Respectée

Publié par 10lunes le 9 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur

Elle s’apprête à mettre au monde son premier enfant et si elle ne sait pas trop ce qu’elle souhaite, elle sait très clairement ce qu’elle refuse. Elle ne veut ni péridurale, ni épisiotomie. Elle l’a précisé lors des consultations et l’annonce à la sage-femme dès son arrivée à la maternité.

Au final, elle aura les deux.
Sans regret.

A chaque étape, sage-femme, anesthésiste et obstétricienne se sont montrés à l’écoute. Chacune de ses demandes a été entendue, et tout a été mis en oeuvre pour y répondre. La sage-femme a su rester plus que discrète et respecter « sa bulle » quand tout se passait bien. Lorsque la dilatation s’est bloquée à 7 cm, plutôt que de basculer immédiatement vers une intervention médicale, elle a suggéré des postures différentes et fait preuve de patience.
Et quand il a fallu se résoudre à intervenir, chaque renoncement a été expliqué, argumenté et a obtenu son accord.

Personne n’a fermé le débat d’un « on connait notre boulot » sans appel.
Au contraire, tous se sont attachés à faire équipe avec elle, à conjuguer compétences maternelles et professionnelles.

Et si son fils n’est pas né comme elle l’imaginait, elle garde un merveilleux souvenir de son accouchement grâce au respect et à la bienveillance de ceux qui l’ont accompagnée.

 

NB : le début de l’histoire est 😉

 

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Liiiiiiibérée….

Publié par 10lunes le 8 décembre 2016 dans Rencontre

 

coeur-4Ils sont arrivés dans la soirée aux urgences. Leur fille de 5 ans souffre d’une infection et un traitement antibiotique par voie veineuse est nécessaire. Une perfusion doit être posée  et l’aiguille est conséquente.
Evidemment, les parents s’inquiètent de la réaction de leur enfant.

Tout en s’affairant à préparer le matériel, les deux infirmières présentes cherchent à les rassurer. Elles expliquent qu’elles vont utiliser une technique d’hypnose.
A la fillette, elles présentent le masque (diffusant un gaz analgésique) qui va recouvrir le bas de son visage comme un micro. Il faudra chanter dedans.
Reste juste à choisir la chanson.
La reine des neiges sera le tube de la nuit.

Les infirmières lancent la musique sur un smartphone et commencent à chanter, l’enfant suit de bon cœur et les parents rejoignent la chorale.
Il est minuit et « Libérée délivrée » chanté à l’unisson résonne dans le box des urgences.

Lorsque les parents se préoccupent de la mise en place du cathéter, il est déjà posé et les infirmières-choristes en sont au pansement.

Personne n’a eu peur, personne n’a eu mal.
Ni l’enfant.
Ni ses parents.

 

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Réconciliées

Publié par 10lunes le 3 décembre 2016 dans Naissance

 

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En arrivant à la maternité, le visage de la sage-femme ne lui semble pas inconnu. Quelques minutes plus tard, le doute se confirme, c’est bien celle qui les a accompagnés pour leur premier enfant.

Mauvaise nouvelle, car ils ont le souvenir d’une praticienne directive et anxiogène.

Mais le temps est passé.
Précisément quatre années qui ont permis à la sage-femme de savoir s’appuyer sur les compétences des femmes dont elle prend soin, écouter leurs attentes, s’adapter à leurs besoins.
Elle est devenue mère aussi, et passer de l’autre coté du miroir a fait tomber quelques certitudes.

Elle, elle vient mettre son deuxième enfant au monde. Forte des souvenirs du premier, elle sait ce qu’elle souhaite. Surtout elle a gagné en confiance, bien décidée à suivre les signaux que son corps lui donnera.

Leurs retrouvailles ont une allure de trêve.
Et la paix sera scellée par deux moments clefs :
Celui où la sage-femme l’encourage à s’appuyer sur son ressenti.
Celui où la mère demande à la professionnelle de la guider.

 

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Leçons de l’expérience, épisode 1

Publié par 10lunes le 20 novembre 2016 dans Formation/déformation

 

 

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Il y a longtemps, très  longtemps, tellement longtemps que j’étais jeune et juste accouchée, j’ai suivi une formation centrée sur le toucher.

Nous apprenions comment être dans un contact différent, plus attentif à celui que l’on touche, comment des gestes similaires en apparence pouvaient générer des ressentis multiples et contrastés. Nous apprenions à poser nos mains à l’écoute d’un enfant niché dans l’utérus maternel. Nous apprenions comment une femme enceinte et ses proches pouvaient sentir le bébé se blottir au creux de leurs mains.

Au final la découverte de choses toutes simples, devenues évidentes au fil des années et qui font encore mon quotidien.
Ca c’est pour le versant positif.

L’autre versant, c’est une sorte de formatage dont je n’ai pris conscience que bien plus tard.
Au cours du stage, on nous avait indiqué que la future mère devait se mettre en sous-vêtements lors des séances. Ca ne nous était pas expliqué, juste énoncé comme une évidence.
De retour dans ma maternité, ravie de mettre en pratique ce que je venais de découvrir, j’ai respecté la consigne. Cela me semblait d’autant plus anodin que le déshabillage était banal en consultation obstétricale. A l’époque, le toucher vaginal mensuel était encore un incontournable.

Habituée j’étais, habituée j’ai fait.

Je n’ai pas compris tout de suite combien cette « habitude » créait une sorte de rapport hiérarchisé détestable entre la patiente allongée et dévêtue et la soignante en blouse et debout.

J’ai mis… des années à penser que je pouvais procéder autrement et simplement préciser avant la séance de prévoir une tenue permettant de découvrir le ventre.

Comme je dois être  « un peu »  lente, il m’a fallu encore quelques années pour réaliser que si je percevais un  enfant à travers la paroi utérine, mais aussi au travers de toutes les couches séparant cet utérus de la peau, je n’étais plus à une épaisseur de vêtement près…

Si je vous raconte ça, c’est grâce ou à cause de la lecture des commentaires de mon dernier billet.

Parce que, pendant toutes ces années, personne hélas ne m’a jamais fait aucune remarque. Si quelqu’un m’avait questionnée sur le pourquoi du déshabillage, j’aurais surement réalisé et abandonné cette stupide consigne bien plus tôt.

Mais, si au lieu de me faire remarquer l’absurdité de la pratique, l’on m’avait accusée de maltraitance, j’aurais ouvert de grands yeux innocents, nié avec force et rangé la remarque dans le tiroir des accusations gratuites et injustifiées.
Bref, je ne me serais pas remise en cause.

D’autant que pendant la formation, moi aussi je m’étais retrouvée en sous-vêtement.
Mais je vous raconterai ça bientôt.

 

 

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Mal embarquée

Publié par 10lunes le 4 octobre 2016 dans Après

 

14027-vintage-illustration-of-a-woman-rowing-a-boat-on-rough-seas-pvElle pleure, que dis-je elle sanglote, crescendo, depuis une bonne demi-heure.
Toutes mes tentatives d’apaisement, bonnes paroles, réassurances, propositions diverses sont tombées à plat
La fin de son congé maternité se profile et l’idée de confier son enfant à la garde d’une « étrangère », étrangère pourtant  déjà connue et à qui elle accorde toute sa confiance, cette idée lui est insupportable.

Je rame sur un océan de larmes avec toute mon empathie mais rien n’y fait. Le ressac nous emporte toujours plus loin.

Je m’interroge maintenant  sur une possible dépression, suggère une consultation avec la psychologue de la maternité, un avis de son médecin traitant, un possible arrêt de travail pour différer un peu le moment tant redouté et s’y préparer mieux.
Chacune de mes propositions tombe à plat.
La tempête enfle au rythme de mon impuissance.

Tassée dans le fauteuil, elle s’agrippe à la boite de mouchoir, seule bouée que j’ai su lui trouver. 
Je suis le mauvais capitaine d’un mauvais ersatz de l’Abeille Flandre et je sens bien que je ne vais rien sauver.
A mon énième proposition inutile, elle me coupe sèchement : 
– Tu ne m’aides pas là !

Ses sanglots s’apaisent, mais c’est parce qu’elle n’a plus envie de les partager avec moi.
Je m’inquiète pour elle et parviens à lui extorquer la promesse de nous revoir rapidement.
Elle différera ensuite ce rendez-vous sous un prétexte quelconque. Mais elle accepte de revenir un peu plus tard. Je ne l’avais pas anticipé mais elle si ; cet « un peu plus tard », ce sera après la reprise de son travail.

Entre temps, j’ai repassé en boucle cet entretien, mon inefficacité palpable et me suis promis de m’en excuser auprès d’elle.

Elle arrive, souriante et dynamique, comme je l’ai – presque – toujours connue.
Elle raconte ses retrouvailles avec ses collègues, le plaisir de son métier, les petits et grands bonheurs vécus avec son enfant. Tout va bien.

Je dis mon regret de n’avoir pas su la soutenir dans les semaines précédentes.

Elle s’engouffre dans la brèche : 
Je ne savais pas comment te le dire mais je voulais en reparler aujourd’hui parce que tu as été nulle. 
« Nulle », elle ne l’a pas dit comme ça, c’était moins violemment exprimé mais si je ne me souviens plus des mots exacts, j’ai bien leur sens en mémoire.

Et puis elle m’a expliqué et la leçon fût claire.
– Plus tu cherchais des réponses et plus je me sentais mal.
J’avais juste besoin de t’entendre dire que c’était normal d’être triste à l’idée de me séparer de mon bébé.

 

 

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Addict !

Publié par 10lunes le 5 juillet 2016 dans Profession sage-femme

 

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Cette nuit, j’ai « fait » un accouchement… je peux pas dire j’ai accouché. Il n’y a toujours pas de mot dans la langue française qui permette de différencier celle qui accompagne et celle qui met au monde. Alors j’écris je fais alors que j’ai rien fait.

C’était un peu la panique à la maternité, toutes les salles étaient pleines, l’équipe débordée. Moi j’arrivais du marché  d’à coté avec mes poireaux à 10 euros le kg – un peu cher mais faut bien soutenir les petits producteurs bios.

Mon cabas sous le bras, je passais dire bonjour à une amie en fin de grossesse.
Je l’ai retrouvée en salle de naissance. Elle était en travail, surprise d’en être déjà là, juste accompagnée de sa mère. Un peu dépassée par les événements la mère.

Quand je suis entrée, sa fille avait très envie de pousser… elle était d’ailleurs en train de passer de l’envie à l’action. Pas le temps d’appeler une des sages-femmes de garde, la tête faisait déjà bomber le périnée. Je me suis débarrassée de mon cabas, éparpillant quelques feuilles de blette au passage.

Plus le temps de mettre des gants ; poser une main légère sur une bosse brune et bouclée, chuchoter à la mère : Souffle doucement, il est là ton petit, si tu tends ta main tu vas toucher sa tête. Sentir les cheveux humides sous ma paume, vaguement poisseux (poisseux n’est pas le bon mot, poisseux ça évoque quelque chose de sale, et rien de sale dans ce contact…), l’encourager encore à souffler doucement, craindre que le périnée tendu ne résiste pas à la dernière pression, le voir finalement s’ouvrir sans une déchirure, glisser mes doigts autour du cou, dégager le circulaire qui s’y enroulait, attendre que la mère pousse encore un peu pour passer les épaules, la voir tendre ses bras en criant Mon bébé ! l’aider à remonter l’enfant vers elle en sécurisant le mouvement par une main posée sous les petites fesses, s’émouvoir de son émotion à elle, sentir cette odeur particulière de liquide amniotique envahissant la salle.

Ensuite…
Ensuite je me suis réveillée.
Et l’intensité de ce rêve et de son souvenir me montre combien cette partie de mon métier me manque encore.

Pourtant, j’aime tellement ce que je fais maintenant. J’aime décider de ma façon de travailler sans avoir de compte à rendre à d’autres qu’aux femmes et à moi-même. J’aime disposer du temps qui m’est nécessaire. J’aime ne pas avoir à m’écarteler entre deux demandes (voire bien plus) simultanées. J’aime la complicité se tissant au fil des mois, des semaines, des années. J’aime pouvoir plaisanter, provoquer parfois, parce que nous nous connaissons suffisamment pour qu’elle ne doute pas de ma volonté de l’aider ; qu’elle peut être certaine que mon humour n’est jamais de l’ironie, mon insistance jamais une volonté de contraindre.
J’adore mon métier au quotidien.

Hier, j’ai essuyé une larme en consultation parce que la femme me racontait comment une de ses amies, que j’avais suivie il y a 15 ans et jamais revue depuis * parlait encore avec émotion de SA sage-femme.

En deux mots comme en mille, j’adore ce que je fais et la continuité relationnelle que l’exercice libéral m’offre.
Mais mon rêve me montre que je n’ai pas encore totalement tourné la page.
Cela dit, il m’arrive encore de rêver que je fume,  pourtant ça fait 20 ans que j’ai arrêté !

 

 

*Avant que nous obtenions la compétence en « gynécologie de prévention », la sage-femme disparaissait forcément du paysage une fois les maternités passées.

 


PUB ! Le ministère de la Santé a préparé une campagne de communication sur les sages-femmes. Il n’a par contre pas prévu de gros moyens de diffusion… Mais qu’à cela ne tienne, si chacun la relaye, ça peut, ça va largement circuler ! Je compte sur vous  😉

 

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Et aussi
– des
témoignages de « patientes »
– un
dépliant qui présente tout ce qu’une sage-femme peut et sait faire.

 

 

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Accueilli

Publié par 10lunes le 25 décembre 2015 dans Rencontre

 

aComme promis hier, je laisse la place à ma complice Hécate, sage femme et blogueuse à lire ici : « Ma vie en rose »
Et vous trouverez  le premier épisode de l’histoire qu’elle vous raconte aujourd’hui.

 

Trois ans et des quenottes gourmandes grignoteuses des biscuits de la grande boîte qui  trône sur le bureau de la sage-femme.
Un petit visage tout rond, des joues vraiment comme des pommes et un sourire éclatant ce matin.

Tchoutchangpotche le petit réfugié tibétain est devenu grand frère, Papa est venu me prévenir jusque dans les enfers de la consultation : Petite Sœur est arrivée cette nuit. J’ai vu le nom de Maman sur le grand planning, je pensais passer les voir toutes les deux tout à l’heure, mais Papa a été plus rapide.

Tchoutchangpoche plonge la main dans la boite et d’un geste vif pêche deux gâteaux qu’il brandit en riant « Biscuit, biscuit »
Je souris en me disant qu’il devient bien audacieux, ce petit bonhomme gourmand !

Je monte avec Papa et Tchoutchangpotche pour voir Maman et Petite Soeur.
Dans le berceau transparent dort une mini-Tchoutchangpotche .

Tchoutchangpotche s’approche et pose doucement un biscuit à côté de Petite Soeur, puis il se tourne vers moi et déclare doctement « Biscuit mmmmmmmmmmmmmmh »

Papa dit « Tchoutchangpotche biscuit français aime. Merci Madame France »

 

 

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Soutenue

Publié par 10lunes le 23 décembre 2015 dans Profession sage-femme

 

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La garde est plus que dense. Tous les enfants semblent s’être donné le mot pour naître ce jour là.

A courir de salle en salle, elle n’a que peu de temps à consacrer à chaque femme et s’en désole. Elle s’excuse auprès des unes et des autres, le sourire de plus en plus fatigué :
– Pardon d’être si peu disponible, c’est un festival de bébés aujourd’hui.


La fin de la journée arrive, toujours aussi trépidante.
Ca pourrait être l’heure du dîner mais pas l’heure du sien. Elle n’a rien eu le temps d’avaler depuis son arrivée, tôt ce matin.
Elle aide une femme à s’installer pour les derniers moments.

Sa petite mine doit être patente.
Puisque, dans une parfaite inversion des rôles, c’est la femme qui soutient la sage-femme :
– Allez courage ! Je suis la dernière, après moi, vous aurez fini.

 

 

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Complices

Publié par 10lunes le 21 décembre 2015 dans Naissance

 

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Pour son premier, la conjonction d’un bébé annoncé gros et sa peur panique de l’expulsion l’ont fait choisir la césarienne.

Pour le second, elle a cheminé. C’est avec confiance qu’elle débute un travail souhaité sans péridurale. Mais le manque de sommeil et l’angoisse de ce qui va advenir la font changer d’avis quand arrive la phase de désespérance si bien nommée.

Le protocole de la maternité fixe une limite stricte pour le recours à l’analgésie ; elle n’est possible que jusqu’à une dilatation de huit centimètres.
Maintenant qu’elle a opté pour une péridurale, elle se tracasse d’avoir atteint la frontière. La sage-femme comprend à demi-mot et « omet » de vérifier la dilatation*. 

L’anesthésiste peine à trouver un espace entre deux contractions. Il s’interrompt régulièrement pour laisser passer les vagues successives et interroge :
Mais on est à quelle dilatation là ?
Cinq centimètres répond la sage-femme.

Ce n’est pas tout à fait un mensonge, c’est la dernière dilatation qu’elle a constaté… deux heures plus tôt.

L’anesthésiste n’est pas dupe :
– C’est bizarre, les contractions sont quand même très intenses et très proches …

La sage-femme bredouille vaguement.
L’anesthésiste n’insiste pas.
Fausse distraction de l’une, feinte crédulité de l’autre… la péri est posée.

La sage-femme propose de faire le point :
Vous êtes à huit centimètres !

Lui reste deux petits centimètres pour dépasser sa peur panique de l’expulsion
Sentir le besoin de se mettre à genou

Et faire naître avec bonheur ce bébé plus que costaud.

 

 

*Contrairement aux habitudes françaises, cette maternité d’Outre-Rhin ne prévoit pas un examen toutes les heures

 

 

 

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Désorienté

Publié par 10lunes le 20 décembre 2015 dans Après, Vie des femmes

 

004Ils n’ont pas choisi la maternité la plus proche. L’équipe qui accueillera leur enfant saura se montrer plus qu’attentive à leurs attentes. Le prix à payer pour cet accompagnement est de faire une bonne demi-heure de voiture.

Le trajet se passe bien. Soucieuse de ne rien perturber du travail de son corps, elle s’est isolée dans sa bulle, s’en remettant à son compagnon pour la conduire à bon port. Les yeux fermés, elle est centrée sur elle-même et rien ne vient la déranger.

Tout se passe comme prévu, le départ comme l’arrivée sont sereins, l’accueil chaleureux et la naissance facile. 
Aucune fausse note dit-elle le lendemain quand ils se refont le film de la naissance, pour mieux en graver chaque instant dans leur mémoire.

Elle surprend le regard un instant confus de son compagnon.
– Hier, sur la route, tu n’as pas remarqué…?

Non elle n’a rien remarqué ; pas de coup de frein brusque, pas de virage violent, une conduite efficace et douce.
– Oui… mais je me suis trompé de chemin.

Elle sourit, quel que soit le détour, elle n’y aurait pas prêté attention.

Et je ne résiste pas à copier ici sa phrase de conclusion
« Notre chemin était parfait. Juste parfait »

 

 

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