Je crois que c’est la SMAM

Publié par 10lunes le 15 octobre 2012 dans Après

 

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La SMAM (Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel) est annoncée. J’ai juste un ballot problème de dates, pour l‘OMS c’était en août, pour la Leche League début octobre et pour la COFAM, elle commençait hier…  Mondiale quoi.

Qu’importe, c’est l’occasion d’évoquer ce joli film – une fois la première minute passée – montrant un nouveau-né partant à la recherche du sein maternel.

Dans la maternité de mes études, un reportage pédagogique s’était tourné sur l’allaitement. Faut dire que l’on partait de très loin. En quelques étapes :

1. L’enfant est subtilisé dès la naissance pour être surveillé en incubateur où on lui donnera son premier biberon.  « Allaitez ? Vous n’y pensez pas, le lait artificiel est un aliment de qualité, dont la composition et le dosage sont soigneusement calculés pour répondre aux besoins de votre enfant ».

2. L’enfant reste quelques minutes avec sa mère puis est placé deux heures en incubateur pour surveillance. Il ne sera mis au sein qu’ensuite. Cela consistant à empoigner le sein maternel tout en projetant le bébé vers le mamelon jusqu’à ce qu’il consente à ouvrir la bouche. « Il ne sait pas téter, ce sera plus simple de lui donner le biberon ».

3. L’enfant est laissé sur le ventre maternel puis retiré pour être aspiré/examiné/pesé/mesuré /habillé. Il est ensuite rendu à sa mère. Un peu dérouté par tous ces événements, il ne trouve pas le mamelon et doit être guidé pour sa première tétée. « Il n’est pas très doué, va falloir vous accrocher ».

4. L’enfant reste longuement en peau à peau. Révélation, il est capable de prendre le sein tout seul, sans que personne n’intervienne *…

Le film, c’était entre les deux dernières étapes. Il devait prouver la capacité du nouveau-né à ramper vers le sein. Mais dans cette moderne maternité des années 70 aux protocoles incontournables, nul n’imaginait laisser longtemps un enfant en « peau à champ » (le champ stérile couvrant un épiderme maternel réputé infesté de germes était un autre incontournable). A chaque naissance, le bébé était donc posé sur sa mère, sous l’œil bienveillant de la caméra guettant la reptation annoncée… Nous attendions quelques secondes ? minutes ? De toute façon pas assez longtemps pour que l’enfant soit prêt. La déception succédait à l’attente, la caméra était stoppée et le nouveau-né emmené dans la salle voisine pour être « pris en charge ».

Naissance après naissance, les enfants s’obstinaient à ne rien faire. Heureusement, un petit détail omis jusque là nous a donné la solution. Un simple détail de … cadrage qui permit à une main hors champ de pousser le nouveau-né. Jamais reptation ne fut plus spectaculaire !

N’étant plus à une approximation près, la femme filmée sous la douche pour expliquer le massage des seins en cas d’engorgement était non pas une jeune accouchée, mais la plus jolie fille de l’équipe, sans enfant. Sa poitrine n’avait jamais sécrété la moindre goutte de lait…

La pédagogie semble excuser quelques entorses à la vérité.

 

*Fiche LLL « Accueil du nouveau-né en salle de naissance »

 

©Photo

 

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Se retrouver

Publié par 10lunes le 10 mai 2012 dans Après

4153146979_f84a448580_oLes rencontres même virtuelles que nous offre le net sont riches d’idées partagées.Le texte qui suit est le fruit d’une réflexion réclamée par les Vendredis Intellosmise en mot et largement documentée par La Poule Pondeuse. Je n’ai plus eu qu’à me glisser dans ses pas. 

D’abord, le périnée, c’est quoi ? A ne pas confondre avec le péroné (qui en fait s’appelle la fibula, faut suivre), nous signale Wikipedia, qui le définit fort poétiquement comme « l’ensemble des parties molles fermant le détroit inférieur du pelvis ». En gros, et pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce « plancher » contient en particulier un ensemble de muscles qui a pour grandes fonctions d’une part le soutien des organes du petit bassin, soit utérus, vessie et rectum (sous peine de prolapsus, nom savant de la descente d’organes), et d’autre part le contrôle des sphincters (urètre, vagin/canal éjaculateur et anus). Messieurs, inutile de prendre cet air dégoûté, vous en avez un aussi. 

Et alors, c’est quoi son problème ? La partie musculaire du périnée est mise à rude épreuve tant par les hormones de la grossesse que par l’accouchement, mais aussi par la ménopause. Certaines interventions (forceps, épisiotomie… mais aussi expression abdominale, d’ailleurs formellement déconseillée par la Haute autorité de santé) ou complications (déchirure, gros bébé -bien qu’en soi ce ne soit pas forcément une complication !) lors de l’accouchement peuvent accroître cette fragilisation des tissus. Concrètement, sans aller jusqu’à la descente d’organe, cela peut se manifester par des problèmes plus ou moins sévères (fuites urinaires, incontinence aux gaz, diminution des sensations sexuelles…).

Alors, on fait quoi ? C’est là qu’intervient la fameuse rééducation périnéale. En France du moins, car si la rééducation périnéale est facilement proposée (et donc remboursée)  à toute femme ayant accouché, l’existence même d’une telle thérapie reste embryonnaire dans d’autres pays occidentaux (voir par exemple ce témoignage édifiant d’une Américaine). Elle est fortement recommandée même si vous avez accouché par césarienne, et avant de reprendre le sport. La nécessite d’une rééducation périnéale doit toujours être évaluée lors de la consultation postnatale – six à huit semaines après l’accouchement – même si ce n’est que pour reprendre une activité sportive modérée (cf l’inoxydable trio marche-yoga-natation).

Petit aparté : mais si les forces de l’évolution ont bien fait leur boulot et façonné le corps de femmes pour donner la vie, ne suffirait-il pas de respecter la physiologie pour éviter d’avoir à rééduquer le périnée ?

  • Il est clair qu’un certain nombre des pratiques actuelles d’accompagnement des accouchements sont délétères pour le périnée : outre les interventions citées plus haut, la poussée en inspiration bloquée (dite de Valsalva) et/ou dirigée et la position imposée sont par exemple identifiées comme des facteurs de risque (voir par exemple Albers et al 2006 ou Albers et Borders 2007). Je ne dis bien sûr pas qu’il faut se passer totalement de ces pratiques, mais simplement qu’elles ont souvent un impact sur notre périnée : peut-être plutôt réfléchir au rapport risque-bénéfice avant de les mettre en oeuvre.
  • Par ailleurs notre mode de vie n’est pas très « périnée-friendly », nous vivons avachis sur le canapé dans une sédentarité quasi-totale entre-coupée par ci par là d’efforts violents et inadéquats (ah c’est caricatural ?), au lieu de vivre accroupis en marchant quotidiennement de longues distances tout en portant des poids importants de façon plus physiologique (quoi c’est aussi caricatural ?).
  • Enfin notre société valorise un corps hyper maîtrisé, y compris dans l’excrétion des fluides corporels et autres gaz. On ne transpire pas, on n’a pas ses règles (et si jamais on perd du sang bleu transparent, merci), on ne pète pas… Il ne semble pas impossible que ça sentait le fennec dans les grottes préhistoriques et qu’on n’était pas à une petite fuite urinaire près. Et puis l’espérance de vie étant bien moindre, les femmes mourraient sans doute avant d’arriver au prolapsus…

Qui s’en occupe ? La rééducation peut être prescrite par un médecin ou par une sage-femme (tant qu’elle fait suite à une grossesse pour le second cas) ; elle est principalement pratiquée par les kinés et les sages-femmes libérales (plus rarement proposée en maternité).

Quand s’y mettre ? On attend généralement la visite de contrôle des six semaines post-natales (avec le médecin ou la sage-femme) ; même si certaines maternités donnent l’ordonnance en suite de couches, il vaut mieux attendre d’avoir fait le point à cette occasion, sans compter qu’il faut laisser le temps aux tissus et organes de se remettre en place (et honnêtement qui a envie de travail endovaginal juste après l’accouchement ?). On peut soit profiter du congé maternité/parental (il est admis de venir avec son bébé et les professionnels sont souvent équipés pour cela), soit attendre la reprise du travail.

Comment ça marche ? Plusieurs techniques existent, et je ne suis pas certaine que leur efficacité relative ait été beaucoup étudiée (PubMed n’est pas très bavard sur le sujet, à part un article sur l’efficacité de l’électrostimulation sur les dyspareunies du post partum). Selon l’endroit où vous habitez (et la densité de professionnels de santé), vous n’aurez d’ailleurs peut-être pas le choix de la méthode.

  • L’électrostimulation par sonde : vous avez vu les pubs pour Sport élec au télé-achat ? C’est un peu le même principe : on stimule les muscles du périnée par des courants électriques envoyés par une sonde endovaginale. Paraît que non, c’est pas vraiment comme un vibro.
  • Le biofeedback avec sonde : une des techniques les plus pratiquées. Toujours avec la sonde endovaginale, mais qui là est passive. Vous contractez vos muscles et voyez le résultat sur un écran, au final c’est un peu comme un jeu vidéo mais assez répétitif.
  • Connaissance et maîtrise du périnée (CMP) : il s’agit d’une technique basée sur la visualisation dont le côté indirect et imagé peut être déroutant. En effet, on visualise certains mouvements à différents endroits du périnée sans pour autant tenter de bouger les muscles, et les images (herse, pont levis, vase, etc) ne sont sans doute pas adaptées à toutes. Mais elle présente l’avantage de travailler très spécifiquement et précisément les différents muscles.
  • L’eutonie : si on en croit l‘institut d’eutonie, « l’eutonie propose une recherche adaptée au monde occidental, pour aider l’homme de notre temps à atteindre une conscience approfondie de sa propre réalité corporelle et spirituelle dans une véritable unité. » Bon ça ne parlera pas forcément à tout le monde mais lisez ici le témoignage de Petit Scarabée qui a l’air d’avoir apprécié.
Il y a encore d’autres techniques plus ou moins directes : la pratique du yoga peut contribuer, avec les bandhas ; les boules de geisha sont régulièrement citées pour allier plaisir et rééducation. Les Anglo-saxons parlent beaucoup des exercices de Kegel, qui sont une version un peu rudimentaire du biofeedback (mais pas forcément avec la sonde). Quelle que soit la méthode choisie, il y a généralement une part importante de travail à la maison entre les séances si on veut voir des résultats significatifs.
 
Personnellement, deux enfants, deux histoires. Le seul point commun : j’ai attendu d’avoir repris le travail pour m’y mettre, dans le premier cas parce qu’il n’y avait pas de place plus tôt, dans le second parce que je ne me voyais pas y aller avec Pouss2 ET Pouss1 (3 ans à l’époque et pas encore scolarisé). Je dois dire aussi que c’était dans les deux cas une rééducation « de confort », n’ayant pas eu de traumatisme périnéal majeur (pour Pouss1 une petite déchirure, pour Pouss2 rien du tout) ni de gros dysfonctionnement (juste quelques fuites urinaires pour parler simplement). J’imagine qu’on aborde ça un peu différemment lorsqu’on souffre de problèmes plus sévères.

J’ai donc d’abord testé le biofeedback avec sonde chez une sympathique kiné. Elle m’examinait d’abord pour faire le point et m’aider à trouver les muscles à contracter puis je faisais mon jeu vidéo avec la sonde (différentes intensités et durées de contraction, d’abord allongée puis assise et debout). A propos la sonde est personnelle et s’achète en pharmacie (remboursée sur ordonnance). La kiné recommandait de la garder dans sa poche avant de venir pour qu’elle soit à la température du corps, seul hic elle la passait sous l’eau froide avant de l’installer ce qui ruinait tout l’effet… Et je faisais les exercices entre deux séances (sur le quai du métro… regardez bien les femmes qui ont l’air un peu constipé en attendant le métro…), avec globalement un bon résultat.

Après mon deuxième accouchement, j’ai un temps caressé l’idée de me rééduquer toute seule, en faisant les exercices, en laissant le temps au temps. Mais finalement, après presque 2 ans, avec l’impression persistante que ma vessie avait parfois des velléités d’indépendance, j’ai pris le temps de retourner voir ma sage-femme, celle qui avait accompagné ma grossesse et mon accouchement, et ainsi de tester la méthode CMP. Je dois dire que la première fois que j’en ai entendu parler par une copine j’ai carrément halluciné (« votre urètre est comme un soliflore », mais oui bien sûûûr). Mais après tout, en y réfléchissant l’idée n’est pas si bête, et je l’avais même déjà expérimentée par la pratique du chant. En effet, le périnée, comme le chant, mobilisent des muscles qu’on ne voit pas ; il est impossible d’imiter le mouvement d’un autre, et de pouvoir comparer ce qu’on fait à une référence. La visualisation est donc un moyen assez efficace de contrôler ces organes qu’on utilise plutôt de façon inconsciente, la difficulté étant de trouver la bonne image pour chacun (et aussi simplement d’accepter de se prêter sincèrement à l’exercice). J’ai beaucoup apprécié de pouvoir rapidement acquérir une certaine autonomie et surtout la grande finesse de l’approche, qui va bien plus loin que le simple « serrez mes doigts » et permet de travailler indépendamment les différentes zones (urètre, anus, vulve, vagin etc). On peut ensuite privilégier les exercices dont on a le plus besoin en fonction de sa situation personnelle.

La professionnelle que je suis est habituée à l’air mi hagard mi goguenard de la dame qui découvre la CMP. Lorsque nous nous connaissons déjà, le capital confiance acquis aide à passer cette première phase. Avec un peu de bonne volonté, la femme accepte la règle du jeu, visualiser, ne rien faire, et, au départ, ne rien sentir… Le plus souvent, il faudra huit à quinze jours d’exercices quotidiens avant de percevoir quelque chose. Mais une fois cette phase là arrivée, bingo, de nouveaux muscles se révèlent et cette conscience sera définitivement acquise, facilement ravivée par quelques exercices si le cerveau venait à se lasser. Et le bénéfice de cette finesse des sensations ne se limite pas à rétablir la continence urinaire…

En bref la rééducation périnéale, et en particulier la seconde version, a été pour moi aussi une façon de me (ré)approprier mon corps. Le tabou encore persistant sur la masturbation (même si maintenant toute femme qui se respecte se doit d’avoir une collection de sex toys) interdit implicitement aux femmes l’accès à leur propre vagin. On nous vend même des tampons avec applicateur pour s’assurer qu’on n’y mette pas les doigts ! Par contre il nous est présenté comme normal d’écarter les cuisses chez le médecin et de le laisser faire ses affaires. Eh bien moi j’attends le médecin (ou la sage-femme !) qui proposera une petite caméra ou appareil photo pour me faire une visite guidée de mon anatomie, qui au lieu d’un laconique « tout va bien c’est normal » prendra le temps de me montrer mon col, de m’aider à l’examiner moi-même, qui m’aidera à comprendre comment j’ai été déchirée et comment exactement se place la cicatrice, etc. Idéalement comme je serais chez la même personne dans la durée on pourrait comparer des photos avant/après l’accouchement, pendant la grossesse, etc. On pourrait être aidée pour choisir une coupe menstruelle, un diaphragme (c’est déjà le cas même si peu de professionnels le proposent) ; on pourrait voir les fils du DIU si on choisit d’en porter un, ce qui aiderait aussi à se l’approprier et à mieux comprendre comment il se positionne… Techniquement je ne pense pas qu’il faille un matériel très sophistiqué, ce qui manque c’est sans doute le temps et probablement l’envie chez certains. Et vous, ça vous intéresserait ?

Pour être honnête, l’idée était d’écrire un article à deux mains… Et comme je suis de loin la plus paresseuse des deux, j’ai proposé à la Poule pondeuse de commencer…  Quand elle m’a envoyé « sa » partie, je ne pouvais que constater : je n’avais rien à ajouter. C’était clair, argumenté, documenté, avec tous les liens qui vont bien… J’aurais surement pu trouver quelques anecdotes pour illustrer tout ça mais à quoi bon ? Et puis ce dernier paragraphe m’a rendu l’inspiration. Les féministes avaient déjà usé de ce moyen pour se réapproprier leur corps, mieux le connaitre, le comprendre.

En France, dans les années 70, on apprenait aux femmes la mise en place d’un spéculum, on leur proposait de regarder leur vagin, leur col dans une glace. J’ai bénéficié de cet accompagnement mais ce souvenir était resté tapi dans un tiroir mémoriel de mon adolescence, je ne l’avais jamais proposé. Je l’ai fait à quelques occasions depuis cette prise de conscience. Quelques regards interrogateurs sinon franchement étonnés, quelques refus polis et quelques pourquoi pas… mais une autre fois.

Au final, est-ce aux professionnels de santé d’assurer cette fonction de réappropriation ? L’essentiel est peut-être de nous montrer suffisamment disponible pour que la demande puisse si besoin émerger.

A l’inverse, après un accouchement, je suggère régulièrement aux femmes de regarder leur sexe dans une glace, avec ou sans mon aide. Souvent, elles préfèrent avec. Certaines ne l’ont jamais fait et craignent de ne pas bien comprendre ce qu’elles vont voir. D’autres l’ont déjà fait mais craignent de ne pas se reconnaitre. Une cicatrice douloureuse, des points qui tirent, une sensibilité particulière ; à chaque fois, la réalité apaise.. ce n’est finalement « que » ça. Et l’imaginaire plus ou moins terrifiant qui s’était construit cède devant une cicatrice un peu rouge, un fil, un hématome, images finalement banales et beaucoup plus rassurantes.

Mais le temps de l’examen et plus encore le temps de la rééducation sont beaucoup plus larges que la simple éducation musculaire. Le « hors sujet »  le plus souvent abordé, surtout dans les semaines postnatales est celui de la sexualité ; la libido plus ou moins éteinte, la confiance en son corps plus ou moins atteinte, l’attente de l’autre plus ou moins pressante… Comment se retrouver ou se redécouvrir.

Enfin bien sur, pour répondre aux interrogations de la poule pondeuse, nous pouvons accompagner les femmes dans une meilleure compréhension de leur anatomie, le repérage du col, des  fils d’un dispositif intra utérin. Nous pouvons les aider à choisir un diaphragme – de  la bonne adaptation de la taille dépend son efficacité. Nous pourrions montrer comment utiliser une coupe menstruelle…

A vous de savoir exprimer vos besoins. Aidez nous à vous aider !

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Fortuitement

Publié par 10lunes le 27 décembre 2011 dans Après

 

Rien ne s’est passé comme prévu. D’abord la fièvre qui s’invite à l’accouchement puis l’infection détectée chez son bébé et son hospitalisation dans le service de néonatalogie. Elle retrouve son tout-petit dans un écrin de plexiglas, perfusé et surveillé par les écrans clignotant au rythme de sa respiration et des battements de son cœur.

Elle tire son lait avec application, toutes les trois heures, même la nuit, afin que le précieux liquide soit donné à son enfant. Elle va le voir régulièrement mais les rares tentatives de mise au sein – il n’est pas facile de concilier ses moments de présence, les éveils de son petit et la disponibilité des puéricultrices – sont des échecs.

Son bébé va rapidement mieux et peut sortir de néonatalogie. Ils passent quelques jours ensemble à la maternité avant le retour à la maison. Malgré ses efforts et ceux de l’équipe, il ne prend pas le sein. Le mamelon dans la bouche ne déclenche aucun réflexe de succion. A peine consent-il à lécher les gouttes de lait perlant sur ses lèvres.

Il faut bien quitter la maternité. Elle a pour consigne de lui présenter le sein avant de proposer un biberon de complément. Mais ces biberons pleins du lait qu’elle continue de tirer n’ont de complément que le nom… Son enfant s’obstine à lécher le mamelon sans l’associer à l’idée de se nourrir.  Il est bien, blotti dans la chaleur de sa mère, rassuré par son contact, apaisé par son odeur et la succion… Mais quand il a faim, il se détourne d’elle pour se jeter sur la tétine de caoutchouc.

Le désintérêt persistant de son petit lui serre le cœur. Elle continue à tirer son lait mais cesse de lui présenter le sein. Elle en est triste mais se fait une raison.

Puis il y a ce jour magique. Fatigués, ils tentent une sieste à trois mais leur bébé est chagrin. Son homme suggère, «Laisse le tétouiller, ça va le calmer ». Elle remonte l’enfant sur sa poitrine, lui offre le mamelon et … il se met à téter, réellement, efficacement ! Elle reconnaît les picotements du sein annonçant le réflexe d’éjection, le bruit rassurant de la déglutition. 

Le lendemain, nous refaisons le point.  Comme elle me l’a glissé au téléphone, «un échec d’allaitement je peux le tolérer, mais deux avec un seul bébé, je ne pourrai pas… » Elle souhaite se voir confirmer qu’elle n’a pas rêvé.

J’observe donc ce bébé qui tête, facilement, aisément, comme si depuis deux mois, jamais il ne s’était nourri autrement que sur ce sein rond et plein…

Au fil des jours, elle reprend confiance. Pendant quelques temps, elle continue pour se rassurer à lui présenter un inutile biberon de complément.

Elle cesse enfin le rituel. Son enfant prend à la source tout ce dont il a besoin … 


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Point trop n’en faut !

Publié par 10lunes le 25 septembre 2011 dans Après

 

Parmi les mots clefs qui vous conduisent ici, cette récente demande « points épisio qui lâchent », a fait ressurgir un souvenir presque oublié.

Après une quinzaine d’années en maternité, je viens de m’installer en libéral. Totalement inexpérimentée pour tout ce qui se passe en dehors de l’hôpital, j’apprends. Je découvre presque un autre monde, en tout cas d’autres rapports avec les femmes, hommes et enfants que je rencontre dans ce nouveau cadre, celui du cabinet.

Ce jour là, c’est à domicile que je suis conviée. Un homme au français très hésitant me demande de passer rendre visite à sa compagne et à leur nouveau-né. Ils sont allemands, leur enfant est né à la maison avec une amie sage-femme, venue d’Allemagne elle aussi, qui a du repartir rapidement. Est-ce que je peux assurer la suite ?

Bien évidemment ! Je suis toute heureuse de partager ainsi un peu de l’intimité chaleureuse d’une naissance à domicile.

Elle ne parle pas français, un peu anglais. Je bégaye, mime, expulse avec difficultés quelques faux anglicismes incompréhensibles mais comme d’habitude, avec beaucoup de bonne volonté, on s’en sort…

C’est chez eux que je fais connaissance avec les feuilles de chou en cataplasme pour traiter la congestion des seins, les couches lavables (dans la cuisine, elles trempent dans un seau, pas très loin des vestiges du chou), le bébé porté en écharpe… savoureuses découvertes de ce qui m’apparait si banal aujourd’hui.

Mais surtout, grâce à elle, j’apprends les ressources du corps humain.

En regardant son périnée, je découvre – avec effroi – une déchirure respectable. Si je suis capable à l’époque de ne pas mettre de point sur des éraillures, laisser ainsi un périnée béant m’affole…

Isolée, démunie, j’ai besoin de la sécurité de l’équipe hospitalière, du « responsable » médical qui validera l’inutilité de suturer ce périnée trois jours après l’accouchement.
J’explique donc que ça ne va pas, pas du tout, et qu’il faut aller à la maternité ; je donne, enfin crois donner les explications nécessaires. Après avoir contacté l’hopital pour qu’elle soit reçue en urgence, je m’en vais en promettant de repasser le lendemain.

Elle me laisse dire et m’agiter… et reste chez elle. Dès que j’ai tourné les talons, elle a la bonne idée de contacter sa sage-femme d’outre Rhin qui la rassure et lui conseille de ne rien faire d’autre que de tenir la cicatrice propre et de se reposer…

Lors de ma visite du lendemain, j’apprendrais que l’absence de point sur une déchirure semble une pratique banale en Allemagne.
Son périnée cicatrisera très bien, en « fermeture éclair » (en partant du bas de la déchirure et en se recollant petit à petit…).

Jolie leçon.

Depuis, lorsque je suis appelée à domicile parce que les points ont lâché… je raconte, j’apaise les craintes avec l’assurance liée à l’expérience vécue.
La fermeture éclair va faire son boulot, lentement mais sûrement.

 


 Mobilisation du 4 octobre

Vous avez envie de soutenir le mouvement

  • Rejoignez-nous : rassemblement à 11 h sur le parvis de la gare Montparnasse
  • Pour les parisien(ne)s qui pourraient faire un saut sur la pause déjeuner : pique nique prévu devant le ministère de la Santé
  • Au niveau local : une chouette initiative de la Cause des parents à Lyon qui pourrait être très largement imitée dans d’autres villes

Par solidarité et envie d’échanger avec le public, l’association La Cause des Parents vous propose un « mini-regroupement « , un « Flash mob » d’une heure : rendez-vous PLACE DE LA CROIX-ROUSSE (proche de la sortie du métro « Croix-Rousse ») le lundi 3 octobre entre 18h30 et 19h30 !
Vous pouvez si vous le souhaitez vous munir d’un oreiller afin d’être « enceinte » pendant une heure (très visuel !) et/ou porter un vêtement de couleur verte.
Nous échangerons entre nous et avec le public de passage, et donnerons des tracts qui annoncent l’évènement du lendemain.

  • Témoignez  ! Faites du bruit ! Contactez les médias, envoyez un courrier à votre député, au ministère de la santé, à l’ARS…
  • Enfin, pour tous les internautes… modifiez vos avatars, bannière, profil facebook, twitter etc …  en y insérant un «SF-4.10 » -et ce que vous voulez d’autre -. Le code couleur de la manifestation est le fuchsia (sauf à Lyon !) Je l’ai fait sur mon compte twitter en pataugeant beaucoup. Si quelqu’un peut donner un « pas à pas » accessible au commun des mortels…

 

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Flemmardes

Publié par 10lunes le 17 août 2011 dans Après

Il y a 30 ans.
C’est une maternité qualifiée d’alternative, respectueuse des attentes des parents comme des besoins de l’enfant. La préparation à l’accouchement tient une grande place, alternant temps d’information, groupes de discussion et multiples séances de relaxation et respiration. Au fil des mois, de réels liens se tissent avec les futurs parents, parfaitement informés de l’accompagnement qu’ils trouveront le jour J.

A l’inverse, ce couple là nous est inconnu. Pas de préparation ni de consultation au sein de la maternité, ils ne savent rien de notre fonctionnement. Au moment de l’accouchement, elle s’est présentée à l’accueil de la maternité – la pratique actuelle d’inscription au premier jour de retard de règle n’est pas encore d’actualité – et nous l’accompagnons comme à notre habitude.

A la naissance, nous respectons ce qui s’apparente à un rituel d’accueil, selon les principes de la très en vogue « naissance sans violence« .
Le nouveau-né est posé sur le ventre maternel, puis l’équipe s’éclipse quelques minutes afin de laisser les parents découvrir leur enfant en toute intimité. Une fois revenue, après m’être assurée que la circulation ombilicale est interrompue, je tends très solennellement les ciseaux au père afin qu’il coupe le cordon. Ma proposition enthousiaste ne doit pas laisser de place au refus ; il s’exécute. Avec tout autant de conviction, j’invite le père à baigner son enfant. En guise de baignoire, un berceau de plexiglas éclairé par une lumière dirigée par en dessous, nimbant l’enfant d’une douce lueur sans risquer de l’éblouir…

Pour ce petit d’homme, un accueil avec tout le respect, toute la douceur qui lui sont dus.
Pour nous, le sentiment du travail bien fait.

Sentiment quelque peu tempéré par ce père parti fêter la naissance de son petit au troquet voisin. C’est le patron du bar qui a vendu la mèche…

Ballon de rouge à la main, le géniteur se félicite de la force et de la vigueur de son « couillu de fils ». Suit une petite remarque concernant le personnel : «Ah ben, celles là, elles s’emmerdent pas, pour le même prix c’est moi qu’a du couper le cordon et baigner le gamin !»

 

 


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Une question de balance

Publié par 10lunes le 9 août 2011 dans Après

 

Ils ont quitté la maternité au quatrième jour, un peu malmenés par une équipe préoccupée par leur bébé qui perdait toujours du poids. Seule l’assurance d’une consultation le lendemain a évité la sortie contre avis médical.

Les voilà donc tous les deux, presque étonnés de se retrouver dans ce lieu, devenu familier au fil des mois de la grossesse, avec ce nouvel interlocuteur, leur enfant.

Mes mots de bienvenue résonnent dans le vide. Ils restent silencieux, déjà tendus dans l’attente du verdict de la balance. Je m’incline devant ce préalable imposé à toute conversation et commence à examiner leur nouveau-né. Il me parait en pleine forme, bon tonus, pas d’ictère, une couche pleine … Je détaille ces informations rassurantes au fur et à mesure à voix haute.
Mais ils n’attendent qu’une seule chose, le chiffre.

Espérant les dérider, j’annonce me dépêcher de m’acquitter de la pesée pour les voir retrouver la parole. Leur silence confirme que je n’obtiendrais rien d’autre que quelques grommèlements anxieux tant que le poids n’aura pas été annoncé.
Je pose le bébé sur la balance : il a pris 60 g.
Je clame la bonne nouvelle et commence à le rhabiller.
Le silence persiste. Je cherche le regard de sa mère.
– « Tu me crois ou tu as besoin de le vérifier toi-même ? »
Son sourire contraint montre que ma tentative d’humour ne passe pas.

Alors, j’enlève le body, détache la couche et repose son enfant sur le pèse-bébé. Je m’efface sur le coté pour lui laisser la place. Lentement elle se lève et vient contempler le chiffre qui s’affiche.

Enfin, elle sourit.

 

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Esseulée

Publié par 10lunes le 21 mai 2011 dans Après

 

Il y a quelques mois, après la naissance de son quatrième enfant, toujours allaité avec bonheur, elle a choisi de prendre un congé parental pour mieux se consacrer à sa famille. Exerçant en libéral, elle a la certitude de reprendre son travail dans quelques temps et jouit même de la liberté de le faire quand elle le décidera ; situation – en apparence – idéale.

Elle m’explique pourtant combien elle se sent isolée chez elle, combien ces semaines rythmées par les horaires scolaires des ainés, les tétés du dernier, la préparation des repas, le ménage et les tournées de lessive lui pèsent.
De temps à autre, elle rencontre des amies mais les seules disponibles en journée ont comme elle cessé de travailler et les conversations tournent encore et toujours autour des enfants et de préoccupations domestiques.

Sa vie sociale lui manque.

Ce jour là, elle me raconte avec gourmandise sa récente sortie pour une occasion « imposée », se réjouissant des échanges – enfin éloignés de son quotidien familial – avec d’autres adultes.

Rien de très surprenant si ce n’est l’occasion en question…
… une sépulture.

Devant sa jubilation, je me hasarde à suggérer que ce devait être une personne à laquelle elle n’était pas très attachée ?
«Ah si, quand même !».

 


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Projetés

Publié par 10lunes le 26 avril 2011 dans Après

Parents d’un petit garçon, ils attendent avec bonheur leur second enfant. Ils n’ont pas souhaité connaitre son sexe lors des échographies. Dans l’attente de sa découverte, ils ont choisi avec soin deux prénoms.
Le jour de la naissance, c’est un second garçon qu’ils accueillent avec émotion.

A la très rituelle question «Comment l’appelez-vous ?»
Ils annoncent fièrement «Hugo».

Bref silence dans la salle de naissance.
Puis l’auxiliaire de puériculture s’aventure à souligner : «Hugo, vous en êtes certains ? Vous ne craignez pas que…?»
Le regard des parents se fait interrogateur. Que pourraient-ils craindre de ce si joli prénom ?

Il faudra donc qu’elle précise un peu plus.
«Comme votre ainé s’appelle Victor… Victor et Hugo…»

Le sourire des parents s’efface un peu. Ils n’y avaient pas pensé.
Présents à leur premier enfant, attentifs à cette seconde grossesse, ils n’avaient pas encore fait ce pas.
Imaginer leur vie avec deux enfants.

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Conjugalité

Publié par 10lunes le 28 février 2011 dans Après

Son utérus plongeant dans le bassin malgré un périnée plutôt tonique me laisse perplexe. Nous avons beau chercher, nous ne retrouvons aucun des facteurs de risques habituels.

Nous travaillons donc dans un demi-brouillard, espérant que ses symptômes s’amélioreront au fil des exercices.

Quelques rendez-vous plus tard, ma main se pose légère sur son ventre pour y ressentir les tensions, tout en l’écoutant préciser ses perceptions. Je découvre alors avec étonnement que chacune de ses paroles s’accompagne d’une puissante poussée du diaphragme. Notre conversation est pourtant calme, sans émotion particulière. Après quelques vérifications, il se confirme que cet appui accompagne systématiquement sa voix.
Nous tenons peut-être notre coupable !

Je lui propose d’associer rééducation périnéale, respiratoire et vocale et l’adresse, munie d’un courrier explicatif, à son gynécologue. C’est à lui de valider la prescription de séances d’orthophonie.

Le médecin est hésitant. Surpris par mon hypothèse, il préfère demander un autre avis.
Réfléchissant à haute voix, il annonce :
– Je vais d’abord en parler à ma femme… 
– ???

Découvrant son visage ébahi, il pensera alors à préciser que sa compagne est spécialiste en médecine physique et réadaptation.

 


Un excellent billet à lire ici sur « L’art d’accommoder les bébés », (sous-titré à sa première sortie « 100 ans de recette de puériculture »)  bouquin paru il y a trente ans et qui n’a pas pris une ride.

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Cortège

Publié par 10lunes le 23 février 2011 dans Après

A quelques jours du terme, ils attendent sereinement la naissance de leur premier enfant. Dernier passage à la maternité pour une consultation et une ultime séance de préparation à l’accouchement puis ils repartent chez eux, à une bonne trentaine de kilomètres.

Tard le lendemain soir, les premières contractions s’installent puis s’enchainent avec de plus en plus de force et de rapidité. Le temps de réaliser, de penser à partir et de réunir quelques affaires, ils sont dans leur voiture. Mais, à peine franchi le portail de leur ferme, l’envie de pousser la saisit… Il n’est plus temps d’aller à la maternité.
Ils choisissent avec sagesse de rester à la maison et de faire appel au médecin du village.

L’histoire se passe il y a presque 30 ans, à l’époque où le médecin de campagne, « corvéable » à merci, se déplaçait à toute heure du jour et de la nuit, disponible pour celui qui nait comme pour celui qui se meurt.

Le médecin les rejoint juste à temps pour voir le bébé naitre. Il ligature le cordon, recueille le placenta dans une bassine, certifie que tout va bien et qu’ils peuvent maintenant partir à la maternité pour les dernières formalités.
Puis il s’en va.

Les parents, décidément sereins, conviennent ensemble qu’il n’est pas utile de traverser la campagne au cœur de la nuit avec leur tout-petit. Nul ne les attend car la maternité n’est pas encore informée de la naissance. Autant, rester tranquillement à la maison jusqu’au lever du soleil.
Au creux du lit, protégés du froid par un édredon de plume, ils passent une nuit paisible, contemplant leur bébé qui tête le sein maternel avec vigueur.

Je les verrai arriver le lendemain matin.
Elle d’abord, grande, élancée, la chevelure opulente, son tout-petit, emmailloté de langes et de serviettes, blotti au creux de ses bras. Une couverture de laine brune enroule ses épaules et fait office de cape.
Lui tout aussi grand, tout aussi altier, marche juste derrière elle, les bras encombrés d’un objet que je n’identifie pas tout de suite.

C’est en m’approchant que je comprends leur curieux cortège.
Un des pans de la couverture se soulève au passage d’un lien nacré.
Lien aboutissant à la cuvette tenue par le père.
Cuvette contenant le placenta toujours relié au nouveau-né par le -long – cordon que personne ne s’est autorisé à couper.


Hier aux maternelles, un débat consacré aux maisons de naissance visible pendant quelques jours ici. L’occasion de faire un point sur l’absurdité du village gaulois résistant aux attentes de femmes et de couples toujours plus nombreux, de découvrir quelques images d’une structure belge ou celles d’un député québécois manifestant pour l’ouverture d’une MDN dans son quartier.
Et un grand merci à
Nadia Daam pour son coup de pub au blog dans la chronique suivant le débat !

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