Humide

Publié par 10lunes le 18 décembre 2016 dans Après

 

c-18Son bébé est goulu et sa montée de lait tarde à venir. Tout au long de l’accouchement, elle a du insister pour faire valoir ce qu’elle sentait et savait. Défendre son allaitement est le combat de trop.
Elle cède aux conseils de l’équipe et accepte de nourrir son enfant au biberon.

Le jour de sa sortie, elle vérifie la température de son bébé et la découvre un peu en dessous de la normale. Cela ne tracasse en rien la sage-femme du service :
– « Vous ne l’avez surement pas bien prise. Tout va bien, vous pouvez rentrer chez vous ».

A la maison, inquiète, elle vérifie et constate que c’est toujours trop bas.
Elle appelle la sage-femme qui suivait sa grossesse. A l’inverse de la première, celle ci lui fait confiance et conseille de prendre son enfant en peau à peau pour bien le réchauffer.

Elle déshabille son tout-petit, le place sur son torse nu et s’emmitoufle dans un plaid de laine.

Très rapidement, elle a chaud, tellement chaud qu’elle en transpire. Elle sent la sueur couler sur ses seins, atteindre son ventre et finit par s’étonner de son abondance.
Un rapide coup d’œil sous le plaid lui donne la clef du mystère.

La montée de lait est là !

 

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Similaire

Publié par 10lunes le 14 décembre 2016 dans Après

 

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La fin du congé de maternité se profile et c’est à un couple qu’elle va confier la garde de son enfant ; elle est nourrice agréée, lui juste retraité et ravi de partager sa maison avec un tout-petit.

Il faut maintenant que son fils s’habitue à ces deux inconnus qui prendront soin de lui plusieurs journées par semaine. Elle vient passer un moment avec eux.
L’enfant montrant des signes de faim, elle remonte un pan de son pull pour libérer son sein. Son fils tète tranquillement, la tête blottie dans le lainage.

Quelques jours plus tard, il restera suffisamment longtemps chez le couple pour y prendre un biberon (du lait que sa mère a pris soin de tirer en prévision).

C’est le mari de la nourrice qui s’en charge.
Au retour de la mère, il se montre très fier et très heureux d’avoir été à la hauteur de la tâche :
« – Il a tout bu. Mais j’avais tout bien fait comme vous. J’ai mis le petit contre moi, en remontant mon pull pour qu’il cache sa tête dessous ».

 

 

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Que du bonheur ?! (1)

Publié par 10lunes le 12 mai 2014 dans Après

 

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« Je ne pensais pas que ce serait si dur ». Son premier enfant, si longtemps attendu, si longtemps espéré, a juste deux semaines. Et c’est la première phrase qu’elle prononce en franchissant ma porte.

Aborder le post partum en préparation à la naissance est difficile. L’énergie des femmes et des couples est tournée vers le point culminant du parcours d’obstacles : l’accouchement.
Les sauts précédents, on les évoque en direct. Il est facile de déminer ensemble le décalage entre l’idéalisation de la grossesse – promesse de pur épanouissement – et la réalité quotidienne.

L’après, on croit le connaitre… Les futurs parents pensent aborder un rivage accueillant. Il est en couverture de tous les avatars de « Ma famille magazine » avec un couple radieux – forcément reposé, souriant, amoureux – s’extasiant devant un nourrisson au sourire enjôleur…
Que du bonheur !
Et ça parait si logique ; leur enfant a été dé-si-ré, quasi programmé (juste quasi pour cause de gamètes parentales capricieuses).
Ils se projettent forcément dans un après idéalisé.

Oh, tout le monde sait bien qu’un nouveau-né pleure mais chacun se pense à l’abri. Il sera un parent attentif se précipitant au premier appel, et le petit s’apaisera dans l’instant grâce au sein ou au biberon. Au pire une couche mouillée, un rot de travers… toutes choses facilement gérables.

Il faut donc avertir – en cassant un peu le rêve – que certains moments seront difficiles, que la nature a prévu que les pleurs soient insupportables et qu’elle a bien bossé sur ce coup là.
Qu’il est difficile de donner le maximum pour répondre aux besoins de son tout-petit, au point d’en oublier les siens, et de ne pas en être récompensé par un bébé paisible et certifié conforme.
Que chacun s’attend à des nuits entrecoupées de pleurs mais que cela devient intolérable quand les pleurs viennent vous cueillir dans les premières minutes d’un difficile endormissement et que c’est le énième espoir déçu d’une nuit reposante.
Que tout conjoint va rentrer un soir de son travail, un peu jaloux de la femme en congé maternité qui peut « profiter du petit » et qu’à peine la porte franchie, il réceptionnera un enfant hurlant et inconsolable déposé dans ses bras par une mère tout aussi inconsolable épuisée par une journée chaotique.

Il ne s’agit pas de noircir le tableau, juste de le rendre plus réaliste.
Il y a ces chouettes moments où l’enfant blotti contre soi s’endort en toute confiance, ou il tète avec avidité, témoignant par de petits bruits de son ravissement. Il y a ce regard profond et ces premiers sourires qui font craquer les parents même s’ils ne sont pas encore tout à fait intentionnels. Il y a même ces moments où l’on peut poser l’enfant endormi dans son berceau et s’étonner d’avoir du temps pour soi (mais qu’est-ce qu’on en faisait avant de tout ce temps ?).
Voilà, il y a -aussi- plein de moments de vrai bonheur.

Mais tout parent normalement constitué se dira un jour «  quelle connerie d’avoir voulu un bébé ! »
Le même parent sentira parfois la colère l’envahir, à quelques millimètres du précipice et d’un geste violent envers son enfant.
Se sentir totalement dépassé fait partie du postnatal. Il faut donc savoir s’en préserver et oser demander de l’aide à ses proches, afin d’être soutenu voire parfois relayé.

Et trouver comment se sentir conforté dans sa compétence parentale.

Au cabinet, nous organisons une rencontre postnatale. Les couples d’un même groupe de préparation se retrouvent pour se raconter les naissances, se présenter leurs nouveau-nés et surtout causer, causer, causer… de tous les aléas du quotidien.
Très souvent, entendre chacun évoquer ses doutes et ses moments de ras le bol est plus thérapeutique que toute autre parole.

Chacun redevient, par  la magie d’un vécu commun et partagé, un parent « suffisamment bon ».

 

NB : Ce billet fait partie d’une « série à thème », presque une commande, issue d’une « discussion » sur Twitter sur le différentiel entre la plénitude annoncée et le quotidien chaotique. Les angles d’abord sont multiples… J’y reviendrai surement bientôt.

 

 

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Du tarif de la roue

Publié par 10lunes le 3 février 2014 dans Après, Profession sage-femme

 

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Leur appel m’a cueillie à la sortie d’une réunion professionnelle, au moment où chacun se réjouit de rentrer chez lui après une journée bien remplie. Elle a accouché il y a dix jours, vit depuis un allaitement chaotique et douloureux

Pour son retour à domicile, personne ne lui a rappelé la possibilité d’un accompagnement par la sage-femme rencontrée pendant la grossesse. La seule consigne – donnée /entendue ? – était de contacter la puéricultrice de PMI pour surveiller le poids de son bébé. Comme elle a un peu tardé à l’appeler, le rendez-vous est prévu pour la semaine prochaine.

Consultations pédiatriques surbookées, médecin traitant annonçant son manque de compétence sur le sujet, maternité expéditive au téléphone. C’est le soir, elle a mal, envisage de cesser l’allaitement… et ils se souviennent que nous nous sommes déjà rencontrés.
Oh, pas beaucoup, juste à huit reprises, une bonne quinzaine d’heures, en préparation à la naissance.

Je suis la cinquième roue du carrosse mais la seule qui décroche son portable à cette heure un peu tardive. Cinquième roue donc mais roue de secours.

La situation n’a rien de désespéré ; son petit bonhomme plein de bonne volonté accepte de cesser de pleurer, accepte de tirer la langue pour me montrer qu’il en est capable, accepte de prendre correctement le sein et accepte de s’endormir paisiblement après une tétée redevenue indolore par la grâce d’une meilleure position.

On cause encore un peu ; l’accouchement, la rencontre, le retour à la maison et les plus ou moins petites questions restées sans réponses… je prends le temps nécessaire.

Il est tard, j’ai faim et ma soirée paisible est bien entamée. Je m’apprête à les quitter. Nous convenons qu’elle rappelle le lendemain pour faire le point et prévoir si besoin un nouveau rendez-vous. Au plus tard, nous nous retrouverons pour la rencontre postnatale déjà programmée avec le groupe de préparation.

Je suis en train d’enfiler mon manteau lorsque j’entends :
– Est-ce qu’on te doit quelque chose ?

Effectivement, je n’ai pas évoqué de règlement. Je suis arrivée les mains vides, sortie de réunion sans sacoche, évidemment sans son dossier et sans lecteur de carte vitale ; ça attendra notre prochaine rencontre, comme pour les séances de préparation dont je regroupe la facturation.
Mais la formulation m’irrite. « Combien te devons-nous » ou « Nous passerons te payer  » m’auraient mieux convenu.
Il n’irait donc pas de soi que mon travail soit rémunéré ?

Affichant mon plus large sourire, j’ai acquiescé.

 

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Un appel à signer pour soutenir le travail des PMI 

 

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Cachez ce sein

Publié par 10lunes le 11 mars 2013 dans Après

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Le musée présente une rétrospective « Le nu dans tous ses états ». Dessins, peintures, photos ou sculptures, petits ou grands formats, les corps sont exposés, livrés au regard. Que l’image soit anatomique, érotique, transcendée, rêvée, revisitée… la nudité est partout.

Elle parcourt cette exposition avec son tout petit. Porté en écharpe, lové contre sa mère, c’est à peine si on devine sa présence. Mais quand la faim se fait sentir, ses manifestations sonores la rendent plus évidente.

Au centre de la salle, de grandes banquettes confortables permettent de se reposer en contemplant les oeuvres. Dans un coin, un tabouret celui du gardien peut être, est inoccupé. Il a le mérite d’être hors du passage des visiteurs. C’est donc celui là qu’elle choisit.

Sous le T-shirt, sa main libère le sein puis remonte le pan de tissu tandis que son autre bras approche l’enfant du mamelon. Le tout ne prend que quelques secondes ; ne reste visible que le dos du bébé tourné contre sa mère. En étant très attentif, à peine peut-on deviner aux faux-plis du tissu que quelque chose se passe. Mais rien dans son attitude n’est ostentatoire, encore moins provocant.

A peine la tétée commencée, le gardien vient la chercher pour lui proposer un endroit plus confortable. Elle décline poliment, se sent bien dans la salle. Il insiste, cela pourrait être gênant. Elle le rassure, ça ne la dérange absolument pas. Mais ce n’est pas de sa gêne qu’il s’agit mais de celle supposée des visiteurs. En empaumant son coude pour la pousser à se lever, le gardien affirme à nouveau, « Vous serez mieux installée ailleurs ». Pour éviter l’esclandre, elle accepte de le suivre.

C’est ainsi quelle se retrouve au fond d’un couloir sombre, à proximité immédiate de l’entrée des toilettes, installée « plus confortablement » sur un tabouret identique à celui que l’on vient de la forcer à quitter.

 

©Photo

 

PS : je travaille sur une réponse au dernier livre d’ Odile Buisson. En attendant que je parvienne à publier autre chose qu’une réponse épidermique forcément maladroite, un seul conseil : n’achetez pas son livre ! Inutile de faire monter ses chiffres de vente et ses droits d’auteurs… 

 

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Coup de projecteur

Publié par 10lunes le 7 janvier 2013 dans Militer

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Des articles et forums lus sur le net, les témoignages de mes consoeurs, certains commentaires du blog, des questions posées par le biais de « contactez l’auteur« , des échanges mails, et le presque quotidien du cabinet … une convergence d’éléments démontrant la méconnaissance de notre métier.

La sage-femme cette inconnue…

La sage-femme est la professionnelle de santé pouvant prendre en charge l’ensemble des événements physiologiques (normaux) de la maternité et du suivi gynécologique.

Maternité : suivi médical de la grossesse, préparation à la naissance, accouchement, suivi postnatal, allaitement, rééducation périnéale.

Gynécologie : suivi annuel, frottis, prescription de contraception (y compris pose d’implant et de dispositif intra utérin).

Lorsqu’elle dépiste une pathologie, la sage-femme collabore avec le médecin spécialiste pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, lui passe le relais pour le suivi gynécologique.

La France compte 20000 sages–femmes en exercice. Elles exercent majoritairement au sein des maternités, mais aussi en cabinet libéral et en PMI.

 

En libéral, elles assurent tout ou partie des activités suivantes : consultation de grossesse et postnatale, préparation à la naissance, suivi au retour à domicile, suivi de l’allaitement, consultation nourrisson (suivi staturo pondéral), rééducation périnéale, échographie, suivi gynécologique (et, sur prescription d’un médecin, surveillance d’une grossesse qualifiée de pathologique).

Certaines de ces sages-femmes proposent un accompagnement global de la naissance : présentes du pré au postnatal, elles vous assistent lors de votre accouchement, que ce soit à domicile ou en plateau technique (au sein d’une maternité mais en toute autonomie)

Il y a 4000 sages-femmes libérales, donc forcément une pas trop loin de chez vous. Pensez à la contacter pour votre suivi gynécologique et dès que vous avez un projet de grossesse…

 

En maternité, vous aurez – très ! – souvent affaire aux sages-femmes. Elles assurent une partie des consultations, des échographies, la préparation à la naissance, sont les praticiennes qui vous prennent en charge au quotidien en cas d’hospitalisation pendant la grossesse, tout au long de votre accouchement et pendant votre séjour postnatal.

 

Elles sont aussi présentes dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour accompagner les femmes enceintes dont la grossesse nécessite, pour des raisons médicales, sociales ou psychologiques, une présence rapprochée.

Certaines exercent dans les centres de procréation médicalement assistée.

Enfin, vous trouverez des sages-femmes dans les centres d’orthogénie, pour assurer les consultations de contraception et pour accompagner les IVG.

 

Vous avez donc de très nombreuses raisons d’avoir affaire à une sage-femme. Pourtant, les jeunes diplômées peinent à trouver leur place.

Certains cabinets libéraux ont du mal à exister, faute d’agenda suffisamment rempli. A l’inverse, du fait de la diminution des postes, les sages-femmes salariées sont débordées et constatent chaque jour la dégradation de la qualité de leurs prises en charge. Il est demandé à chacune d’en faire toujours plus avec moins. Ce toujours plus se fait forcément au dépend de la qualité des soins, de l’attention portée à chacune.

 

Comment agir ?

– pour les libérales, le principal obstacle est la méconnaissance de leur champ de compétences. La sécurité sociale promettait en 2007 une mise en avant de leur profession. Nous l’attendons toujours. Faisons le ensemble grâce à la magie des réseaux sociaux !

– pour les salariées, les directions des établissements négligent leur surbooking quotidien. La pénurie n’est pas encore à un point tel que la sécurité soit en cause (quoique…) mais « la mère et l’enfant vont bien » n’est qu’un minimum, nécessaire mais pas suffisant ! Il faut que de nouveaux postes soient ouverts. Ecrivez, témoignez, dénoncez ce qui ne doit plus être.

 

Faites circuler très largement cet article autour de vous. Demandez à vos contacts de le relayer.
Faites mieux connaître ce métier dédié à la santé des femmes !

 

Pour aller plus loin

Rôle des sages femmes dans le système de soin (rapport de la cour des comptes septembre 2011) 

– Une plaquette d’information restée confidentielle.

Quelles sont les compétences générales de la sage-femme (site du conseil de l’ordre)

– Sur ce blog, Sage-femme mode d’emploi, Résister

 

©Photo  A is for Angie

 

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Je crois que c’est la SMAM

Publié par 10lunes le 15 octobre 2012 dans Après

 

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La SMAM (Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel) est annoncée. J’ai juste un ballot problème de dates, pour l‘OMS c’était en août, pour la Leche League début octobre et pour la COFAM, elle commençait hier…  Mondiale quoi.

Qu’importe, c’est l’occasion d’évoquer ce joli film – une fois la première minute passée – montrant un nouveau-né partant à la recherche du sein maternel.

Dans la maternité de mes études, un reportage pédagogique s’était tourné sur l’allaitement. Faut dire que l’on partait de très loin. En quelques étapes :

1. L’enfant est subtilisé dès la naissance pour être surveillé en incubateur où on lui donnera son premier biberon.  « Allaitez ? Vous n’y pensez pas, le lait artificiel est un aliment de qualité, dont la composition et le dosage sont soigneusement calculés pour répondre aux besoins de votre enfant ».

2. L’enfant reste quelques minutes avec sa mère puis est placé deux heures en incubateur pour surveillance. Il ne sera mis au sein qu’ensuite. Cela consistant à empoigner le sein maternel tout en projetant le bébé vers le mamelon jusqu’à ce qu’il consente à ouvrir la bouche. « Il ne sait pas téter, ce sera plus simple de lui donner le biberon ».

3. L’enfant est laissé sur le ventre maternel puis retiré pour être aspiré/examiné/pesé/mesuré /habillé. Il est ensuite rendu à sa mère. Un peu dérouté par tous ces événements, il ne trouve pas le mamelon et doit être guidé pour sa première tétée. « Il n’est pas très doué, va falloir vous accrocher ».

4. L’enfant reste longuement en peau à peau. Révélation, il est capable de prendre le sein tout seul, sans que personne n’intervienne *…

Le film, c’était entre les deux dernières étapes. Il devait prouver la capacité du nouveau-né à ramper vers le sein. Mais dans cette moderne maternité des années 70 aux protocoles incontournables, nul n’imaginait laisser longtemps un enfant en « peau à champ » (le champ stérile couvrant un épiderme maternel réputé infesté de germes était un autre incontournable). A chaque naissance, le bébé était donc posé sur sa mère, sous l’œil bienveillant de la caméra guettant la reptation annoncée… Nous attendions quelques secondes ? minutes ? De toute façon pas assez longtemps pour que l’enfant soit prêt. La déception succédait à l’attente, la caméra était stoppée et le nouveau-né emmené dans la salle voisine pour être « pris en charge ».

Naissance après naissance, les enfants s’obstinaient à ne rien faire. Heureusement, un petit détail omis jusque là nous a donné la solution. Un simple détail de … cadrage qui permit à une main hors champ de pousser le nouveau-né. Jamais reptation ne fut plus spectaculaire !

N’étant plus à une approximation près, la femme filmée sous la douche pour expliquer le massage des seins en cas d’engorgement était non pas une jeune accouchée, mais la plus jolie fille de l’équipe, sans enfant. Sa poitrine n’avait jamais sécrété la moindre goutte de lait…

La pédagogie semble excuser quelques entorses à la vérité.

 

*Fiche LLL « Accueil du nouveau-né en salle de naissance »

 

©Photo

 

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Fortuitement

Publié par 10lunes le 27 décembre 2011 dans Après

 

Rien ne s’est passé comme prévu. D’abord la fièvre qui s’invite à l’accouchement puis l’infection détectée chez son bébé et son hospitalisation dans le service de néonatalogie. Elle retrouve son tout-petit dans un écrin de plexiglas, perfusé et surveillé par les écrans clignotant au rythme de sa respiration et des battements de son cœur.

Elle tire son lait avec application, toutes les trois heures, même la nuit, afin que le précieux liquide soit donné à son enfant. Elle va le voir régulièrement mais les rares tentatives de mise au sein – il n’est pas facile de concilier ses moments de présence, les éveils de son petit et la disponibilité des puéricultrices – sont des échecs.

Son bébé va rapidement mieux et peut sortir de néonatalogie. Ils passent quelques jours ensemble à la maternité avant le retour à la maison. Malgré ses efforts et ceux de l’équipe, il ne prend pas le sein. Le mamelon dans la bouche ne déclenche aucun réflexe de succion. A peine consent-il à lécher les gouttes de lait perlant sur ses lèvres.

Il faut bien quitter la maternité. Elle a pour consigne de lui présenter le sein avant de proposer un biberon de complément. Mais ces biberons pleins du lait qu’elle continue de tirer n’ont de complément que le nom… Son enfant s’obstine à lécher le mamelon sans l’associer à l’idée de se nourrir.  Il est bien, blotti dans la chaleur de sa mère, rassuré par son contact, apaisé par son odeur et la succion… Mais quand il a faim, il se détourne d’elle pour se jeter sur la tétine de caoutchouc.

Le désintérêt persistant de son petit lui serre le cœur. Elle continue à tirer son lait mais cesse de lui présenter le sein. Elle en est triste mais se fait une raison.

Puis il y a ce jour magique. Fatigués, ils tentent une sieste à trois mais leur bébé est chagrin. Son homme suggère, «Laisse le tétouiller, ça va le calmer ». Elle remonte l’enfant sur sa poitrine, lui offre le mamelon et … il se met à téter, réellement, efficacement ! Elle reconnaît les picotements du sein annonçant le réflexe d’éjection, le bruit rassurant de la déglutition. 

Le lendemain, nous refaisons le point.  Comme elle me l’a glissé au téléphone, «un échec d’allaitement je peux le tolérer, mais deux avec un seul bébé, je ne pourrai pas… » Elle souhaite se voir confirmer qu’elle n’a pas rêvé.

J’observe donc ce bébé qui tête, facilement, aisément, comme si depuis deux mois, jamais il ne s’était nourri autrement que sur ce sein rond et plein…

Au fil des jours, elle reprend confiance. Pendant quelques temps, elle continue pour se rassurer à lui présenter un inutile biberon de complément.

Elle cesse enfin le rituel. Son enfant prend à la source tout ce dont il a besoin … 


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Une question de balance

Publié par 10lunes le 9 août 2011 dans Après

 

Ils ont quitté la maternité au quatrième jour, un peu malmenés par une équipe préoccupée par leur bébé qui perdait toujours du poids. Seule l’assurance d’une consultation le lendemain a évité la sortie contre avis médical.

Les voilà donc tous les deux, presque étonnés de se retrouver dans ce lieu, devenu familier au fil des mois de la grossesse, avec ce nouvel interlocuteur, leur enfant.

Mes mots de bienvenue résonnent dans le vide. Ils restent silencieux, déjà tendus dans l’attente du verdict de la balance. Je m’incline devant ce préalable imposé à toute conversation et commence à examiner leur nouveau-né. Il me parait en pleine forme, bon tonus, pas d’ictère, une couche pleine … Je détaille ces informations rassurantes au fur et à mesure à voix haute.
Mais ils n’attendent qu’une seule chose, le chiffre.

Espérant les dérider, j’annonce me dépêcher de m’acquitter de la pesée pour les voir retrouver la parole. Leur silence confirme que je n’obtiendrais rien d’autre que quelques grommèlements anxieux tant que le poids n’aura pas été annoncé.
Je pose le bébé sur la balance : il a pris 60 g.
Je clame la bonne nouvelle et commence à le rhabiller.
Le silence persiste. Je cherche le regard de sa mère.
– « Tu me crois ou tu as besoin de le vérifier toi-même ? »
Son sourire contraint montre que ma tentative d’humour ne passe pas.

Alors, j’enlève le body, détache la couche et repose son enfant sur le pèse-bébé. Je m’efface sur le coté pour lui laisser la place. Lentement elle se lève et vient contempler le chiffre qui s’affiche.

Enfin, elle sourit.

 

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Territoire

Publié par 10lunes le 5 décembre 2010 dans Après

Tonique, gigoteur, grassouillet, l’œil vif… Ce petit garçon de quinze jours est en pleine forme. 

On ne peut en dire autant de ses parents. Ils sont à l’évidence fatigués et je cherche à comprendre ce qui se passe.
La maman est en congé maternité, le père non en congé paternité comme je le suggère mais au chômage ; au ton un peu vif de sa réponse, je comprends que je l’ai blessé. 
Ce bébé, leur premier, se réveille de façon très raisonnable pour son âge, deux fois dans la nuit et se rendort plutôt facilement après la tétée.
Il n’en est pas de même pour ses parents. Se lever – ils le font en alternance – allumer la lumière, traverser l’appartement un peu froid pour aller chercher leur petit, revenir le mettre au sein dans le lit, attendre la fin de la tétée, refaire le chemin en sens inverse, retourner se coucher et… chercher ensuite trop longuement à retrouver le sommeil.

Je suggère que le bébé pourrait peut-être dormir dans leur chambre pendant quelques jours, semaines (mois ?). J’aimerais leur éviter ces déambulations nocturnes qui les réveillent trop et écourtent leurs nuits.

Dans un même mouvement de tête, ils s’opposent à cette idée.
Ce n’est pas envisageable, dans la chambre, il y a leur chat.
Et quand je propose de faire dormir le chat dans une autre pièce, ils s’amusent de mon innocence.
Ce ne sera pas possible, le chat ne pourrait pas le supporter…

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