette année. Et la boite mail reste ouverte !

 

 

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Soignée

Publié par 10lunes le 5 décembre 2015 dans 9 mois

 

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Elle est hospitalisé en  GHR, acronyme éludant le stressant « grossesses à haut risque ». Un peu perdue devant le défilé des blouses pastels, les bilans, prélèvements et autres examens, elle sait que chacun s’attache à ce que sa grossesse se passe au mieux. Alors elle pense à son bébé et suit docilement les consignes.

La sage-femme repasse la voir en début d’après-midi.
– Tout va bien ?
– Oui, ça va, mais alors le nouveau médicament, ce midi, il est vraiment pas bon hein.

La sage-femme s’étonne, ne voyant pas de quel traitement il peut s’agir. Elle jette un œil sur le dossier, n’y trouve aucune nouvelle prescription et commence à s’inquiéter. Y aurait-il eu une erreur dans la distribution ? C’est une chambre à deux lits, aurait-elle pris un traitement destinée à sa voisine ?

Elle cherche à en savoir plus :
– C’était quel médicament. Un comprimé ? Une gélule ? De quelle couleur ?
– Non non, c’était un petit sachet, une poudre à dissoudre.
– Une  poudre ???  Avez vous gardé le sachet, je voudrais  vérifier ?
– Oui, oui, attendez, je vais le retrouver. C’est un petit sachet blanc et c’est écrit en bleu dessus.
– Ca y est, regardez ! C’est du chlorure de… dit-elle en tentant de lisser le papier froissé pour en déchiffrer le texte

 La sage-femme réprime un sourire.
– Ah mais non, ce n’est pas un médicament ! C’est le sachet de sel servi avec votre plateau repas.

 

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Primum non nocere

Publié par 10lunes le 22 novembre 2015 dans Blessures

 

4092855689_a29d36435fCette semaine,  j’assistais à un congrès périnatalité, évidemment organisé bien avant les attentats.  Il a été maintenu, assorti de quelques mesures de « sécurité » : Je peux voir votre valise, vous n’avez pas de bombe hein ? Ahahaha…

Nous étions dans une petite ville balnéaire, désertée par ses habitants aux premiers jours de l’automne, presque isolés du reste du monde.

Discuter EBM et puissance statistique par ces temps heurtés s’annonçait dérisoire. Pourtant, nous y sommes arrivé.

C’était comme une bulle de normalité, un espacé préservé qui faisait du bien.
Je ne sais pas si l’ombre des attentats planait sur nos têtes, si la chaîne de solidarité qu’ils ont déclenchée y était pour quelque chose mais ce congrès était étonnamment apaisé. Pas de grands discours, de décorum, de querelles d’ego et même pas de pingouins. Pontes et plèbe ont fait assaut de jeans-baskets.

L’essentiel était ailleurs. Comme la promesse d’une obstétrique redevenue humaine.

Dénoncer l’hypermédicalisation inutile et anxiogène de ce concept très français qu’est la menace d’accouchement prématuré.
S’attacher aux modalités des annonces faites aux parents lors de problèmes découverts pendant la grossesse.
Remettre en cause des pratiques qui font mal aux tenants de la physiologie comme l’épisiotomie (simple rappel bien sûr, mais toujours  bienvenu) ou –  sujet plus inattendu – le clampage immédiat du cordon…
Pour certains, dont je suis, qui ont toujours laissé le cordon cesser spontanément son battement afin de permettre la poursuite des échanges sanguins entre mère et enfant, cela pourrait apparaître comme la réinvention de l’eau chaude. Mais c’est la réinventer avec des données et des études à l’appui ; et donner ainsi les moyens à chaque praticien de s’affirmer scientifiquement face à des protocoles obsolètes et obtus.

Les interventions ont encore traité de prévention, de travail en réseau et d’usagers indispensables pour empêcher les professionnels de penser en rond…
Même le toujours polémique sujet des maisons de naissance a été abordé avec respect bien que la tension soit un poil plus palpable.

Et puis le congrès a pris fin, chacun est rentré chez soi, retrouvant état d’urgence, infos, hommages et appels à résistance.

Impuissante face à la terrible absurdité du monde, je veux croire qu’une société équitable et solidaire se construit dès les premiers instants d’une vie. Je ne peux rien sauf respecter parents et nouveaux nés, laisser les émotions s’exprimer, prévenir, accompagner, soutenir.
En toute humanité.
Parce que ça s’enracine où la violence, à quel moment de la vie ?

 

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Logique floue

Publié par 10lunes le 10 septembre 2015 dans Non catégorisé, Pffffff

 

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Il y a d’abord eu cette étude de l’Inserm issue des données de l’Enquête nationale périnatale 2010 : 26% des femmes avaient déclaré pendant leur grossesse ne pas vouloir de péridurale lors de l’accouchement. Toutefois, 52% ont finalement reçu une analgésie péridurale en cours de travail.

Le communiqué du CNOSF reprend certaines des conclusions de Béatrice Blondel qui souligne C’est moins le profil de la femme que l’organisation des soins qui va conduire à la pose d’une péridurale en cours de travail …/… La pose d’une péridurale peut être un moyen de faire face à la surcharge de travail au moment de certaines gardes.

Le CNOSF s’appuie sur l’étude pour dénoncer la très réelle et très problématique diminution des effectifs en maternité et enchaîne sur un élément n’apparaissant pas dans le résumé : Les problèmes organisationnels au sein des maternités contraindraient les professionnels de santé à déroger à un principe fondamental édicté par la loi : le consentement des patients.

Le communiqué du CNSF enfonce le même clou en évoquant le non-respect du choix initial des femmes.

Si je déplore avec les uns et les autres que les femmes ne puissent accéder à l’accouchement qu’elles souhaitent, l’adjectif « initial » s’appliquant au mot choix m’apparaît essentiel. Faudrait-il respecter la décision d’une femme prise en amont de l’accouchement plutôt que celle prise sur le moment, lorsqu’elle souhaite une solution médicale à la douleur ressentie ? Que cette douleur soit fortement majorée par l’indisponibilité des sages-femmes et/ou le renforcement des contractions par des hormones de synthèse*, personne ne peut en douter. Que notre organisation des soins défaillante conduise des femmes à renoncer à leur projet d’accouchement est une réalité quotidienne.
Mais évoquer le non-respect du consentement dune parturiente quand une péridurale est finalement posée à sa demande est un sophisme qui offre des armes à nos détracteurs.

La réponse de la SFAR parait à l’inverse apaisée. Les anesthésistes soulignent Du fait de la méthodologie de cette étude, on ne peut pas savoir si les femmes changent d’avis et demandent qu’une péridurale soit faite ou si les soignants convainquent les patients de la recevoir. Ils soutiennent les demandes des sages-femmes : Une partie de l’insatisfaction trouve d’autres motifs qui ne sont pas nécessairement du ressort de l’équipe d’anesthésie‐réanimation mais plutôt des protocoles obstétricaux et d’une révision des procédures et des organisations de l’équipe soignante au sens large. Ils dénoncent ensuite : La relation reste souvent paternaliste et manque d’explications, de temps d’échange.
La SFAR s’abstient de désigner un coupable et souligne les multiples facteurs en cause. Excellente façon d’inviter à un débat constructif.

Mais c’était sans compter sur nos amis du Syngof qui, fidèles à eux-mêmes, tirent dans le tas !
Comme d’hab, une petite explication de texte s’impose.

Ce communiqué a donné lieu depuis à une instrumentalisation visant à dénoncer une surmédicalisation de l’accouchement quand les professionnels médicaux ont pour unique préoccupation d’apporter aux femmes les conditions les plus sûres et les plus confortables pour leur accouchement.
Traduisons : Les matrones sages-femmes dénoncent une surmédicalisation imaginaire à des fins personnelles et égoïstes alors que les  professionnels médicaux – lire les gynéco-obstétriciens (autre pierre dans le jardin des sages-femmes qui sont elles aussi des professionnels médicaux) – sont seuls à se démener pour la santé et le confort des femmes.

Elles pensent à leur grand-mère et parfois mère qui n’ont pas eu la chance de connaître la péridurale.
Petit couplet aux relents paternalistes. De quoi se plaignent ces femmes qui ont la chance, contrairement à leurs aînées, de connaitre la péridurale.


Alors, la France veut-elle faire des économies sur le dos des femmes en diminuant les chances d’avoir une péridurale ?
Joli retournement ! Le fait de ne pas souhaiter une péridurale se transforme ainsi en perte de chance d’y avoir recours. Nouvelle attaque « discrète » contre les maisons de naissance ?
Je sais, je vois le mal partout…

Ces chiffres, s’ils doivent alimenter la réflexion sur l’organisation des maternités et la coordination entre sages-femmes et gynécologues obstétriciens, ne doivent pas être détournés à des fins corporatistes en mettant en cause la sincérité et l’engagement médical, jour et nuit, des gynécologues obstétriciens au service des femmes.
Nouvelle couche sur le supposé corporatisme de matrones sages-femmes égoïstes versus l’engagement mé-di-cal de gynéco dévoués au service des femmes.

Etre au service des femmes, ne serait-ce pas plutôt s’interroger sur ce qui pousse certaines à déroger à leur projet de naissance et réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour que ce projet puisse être respecté ?

 

 

* Sur ce point, la question du consentement doit se poser. Combien de femmes sont réellement informées de l’utilisation d’ocytocine et de ses conséquences ?

 

 

 

 

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Piégées

Publié par 10lunes le 26 mai 2014 dans Pffffff, Profession sage-femme
 

filetDeux innovations administratives viennent une fois encore souligner combien il est difficile pour les sages-femmes d’exercer sereinement leur activité en libéral.La première débute sournoisement en 2009.

La commission de la transparence de la HAS est chargée de se prononcer sur la spécialité Syntocinon ®. Ce produit est utilisé pour provoquer et/ou intensifier les contractions mais aussi pour traiter une atonie utérine consécutive à une hémorragie de la délivrance.

Si aucune des sages-femmes accompagnant les naissances à domicile n’aurait l’idée de déclencher un accouchement ou de renforcer artificiellement les contractions, les pertes sanguines au moment de la délivrance nécessitent une attention toute particulière. Et le Syntocinon ® – synto de son petit nom – fait donc partie de leur trousse d’urgence.

Comme le souligne la HAS : Cette spécialité entre dans le cadre d’un traitement préventif. Le rapport efficacité/sécurité est important. Cette spécialité est un médicament de 1ère intention. Le service médical rendu est important. 

Un peu plus loin, le filet se déploie : Dans le cas d’accouchement hors maternités et hôpital, ce qui reste marginal et pose de sérieuses questions sur la sécurité des patientes et des enfants, cette spécialité est nécessaire aux médecins ou sage femmes. Le service médical rendu reste important.

J’ignorais que la commission de transparence du médicament était appelée à se positionner sur l’accouchement à domicile… (et ne résiste pas à vous renvoyer vers cet article. La HAS gagnerait à lire les recommandations du NICE…)

Le 16 octobre 2013, la nasse commence à se refermer. La commission de la transparence rend un avis favorable à la radiation [du Syntocinon ®] des spécialités remboursables aux assurés sociaux et ce à compter du 1er avril 2014.
Rien de très grave jusque-là ; au prix où ne sont pas payées les sages-femmes (!) elles ne sont plus au coût d’une ampoule de synto près (2.78€)…

Mais les Laboratoires SIGMA-TAU France saisissent cette occasion pour cesser la diffusion en pharmacie, peu rentable, et ne plus commercialiser que la forme destinée aux hôpitaux. Les faibles réserves des officines s’étant vidées, les sages-femmes libérales ne peuvent plus s’en procurer.

Comment alors suivre les recommandations validées par la même HAS qui préconisent une injection prophylactique d’ocytocine au moment de la délivrance ? Je le souligne tout en m’interrogeant sur l’utilité de cette prévention lors d’un accouchement physiologique, l’utérus n’étant pas épuisé par de fortes et fréquentes contractions induites par les hormones de synthèse, cf ce document Inserm.
Mais, faute de synto disponible, si une femme se mettait à saigner après la délivrance, elle serait privée du seul traitement efficace en attendant le transfert hospitalier…

Comme la nouvelle vient de tomber,  un petit trafic est en train de s’organiser et les sages-femmes exerçant à domicile tentent, avant que leur réserve ne se soit épuisée (ou plus certainement périmée), de trouver des complices hospitalières subtilisant pour elles quelques ampoules.

Kafka 1 – sage-femme 0

 

Autre nouveauté : en ce moment, les caisses primaires d’assurance maladie nous adressent un courrier précisant que les sondes utilisées par certaines sages-femmes lors des séances de rééducation périnéale au cabinet doivent être prescrites par un médecin pour être prises en charge.

Résumons : une sage-femme réalise une consultation postnatale (c’est de notre compétence) / évalue entre autres choses la nécessité d’une rééducation périnéale (c’est de notre compétence)/ prescrit cette rééducation (c’est de notre compétence) et la femme choisit de s’adresser à une sage-femme pour cette rééducation (c’est de notre compétence).

Mais cette même femme devra consulter un médecin pour bénéficier du remboursement de la sonde ; soit 23 € facturés en plus à la sécu pour la prise en charge d’une sonde à 25,96€. Les médecins n’ayant bien évidemment rien de plus urgent ni plus utile à faire que de prescrire le matériel qui nous est nécessaire…

Kafka 2  – sage-femme, médecin, sécu : 0

 


Crédit photo Emmeric Le Person

PS : actualité oblige, j’ai différé un autre billet sur le postnatal…mais je n’oublie pas et y reviens bientôt

 

 

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Entre nos mains

Publié par 10lunes le 1 janvier 2014 dans Profession sage-femme

 

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J’ai terminé l’année en douceur en regardant « Entre leurs mains », magnifique documentaire consacré à l’accouchement à domicile, mais militant bien plus largement  pour une naissance respectée.

Ce que l’on y voit de l’accompagnement des sages-femmes filmées est humain,  juste, chaleureux, empathique, en un mot évident. Mais ce faisant, le film montre en filigrane comment l’organisation actuelle des établissements conduit à délaisser ces évidences.

Qu’il est triste d’entendre les femmes raconter les conditions de leur accouchement en maternité, qu’il est triste d’entendre les sages-femmes hospitalières évoquer ce qu’elles « font » aux femmes, ou plutôt ce qui leur est imposé de faire aux femmes. Le constat est glaçant.

Et c’est de notre responsabilité collective, à nous sages-femmes, à nous tous soignants, de changer cela.

Cet accompagnement attentif ne doit pas être, ne peut plus être une exception réservée à quelques femmes informées, déterminées et suffisamment chanceuses pour trouver une sage-femme proposant un accompagnement global.

Les sages-femmes sont en souffrance. Certaines se protègent et s’accommodent du fonctionnement actuel, devenant des techniciennes émérites. D’autres se désolent au quotidien et tentent de préserver ce qu’elles peuvent d’humanité dans les heures qui entourent une naissance.

Mais nous pouvons changer de paradigme ! 

Il « suffit » *que les sages-femmes puissent exercer vraiment leur métier, partout, à la maison comme en maternité.
Il « suffit » que les sages-femmes se mobilisent pour que l’organisation des structures ne les réduise pas à n’être que celles qui monitorisent, tensionnent, perfusent, périduralisent et délivrent.

Il ne s’agit pas de se reposer sur la supposée bienveillance de mère nature, ni de nier l’importance du suivi médical. Le documentaire d’ailleurs évoque les possibles aléas à travers quelques images, un transfert du domicile vers la maternité en cours d’accouchement parce que le travail n’évolue pas correctement, un monitoring (tenu à la main pour éviter à la mère l’inconfort d’une ceinture enserrant son ventre), des bilans sanguins discutés en consultation.

Mais en obstétrique, la médecine se doit d’être d’abord préventive. Nous avons le plus souvent affaire à des femmes en bonne santé, nous disposons d’efficaces outils de surveillance permettant d’anticiper nombre de pathologies et l’intervention n’est pas la règle mais l’exception.
Il nous faut retrouver cette tranquille sérénité incarnée par les quatre sages-femmes de ce documentaire. Savoir suivre grossesse et accouchement en pariant sur les compétences intrinsèques des femmes à mettre leur enfant au monde, tout en restant dans une discrète mais réelle vigilance.

Il nous faut aider les femmes à retrouver une confiance dont on les a dépossédées à coup de discours anxiogènes, de prises en charge déstabilisantes et de télé-réalités scénarisées.

Que perturbons-nous dans le processus de mise au monde en réduisant l’accouchement à l’extraction d’un fœtus d’un utérus ? Que modifions-nous dans l’accueil de ce nouveau-né ?

On m’objectera que les femmes qui accouchent et les enfants qui naissent ne vont pas si mal.

Regardez « Entre leurs mains » pour comprendre comment ils pourraient aller… autrement…  

 

Le film est disponible  en replay ici jusque fin janvier 

* Ne me taxez pas de naïveté, le « il suffit » est ironique. Les deux derniers mois ont démontré combien la parole des sages-femmes était inaudible. La pesante réalité du quotidien face à de grandes avancées. Mais nous pouvons chacun essayer de faire chaque jour un tout petit pas… Ne pas se taire en est un.

 

 

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Au sein d’une île

Publié par 10lunes le 3 décembre 2013 dans Médias

 

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Depuis dimanche, un accouchement à domicile fait la joie des médias. Sa particularité, avoir eu lieu sur une île qui n’avait pas vu naître d’enfant depuis 35 ans.
Bienvenue à Emilie !

Mais je m’étonne qu’aucune voix dissonante ne vienne ternir la fête avec l’habituelle ritournelle : dangers de l’accouchement à domicile, incompétence des professionnels, difficultés de transfert, coût pour la société et autre attaque récurrente…

Parce que si on lit bien :
– la mère était assistée par un médecin qui n’avait pas pratiqué d’accouchement depuis son internat en 1975 (mais ouf,  il était accompagné au téléphone par une sage-femme  !).

– un éventuel transfert en urgence aurait pris une petite heure (la mère parle de 20 minutes dans le reportage (à 15’50) mais l’hélicoptère doit partir de Quimper, soit 20 mn, prendre en charge la patiente, puis redécoller vers l’hôpital, soit 20 nouvelles minutes…)
Mon habituel mauvais esprit rappelle que Marisol Touraine évoquait la semaine dernière l’attenance à une maternité imposée aux maisons de naissance dans ces termes « Cette disposition est absolument indispensable dans le cas où surviendraient des complications ».

–  mère et enfant ont ensuite été transférés à la maternité sans que personne ne s’en émeuve, « juste comme ça » précise l’article, « par précaution » dit le reportage.

– enfin, l’hôpital semble avoir validé ce projet.

Ailleurs, nombre de femmes prévoyant d’accoucher à la maison, accompagnée par une sage-femme dont c’est le métier (et qui le pratique au quotidien), avec des possibilités de transfert bien plus aisées et rapides, se voient pourtant refuser une simple consultation d’anesthésie au motif de ne pas cautionner leur décision.

Rêvons ensemble que l’île bretonne ouvre une nouvelle ère, où tous trouveront normal et banal qu’un enfant naisse au sein de son foyer…

 

©Image : David Tourquetil

 

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