Bouclées

Publié par 10lunes le 22 décembre 2016 dans Naissance

 

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Après plusieurs fausses alertes, elle le sait, le sent, son utérus travaille cette fois-ci de façon efficace.
Quelques heures plus tard, en route pour la maternité, les contractions réveillent ses doutes en s’espaçant.

Pourtant, la sage-femme qui les accueille ne doute pas et –  après avoir vérifié si l’examen était souhaité – annonce une dilatation de 6 cm.

Elle plonge dans sa bulle, cette conscience à la fois aiguë et distanciée qui marque le travail de l’accouchement.
Au rythme des vagues successives, l’univers se recentre sur son ventre.

La sage-femme passe régulièrement s’assurer que tout va bien, restant discrète, attentive à ne pas la déranger.
Plus tard, elle propose de percer la poche des eaux nacrée venue bomber à l’entrée du vagin.
Juste après, sans effort perceptible, l’enfant naît.

Si la praticienne a semblé à son compagnon avare en mots et en gestes, elle lui sait gré de sa discrétion, de sa confiance.

Et, malgré le flou de l’environnement qui marque toute naissance, un détail lui reste très précis : les jolies boucles d’oreilles de sa sage-femme.

 

 

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Normale

Publié par 10lunes le 19 décembre 2016 dans Naissance

 

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Son premier enfant est né par césarienne et si elle a accepté l’éventualité d’une nouvelle intervention, elle a aussi cherché à préparer au mieux une naissance par voie basse.

Seul hic, son utérus cicatriciel, statut maintes fois rappelé, statut entraînant même la programmation d’une autre césarienne.

La nature étant joueuse, l’accouchement se déclenche avec quinze bons jours d’avance, alors que rien ne laissait deviner l’imminence de la naissance.
La veille, son col était encore long et fermé.

Son enfant naît finalement par voie basse comme elle le désirait, même si l’accouchement est plus médicalisé  qu’elle ne l’envisageait.
Elle souhaite remercier la sage-femme, pour son accompagnement et sa confiance dans sa capacité à accoucher mais aussi pour un détail… essentiel à ses yeux.

Elle est la seule ce jour là, à l’inverse de la sage-femme qui l’a accueillie et de l’obstétricien venu pour l’accouchement, la seule donc à ne jamais évoquer son « utérus cicatriciel ».

 

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Présentes

Publié par 10lunes le 13 décembre 2016 dans Naissance

 

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Après un premier accouchement très envahi par la technique médicale, elle est certaine de vouloir vivre autre chose et se tourne vers une sage-femme proposant un accompagnement en plateau technique*.

Sa grossesse est sereine et la confiance installée avec la sage-femme.
Peut-être un peu moins avec la maternité…

Parce que le jour J, rien ne parviendra à l’alerter sur l’imminence de la naissance ; ni les contractions présentes depuis plusieurs heures, ni les vocalises qui s’imposent à elle, ni le besoin d’un bain chaud pour calmer la tempête, ni même l’envie de pousser qu’elle n’identifie clairement qu’au dernier moment. Prise d’un doute « soudain », elle pose sa main sur son sexe et sent un crane chevelu !

La sage-femme est en route, venant tranquillement faire le point avec une femme en début de travail qui blaguait au téléphone.
En route, ça veut dire pas encore arrivée.

Ce sont avec les mots de la sage-femme rencontrée pendant sa première grossesse qu’elle trouve sa position.
Avec les phrases d’un livre écrit par une autre qu’elle met sa fille au monde en confiance.
Et c’est la présence de la troisième arrivée juste après la naissance qui la rassurera sur leur toute nouvelle-née
(et épargnera la plancher de la chambre en l’encourageant à rester dans la salle de bain pour la délivrance !)

Ce sont mes trois fées dit-elle.

 

*Accouchement en maternité mais suivi par la sage-femme libérale

 

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Attentive

Publié par 10lunes le 11 décembre 2016 dans Après

 

coeur-6Les débuts à la maternité sont difficiles. Elle est perdue devant les pleurs de sa toute petite fille, épuisée, craignant plus que tout de ne pas être à la hauteur de ce qui l’attend.

Aussi la confirmation de son départ tombe comme un couperet. Se retrouver à la maison sans le soutien des soignants tant sollicités ces derniers jours l’angoisse profondément.

Mais la porteuse de l’annonce perçoit sa détresse. Malgré son service bientôt terminé, malgré la fatigue présente sur son visage, elle s’assied sur le lit et prend longuement le temps de la rassurer, par de multiples petits conseils pratiques mais surtout en soulignant sa compétence de mère.
Au fil des mots, tout doucement, elle lui insuffle la confiance qui lui manquait.

Des années plus tard, elle repense encore à ce moment avec émotion et précision.
Et si jamais elle n’a su quel était le métier de cette soignante, elle garde son prénom en mémoire.

 

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Respectée

Publié par 10lunes le 9 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur

Elle s’apprête à mettre au monde son premier enfant et si elle ne sait pas trop ce qu’elle souhaite, elle sait très clairement ce qu’elle refuse. Elle ne veut ni péridurale, ni épisiotomie. Elle l’a précisé lors des consultations et l’annonce à la sage-femme dès son arrivée à la maternité.

Au final, elle aura les deux.
Sans regret.

A chaque étape, sage-femme, anesthésiste et obstétricienne se sont montrés à l’écoute. Chacune de ses demandes a été entendue, et tout a été mis en oeuvre pour y répondre. La sage-femme a su rester plus que discrète et respecter « sa bulle » quand tout se passait bien. Lorsque la dilatation s’est bloquée à 7 cm, plutôt que de basculer immédiatement vers une intervention médicale, elle a suggéré des postures différentes et fait preuve de patience.
Et quand il a fallu se résoudre à intervenir, chaque renoncement a été expliqué, argumenté et a obtenu son accord.

Personne n’a fermé le débat d’un « on connait notre boulot » sans appel.
Au contraire, tous se sont attachés à faire équipe avec elle, à conjuguer compétences maternelles et professionnelles.

Et si son fils n’est pas né comme elle l’imaginait, elle garde un merveilleux souvenir de son accouchement grâce au respect et à la bienveillance de ceux qui l’ont accompagnée.

 

NB : le début de l’histoire est 😉

 

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Réconciliées

Publié par 10lunes le 3 décembre 2016 dans Naissance

 

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En arrivant à la maternité, le visage de la sage-femme ne lui semble pas inconnu. Quelques minutes plus tard, le doute se confirme, c’est bien celle qui les a accompagnés pour leur premier enfant.

Mauvaise nouvelle, car ils ont le souvenir d’une praticienne directive et anxiogène.

Mais le temps est passé.
Précisément quatre années qui ont permis à la sage-femme de savoir s’appuyer sur les compétences des femmes dont elle prend soin, écouter leurs attentes, s’adapter à leurs besoins.
Elle est devenue mère aussi, et passer de l’autre coté du miroir a fait tomber quelques certitudes.

Elle, elle vient mettre son deuxième enfant au monde. Forte des souvenirs du premier, elle sait ce qu’elle souhaite. Surtout elle a gagné en confiance, bien décidée à suivre les signaux que son corps lui donnera.

Leurs retrouvailles ont une allure de trêve.
Et la paix sera scellée par deux moments clefs :
Celui où la sage-femme l’encourage à s’appuyer sur son ressenti.
Celui où la mère demande à la professionnelle de la guider.

 

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Autothérapie

Publié par 10lunes le 8 septembre 2016 dans Médias, Petites phrases, Pffffff

 

divan

Hier soir un mail : Je viens de regarder en replay l’émission de la « Maison des maternelles »   : Je veux accoucher sans péridurale. Je te conseille de la regarder si c’est pas déjà fait.

Le temps d’un téléchargement à la lenteur que je qualifierais de majestueuse – on se console comme on peut de la fracture numérique – j’ai pu voir le replay tôt ce matin. Ou comment « bien » débuter une journée.


Il y a une femme, Marie Charlotte, témoignant de ses trois accouchements, le premier sous péridurale, les deux autres sans. Elle avait une parole modulée, ne diabolisant pas l’un, n’idéalisant pas les autres.

Il y a une sage-femme, Barbara Bouhanna, au discours posé, respectueuse des femmes et de leurs choix.

Il y a un obstétricien, Philippe Descamps, chef de service du CHU d’Angers, le propos un poil paternaliste quand il explique la petite aiguille et le petit cathéter, un poil colonialiste quand il évoque son expérience à l’étranger, le silence des asiatiques et les cris des nord-africaines.
Il prévient : Ca vaut ce que ça vaut mais on estime que la douleur d’un accouchement c’est entre la fracture de la jambe et l’amputation du doigt… Malgré tout cela, son discours apparait presque neutre.

Neutre, surtout comparé à celui de l’animatrice, Agathe Lecaron qui, si j’ai bien compris, a eu un enfant récemment, accouchement qui a été, si j’ai bien deviné, très douloureux.
Car cela s’est beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup entendu.

Ca démarre dès la présentation  : C’est bien si on accouche sans péridurale d’accoucher très très vite mais c’est pas le cas pour tout le monde. D’ailleurs : Accoucher sans péridurale, pourquoi ?
Dans les années 80, la péridurale nous a délivré de douleurs atroces, les douleurs atroces de l’accouchement. En France 8 femmes sur 10 bénéficient aujourd’hui de cette anesthésie, dont la majorité d’entre nous d’ailleurs n’imagine même pas pouvoir se passer le jour J.


Sans se soucier de l’évidente contradiction, elle enchaîne :
Pour info, selon un récent sondage diffusé en mars 2016, 44% des femmes se déclarent prêtes à accoucher sans péridurale mais au bout du compte une femme sur deux va changer d’avis – hihiiiiii –ben oui parce quand on commence à avoir mal, c’est pas pareil ! Et pourtant, de plus en plus de futures mamans souhaitent revenir à un accouchement plus naturel, c’est la tendance, plus riche en sensations, quitte à déguster au moment des contractions.

Je souligne que la Maison des maternelles est diffusée en direct mais que cette présentation était écrite et donc préparée…
La suite sera encore
 plus spontanée.

Petit florilège des interventions de la présentatrice lors du débat :
– Accoucher volontairement ou pas sans péridurale, mais pourquoi, mais comment ?

S’adressant à la femme venue témoigner  : Vous, vous êtes allée au bout de votre choix, c’est pas toujours le cas. Il y a 5 ans, vous aviez accouché sous péridurale. La mère en fait un court récit que résume ainsi l’animatrice : Vous, vous étiez confortable, ça s’est très très bien passé, y avait pas de regret après, tout s’est bien passé.

Un peu plus tard
– Puisque c’est si facile d’accoucher avec péridurale, enfin facile, c’est jamais facile d’accoucher mais enfin c’est plus facile d’accoucher avec péridurale au niveau des douleurs, comment on explique qu’il y a encore des femmes qui veulent accoucher sans péridurale dans notre pays ? Faut quand même rappeler que les contractions ça fait un mal de chien, il faut le dire.

D’ailleurs se passer de péri, c’est peut-être pas par choix :
– Ca arrive souvent quand on arrive trop tard à la maternité, c’est-à-dire qu’on a trop attendu, du coup on a plus le temps quoi.

– Mais en même temps, les dernières contractions sont les plus douloureuses quoi, c’est vraiment du travail concret. C’est quand même très dur si on l’a pas à ce moment-là.
– Y a pas à culpabiliser de pas avoir envie d’avoir mal, ça on va quand même pas mal le dire.
– Quand on a cette envie, faut essayer de la tenir jusqu’au bout, après c’est vrai que quand les contractions arrivent et que c’est un premier, on peut pas imaginer ce que ça fait et parfois ça démotive.

Barbara, la sage-femme, souligne qu’une femme a toujours la possibilité de changer d’avis
– Elle est libre, c’est important de le dire ponctue Agathe Lecaron.
Oui faut quand même pas se faire souffrir très longtemps.

Le reportage illustrant le débat vient confirmer le discours pas vraiment subliminal de la présentatrice. La femme qui souhaitait vivre son accouchement sans péridurale change d’avis au bout de neuf heures et met au monde son enfant au bout de 22 heures de travail.
Puisqu’on vous dit que c’est difficile !
Elle accouche sous péridurale donc, mais aussi les jambes calées dans les étriers, et la lumière du scialytique braquée sur son sexe.  

C’est ballot, juste à côté de cette maternité, y a une maison de naissance, j’ai nommé le CALM, avec un environnement et surtout un accompagnement se prêtant réellement à une naissance sans anesthésie.*

J’espère qu’Agathe Lecaron se sent mieux après cette émission exutoire.
Mais je doute que toute autre femme la visionnant résiste au martelage « sans péri, on en bave »…

D’ailleurs, le dernier reportage filme les parents d’un tout jeune bébé.
– Vous avez accouché d’un bébé de 4 kg 820 sans péridurale ! Vous êtes mon idole. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

 


*
 Les couples sont surement peu enthousiasmés par l’idée d’une équipe de tournage venant troubler cette intimité. Cela peut expliquer le choix du reportage

 

 

 

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Ne vous inquiétez pas, néanmoins…

Publié par 10lunes le 26 juin 2016 dans Formation/déformation, Pffffff

 

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Ne vous inquiétez pas et néanmoins sont les deux mantras d’une vidéo postée par un site « d’information santé ». Vidéo dont je ne donnerai pas le lien, parce que je veux ici dénoncer un discours, pas la collègue qui le récite. Je ne sais pas comment cette vidéo a été tournée, quel contrôle cette sage-femme a eu sur la version finale. Surtout, je ne sais pas quel est son parcours et je sais trop bien quel aurait pu être le mien sans un petit coup de main du destin.

J’ai donc choisi de vous copier les mots et vous certifie l’exhaustivité de la copie.

 

Bonjour, je m’appelle Gudule* je suis sage-femme.  Nous allons voir aujourd’hui les questions qu’on n’ose pas poser sur l’accouchement.

Première question : Est-ce que je vais avoir mal ?
La douleur est une sensation subjective, nous n’avons pas toutes le même seuil de douleur.
Parler de seuil de douleur, c’est sous-entendre que son niveau serait unique mais, selon que l’on soit douillette ou courageuse, sa tolérance variable. Pourtant, de multiples facteurs vont influer sur le vécu de la douleur, en particulier le stress (et perso, si on me bassine avec des ne vous inquiétez-pas… je stresse). Tout ce qui aide ou empêche le glissement dans l’état de conscience si particulier de l’accouchement favorise ou bloque la sécrétion d’endorphines.

Néanmoins, la période de pré-travail peut être douloureuse.  Les contractions seront présentes toutes les 10 minutes, peu douloureuses, puis elles vont s’accentuer toutes les 2, 3 minutes, assez régulières et douloureuses. 
Je m’insurge (oui, à ce point !) contre cette description mathématique des contractions. Elle laisse penser que tous les utérus avancent de la même manière, indépendamment du corps et de la psyché qui les accompagnent. Les contractions peuvent être immédiatement rapprochées, rester espacées ou irrégulières jusqu’à la naissance. Cette description minutée du rythme du travail fait que nombre de femmes ont l’impression que rien ne se passe comme prévu et s’en tracassent. Alors que ça se passe et c’est tout.

Une fois la péridurale posée, vous ressentirez les contractions utérines mais vous n’aurez plus mal. Lors de l’accouchement, vous pourrez sentir une pression mais vous n’aurez plus mal non plus.
Comprenez bien, quel que soit votre seuil de douleur, la péridurale est un incontournable de la salle de naissance !!

L’accouchement sans péridurale est différent. Il vous faudra une solide préparation à l’accouchement reposant sur le souffle et la maîtrise de soi. La douleur sera constante jusqu’à l’accouchement.  Le travail peut être long si votre fœtus n’arrive pas à se positionner correctement dans votre bassin. A tout moment vous pouvez poser une péridurale, ne le considérez  pas comme un échec.
L’accouchement sans péridurale passerait plutôt par le lâcher prise. Se préparer à mettre au monde, ce n’est surement pas être formatée à souffler en cadence… Prendre confiance dans ses ressentis, se savoir compétente et capable de s’adapter me semble bien plus « solide ».

Une autre question que les femmes enceintes se posent régulièrement : Est ce que nous pouvons poser la péridurale à tout instant ?
Souvent la péridurale est posée à partir de 3 cm. Nous attendons cette dilatation afin d’être surs que le travail est bien lancé. Néanmoins, si les douleurs sont trop importantes, nous pouvons poser la péridurale avant.  La péridurale peut être posée jusqu’à dilatation complète. Cela s’appelle une rachi-anesthésie. Elle agit du coup instantanément.
Sans péridurale, pas de salut. Et si vous aviez pensé pouvoir faire sans, on vous le dit, ne vous entêtez pas, jusqu’au bout c’est possible. C’est vrai – mais variable selon les organisations de maternité – et parfois au prix de l’absence totale de sensation.

Néanmoins si la douleur est trop vive, nous pouvons choisir de nous installer car seul l’accouchement pourra  vous soulager.
Vous vous demandez bien quelle installation va vous soulager ? Le terme est un peu jargonnant et signifie que la sage-femme vous met en position pour pousser. Ca veut dire surtout que la sage-femme décide du quand et du comment (sans attendre votre besoin de pousser).

La question qui en découle est : est-ce que j’aurais assez de péridurale jusqu’à l’accouchement ?
Le travail peut durer  7 à 8 heures.  Ensuite nous pouvons attendre jusqu’à 2 heures que le bébé descende dans le bassin. Mais ne vous inquiétez pas la péridurale continuera jusqu’à la fin de l’accouchement.
Une énième couche de péridurale. Aucune nuance apportée sur l’efficacité, réelle mais pas toujours optimale ; aucune information sur la PCEA qui permet aux femmes de controler elles-mêmes la dose d’analgésie nécessaire. La PCEA n’est pas disponible dans tous les établissements mais c’est une information utile aux femmes qui pourraient alors interroger la maternité choisie.

La question que toutes les femmes enceintes se posent est la question des selles. Est-ce que nous allons avoir des selles au moment de l’accouchement ?
Seules 10 % des femmes sont dans ce cas. 
Personne ne sait d’où vient cette statistique de 10 % (j’ai demandé aux copains/copines). Et puis les chiffres on s’en fiche un peu. Même si la probabilité est de 1%, si c’est toi le 1 %, tu te sens très concernée.

En effet, cela fait 12 à 24h que vous supportez des contractions utérines douloureuses, vous n’avez pas ou peu mangé. Au moment de l’accouchement, nous vous posons une perfusion qui vous alimente par voie veineuse. Néanmoins vous pouvez sentir comme une pression au moment de l’accouchement. Si on reprend le bassin, le coccyx se met en arrière de manière à laisser passer votre bébé. C’est ce mouvement-là qui peut vous amener à penser d’avoir des selles au moment de l’accouchement. Pas de panique il ne se passera rien.
Effectivement le coccyx bascule mais la sensation de rectum plein n’a rien à voir. Elle est liée à la pression de la tête à travers la paroi vaginale. Cette sensation d’appui est présente pour toutes les femmes (plus ou moins gommée par une éventuelle péridurale) mais toutes ne vont pas à la selle. Rien à voir avec leur supposée jeûne de 12 à 24 heures (minutage au doigt mouillé un poil anxiogène), pour la plupart  leur rectum s’est vidé en début de travail.
Pour les autres, il se « passera bien quelque chose ». Il leur restera donc à paniquer comme les explications leur suggèrent.

Une autre question qui peut revenir, c’est est ce que je vais avoir mal si on utilise des instruments pour la naissance?
Suivant le mode d’accouchement, nous pouvons utiliser soit une ventouse, soit des forceps ou alors des spatules. Avec la péridurale vous sentirez la pose des instruments mais vous n’aurez pas mal.
Puisqu’on vous dit qu’une péridurale est in-dis-pen-sa-ble !

L’autre question qui en découle  c’est : est ce que mon bébé va être déformé par ces instruments ?
Ne vous inquiétez pas. Le bébé lorsqu’il descend dans votre bassin doit s’adapter. C’est pour cela qu’il a une tête un peu allongée. Cela peut être majoré par l’utilisation d’instruments.
Les forceps violents qui pouvaient avoir un impact sur le crane du nouveau-né ont laissé la place aux césariennes. La tête allongée n’est que le résultat de son adaptation pour traverser le bassin maternel. Et si l’accouchement est long et laborieux, cette déformation sera plus importante encore.
Par contre, la ventouse crée – du fait de la dépression – un œdème sur le sommet du crane.

Ne vous inquiétez pas, au bout de 24 heures votre bébé retrouvera une tête bien ronde. Une consultation chez l’ostéopathe peut être nécessaire à la sortie de la maternité.
Le crane met souvent plus de 24 heures à se remodeler, même quand aucun instrument n’est utilisé. Et enchainer tout revient à la normale mais faudra peut-être consulter, c’est … dissonant. 

Une autre question récurrente c’est : l’épisiotomie, est-elle systématique ?
La sage-femme ou l’obstétricien prendra la décision de la réaliser si une déchirure du périnée semble inévitable. L’épisiotomie fait peur pourtant la cicatrisation d’une épisiotomie est plus facile qu’une déchirure
C’est acquis depuis longtemps dans d’autres pays et depuis 2005 en France ; l’épisiotomie ne protege pas le périnée et elle ne cicatrise pas mieux  qu’une déchirure.

Votre conjoint sera présent à tout instant.
N’y aurait-il qu’un modèle unique ? Le mot « conjoint » exclut femmes seules, en couple avec une autre femme,  qui ne souhaitent pas la présence de leur compagnon, dont le compagnon ne souhaite pas être présent.

Pour la pose de péridurale, votre conjoint sera amené à attendre à l’extérieur de la pièce pour des raisons d’hygiène.
Le motif me rappelle un épisode récent de « babyburk » ou un soignant (sage-femme ? anesthésiste ?) assénait à un père demandant très poliment à rester auprès de sa femme pendant la pose de la péridurale « Non et ce n’est pas négociable ! ».
Là aussi l’hygiène était convoquée pour justifier l’arbitraire.

Si l’obstétricien décide de réaliser une césarienne, votre conjoint peut être amené à attendre à l’extérieur de la pièce.
Bis repetita. Et présenter comme banal le fait que l’accompagnant ne puisse aller au bloc en cas de césarienne court-circuite toute discussion sur le sujet avec l’équipe.

Voilà, j’espère que ces conseils vous seront utiles. N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne maman gnangnan * et à bientôt pour une nouvelle vidéo.

Vous me direz que tout cela n’est pas si grave et que mes remarques ne changent pas foncièrement le fond du discours.
Mais se conjuguent maladresse du propos, approximations et injonction anesthésique sur un fond anxiogène peu contrebalancé par le propos plus lénifiant que rassurant.
Le ton est sirupeux, concentré de gnangnantitude. Le formatage assumé. 

Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout.
Dormez braves gens.
Dormez !

NB : Orcrawn a aussi été « inspiré » par cette vidéo. Plein de similitudes avec son billet et pourtant on ne s’est même pas concertés. Juste je lui ai piqué le prénom qui rebaptise la sage-femme…

_________________
*Afin de préserver l’anonymat, les noms ont été modifiés  😉

 

 

 

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A son corps défendant

Publié par 10lunes le 8 mars 2016 dans Blessures

 

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Les jours défilent, les semaines s’enchaînent, pas le temps d’écrire, même pas le temps d’avoir de l’inspiration, quelques mots jetés çà et là sur une feuille volante ou un post-it informatique avec l’espoir que ça puisse un jour aboutir à un billet.

Mais pour le 8 mars, j’écris quoi ?
L’inspiration, c’est pas sur commande. Alors j’écris… rien.

Et puis hier un mail vient éclairer une journée pas folichonne à base de grossesse non désirée, violences, suivi médical abscons et autres joyeusetés. La journée du « pas droit des femmes ».

En substance le mail disait : « On s’était causé y a 4 ans parce que je cherchais une sage-femme pour un accouchement à domicile, je viens enfin de la trouver pour ma troisième grossesse. Pour la deuxième, la maternité s’annonçait accueillante mais le jour de la naissance, j’ai pas eu le choix… Si tu veux je t’en raconte plus pour le blog »

Je veux oui, d’autant que les droits des femmes, c’est aussi d’avoir le droit de choisir ce qui leur convient le mieux pour leur accouchement.

Alors elle m’a raconté
Et je vous raconte à mon tour.

Elle met son premier enfant au monde de façon suffisamment « classique » pour savoir que ça ne lui convient pas.
Pour son deuxième enfant, à défaut de sage-femme prête à l’accompagner pour une naissance à domicile, elle trouve une petite maternité – moins d’une naissance par jour – réputée accueillante.

Elle rencontre la cadre du service pour évoquer son projet d’accouchement physiologique. C’est quoi un accouchement physiologique ? lui est-il répondu. Mettons ça sur le compte d’une réelle volonté d’écoute et de la nécessité de mettre des mots précis sur des concepts qui ne sont même pas clairs pour les professionnels (au point qu’il leur est parfois demandé d’écrire des « protocoles » d’accouchement physiologique. Plus antinomique que ça tu meurs ; mais bon, là c’est pas le sujet…)

Ce premier contact un peu frais est très largement compensé par une seconde rencontre ; ils visitent l’établissement avec une sage-femme à l’écoute, ouverte à toutes leurs demandes ; pas de perfusion, liberté de mouvement, clampage tardif du cordon…. Ils se sentent entendus, respectés.
Ils sont confiants.

Le jour J arrive. Le travail avance vite. Elle est à 9 cm de dilatation quand ils sont accueillis par une sage-femme qu’elle ne connait pas. Elle est installée en salle de naissance. On lui parle de perfusion, elle refuse, se raccrochant aux paroles de la première sage-femme rencontrée  « Si vous le souhaitez, on peut ne poser qu’un cathéter ».
La sage-femme de garde s’étonne de son refus : Mais POURQUOI vous refusez la perfusion…?  Elle ne cède pas et obtient son cathéter, posé sans ménagement, après plusieurs essais infructueux de la sage-femme, par un anesthésiste  fanfaronnant  « Et si vous avez besoin, on peut aussi poser une péri ».

On les laisse enfin tranquilles quelques minutes. Elle trouve la position qui la soulage le mieux, à quatre pattes (en position mains-genoux 😉 )
Mais la sage-femme revient, Moi je ne fais pas les accouchements comme ça, et lui impose une position gynéco.
Tout s’enchaîne trop vite. Pas d’accompagnement, pas de respect de ses demandes. Elle crie qu’elle n’y arrivera pas. Pourtant, l’enfant naît rapidement. Le cordon est coupé tout aussi rapidement. Elle ne s’en aperçoit que trop tard, comme elle découvre trop tard aussi que son bras est branché à la perfusion refusée.

L’immense bonheur de la rencontre avec sa nouvelle-née se teinte de la déception de n’avoir pu se faire entendre.

Un peu plus tard, la sage-femme  la (se) félicite. Vous voyez, vous y êtes arrivé !

 

 

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Désorienté

Publié par 10lunes le 20 décembre 2015 dans Après, Vie des femmes

 

004Ils n’ont pas choisi la maternité la plus proche. L’équipe qui accueillera leur enfant saura se montrer plus qu’attentive à leurs attentes. Le prix à payer pour cet accompagnement est de faire une bonne demi-heure de voiture.

Le trajet se passe bien. Soucieuse de ne rien perturber du travail de son corps, elle s’est isolée dans sa bulle, s’en remettant à son compagnon pour la conduire à bon port. Les yeux fermés, elle est centrée sur elle-même et rien ne vient la déranger.

Tout se passe comme prévu, le départ comme l’arrivée sont sereins, l’accueil chaleureux et la naissance facile. 
Aucune fausse note dit-elle le lendemain quand ils se refont le film de la naissance, pour mieux en graver chaque instant dans leur mémoire.

Elle surprend le regard un instant confus de son compagnon.
– Hier, sur la route, tu n’as pas remarqué…?

Non elle n’a rien remarqué ; pas de coup de frein brusque, pas de virage violent, une conduite efficace et douce.
– Oui… mais je me suis trompé de chemin.

Elle sourit, quel que soit le détour, elle n’y aurait pas prêté attention.

Et je ne résiste pas à copier ici sa phrase de conclusion
« Notre chemin était parfait. Juste parfait »

 

 

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