Préservé

Publié par 10lunes le 5 décembre 2016 dans 9 mois

 

coeur-4-terDeuxième échographie.

Le médecin consulte le compte-rendu précédent et l’interroge : « Vous ne souhaitez pas connaitre le sexe, c’est bien ça ? »

Elle bredouille une réponse confuse parce que son compagnon ne veut pas savoir et elle voudrait peut-être mais craint de ne pas savoir garder le secret alors en fait elle ne sait pas vraiment.
Le praticien la rassure, elle peut hésiter encore, on verra à la fin de l’examen

La revue des différents organes commence. L’échographiste commente l’irréprochable anatomie de ce bébé. Une très belle tête, deux bras magnifiques, deux jambes qui le sont tout autant, un coeur qui bat parfaitement, un diaphragme bien à sa place… La liste des perfections s’égrène doucement.
Puis le médecin quitte l’écran des yeux, se tourne vers elle et conclut
« Tout va pour le mieux.
Elle hésite un temps et se lance
Oui mais… et le sexe docteur ?
Il sourit
– Le sexe est tout à fait normal lui aussi ».
Son ton laisserait la place à une autre question.
Mais elle a sa réponse.

Comme elle l’écrit elle-même :« Je suis partie le coeur en joie, enceinte d’un bébé tout à fait normal, sexe compris, et de plus muni d’une très belle tête ».

 

 

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Réaliste

Publié par 10lunes le 10 décembre 2015 dans Blessures, Petites phrases

 

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Dans l’histoire de la famille, il y a ce petit garçon devenu grand pour qui tout le monde pronostiquait le pire, au point de conseiller à ses parents une interruption de grossesse.
Il y a aussi ce grand professeur qui a cherché plus loin, s’attachant à mieux décoder les images échographiques -encore bien imprécises à l’époque- en envisageant de possibles diagnostics moins abrupts.

Grâce à lui, ce petit garçon est né, a grandi, est maintenant un adulte en pleine santé et parfaitement intelligent.
« Intelligent » est à souligner, parce que ce sont les images cérébrales qui alertaient l’équipe médicale.

Forcément, elle connait l’histoire, le grand professeur est une icone familiale.
Des années plus tard, les hasards de la vie lui font retrouver le même neurochirurgien dans un amphi. Il projette aux étudiants des images échographiques pour évoquer certains pronostics inquiétants contredits ensuite par la parfaite évolution des enfants. Il s’attache à rabattre la superbe de la médecine, souligne l’étendue de ce que nous ne savons pas encore, rappelle la prudence dont chacun doit faire preuve dans une démarche diagnostique.


Ce qu’il résume dans une phrase :

– Rappelez-vous toujours d’une chose, le génie ou la connerie, ça ne se voit pas à l’échographie !

 

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Façon puzzle

Publié par 10lunes le 8 juillet 2012 dans 9 mois

 

2837857863_92e9e1c33e_zL’échographie est souvent pensée par les parents comme une première rencontre avec leur enfant. Le décalage entre ce rendez-vous attendu et la réalité de l’examen – chargé de délivrer un certificat de conformité – en est d’autant plus grand.

Ce que résumait récemment un père avec humour.

« Nous regardions l’écran, en ayant un peu de mal à comprendre ce qui s’y affichait. De temps en temps, l’échographiste nous gratifiait d’un commentaire laconique, énumérant des organes, annonçant des mesures.  

Il nous a expliqué que certaines dimensions permettaient de préciser l’âge de la grossesse.  A chaque mesure, l’écran affichait une date. Mais elle était chaque fois différente.

A se demander si ce bébé nous sera livré en kit à monter nous-mêmes ! « 

 

©Photo

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Absolument sachant

Publié par 10lunes le 4 septembre 2011 dans 9 mois

Première échographie, dite de datation. En salle d’attente, les panneaux affichent de joyeux avertissements: « L’échographie ne peut pas tout dépister » –  » La présence des enfants est interdite » – « Votre médecin détermine librement ses honoraires (… ) supérieurs au tarif du remboursement par l’assurance maladie ».

C’est leur tour. La pièce est petite, logiquement sombre. Au centre, le divan d’examen en skaï bleu foncé est recouvert d’un papier blanc ; à sa gauche, une chaise à dossier bas et l’appareil d’échographie ; à sa droite, une autre chaise ; en face du lit, fixés au mur, un second écran et une triple patère permettant d’accrocher les vêtements.

Tout en se déchaussant, en patiente appliquée, elle énonce date des dernières règles et durée de ses cycles. Elle sait très bien où elle en est et – à peu près – quand ils ont conçu leur bébé.

Cette première échographie se fera par voie vaginale. Pratique tellement habituelle que l’échographiste n’explique rien et la prévient de ce qui va se passer par cette phrase sibylline  « Enlevez le bas ».
Elle s’allonge sur le lit. Ne sachant pas où poser son slip, elle le froisse dans sa main droite. Sa main gauche cherche celle de son homme, assis à ses cotés sur la chaise dédiée.

L’examinateur s’empare d’une sonde oblongue. La tenant verticalement, il y déroule ce qui s’apparente à un préservatif. Une giclée de lubrifiant puis la main s’incline, la sonde s’horizontalise puis s’enfonce dans son vagin, intrusion accompagnée d’une affirmation sans appel « ça ne fait pas mal ».

Attentif aux premières images sur l’écran, le couple tente d’oublier l’outil qui s’agite et s’oriente au creux du corps maternel.

Du noir, un peu, quelques contours blancs et surtout du gris, plus ou moins dense, plus ou moins homogène. Le squelette contrasté animé de quelques mouvements aide à donner sens aux images.

L’échographiste procède aux mesures. Sa main gauche pianote sur le clavier, tourne le curseur ; l’image se fige. De petites croix clignotent sur l’écran puis des chiffres s’affichent. Satisfait, il annonce une date de conception… qui précède de cinq jours la date donnée par les parents.
Elle s’en étonne et se retourne vers son compagnon pour le prendre à témoin… « Ce n’est pas possible, tu te souviens, ce jour là, tu étais encore en Italie. »

Sans daigner leur jeter un regard, l’échographiste, impavide, confirme en fixant son écran que la grossesse a bien débuté pendant l’absence paternelle. *

Insupportable superbe d’une médecine qui s’invite dans l’intimité d’un couple et ose affirmer sans nuance la date de leur relation sexuelle.

 

* On considère que la datation est en moyenne précise à +/-3 jours mais que les bornes sont de +/-7 jours…

 

 


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Quentin

Publié par 10lunes le 14 mars 2010 dans 9 mois

Ils ont vécu un premier espoir d’enfant brutalement anéanti par la découverte d’une grossesse extra utérine.

Cette seconde grossesse a débuté dans l’inquiétude. Au fil des jours, ils se sont rassurés et les premières échographies sont venues confirmer que tout allait bien. Ils ont découvert leur futur bébé s’agitant déjà dans le nid utérin. Ils sont confiants.

Ce nouveau rendez vous est celui de l’échographie morphologique. Arrivés à l’heure dite, ils patientent longtemps. Le médecin les prend enfin, marmonne un vague bonjour, ne s’excuse pas pour son retard. Les quelques mots adressés au père sont pour lui signifier qu’il dérange. Le cabinet n’est pas conçu pour que l’accompagnant soit à l’aise.

Son ventre est abondamment enduit de gel. Désagréable sensation de froid sur sa peau.

L’examen, minutieux, va durer 45 minutes. L’homme est concentré, le regard rivé à l’écran. D’une main, il pianote sur le clavier, ajuste des curseurs, enregistre des données. De l’autre, il tient fermement la sonde, la déplace, l’oriente, appuyant sans ménagement sur le ventre maternel. Tout à son observation, il occulte la femme détentrice de ce ventre, omet que ses gestes puissent lui être douloureux. Soucieuse de ne pas perturber l’examen, elle serre les dents.

Aucun commentaire sinon, de temps à autre, un soupir, un froncement de sourcil, toutes choses que les parents guettent comme autant d’indices, s’interrogeant en silence, est ce que tout va bien ?

Enfin, il repose la sonde, tourne le regard vers elle. Son ventre labouré lui fait mal. Elle attend les mots rassurants venant conclure la séance, les mots qui leur permettront de partir sereins.

Du bout des lèvres, il indique que tout semble aller bien, «du moins pour ce que l’on peut voir à cause de la paroi »  Façon peu élégante de lui signifier quelques rondeurs antérieures à celles de sa grossesse.

Il hésite, souhaite éliminer un dernier doute et repose la sonde.

Et les mots tombent, qui se voudraient obscurs « il y aurait bien une légère angulation des pieds».

Il aimerait déléguer les explications, les suites à donner à cette annonce et se contenter de les adresser à leur médecin. Pas de chance… elle est kiné, alors cette angulation, elle la traduit immédiatement en langage commun «des pieds bots?»  Oui cela pourrait être, il faudrait prévoir une amniocentèse.

Mais déjà il se lève, arrache quelques feuilles au distributeur et lui tend pour qu’elle essuie son ventre.

Son travail est terminé, il a fait sa part. Indifférent ou embarrassé face à leur inquiétude, pressé d’enchainer avec l’échographie suivante, il renvoie vers le gynéco pour les examens complémentaires, vers la secrétaire pour le règlement.

Assez de temps perdu.

Depuis, leur fils est né, en pleine santé. Et si ses pieds ont nécessité des soins particuliers, il gambade maintenant comme tous les enfants.



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Prière

Publié par 10lunes le 14 janvier 2010 dans Petites phrases

Elle raconte sa dernière échographie, examen supplémentaire prescrit par son médecin pour surveiller la croissance d’un enfant qui s’annonce de petit poids.

Elle est arrivée tendue, anxieuse des résultats de ce contrôle et de ce fait peu disponible pour son bébé. Elle précise donc à l’échographiste quelle n’a pas senti beaucoup de mouvements depuis le matin.

Tout en enduisant son ventre de gel avant de débuter l’examen, le médecin réfléchit à mi-voix, oublieux de la femme mais attentif à celui qu’elle porte… «j’espère qu’il n’est pas mort ».

PS :  Que de commentaires sur les doulas, les maisons de naissance, les actions à mener. Pardon de ne pas y répondre tout de suite, je manque de temps. De toute façon, il semble que ce blog vive très bien sans son auteur et je vous en remercie !

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Bientôt maman, épisode 2

Publié par 10lunes le 21 septembre 2009 dans 9 mois

Une sage-femme, vêtue du rose uniforme accueille un couple pour leur première échographie. La jeune femme s’allonge sur le lit d’examen, les yeux déjà rivés à l’écran de contrôle, sa main blottie dans celle de son compagnon. Ils sont tous les deux souriants, émus à l’idée de cette première rencontre « de visu » avec leur bébé.

La sage-femme leur explique l’examen. Elle va mesurer la distance de la tête aux fesses ce qui permet de dater la grossesse mais elle a aussi «plein d’autres choses à voir. On regarde son cerveau, s’il a bien des jambes complètes, des bras complets ».

Un ange passe…

Comme on pouvait s’y attendre, à la fin de l’examen, la mère s’inquiètera de la complétude des bras et jambes de son enfant, «et donc, ses membres ?»

PS : le « préalable » de l’épisode 1 reste de mise.

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La peur du vide

Publié par 10lunes le 11 septembre 2009 dans Après

Elle raconte l’échographie de contrôle demandée pour suspicion de rétention placentaire. Au final, tout va bien.
A un détail près… «j’ai un trou dans le ventre».

Elle décrit l’écran noir et figé, si différent de la dernière fois lorsqu’elle y voyait son bébé s’agiter, facile à repérer par le contraste de l’ossature blanche sur le fond sombre.

C’était il y a un mois et maintenant, cet écran noir vient lui signifier la fin de sa grossesse.

Si tout va bien pour elle, si son bébé grandit paisiblement, si ce post partum se passe sans souffrance et sans dépression, il n’en reste pas moins ce trou de l’image échographique qui la renvoie sans ménagement au vide de son utérus…

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L’écran

Publié par 10lunes le 19 août 2009 dans 9 mois

Elle est enceinte de cinq mois et s’impatiente : « j’ai hâte d’être à la prochaine écho pour retrouver notre bébé ». Ainsi, l’enfant qu’elle porte dans son ventre et dont elle ressent les mouvements lui apparait-il plus présent sur l’écran.

J’entendais un échographiste dénoncer  l’emprise de la technique sur l’imaginaire parental en illustrant ainsi son propos : « ils repartent avec regret en jetant un dernier coup d’œil sur l’écran, comme s’ils laissaient leur bébé là, avec nous »

Dans l’album de famille, le premier cliché n’est plus celui du jour de la naissance mais la première image échographique. Et lorsqu’il s’agit d’une image 3D, le visage figé évoque, malgré l’impression sépia qui tente de faire illusion, la pierre sculptée plutôt qu’une vie à naitre .

Comment ce dialogue subtil entre une femme et son enfant à venir, les petites « bulles d’air », les premiers frôlements perceptibles, les premiers coups sous la main du père peuvent ils faire le poids face à l’image ?

Contrepartie des progrès techniques, les parents s’éloignent de ce qui n’appartient qu’à eux, leur propre ressenti. Cet enfant à rêver s’invite dans le concret. 
Les avancées médicales se payent cash.

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