Situé

Publié par 10lunes le 7 décembre 2016 dans 9 mois

 

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Un appel interrompt la consultation :
– « J’ai une éruption d’herpès sur les lèvres. Y a quelque chose à faire ?

Je récapitule mentalement. Elle est presque à terme, j’ai suivi sa grossesse et passé le relais à la maternité – comme nous en avons l’habitude – pour les deux derniers mois. Aucun souvenir qu’elle ait évoqué cet herpès, ce que son dossier me confirme.

Je m’inquiète d’une primo-infection mais elle corrige,
– Non non, c’est pas la première fois.
Je souligne qu’elle aurait du me le signaler.
– Je ne savais pas que ça pouvait être important.
Au vu du terme, je lui suggère de voir directement avec la maternité.

Le couple assis en face de moi a attendu patiemment la fin de notre échange.
Une fois le rendez-vous terminé, je m’octroie quelques secondes pour noter dans le dossier l’appel reçu.
Je m’apprête à taper « herpes génital », et réalise qu’elle ne l’a pas clairement précisé.
Doute.

Je la rappelle :
– J’allais partir à la maternité. Ils m’ont dit de venir tout de suite.
– Je voulais juste une confirmation, c’est bien un herpes vulvaire ? 
Son fou-rire est explosif.
– Les lèvres oui, mais les lèvres du HAUT parvient-elle à hoqueter ».

 

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Ecrasage et piquetage

Publié par 10lunes le 14 octobre 2014 dans Vie des femmes

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La secrétaire de l’accueil réclame ma carte vitale et mes anciens clichés puis m’envoie m’asseoir là bas au fond du couloir à gauche.

La manipulatrice radio appelle mon nom et m’installe dans un box en me demandant « d’enlever tout le haut y compris les bijoux et les piercings ».
N’ayant ni bijou ni piercing, le déshabillage est rapide et je me retrouve à frissonner un peu dans une cabine d’un mètre carré chaleureusement équipée d’un banc et d’un porte manteau.
Pour passer le temps, je feuillette la seule revue posée sur le banc… un Vogue de 2008…

La manip radio vient me chercher. La fois précédente, le box donnait directement dans la salle d’examen mais ils sont passés au numérique et toute l’organisation est changée. 
Me voilà donc à traverser un large couloir à moitié à poil avec l’idée qu’à tout moment, quelqu’un peut s’engouffrer d’un pas vif dans les portes battantes qui séparent le dit couloir de la salle d’attente.

Debout, plaquée contre la machine, bras levé, plus haut, plus en arrière, cliché dans un axe puis dans l’autre, à droite, puis à gauche. Je retrouve la sensation du sein écrasé entre deux plaques.
Est-ce la nouvelle procédure ? Il me semble que la décompression du sein est plus lente que lors des examens précédents. Ce n’est pas plus douloureux mais ça l’est un peu plus longtemps.

La manip me demande d’attendre. En sortant elle laisse la porte se refermer toute seule mais une sécurité freine la fermeture et je suis toujours à poil et bien visible lorsque une femme passée avant moi sort du box d’en face. Elle baisse les yeux et je quitte mon inconfortable tabouret pour fermer cette putain de porte.

Un peu d’attente encore. Un médecin ? – elle ne se présente pas –  entre et me demande de m’allonger tout en m’annonçant que les clichés sont bons. Elle vérifie les explications déjà données à la manip : antécédents, traitements ; les S sont barrés car les questions sont formulées de façon à n’appeler qu’une seule réponse, la brièveté est de rigueur.
Elle s’étonne de l’invisibilité de ma cicatrice comme si elle doutait de ma parole.
Dans le même temps, elle piquette ma poitrine du bout des doigts. Quinze secondes par sein. Ridicule.

Elle s’en va en me lançant « Tout va bien, vous pouvez partir ».
La manip est dans le couloir et m’indique le box 7. Je retrouve mes affaires sans bijou ni piercing, me rhabille et sors en me demandant si je vais croiser le regard d’une autre femme dénudée attendant qu’on vienne lui piqueter les seins.

La secrétaire rencontrée il y a 20 minutes me dit bonjour. Je souris et précise « re »bonjour puis je m’en veux. Au vu du nombre de personnes en salle d’attente, pas possible de mémoriser qui est qui… Elle me tend ma carte vitale. Encore quelques grands couloirs à traverser et je suis dehors.

Et soudain j’ai honte, honte de ce système de soin semblant huilé où tu n’existes pas, honte de cette organisation déshumanisante, honte qu’on ait pu penser que je serais dupe de ce pitoyable piquetage désagréable et inutile.

Honte encore, honte surtout, de n’avoir rien dit…

 

 

NB : ce billet n’a rien à voir avec la campagne « Octobre rose ». Pour y voir plus clair sur le dépistage mammographique :

 

 

 

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Du buzz et des larmes

Publié par 10lunes le 13 janvier 2014 dans Vie du blog

 

bigth_3303Le blog a débuté l’année sur les chapeaux de roue avec deux billets multi-relayés.

Le succès du premier me ravit. Comme de nombreux autres  blogueurs, j’ai souhaité annoncer le documentaire « Entre leurs mains ». Et tous ceux qui le voient ont envie qu’il soit vu par d’autres…

Un film qui réussit l’exploit de motiver la publication d’un article dans l’Express évoquant l’accouchement à domicile sans sous-entendre la folie des parents et l’inconscience des sages-femmes les accompagnant… comment dire, je ne pensais pas voir ça de mon vivant ! Ce reportage fait plus en 55 minutes pour convaincre de l’importance des conditions d’accouchement que de nombreux discours et mobilisations.  

En le visionnant,  chacun peut réaliser que nos prises en charges stéréotypées sont critiquables, que l’hypermédicalisation de la naissance à la française peut être remise en question, qu’une autre voie est possible. Et si cette conviction est portée par de nombreuses sages-femmes  – et quelques obstétriciens – rendre cela évident aux yeux de tous, et surtout de ceux qui ne s’interrogent pas sur les conditions de naissance, c’est une formidable réussite.

Puis il y a eu ce second billet, un texte bref, issu des échanges avec une amie sage-femme, racontant les larmes aux yeux une consultation récente. Elle évoquait cette blessure que laisse un accouchement mal vécu, mal soutenu, blessure tellement présente qu’elle peut s’ouvrir à nouveau des années plus tard. Celle-ci s’était ouverte en visionnant le film… et la douleur était violente.

Le jour de la publication de ce billet, le compteur de visites a explosé. J’aurais pu m’en réjouir  –  comme tout blogueur, j’écris dans l’espoir d’être lue –  mais si ce texte a été tant relayé, c’est certainement parce que vous êtes nombreuses (nombreux ?) à vous y reconnaître.  Sinistre constat.

Alors bravo à « Entre leurs mains » pour son succès ; merci à tous ceux qui en parlent, à tous ceux qui relaient.
Les prises de conscience, brutales et douloureuses, que ce film génère sont autant d’appels à interroger nos pratiques.
Saurons-nous enfin les entendre ?

 

 

NB : Il est maintenant possible de répondre à chaque commentaire ce qui, vous le reconnaîtrez, facilite grandement les débats. Un grand merci à la déménageuse réaménageuse Myriam Corbet qui s’est échinée à reprogrammer le truc.

 

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Arnaque

Publié par 10lunes le 3 juin 2013 dans Non catégorisé

 

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Comme tout le monde (?!), j’ai un portable à utilisation professionnelle. Portable qui m’a lachée brutalement un soir de l’hiver dernier. Ecran noir, impossible d’appeler, impossible de décrocher quand il sonne, impossible de savoir qui cherche à me joindre…

Petit stress en imaginant quelque parent ou futur parent inquiet en mal de réponse.

Le lendemain à la première heure, je suis à la boutique. Diagnostic sans appel, mon téléphone est mort. Qu’à cela ne tienne, voilà l’occasion de choisir un modèle et un forfait plus performants.

C’est comme cela que je suis arrivée chez SFR, chassée par un concurrent auquel j’étais fidèle depuis des années et qui du coup trouvait logique de me proposer des tarifs bien supérieurs à ceux offerts à ses nouveaux clients.

Chez SFR, je suis accueillie à bras ouverts. La vendeuse se met en quatre pour me dépanner immédiatement tout en conservant le même numéro. Je repars munie d’un téléphone en parfait état de marche et d’un forfait illimité.

Tout cela est bien plus onéreux que mon ancien contrat mais une accumulation de réductions m’est offerte; nouveau client, promotion du mois, déstockage du portable (déjà has-been), offre professionnelle. Grâce aux remboursement et déductions promis, le tarif redevient attractif.

Sauf que… 6 mois plus tard, zéro remboursement et zéro déduction.

Je passe au magasin une première fois mais faut ramener le dossier ; une seconde fois avec le dossier, mais il manque d’autres papiers. Nouvelle visite avec tous les documents requis. Je patiente longuement en attendant qu’un des vendeurs se libère.

Pendant ce temps, une autre cliente vient se renseigner. On lui a promis des appels compris dans le forfait vers tous les fixes mêmes à l’étranger et ses appels en Allemagne sont pourtant facturés en plus.
Le vendeur vérifie et confirme : « Pour l‘Allemagne, c’est hors forfait.
– Mais on m’avait dit que… s’étonne la cliente
– Le vendeur la coupe : Le forfait, c’est seulement pour l’Europe.
Sourire complice avec ma voisine de galère qui s’autorise à préciser : Mais l’’Allemagne c’est en Europe !
Oui le forfait concerne toute l’Europe… mais pas l’ Allemagne ».
Ce serait noté en tous petits caractères dans le contrat…

Quand vient enfin mon tour, il faudra encore une heure montre en main à la vendeuse qui s’occupe de moi (ma présence étant requise tout ce temps) pour me confirmer après moults appels à divers services que l’engagement de réduction était une erreur et que le fait que cela soit noté à la main sur mon contrat ne prouve rien…. Et quand j’annonce que  je vais donc résilier mon abonnement puisque ce n’est pas sur ces bases là que le contrat était signé,  ben je peux pas puisque je me suis engagée pour deux ans !

Entre ce qui m’était annoncé pour me convaincre de signer et ce qui est effectif, y a comme un ravin.

Pendant ce temps, le ballet des clients venant se renseigner, réclamer, acheter, se poursuit.
Je serais partie totalement furieuse si un autre dialogue surréaliste n’avait éclairé ma soirée.

Un quinquagénaire malentendant vient demander des explications sur l’emploi du smartphone acheté quelques semaines plus tôt. Le vendeur explique, ré-explique, ré-ré-explique les bases de la navigation sur le net avec une réelle bonne volonté . Comme il parle fort afin que son interlocuteur l’entende bien, personne ne perd une miette de ses tentatives pédagogiques. Les minutes défilent et le client semble toujours aussi perdu.

Une petite demi-heure plus tard, le vendeur, désespéré, cherche à s’esquiver et suggère :
« Le mieux serait de contacter le service assitance, tranquillement, de chez vous.
Le monsieur rechigne, désignant son oreille et l’appareil qui la surmonte.
Non, non. J’ai du mal avec les boites vocales. Je dois à chaque fois trouver quelqu’un pour le faire pour moi…
Ok, vous entendez mal avec cette oreille, mais vous avez essayé avec l’autre ? « 

 

 

PS : Je jure que rien n’est inventé…

PS bis : en insistant lourdement, j’ai récupéré quelques euros. Mais ça reste très loin de ce qui m’était promis à la signature. SFR si tu m’entends….

 

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Le bûcher des vanités

Publié par 10lunes le 28 mai 2012 dans Profession sage-femme

 

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Notre profession est en pleine évolution, tout particulièrement en exercice libéral. De plus en plus de femmes font suivre leur grossesse par une sage-femme. Nous prenons aussi en charge les enfants dans les premières semaines (et parfois premiers mois, sachant que cette surveillance est alors complémentaire du suivi mensuel assuré par les médecins généralistes ou pédiatres). Enfin, en août 2009, l’extension de nos compétences au suivi gynécologique de prévention et à la contraception est venue compléter notre champ d’action. 

Spécialistes débordés, longs délais pour obtenir une consultation pédiatrique ou gynécologique, les femmes se tournent vers leur sage-femme (ou leur médecin traitant). Cette organisation des soins est une évidence de santé publique, libérant du temps de spécialistes pour les situations particulières. Dans tous les cas, si une pathologie est décelée, les sages-femmes passent le relais au praticien compétent, comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog.

Ainsi, les femmes et les familles peuvent bénéficier d’une prise en charge de qualité, où chacun trouve sa place et s’articule avec les autres praticiens du réseau en fonction de la demande, de l’urgence et de la complexité des situations.

Voilà pour le monde idéal.

Parfois ce monde vacille. Nous ne sommes plus complémentaires mais concurrents et certains voient le développement de la profession de sage-femme comme une remise en cause de leurs propres compétences.

C’est ainsi qu’un médecin a porté plainte contre une collègue sage-femme de Savoie.
Les raison de sa plainte : son inquiétude pour la santé de plusieurs enfants.
Le rapport avec la sage-femme mise en cause ? Aucun !

Enfin si, la sage-femme a été en contact plus ou moins direct avec chacun d’eux.
Le premier est né à domicile, après une grossesse parfaitement normale et un accouchement tout aussi physiologique. Plusieurs semaines après la fin du suivi par la sage-femme, le sevrage, rendu nécessaire par l’hospitalisation de la mère, a été difficile.
Le second est son frère aîné de plusieurs années. Il est reproché à la sage-femme de ne pas avoir veillé à sa croissance lors des visites à domicile liées à la naissance du cadet.
La mère du troisième était suivie pendant sa grossesse par cette même sage-femme qui a détecté les premiers signes d’une pré éclampsie et a immédiatement demandé une hospitalisation.

Ainsi la sage-femme est désignée responsable des choix éducatifs d’une famille, refus de vaccinations, enfant non scolarisé en maternelle, alimentation biologique (qualifiée par le médecin « des habitudes alimentaires des adeptes de ce genre de secte ») et de la pathologie d’une femme enceinte. 

Je veux croire que ce médecin s’est réellement inquiété de la santé de ces enfants. Mais c’est le procédé qui interroge. Pourquoi ne pas contacter directement la sage-femme ? Pourquoi ne pas chercher à recueillir auprès d’elle les informations permettant d’éclairer chaque situation ?
Pourquoi refuser la conciliation proposée par le conseil de l’ordre après son dépôt de plainte ?

Il ne s’agit plus alors de préoccupations de santé mais de querelles d’ego et de pouvoir.

En d’autres temps, des médecins ont accusé les sages-femmes de sorcellerie, conduisant parfois ces dernières à être brulées vives en place publique.
Saluons la douceur des temps modernes qui nous permet de gérer ces conflits de façon tout aussi publique mais devant un tribunal administratif.

Soutenez Sandrine Fiandino, le 7 juin à 11 heures au tribunal administratif de Lyon, 184 rue Duguesclin.

 

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Omises

Publié par 10lunes le 27 mars 2011 dans Pffffff

Voici une jolie vidéo mise en ligne le 7 février dernier par Asip Santé*, agence officielle supervisée par le Ministère de la Santé.

Pour démontrer l’intérêt du dossier médical personnel (ex dossier médical partagé), un dessin animé de 2 minutes raconte le parcours de Julie, jeune femme enceinte confrontée à de nombreux intervenants tout au long de sa grossesse.

De nombreux intervenants certes, mais il en manque une, apparaissant pourtant incontournable en périnatalité.

Je vous laisse deviner laquelle…

J’imagine les « communicants », planchant sur le scénario, vérifiant fébrilement que tous les praticiens ont bien été cités.

Communicants si bien informés que sur les quatre spécialistes évoqués, un seul est une femme alors que la féminisation de la médecine est une évidence quotidienne.

Et si peu éclairés que cette vidéo, financée par l’état, tacle avec brio l’unique profession compétente pour la totalité de la maternité physiologique…

 

*Agence des Systèmes d’Information Partagés de Santé

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Mot à mot

Publié par 10lunes le 20 mars 2011 dans Rencontre

 

Cette magnifique jeune femme arrive avec un tout aussi magnifique enfant dans les bras. Son sourire est éclatant, celui de sa fille tout autant.

Heureusement que nous avons ce moyen de communication car la langue est une vraie barrière. Elle bredouille qu’elle parle très peu le français, hélas pas du tout l’anglais ; par contre l’allemand ou le russe lui iraient bien… Je sais dire merci en russe et mes années d’allemand remontent au lycée… va pour le français ! Au pire, on se débrouillera avec un traducteur en ligne.

Finalement son français n’est pas si mauvais. Je choisis mes mots,  parle lentement, accompagne mes paroles de nombreux gestes et mimiques… elle aussi. Un peu laborieux mais on y arrive.

A la fin de cette consultation, nous somme l’une et l’autre plutôt soulagées d’avoir pu nous comprendre.
Nous sommes en train de nous dire au revoir et je souris à sa petite fille qui me gratifie aussitôt d’un enthousiaste «areu »… que je répète évidemment ; comment résister aux tentatives de séduction d’un nourrisson ?

Le visage de sa maman s’éclaire : « Areu ? Areu ? Allemand, on dit aussi ! »


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Coups de fil

Publié par 10lunes le 20 février 2011 dans Pffffff

Dring
Je suis enceinte de huit semaines et je suis très inquiète car je perds du sang. J’ai appelé mon médecin qui m’a dit de prendre rendez-vous pour une échographie mais c’est dans 3 jours.
Je ne peux rien faire de plus mais elle raccrochera 15 minutes plus tard, un peu apaisée d’avoir été écoutée.

Dring
– Je viens de recevoir un coup de massue
– Un coup de massue ?
– Oui, au sens figuré
(Je m’en doutais un peu ! ) Je sors de chez le médecin et il m’a prescrit une surveillance deux fois par semaine.
L’endocrinologue l’a menacée d’une mort fœtale si elle ne se conformait pas strictement à ses directives et l’a laissée partir en pleurs sans plus d’explication. Ce sera donc à moi de prendre le temps nécessaire pour la rassurer, aisément d’ailleurs car ses glycémies sont peu perturbées.

Dring
J’ai accouché il y a 10 jours, j’ai vu mon gynécologue ce matin et il m’a dit que j’avais une descente d’organe.
Suivent une description précise de ses symptômes et de nombreuses questions sur l’évolution, la rééducation et une éventuelle chirurgie…
Que je tente d’interrompre sans succès en soulignant que si peu de temps après un accouchement, il s’agit plus d’un constat que d’un diagnostic définitif. Je raccroche en ayant le fort sentiment d’avoir terminé bénévolement pendant 20 minutes la brève consultation facturée par un autre.

Dring.
– Bonjour, je ne suis jamais venue chez vous et je voudrais savoir combien de temps à l’avance il faut vous appeler pour prendre des rendez-vous de rééducation périnéale ?
???
Au final, préparation suivie dans un autre cabinet qui a organisé la sélection des actes les plus rentables. La préparation à la naissance (92.22 € /45 mn)* c’est tout de suite, la rééducation périnéale (18.55 €/30mn) c’est dans au moins 6 mois…

Y a des jours où le travail coordonné des professionnels de santé semble un idéal inaccessible…

* Ce n’est pas toujours ainsi. La plupart des sages-femmes proposent des séances allant de 1h30 à 2 heures voire plus… pour le même tarif.

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Rupture

Publié par 10lunes le 25 février 2010 dans Petites phrases

Ils sont arrivés dans la nuit car elle a perdu les eaux. Après la consultation d’entrée, elle est installée dans une chambre, dans l’attente du début du travail. Si rien ne se passe dans les heures qui viennent, les contractions seront déclenchées par perfusion. Afin de glaner de précieux moments de repos avant une journée qui s’annonce riche en événements et émotions, elle s’est couchée dans l’unique lit. Son homme, moins bien loti, se recroqueville dans un fauteuil inconfortable.

Un peu plus tard, c’est le changement de garde. La porte s’entrouvre. Sans s’avancer dans la chambre, un visage inconnu surmontant une blouse rayée de rose les interpelle «C’est vous qui avez rompu ?»

Ils échangent un regard, déconcertés par la question. Silencieusement, chacun s’interroge sur le sens de cette phrase. Leur couple est heureux. Ils sont bien loin de la rupture.

Devant leur air égaré, la sage-femme se reprend. «C’est vous qui avez rompu… la poche des eaux ?» articule t-elle avec application. Soulagés, ils confirment alors d’un oui timide, attendant des explications sur le déroulement de la journée.

Mais la sage-femme, visiblement contrariée par son effort de reformulation, s’apprête à refermer la porte. Seul son ostensible soupir vient ponctuer leur acquiescement hésitant.

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