Autonome ;)

Publié par 10lunes le 13 août 2019 dans Vie des femmes

 

 

Tiens si j’écrivais quelque chose…
De temps à autre, l’envie vient, une jolie histoire, une belle rencontre, ou à l’inverse le récit d’une maltraitance trop ordinaire, une colère qui remonte, une énième attaque…
Mais les mots s’évanouissent devant une fleur en train de s’ouvrir, le plaisir des pages d’un.e autre ou le fumet d’un festin à venir.
Dilettante je suis.

Une date tourne pourtant ces derniers jours : août 2009. Oui, ce blog a dix ans et ce billet sera le 623 e ! – en bonne dilettante, j’ai raté la date anniversaire… c’était hier ! – je me fais donc un petit cadeau en retrouvant le plaisir du récit.

 

La sage-femme a raccompagné sa dernière patiente de la matinée. Il lui reste bien moins que l’heure prévue pour sa pause de midi. Pause n’est pas tout à fait le mot juste ; elle devrait sur ce temps ouvrir le courrier, passer quelques coups de fils et serait heureuse de finaliser les deux compte-rendus de suivi qui attendent d’être adressés à  la maternité.
Mais le plus urgent est de grignoter rapidement la salade industrielle achetée en revenant d’une visite à domicile.
Elle bataille avec l’opercule de plastique quand le téléphone sonne.

– « Cabinet de sage-femme, bonjour
– Bonjour, c’est Mme A, vous m’avez posé un stérilet il y a 8 mois et j’ai un petit souci.
– Qu’est ce qui se passe ?
– Vous m’aviez demandé de vérifier mes fils après les règles. Je le fais chaque mois sans difficulté mais cette fois-ci, j’ai beau chercher, je ne les sens pas. Je me demande si le stérilet ne s’est pas déplacé et…
– Vous souhaitez que l’on vérifie ensemble ?
– Oui j’aimerais bien parce que ça commence à m’inquiéter.
– Je peux vous voir vers 16h 30.
– Ah non, c’est l’heure où je vais chercher mes enfants à l’école
– Alors jeudi prochain en fin de matinée ?
– J’aurais bien aimé vous voir plus vite
– Bon, je vais essayer de vous trouver un petit créneau dit la sage-femme en faisant défiler les plages de son agenda en ligne.

Mais une exclamation joyeuse l’interrompt :
– Attendez, attendez… Non c’est bon. Je les ai !! »

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Je ne sais pas si je parviendrai à renouer avec une écriture plus régulière.
Suis preneuse de vos avis, encouragements (éventuels !), critiques et récits (10lunes at gmail.com)

 

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Oups, la pilule

Publié par 10lunes le 6 avril 2018 dans Profession sage-femme, Vie des femmes

 

 

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a communiqué hier sur un «petit» bug des laboratoires Majorelle amenant à rappeler le lot N°1958550 de pilule Optimizette gé 75 μg.

Si vous utilisez cette contraception, il est simple de savoir si vous êtes concernée : la boite contient un blister de 21 comprimés au lieu des 28 habituels.

 

Je rédige ce bref billet pour trois raisons :

– apporter ma très modeste contribution à la nécessaire circulation de cette information

– m’étonner de la rédaction de l’alerte « La prise de ces comprimés ne présente pas de danger et aucun effet indésirable n’a été signalé jusqu’à présent …/… Le seul risque identifié pour les patientes est l’inefficacité contraceptive de la pilule ».
Ce qui laisse à penser qu’une grossesse non souhaitée ne serait pas un effet indésirable…

– m’irriter de la phrase répétée à deux reprises « La patiente doit se rapprocher au plus vite de son médecin pour évaluer le risque de grossesse ». C’est évidemment une recommandation nécessaire mais pourquoi omettre de citer les autres professionnels concernés ?
Les sages-femmes prescrivent également cette contraception
Les sages-femmes sont en capacité « d’évaluer un risque de grossesse »
Les sages-femmes peuvent prescrire le cas échéant les examens complémentaires nécessaires
Les sages-femmes peuvent orienter une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse et pour certaines d’entre elles prescrire et accompagner une IVG médicamenteuse.

Omission corrigée.

 

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Référentiel ;)

Publié par 10lunes le 24 décembre 2017 dans Vie des femmes

 

Elle fait le choix  – ambitieux dit-elle car elle se qualifie d’hypocondriaque – de faire suivre sa grossesse par une sage-femme. Mais de petits soucis de santé viennent contrecarrer cette décision. L’expertise d’une gynécologue-obstétricienne est devenue nécessaire.

Le premier rendez-vous la rassure, le changement d’opérateur sera serein. La praticienne est douce, son cabinet accueillant, ses gestes posés, ses explications audibles. Et détail d’importance, son accord est sollicité avant l’examen.

Ce qu’elle résume ainsi à son conjoint « Elle est super cette gynéco, pour te dire, on dirait une sage-femme ! »

 

Joyeux Noel à toutes et tous  !

 

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Mictions impossibles (21 01 2011)

Publié par 10lunes le 22 décembre 2017 dans Vie des femmes

 

Massive, le cheveu dru et blanc, l’œil vif, la voix forte, elle ne passe pas inaperçue.
Elle vient pour traiter une situation invalidante, des besoins irrépressibles et très fréquents d’uriner qui la clouent chez elle. Elle fuit le marché qu’elle aimait tant, ne fait plus ses courses que dans une grande surface proche de son domicile disposant de toilettes facilement accessibles, a renoncé aux sorties organisées par le club des anciens, n’ose plus répondre aux invitations de ses amis.
75 ans, veuve, elle reste malgré son âge alerte et tonique ; mais sa vessie la condamne progressivement à la solitude.

Elle reprend espoir lorsque, osant enfin en parler à son médecin, il lui prescrit des séances de rééducation. Elle arrive chez nous bien décidée à corriger cette vessie devenue incontrôlable.

Nous travaillons donc, avec assiduité, motivation. Elle se plie sans protester à mes « exigences », répète les exercices quotidiennement, consigne avec précision ses ressentis, la fréquence de ses passages aux toilettes, note les petits progrès.
Au fil des semaines, elle reprend le contrôle de sa vessie, retrouve confiance, s’autorise une sortie au restaurant avec le club, puis s’aventure à une excursion en car. Libérée de ses anciennes contraintes, elle retrouve amis et joie de vivre.
Nous pouvons nous quitter.

Quelques mois plus tard, je la croise dans un des rayons de la supérette voisine. Quelques clients y font leurs courses, leur panier à la main. La musique de fond est discrète, l’ambiance aseptisée.
A quelques mètres l’une de l’autre, nos regards se croisent. Je n’ai pas le temps de m’approcher pour la saluer. Rompant le silence quasi monacal du temple consumériste, elle s’écrie avec force « Oh ! Lola ! Ça me fait plaisir de vous voir, JE PENSE A VOUS TOUS LES JOURS QUAND JE FAIS PIPI ! »

Je prends de ses bonnes nouvelles puis me sauve sans oser lever les yeux sur les clients qui nous entourent.
Mais je m’amuse encore à l’idée ce qu’ils ont pu penser…

 

PS : Pardon pour le titre calamiteux. J’ai pas pu résister 😉

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Autonome

Publié par 10lunes le 17 décembre 2017 dans Vie des femmes

 

Elle est allongée sur le lit d’examen, jambes fléchies, un pan de tissu couvrant son bassin. Son bras soutient sa petite fille qui tète le sein avec bonheur.
Elle est sereine ; de l’autre coté d’elle, c’est sa sage-femme de confiance qui officie.
Car elle est là pour une pose de DIU.
Qui ne se passe pas tout à fait comme prévu, du moins coté sage-femme. Cela fait plusieurs minutes qu’elle s’évertue à poser ce petit Y de cuivre et de plastique au creux de son utérus. Et elle a bien du mal. Elle s’excuse régulièrement de sa lenteur, se réjouit à haute voix que ça arrive avec elle si détendue et pas avec la dame plus que stressée du matin pour qui la pose s’est passée rapidement, la félicite de sa patience, s’excuse encore.
Elle, ça l’a fait plutôt sourire. Les essais de la praticiennes sont indolores et elle aurait presque envie de plaisanter sur ses excuses multirépétées.

Tentant une nouvelle stratégie, la sage-femme lui demande de l’aider en tenant le spéculum.
Et je la cite car je ne saurais mieux dire : « Et donc un bébé dans une main, un spéculum dans l’autre, ce jour là j’ai pris ma santé en main de façon tout à fait littérale ».

 

Epiloque : l’histoire a 3 ans, le DIU est bien en place et sa confiance toujours entièrement acquise à sa sage-femme.

 

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Rendez-vous

Publié par 10lunes le 16 décembre 2017 dans Vie des femmes

 

Aujourd’hui, ce ne sera pas une histoire d’Avent, juste une histoire de  circonstance.

La semaine dernière, je n’ai pas pu travailler, ce qui ne m’arrive, disons … jamais. Chaque année, il y a bien une petite maladie hivernale qui me cloue au lit mais toujours harmonieusement… un week-end ; de gentils virus restant en embuscade jusqu’à ce que je les autorise à se déployer. Le lundi suivant, j’ai toujours l’impression que je n’y arriverai pas et puis une heure avant le premier rendez-vous, me voilà suffisamment d’aplomb pour assurer la journée et retourner mourir un peu juste après.

Une sorte de rituel annuel que je ne dois pas être la seule à connaitre.

Mais les virus viennent de déroger à la règle établie. Ils m’ont clouée sur place plusieurs jours, m’imposant de ne pas sortir de mon lit, et même, signe particulier de « gravité » quand on me connait, de ne rien manger.

Tout ayant une fin, entre une tisane au miel et un bain chaud, j’ai une pensée émue pour ma collègue qui a assuré le remplacement au pied levé. Il faudra aussi remercier les femmes et les couples qui ont accepté ce changement de dernière minute avec le sourire. Un peu déphasée, je recalcule les dates concernées.

Des larmes.

La premier jour, c’était la date de son anniversaire, le premier que je ne pourrai pas lui souhaiter.
J’avais pensé à Noel sans elle, à mon anniversaire sans elle, pas au sien.

Mon inconscient déchaîné a bien fait les choses.
J’ai travaillé le jour de sa mort. Je venais de déplacer tous mes rendez-vous du lendemain pour traverser la France et aller la voir lors d’une hospitalisation « un peu » inquiétante… sans plus.
A 12 h elle allait mieux.
A 12 h 30 elle n’était plus.

L’après midi, j’étais au cabinet. Certains rendez-vous déplacés étaient refixés tard le jour même, je n’ai pas osé, pas voulu les déplacer encore.

Alors ce jour de travail manqué, le premier depuis tellement d’années, je le lui devais bien.

 

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Heureux métier (07 12 2009)

Publié par 10lunes le 7 décembre 2017 dans Profession sage-femme, Vie des femmes

 

Une collègue de PMI*, au bord de la retraite.

Une jeune femme avenante nous apporte le menu dans le restaurant où nous faisons étape.

Leurs regards se croisent et deux grands sourires illuminent leurs visages. Quelques nouvelles du petit – « déjà trois ans ! » – sont échangées.
Dans la brève conversation arrachée au temps de la commande émergent quelques bribes d’une histoire mêlant grossesse, jeunesse, précarité et isolement.
J’entends le soutien de cette sage-femme, aidant cette jeune mère à trouver l’énergie de sortir d’une impasse annoncée, sans qualification professionnelle, seule avec un enfant .

C’est le coup de chaud dans la salle et la jeune serveuse doit reprendre son service au pas de course. Mais avant, spontanément, elle claque deux gros baisers sur les joues de « sa » sage-femme.

Qui se retourne vers moi en disant « savoir d’où elle vient et la voir comme ça maintenant, je re-signe tout de suite ! »

Protection maternelle et infantile 

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Intim-e-r

Publié par 10lunes le 25 novembre 2017 dans Après, Blessures, Petites phrases, Pffffff, Vie des femmes

 


 

En cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, laissez-moi vous conter une brève histoire.

 

 

Son accouchement a été long, difficile, douloureux, laborieux… et s’est terminé par un forceps et une épisiotomie*.

Deux mois plus tard, elle retrouve le gynécologue qui l’a « accouchée » lors de la consultation postnatale.

« – Alors comment allez-vous ? commence t-il jovialement, peu attentif à sa démarche lente et à ses traits tirés

Pas très bien docteur. J’ai eu très mal dans les semaines suivant l’accouchement. Je ne pouvais même pas m’asseoir. Ca va un peu mieux maintenant, mais la cicatrice reste vraiment douloureuse.

Et la sexualité, ça se passe comment ? dit le médecin, visiblement peu impressionné par le témoignage de la patiente.

Mais docteur, je viens de vous dire, l’épisiotomie me fait encore mal alors je ne vois vraiment pas comment je pourrais penser à …

Mais, la coupe t-il sèchement, il faut que vous y pensiez ! Sinon, il ne faudra pas vous étonner que votre mari aille voir ailleurs… »

 

* L’histoire m’a été racontée et je ne sais rien du dossier médical, des circonstances de l’accouchement et de ce qui a motivé ces gestes. Je ne souhaite évoquer ici que le déroulement atterrant de cette « consultation ».

 

 

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Questionnée

Publié par 10lunes le 21 décembre 2016 dans Vie des femmes

 

c-21Des gynécologues, elle en a rencontrés, plusieurs. Pourtant, elle ne demande rien d’extraordinaire, juste un praticien soucieux de prendre soin d’elle plutôt que de traiter son endométriose.
Vous me direz : c’est pareil.
Pas tout à fait.
En témoigne cette autre femme me racontant une consultation mal vécue « Faudrait qu’il réalise, y a quelqu’un autour ! » en désignant son ventre.

Ce jour-là elle a su avoir trouvé celui qui méritait sa confiance.
Parce qu’il lui a posé une question, en précisant qu’elle était libre d’y répondre ou pas, et aussi d’y revenir une autre fois.

Elle a pensé alors que celui-là ne s’étonnerait pas de sa crainte de l’examen, d’une émotion la submergeant, d’une réaction un peu vive ; qu’il ne lui reprocherait pas d’être trop tendue, ou trop inquiète, ou encore trop douillette.
Elle s’est dit avoir trouvé celui à qui elle ferait une réelle confiance.

Et elle a su tout cela quand il a demandé : « Avez-vous déjà subi des violences sexuelles ? »

 

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Coloré

Publié par 10lunes le 20 décembre 2016 dans Vie des femmes

 

c-20

Elle traverse la pièce, repart dans l’autre sens, s’assied un instant, s’accroupit, se relève.
– « C’est un peu inconfortable là.

L’autre femme sourit :
Voulez-vous remettre le premier pour être sure ?
Oui, vous avez raison, je vais le réessayer.

Quelques contorsions plus tard, elle reprend ses allées et venues
Finalement je crois que le vert me va mieux que le jaune » annonce-t-elle…

… à la sage-femme !

Car ce qu’elle est en train de tester, ce sont les anneaux de plastique qui permettent de choisir la bonne taille d’un diaphragme.

 

NB : si l’on en croit l’indice de Pearl (6 en usage optimal, 16 en réalité) le diaphragme est plus un moyen de régulation des naissances qu’une contraception.

 

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