Racolage

Publié par 10lunes le 19 février 2013 dans Pffffff

 

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Un spot de pub vu hier soir m’a fait rugir de colère.

Surfant sur la vague,  un « moniteur d’ovulation » se paye des passages télé avec deux affirmations phare, « sans hormones », « sans effets secondaires ».

J’avais déjà fait un billet sur le sujet l’année dernière. Mais ces sous-entendus délétères, associés aux infos du matin constatant une hausse des IVG liée à l’arrêt intempestif de la pilule justifiaient une piqûre de rappel.

Pour info, le dispositif intra utérin au cuivre est lui aussi sans hormone, totalement pris en charge par la sécurité sociale, efficace pendant au moins 5 ans et présente un taux de grossesse de 0,6 %, à comparer aux 6% annoncés par Clearblue.

Cerise sur le gâteau, on peut faire l’amour tous les jours !

 

 

Complément -tardif- d’information : il ne faut pas croire France Inter…!  Voilà ce quen dit @RRET SUR IMAGES  (je copie un extrait car l’accès libre est limité dans le temps).
Danièle Messager, la journaliste qui a réalisé le sujet, explique […] Que lui disaient les autres gynécos qu’elle a contactés ? « Ils affirment qu’il n’y a pas encore de chiffres précis, comme je le raconte d’ailleurs dans le sujet, mais qu’ils s’attendent à une hausse des IVG dans le courant du mois de mars« . Seule la gynéco affirmative aura donc été retenue dans le sujet.

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Coup de projecteur

Publié par 10lunes le 7 janvier 2013 dans Militer

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Des articles et forums lus sur le net, les témoignages de mes consoeurs, certains commentaires du blog, des questions posées par le biais de « contactez l’auteur« , des échanges mails, et le presque quotidien du cabinet … une convergence d’éléments démontrant la méconnaissance de notre métier.

La sage-femme cette inconnue…

La sage-femme est la professionnelle de santé pouvant prendre en charge l’ensemble des événements physiologiques (normaux) de la maternité et du suivi gynécologique.

Maternité : suivi médical de la grossesse, préparation à la naissance, accouchement, suivi postnatal, allaitement, rééducation périnéale.

Gynécologie : suivi annuel, frottis, prescription de contraception (y compris pose d’implant et de dispositif intra utérin).

Lorsqu’elle dépiste une pathologie, la sage-femme collabore avec le médecin spécialiste pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, lui passe le relais pour le suivi gynécologique.

La France compte 20000 sages–femmes en exercice. Elles exercent majoritairement au sein des maternités, mais aussi en cabinet libéral et en PMI.

 

En libéral, elles assurent tout ou partie des activités suivantes : consultation de grossesse et postnatale, préparation à la naissance, suivi au retour à domicile, suivi de l’allaitement, consultation nourrisson (suivi staturo pondéral), rééducation périnéale, échographie, suivi gynécologique (et, sur prescription d’un médecin, surveillance d’une grossesse qualifiée de pathologique).

Certaines de ces sages-femmes proposent un accompagnement global de la naissance : présentes du pré au postnatal, elles vous assistent lors de votre accouchement, que ce soit à domicile ou en plateau technique (au sein d’une maternité mais en toute autonomie)

Il y a 4000 sages-femmes libérales, donc forcément une pas trop loin de chez vous. Pensez à la contacter pour votre suivi gynécologique et dès que vous avez un projet de grossesse…

 

En maternité, vous aurez – très ! – souvent affaire aux sages-femmes. Elles assurent une partie des consultations, des échographies, la préparation à la naissance, sont les praticiennes qui vous prennent en charge au quotidien en cas d’hospitalisation pendant la grossesse, tout au long de votre accouchement et pendant votre séjour postnatal.

 

Elles sont aussi présentes dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour accompagner les femmes enceintes dont la grossesse nécessite, pour des raisons médicales, sociales ou psychologiques, une présence rapprochée.

Certaines exercent dans les centres de procréation médicalement assistée.

Enfin, vous trouverez des sages-femmes dans les centres d’orthogénie, pour assurer les consultations de contraception et pour accompagner les IVG.

 

Vous avez donc de très nombreuses raisons d’avoir affaire à une sage-femme. Pourtant, les jeunes diplômées peinent à trouver leur place.

Certains cabinets libéraux ont du mal à exister, faute d’agenda suffisamment rempli. A l’inverse, du fait de la diminution des postes, les sages-femmes salariées sont débordées et constatent chaque jour la dégradation de la qualité de leurs prises en charge. Il est demandé à chacune d’en faire toujours plus avec moins. Ce toujours plus se fait forcément au dépend de la qualité des soins, de l’attention portée à chacune.

 

Comment agir ?

– pour les libérales, le principal obstacle est la méconnaissance de leur champ de compétences. La sécurité sociale promettait en 2007 une mise en avant de leur profession. Nous l’attendons toujours. Faisons le ensemble grâce à la magie des réseaux sociaux !

– pour les salariées, les directions des établissements négligent leur surbooking quotidien. La pénurie n’est pas encore à un point tel que la sécurité soit en cause (quoique…) mais « la mère et l’enfant vont bien » n’est qu’un minimum, nécessaire mais pas suffisant ! Il faut que de nouveaux postes soient ouverts. Ecrivez, témoignez, dénoncez ce qui ne doit plus être.

 

Faites circuler très largement cet article autour de vous. Demandez à vos contacts de le relayer.
Faites mieux connaître ce métier dédié à la santé des femmes !

 

Pour aller plus loin

Rôle des sages femmes dans le système de soin (rapport de la cour des comptes septembre 2011) 

– Une plaquette d’information restée confidentielle.

Quelles sont les compétences générales de la sage-femme (site du conseil de l’ordre)

– Sur ce blog, Sage-femme mode d’emploi, Résister

 

©Photo  A is for Angie

 

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Conflit de générations

Publié par 10lunes le 3 janvier 2013 dans Vie des femmes

 

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L’année débute avec une mise en accusation des pilules contraceptives. J’avais commencé une revue de presse avec analyse détaillée mais je renonce tant tout et n’importe quoi a été dit dans les médias. Inutile de s’y attarder. Par ailleurs d’autres praticiens ont déjà publié d’excellents articles très documentés (cf Martin Winckler, ou Dominique Dupagne ). Inutile de s’escrimer à le refaire en moins bien !

Je soulignerai simplement que le principal risque de l’hallali actuel est de voir de nombreuses femmes arrêter sur le champ leur comprimé quotidien brutalement promu au rang de poison mortel. Le meilleur moyen de voir exploser le nombre de grossesses non désirées et le taux d’IVG…

Mais une seconde bataille est en train de se mener plus sournoisement. 

L’ANSM -Agence nationale de sécurité du médicament – a en effet émis la brillante idée de réserver la prescription des pilules de 3ème et 4ème génération aux spécialistes. Dominique Maraninchi, directeur général de l’ANSM a précisé mardi « Si notre mesure de mise en garde auprès des prescripteurs ne suffisait pas, il s’agirait de réserver les conditions de prescription et de délivrance (de ces pilules) pour en limiter l’utilisation, pour être sûrs qu’elles ne soient utilisées qu’en deuxième recours et la réserver à des spécialistes« . 

Cette suggestion inscrit en creux l’incompétence supposée des autres prescripteurs, principalement les généralistes mais aussi les sages-femmes. 

Pourtant, un document de l’Afssaps, devenue depuis ANSM pour faire oublier son apathie dans l’affaire du médiator montre bien que ces G3 et G4 étaient majoritairement prescrites par les spécialistes. ( les sages-femmes n’apparaissent même pas dans ce document. Comme trop souvent oubliées lorsque l’on parle de suivi gynécologique… ). La « solution » évoquée par l’ANSM laisse donc plus que perplexe. D’autant que même les gynécologues semblent ne pas vouloir endosser ce rôle, « trop de responsablités » affirme le président du Syngof…

Laissons donc tout ce  petit monde s’amuser à coup de déremboursement et de passage de patates chaudes.

Le bénéfice inattendu de tout ce tapage, c’est que le choix d’une contraception sera enfin réellement discuté et non plus sèchement imposé ! 

Et si vous doutez de votre contraception actuelle, prenez rendez-vous avec votre sage-femme, votre médecin traitant, voire votre gynécologue (je ne pratique pas l’ostracisme obtus). Le débat est ouvert !

 

 

PS :  je ne résiste pas au petit plaisir de rappeler ce billet, tout à fait de circonstance bien que datant de juin 2012…

PS bis : à écouter : « Faut-il arrêter de prendre la pilule ? » sur France Culture aujourd’hui

 

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Recyclage

Publié par 10lunes le 28 juin 2012 dans Pffffff

 

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Le marché de la fertilité semble décidément inspirer les entrepreneurs de tous poils.  Après le « personal shopper », voici le « Clearblue Contraceptive Monitor », oh pardon, le moniteur de contraception Clearblue.

Je pourrais commenter chaque phrase de cet article promotionnel. Economisons notre temps- à défaut de notre argent, j’y reviendrai – et allons à l’essentiel.

Cette machine identifie (…/…) les jours où l’on a un risque de tomber enceinte (jour rouge) et ceux où l’on peut avoir des  rapports sans contraceptifs (jour vert). Le test permet de détecter les taux hormonaux dans les urines. L’un (pic de LH) est assez précis mais ne précède l’ovulation que de 24 à 36 heures. Un peu juste vu l’esprit malicieux de spermatozoïdes capables de survivre 72h (en moyenne..) dans l’attente d’un ovule accueillant… Il faut donc ajouter le dosage des oestrogènes, beaucoup moins précis, ce qui amène à des zones rouges plutôt longues.  

Cette nouvelle méthode de contraception est destinée aux femmes de 30-40 ans. Pourquoi  ? Moindre fertilité, pouvoir d’achat ? en relation amoureuse stable…  Serait-il plus facile d’annoncer « Pas ce soir chéri, je suis en jour rouge » au sein d’un couple stable ?  prévoyant d’avoir un enfant  dans les années à venir… C’est préférable vu que l’enfant pourrait arriver dans les – je calcule à la louche – neuf mois ! et ayant décidé de ne plus avoir recours à des moyens  anticonceptionnel. Oups, se sont dénoncés eux mêmes, c’est pas une méthode anticonceptionnelle !

Cette contraception est entièrement naturelle, sans prise de médicaments et sans effet secondaire. Et hop, l’air de pas y toucher, voilà le discrédit jeté sur l’ensemble des moyens contraceptifs ! Il suffit seulement d’uriner sur les bâtonnets. Seulement oui, mais chaque jour, au réveil, car le test doit se pratiquer après « votre période de sommeil la plus longue ». Accessoirement, cela évitera l’interruption d’ébats amoureux par un peu érotique « Attend chéri, faut que j’aille pisser sur ma bandelette »… 

La machine  (…/…)  vous informe sur les dates où vous avez le moins de chance de tomber enceinte. Le moins de chance hein, c’est eux qui le disent… Une étude, menée sur 710 femmes. Quelles femmes ? Parce que la fertilité n’est pas tout à fait la même à 20 ans ou à 45 hein… Oui j’ai mauvais esprit mais la seule précision « femme » apparaît un peu vague. qui n’avaient aucun rapport durant les « jours rouges »… Quid de votre libido ? Le site n’évoque même pas d’utiliser une autre contraception, les jours rouges, c’est ceinture !! a permis de montrer que ce moyen de contraception est efficace à 94%. Chiffre multimartelé sur le site du fabricant.

Le moniteur de contraception sera disponible à 130 € et les 16 sticks à 40 €.  Je résume, un boitier – très- couteux et 2,50€ par bandelette, avec des tests obligatoires (16 le premier cycle, 8 ensuite, je vous laisse calculer), pour peut-être découvrir que l’on est en  jour rouge (jour ceinture..) 6 à 12 fois par cycle, voire plus « si vos cycles sont irréguliers », dixit le fabricant. Achevez-moi… 

Ce moniteur de contraception n’est au final que la variante du moniteur d’ovulation destiné aux couples en mal d’enfant. Suffit d’inverser les paramètres et hop, on se retrouve à calculer la période la moins féconde.
Avec des rentrées minimales de 20 € par mois et par « relation stable », ce serait dommage de s’en priver. 

Les stupides consommateurs que nous sommes n’y verront que du feu… 

 

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Un coup de dé jamais n’abolira le hasard

Publié par 10lunes le 4 juin 2012 dans Pffffff

 

7029850453_8186ab2800_zEn salle d’attente, une très souriante visiteuse médicale s’avance comme en terrain conquis…

Lors d’un congrès, j’ai eu la malencontreuse idée de laisser mes coordonnées sur un stand pour recevoir du matériel de démonstration. Elle se sent donc invitée et je n’ose refuser de la recevoir. Un reste de bonne éducation.
Et puis elle n’en a que pour quelques minutes et justement, j’ai quelques minutes…

Elle extirpe de son attaché-case de menues babioles qui m’aideront à illustrer différents modes de contraception. Surgit ensuite un i Pad, qu’elle dépose en chevalet devant moi. Elle fait glisser les pages une à une, sans regarder l’écran, et déroule un argumentaire impeccable, parfaitement synchronisé avec les images qu’elle ne voit pas. Les mots s’enchaînent avec facilité, le sourire est persistant.

Je l’écoute me vanter une pilule de dernière génération. Un peu lassée par son récitatif, je l’interromps pour évoquer l’augmentation du risque thromboembolique … Elle se crispe une demi-seconde. Une sage-femme ne devrait être qu’une petite main obéissante et sans initiative. Je viens d’enfreindre sa règle.

Puis son visage se lisse et le sourire revient. Le discours rodé est relancé.
Quoique…

Après avoir admis que l’on manquait de recul sur son nouveau produit, elle croit bon d’ajouter « De toute façon, si vous avez bien fait votre interrogatoire, recherché les facteurs de risques, si tout est bien noté dans le dossier, on ne pourra rien vous reprocher » !!!

Ainsi, faudrait-il ne pas se préoccuper des « aléas thérapeutiques ».
L’essentiel étant d’être inattaquable grâce à un dossier impeccablement tenu…

 

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Pas de fumet sans feu

Publié par 10lunes le 1 avril 2012 dans Profession sage-femme

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Cet article paru le 29 mars dans le Monde a fait du bruit dans le landerneau des sages-femmes. Ces propos évidemment mal compris et mal interprétés les avaient quelque peu révoltées.

Odile Buisson a souhaité préciser sa pensée :

En aucun cas, je n’ai souhaité  porter atteinte, ni à la profession de sage-femme, ni à l’autonomie des femmes.

Loin de toute position corporatiste, je souhaitais alerter sur les difficultés d’accès à la contraception et au suivi de prévention, pourtant gages de la sécurité sanitaire des femmes françaises. Cette fonction, longtemps tenue par des gynécologues médicaux aux compétences sous employées, est sans aucun doute du ressort des sages-femmes (comme des médecins généralistes). Examen gynécologique, bilans biologiques et frottis cervico-vaginal sont en effet des pratiques banales pour les sages-femmes puisqu’elles s’inscrivent très habituellement dans le cadre du suivi de grossesse. 

En aucun cas, je ne suggèrais que les sages-femmes outrepassent leurs compétences. Elles réalisent lors de leurs consultations un interrogatoire soigneux permettant de dépister les éventuels facteurs de risques; si tel est le cas, elles réadressent les patientes vers le médecin. Ce temps consacré au dépistage et à l’information est autant de temps libéré pour les consultations déjà chargées des spécialistes.

Par ailleurs, attribuer la longévité des françaises à l’existence de notre spécialité était un raccourci hasardeux. Rien ne permet de démontrer la corrélation entre ces deux facteurs. Pour preuve, la gynécologie médicale est très peu présente en Espagne et l’espérance de vie des espagnoles est pourtant supérieure à celle des françaises.

Comme je le soulignais, les femmes sont des citoyennes à part entière. Chacune d’elle est en droit de choisir d’être suivie par une sage-femme ou un médecin, d’accoucher avec ou sans péridurale, d’allaiter ou non son enfant. Ces décisions lui appartiennent pleinement. Et notre role de soignant n’est ni d’influencer, ni de dénigrer leur choix mais de les accompagner.

Je m’attache comme l’ensemble des praticiens médicaux, à exercer au sein d’un réseau où tous les acteurs de la santé se complètent et se coordonnent, dans le souci partagé de répondre aux attentes et aux besoins des citoyennes de première classe que sont les femmes…

En ce dimanche premier avril, je remercie Odile Buisson d’avoir pris le temps de cette salutaire mise au point.

 

PS : pour celles et ceux qui douteraient  de la véracité des paroles rapportées, je vous renvoie à la date de publication et à l’illustration de ce billet…

PS bis : on me rapporte aujourd’hui que certains s’interrogent encore sur la réalité de ces propos. Je confirme donc le message implicite du PS précédent : poisson d’avril !!!


Quand l’article d’Odile Buisson est paru, nous avons été nombreux(ses) à réagir. Très vite, au fil d’échanges sur Twitter, est venue l’idée d’une réponse groupée. 

Ce texte s’inscrit dans une démarche partagée avec la Poule Pondeuse et Souristine  ; chaque texte est individuel et rédigé en fonction de nos sensibilités personnelles. 
Néanmoins, femmes, médecin, sage-femme, nous partageons toutes une certaine idée de ce que pourrait (devrait?) être le suivi des femmes et la prise en charge de la naissance en France.


 

 

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15 minutes chrono

Publié par 10lunes le 8 mars 2012 dans Vie des femmes

 

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En cette journée de la femme, je me la coule douce en publiant ce texte reçu récemment, à la fois ravie par l’humour distancié de son auteure et saisie par l’implacable efficacité du médecin ainsi portraituré. Hommage.

Chère 10lunes, à la suite des liens que tu as postés sur Facebook, je ne résiste pas à te faire la liste de ce qu’un médecin a réussi à me faire en 15 minutes, du bonjour dans la salle d’attente à ma sortie. De telles capacités laisseraient presque rêveuse. 

  • Création du dossier, avec tous les antécédents 
  • Déshabillage
  • Toucher vaginal – sans prévenir
  • Examen au spéculum – sans prévenir
  • Frottis – sans prévenir
  • Testing du périnée : j’ai bien essayé de me venger, mais elle a du avoir peur de se faire écraser les doigts et ne m’a même pas laissé le temps de lui montrer l’étendue de mes talents
  • Examen des seins
  • Prise de la tension – après le reste des hostilités – ben oui c’est plus rigolo de la faire monter avant !
  • Pesée
  • Rhabillage
  • Discussion autour du DIU* par rapport à mon contexte médical 
  • Prescription
  • Passage de la carte vitale et rédaction du chèque

J’ai même eu le temps d’insister pour une pose de DIU sans attendre le retour de couches.

Il faut dire que ça faisait bien 5 minutes que je lui avais parlé de mes cycles rares et irréguliers et de mon allaitement toujours en cours. C’est qu’à l’aube de fêter mes 2 ans d’aménorrhée**, j’aimerais avoir l’assurance d’une contraception efficace histoire de ne pas prolonger les mois sans règles pour d’autres raisons….

Enfin, excusons-la, elle pensait que mon allaitement était, je cite, « symbolique » (?!?)

Sinon, on va supposer que j’ai un mari fidèle, partenaire unique et stable de ma vie sexuelle et qu’il n’est donc nul besoin de questionner une nécessité de dépistage IST. Et que mes vaccinations anti-rubéole et autres sont à jour.

Tiens, au passage, je penserai à coller un post-it entre mes jambes pour la pose du DIU : « Lubrifiant, par pitié ».

Bref, j’étais dans un état certain de sidération en arrivant sur le trottoir, et pleine d’étonnement de ne pas me retrouver avec le slip sur la tête…

Il se trouve qu’en tant que professionnelle de santé moi-même, j’essaie de choisir mes praticiens avec soin et que le parcours de ce médecin m’avait fait espérer, outre la compétence, écoute et douceur. Je n’ai pas été déçue…

 

*DIU : dispositif intra utérin (dénomination actuelle du stérilet)
** aménorrhée = absence de règles


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S’il suffisait d’y croire ?

Publié par 10lunes le 1 janvier 2012 dans Vie des femmes

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Suivi de ses grossesses, préparations à la naissance, rééducations postnatales,  nous nous connaissons depuis des années.  Ce jour là, son appel est particulier, presque mystérieux, « Faut que je te voie, je t’expliquerai ». Rendez-vous est pris. 

L’histoire est finalement simple. Une escapade amoureuse prévue dans quelque temps et elle vient de calculer que, pif, paf, ses règles vont tomber juste à ce moment-là. Alors elle voudrait deux plaquettes de pilule à enchainer pour éviter tout saignement intempestif. Sa contraception est efficacement assurée par un DIU*. Les deux plaquettes, ce serait juste pour contrer les velléités d’expression de sa muqueuse utérine…

Choix a priori judicieux, mais elle présente quelques antécédents qui me semblent plus ou moins contre-indiquer la prise d’une pilule. Manquant d’éléments, je ne veux pas m’aventurer à une prescription. Elle comprend ma position et acquiesce à ma suggestion de consulter plutôt son médecin, détenteur de l’ensemble de son dossier médical.

Quelques temps plus tard, je la revois pour un autre motif et découvre à cette occasion la fin de l’histoire.

Elle n’est pas allée voir le médecin, peu enthousiaste à l’idée de lui confier des détails de sa vie amoureuse et sexuelle.

Elle s’est juste… concentrée… et son cycle régulier au jour près depuis des années s’est … décalé ! Deux jours gagnés au premier cycle, trois jours encore au suivant… ses règles se sont terminées juste avant l’escapade.               

Il suffisait d’y penser très fort.

 

Cette anecdote me semble une excellente façon de commencer l’année. 

Si chacun nous croyons vraiment à nos rêves, tous nos rêves, les plus modestes comme les plus grands, peut-être l’année 2012 les verra-t-elle se réaliser ?

Je souhaite à toutes et tous une excellente année 2012.

Je vous laisse, faut que j’aille me concentrer très fort sur les maisons de naissance !

 

*DIU = dispositif intra utérin (ex stérilet)

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Parmi les espoirs évoqués ici, l’un d’eux vient de se concrétiser. L’article 44 de la LOI n° 2011-2012 du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé donne enfin aux sages-femmes la possibilité d’assurer le suivi biologique de la contraception hormonale. 


 

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Tirs groupés

Publié par 10lunes le 16 décembre 2011 dans Militer

 

Les sages-femmes libérales sortent de l’ombre et cette exposition semble contrarier certains autres praticiens. Plutôt que de penser nos prises en charge comme complémentaires, quelques réactions évoquent fortement la bataille de territoire.

Ainsi, sur Impact-santé, la FMF s’exprime par la voix de son président, le Dr Hamon, qui qualifie le Prado « de scandale de la fin de l’année et évoque un risque sanitaire puisque seule une équipe de soins pluridisciplinaire est en mesure de repérer des situations à risques comme les déprimes post-partum »

Confier le suivi des accouchées et de leurs enfants aux sages-femmes est donc un risque sanitaire ? C’est bien embêtant puisque cela se passe ainsi depuis … des lustres !
Par ailleurs, le Dr Hamon invente un nouveau concept, la « déprime » du postpartum. Nous connaissons le blues du post partum (ou babyblues), épisode bref, sans gravité et qui ne demande qu’un accompagnement empathique pour aider à le traverser, et la dépression du post partum, réelle pathologie à prendre en charge médicalement… mais qui se révèle à quelques semaines de l’accouchement. La sortie de maternité avancée ou retardée de quelques jours n’y change rien.
A l’inverse, le dépistage de ces situations passe par un accompagnement prolongé dans le temps, souvent assuré par… les sages-femmes ! Nous revoyons les mères pour leur allaitement, les questions liés aux soins du nouveau-né, la rééducation périnéale… elles évoquent avec nous leur fatigue et leurs difficultés… toutes occasions qui permettent de faire le point en amont ou en aval de la consultation postnatale, de se préoccuper d’un épisode dépressif et de mettre en route le réseau médical pour une prise en charge adaptée. Complémentaires vous dis-je.

Sur Egora, autre article sur les transferts de compétences qui évoque l’extension récente (20 octobre) de nos droits de prescription en listant « antibiotiques, contraceptifs, homéopathie, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-sécrétoires gastrique ». 

Faut-il rappeler aux rédacteurs que notre compétence en matière de contraception date de 2004 pour le postpartum et 2009 pour le suivi gynécologique.  C’est une compétence certes récente mais qui n’a pas été modifiée par cet arrêté sur les médicaments. Feindre de la découvrir permet à nouveau de s’en offusquer… et de quelque peu se ridiculiser.  « …Ceci dans le but notamment d’améliorer le suivi de la contraception des femmes et des jeunes filles. «On se demande quand les sages-femmes les rencontrent», ironise le Dr Michel Combier, le président de l’Unof . C’est vrai ça, quand est-ce qu’une sage-femme peut bien rencontrer les femmes et les jeunes filles ? Au quotidien, parce qu’elles s’adressent à nous.

Dans le même article « (les sages-femmes) « ont renoncé à la prescription de l’IVG médicamenteuse, ce qui signifie qu’elles ont conscience de leurs limites ».
A ma connaissance, nous n’avons renoncé à rien, le projet de loi présenté par la députée Bérangère Poletti a été écarté sous la pression des lobbies anti avortement. Cette proposition d’expérimentation ne concernait pourtant que les sages-femmes hospitalières et de fait, les sages-femmes exerçant dans les CIVG sont déjà impliquées dans cette prescription.

Leur accorder la possibilité de prescrire une contraception « ne serait pas sans risques, alors que le sujet « très sensible », justifie une prise en charge longue, surtout auprès des adolescentes« .
La contraception est un sujet sensible, merci de le souligner ! Nous le savons, prenons le temps de débattre avec les femmes du moyen contraceptif qui leur sera le plus adapté et les revoyons aussi souvent, aussi longtemps que nécessaire. En obstétrique comme en gynécologie, nos compétences concernent les situations exemptes de pathologie et nous passons le relai quand ce n’est pas ou plus le cas. Nous ne prétendons pas faire mieux mais aussi bien que les médecins avec souvent la possibilité d’y consacrer plus de temps.

Enfin, dans le Quotidien du médecin « Les professionnels de santé ont découvert le PRADO ces derniers jours et ils s’offusquent de n’y avoir pas été associés. «À J +2, les femmes et les enfants sont fragiles et on les éjecte des maternités alors que le retour clas sique à domicile est de 4 à 5 jours », s’insurge le Dr Jean-Paul Hamon, président de la FMF ».
Il semble ignorer les contingences hospitalières. La tarification à l’activité impose aux établissements de faire « tourner » au maximum leurs lits. La durée de séjour se réduit depuis plusieurs années sans prise en charge à domicile. Officialiser un tel suivi est plutôt un progrès.

« Nous sommes pris pour des pions », s’insurge pour sa part le Dr Alice Touzaa, du Syndicat des gynécologues médicaux« . Pourtant, le suivi postnatal immédiat ne concerne pas les gynécologues médicaux qui, à ma connaissance, ne se déplacent pas à domicile. Loin de moi l’idée de le leur reprocher. C’est encore une fois le constat de notre complémentarité, constat que le SGM a décidément ( voir ici et ici) du mal à accepter.

Je suis plus que lassée de ces incantations sécuritaires chaque fois qu’il est question des compétences des sages-femmes. Comment espérer parvenir à collaborer efficacement quand les uns se défient autant des autres ?

 

PS : contrairement à ce que ce billet pourrait laisser penser, ma position sur le Prado reste la même. J’affirme l’intérêt d’un suivi cohérent de l’ante au postnatal et déplore que l’accompagnement du retour à domicile ne soit pas encore (expérimentation à venir) lié à celui de la grossesse.


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Soulagée

Publié par 10lunes le 30 septembre 2011 dans Vie des femmes

 

Elle s’inquiète : une petite anicroche dans sa contraception. Ce n’est vraiment pas le moment pour eux d’avoir un autre enfant.

Quinze jours à peine sont passés mais elle croit reconnaitre les premiers signaux de la grossesse. Fatigue, tension mammaire, elle se voit déjà enceinte et contrainte à un choix difficile.

D’où son appel inquiet. N’y aurait-il pas quelque chose à faire, là, dès maintenant ? En reprenant ensemble la situation, leur rapport non protégé a eu lieu en tout début de cycle. Son ressenti très précoce me semble plutôt découler d’un imaginaire galopant. De toute façon, il est trop tard pour une pilule du lendemain et trop tôt pour un résultat fiable de test.
Reste à patienter quelques jours dans l’attente d’un saignement rassurant. Je souligne encore que la probabilité d’une grossesse est très faible ( mais par principe, jamais inexistante…) et lui propose de passer au labo au moindre retard. Elle raccroche en me promettant de me tenir au courant.

Quelques jours plus tard, au cœur d’un estival après-midi dominical, mon portable bipe. Sur l’écran, quelques mots s’affichent : « rarement  été aussi soulagée d’avoir mes règles ».
Happy end.

Et du chaud dans le cœur qu’elle ait pris le temps de m’envoyer ce discret SMS, devinant que je serai soulagée pour elle.

 

PS : Elle est plus une copine qu’une patiente car nous militons ensemble pour la naissance respectée. Je serai « peut-être » moins attendrie si je croulais sous les SMS m’annonçant la fin de cycle de chaque femme fréquentant notre cabinet…

 


 

Rappel : Sages-femmes maltraitées, naissance en danger

(lire par exemple ici)

Rendez-vous mardi 4 octobre à 11h devant la gare Montparnasse !!!

 


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