Impair et manque

Publié par 10lunes le 13 août 2012 dans Non catégorisé

 

 

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Elle est seule quand je viens la chercher en salle d’attente. Un signe de la main pour me demander de patienter : un rapide coup de portable pour appeler son homme resté à fumer sur le parking.

Elle l’accueille d’un regard noir.

La consultation débute par quelques questions rituelles, «Comment allez-vous ? Que s’est-il passé depuis notre dernière rencontre ?» Elle répond brièvement, le visage fermé. Lui, silencieux, se tasse un peu plus sur son fauteuil  à chacune de ses réponses laconiques.

Puis elle annonce avec force, «J’ai arrêté, je ne fume plus».
Au tout début de sa grossesse, elle avait fait l’effort de diminuer drastiquement sa consommation de tabac, passant de plus d’un paquet par jour à une cigarette après chaque repas.

Ravie de trouver un point d’entrée positif, je la félicite et lui demande depuis quand elle a cessé toute consommation.

«Depuis ce matin ! Puis elle ajoute, accompagnant les mots d’un regard encore plus noir vers  son compagnon, c’est lui qui m’oblige».

Aie ! Mes compliments apparaissent un peu prématurés et mon point d’entrée pas si positif. Changement de tactique, je me tourne vers le père

«- C’est vrai, c’est vous qui lui demandez ?
– Oui, c’est pas bien pour le bébé.
J’en conviens tout en soulignant le très grand effort de sa compagne pendant ce premier trimestre de grossesse.
– Mais vous Monsieur, vous fumez ?
– Oui, pas beaucoup, moi je ne suis pas dépendant ! assure t-il fièrement. Je ne fume que deux ou trois cigarettes chaque jour.
– Si vous n’êtes pas dépendant, vous pourriez facilement arrêter ? Ce serait un soutien pour elle.
– Je pourrais oui, mais elle ne me l’a pas demandé
Regard noir corbeau.
– Si je te l’ai demandé !
– Ah bon ? mimant maladroitement l’innocence…
– Tu sais bien que oui ! »

Le silence se réinstalle.

L’accroche tabac ne semble qu’un prétexte ; ces deux là ont autre chose à régler mais quand je tente quelques perches, elle se bute. Visiblement, ce n’est pas mon rôle. Je suis là pour prendre sa tension, lui faire écouter le cœur de son bébé, prescrire les examens nécessaires mais surement pas pour évoquer ses démêlés conjugaux.

Je monologue brièvement, souhaitant leur proposer quelques pistes ; l’illusion de la similitude mise à mal par la grossesse qui vient si fort marquer féminin et masculin, l’équilibre à retrouver dans le couple quand tous ses repères sont chamboulés, l’intérêt de chercher à comprendre ce que l’autre ressent et de traduire son propre ressenti sans porter d’accusation. 

Je reviens à la consultation, termine sur quelques mots badins, parviens à les faire sourire…

Enfin, leurs regards se croisent.
Sont-ils repartis un tout petit peu plus légers ?

 

PS : ce blog a eu 3 ans hier. Il ne s’essouffle pas  – encore – vraiment mais je constate qu’il change peu à peu de forme ;  moins de récits, plus d’interventions « militantes »…  Vos remarques et attentes sont les bienvenues.

 

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Bluffant…

Publié par 10lunes le 31 juillet 2012 dans Non catégorisé

 

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De violents maux de ventres pendant son séjour en maternité n’inquiètent pas l’équipe. Il faut dire que c’est son troisième enfant et que les tranchées peuvent être sévères. Elle rentre chez elle.

Douleurs intenses, fatigue intense, elle cesse d’allaiter son bébé.

Les jours passent mais les « tranchées » ne cèdent pas. Elle consulte son médecin traitant qui – lui – prend en compte les signes qu’elle décrit. Il la réadresse en urgence à la maternité. L’échographie révèle une rétention placentaire qui nécessitera un curetage quelques jours plus tard.

Après chaque accouchement, le placenta est vérifié avec attention afin de s’assurer qu’aucun cotylédon ne manque à l’appel. Parfois, le diagnostic de rétention partielle n’est pas si aisé. Et qui peut affirmer ne jamais avoir réalisé cet examen un peu rapidement, parce que les naissances se bousculent et qu’il faut parer au plus pressé

Interrogée sur les possibles recours juridiques, j’ai répondu que je n’avais aucune légitimité à donner un avis sur un dossier que je ne connaissais pas.
Mais je soulignais que la judiciarisation de la médecine amenait les équipes à se draper dans des protocoles toujours plus rigides où les soignés n’ont plus leur mot à dire. Au lieu d’une démarche procédurière, j’ai prôné le dialogue.

En effet, le plus réparateur pour cette jeune mère n’était-il pas un débat honnête avec l’équipe ? Se donner le temps nécessaire pour que chacun expose sa version des faits, pour que l’une témoigne de son vécu et que les autres expliquent et s’excusent.
Plutôt que de la procédure, remettre de l’humanité dans une relation qui en avait un temps manqué.

J’évoquais tout cela dans une réponse prudente…

Mais pourquoi s’étonner que porter plainte soit la première option envisagée ? 
Cette jeune femme, outre sa douleur, sa fatigue, l’échec de son allaitement et l’anesthésie générale nécessitée par le curetage est maintenant humiliée.
Humiliée que l’obstétricien la pense assez stupide pour gober ce qu’il a affirmé sans vergogne – et à deux reprises, ce qui ne permet pas de douter du sens de ses propos : « Oui madame, des morceaux de placenta qui restent dans l’utérus après l’accouchement, c’est NORMAL ».

 

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Money

Publié par 10lunes le 23 juin 2012 dans Non catégorisé

 

6012147519_d43bdd5ea5_bIl y a quelques mois, je découvrais avec indifférence le concept de « babyplanners ». Puis un nouvel article est venu piquer ma curiosité. Une visite s’imposait…

Ici, la liste des prestations « offertes » débute par de très banales séances photos. Viennent ensuite massage de la mère – non médical est-il souligné –  et massage du bébé par une « formatrice diplômée ».

Sourions devant « l’architecte d’intérieur » en pensant à tous ces couples qui concoctent avec amour un nid douillet pour leur enfant en délaissant le neuf et le clinquant. Avant, les parents faisaient fièrement visiter une chambre fleurant bon les solvants et vernis industriels, maintenant, ils achètent des meubles sur le « Bon coin », les repeignent à la peinture bio et bricolent un tapis d’éveil en patchwork maison… Que viendrait faire dans cette intimité chaleureuse une pensée extérieure, même si elle optimise les centimètres carrés et assortit parfaitement les couleurs du rideau à celles du tapis de jeu ?

De la même manière les faire-part conçus avec amour sur le PC familial, illustrés, bande-dessinés, découpés ou coloriés par les ainés ont plus de charme que la mise en page impeccable d’un professionnel habilité à choisir les couleurs layettes de circonstance.

On enchaine avec le shoping personnalisé… Les parents seraient décidément de ravissants idiots incapables de choisir ce qui conviendra à leur bébé ?

Vient la rubrique événementielle avec « la baby shower », mode venue des Etats-Unis toujours prompts à inventer de nouveaux rites propres à faire dépenser quelques sous. La salutaire soirée entre copines où l’on se défoule en se racontant bonheurs et « horreurs » plus ou moins tues de la maternité n’a pourtant besoin de personne pour s’organiser. Faut juste de bonnes, de vraies amies et ça, ça ne se vend pas…  

De même, que vient faire un professionnel dans la conception d’un anniversaire alors que le net nous dévoile tous les jours de superbes productions faites maison, avec dedans toute la tendresse d’un parent créant le bateau en chocolat ou la maison des bonbons qui marquera dignement l’événement.

La liste de naissance est une proposition plus clas sique – et superflue – mais le détail qui tue, c’est le « personal shopper », en anglais évidemment ; acheteur, ça ferait moins chic…

Voilà donc une série de prestations plus ou moins inutiles et prétentieuses venant priver les couples d’activités les aidant à imaginer et concrétiser leur parentalité prochaine.
Tout cela ne valait surement pas un billet d’humeur.

Mais dans la longue liste de propositions, certaines apparaissent plus utiles ; j’ai nommé les « consultations thématiques à domicile ou en groupe ». Au programme : alimentation, soins, sommeil du nouveau-né, retour au domicile, nouveaux repères, paternité.
Tous sujets éminemment intéressants… et abordés en préparation à la naissance ! Préparation qui traitera bien d’autres thèmes utiles aux futurs parents. Cout : de 15.90 à 39.75 € la séance (selon le type de séance et le nombre de participants) remboursés par la sécurité sociale dans la limite de 8 séances…

Parce que 100 € à domicile, 75 € en groupe… ça sent la chasse aux gogos en quête de branchitude.

Après, vous faites bien comme vous voulez hein…

 

PS : si vous avez un peu d’argent à placer dans un projet, allez vous balader sur ce lien qui propose de participer au financement d’un documentaire sur l’accouchement à domicile. La courte bande annonce donne envie d’en voir plus.

 

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Sans joker

Publié par 10lunes le 29 mai 2011 dans Non catégorisé

 

Au deuxième étage, la fenêtre de la salle de naissance s’ouvre sur un arbre majestueux qui offre son feuillage juste à hauteur des yeux. C’est une journée de printemps, soleil radieux, air doux.

Arrivée depuis quelques heures, elle préfère passer son travail dans le petit jardin qui ceint la maternité. Elle vit sereinement ses contractions, s’immobilise à chacune d’entre elle dans la position qui lui apparaît « confortable ». Son homme est un support très modulable, et si ce n’est lui, elle trouve à s’appuyer contre un mur, le banc du jardin, le tronc de l’arbre… Régulièrement, elle remonte pour faire le point. A chaque fois, elle choisit l’escalier plutôt que l’antique ascenseur. Les deux volées de marches ne l’impressionnent pas, elle y voit au contraire l’occasion de mobiliser son bassin pour aider son petit à progresser.

Cette fois ci encore, elle revient joyeuse, les joues rosies par l’air tiède et l’effort des deux étages à grimper. Elle dit son impatience de connaitre sa dilatation. Cet accouchement qu’elle appréhendait tant se passe au mieux. A sa dernière visite, elle était à 5 cm. Elle est maintenant à 8. Son travail avance bien et je m’empresse de le lui annoncer.

Dans l’instant, son attitude se modifie. Son visage blêmit et se ferme. La contraction suivante passe mal. Elle ne parvient plus à trouver de position, ses poing se crispent, son souffle se fait superficiel. Son homme et moi assistons impuissants à sa transformation. Elle se tord, se tend ; ce n’est plus la danse harmonieuse des débuts mais une lutte violente avec des sensations qu’elle ne tolère plus…
Elle reste sourde à nos paroles, repousse vivement la main qui cherche à l’apaiser, fuit nos regards.

Pensant que la dilatation a pu se compléter, que l’appui du bébé pourrait expliquer la puissance de ce qu’elle ressent, je lui propose de vérifier rapidement. Il n’en est rien. Elle est toujours à 8 cm et son col si souple il y a peu est en train de se cercler…

Je tente de comprendre ce qui l’a si brusquement déstabilisée ; une hypothèse se révélera juste. A l’époque, l’ultimatum est clairement annoncé, après 8 cm, on ne pose plus de péridurale (elle n’aurait d’effet qu’après la naissance et devient donc d’évidence inutile).
Elle vivait un travail paisible et harmonieux mais la sécurité du « joker » analgésique y contribuait. L’annonce du cap des 8 cm l’a privée instantanément de la confiance que ce joker lui procurait.

Ce quelle vivait si bien une minute avant de « savoir », elle peut le vivre tout aussi bien maintenant… Une fois cela mis en mot, il lui faudra peu de temps pour retrouver sa sérénité.

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Toute puissance

Publié par 10lunes le 10 mars 2011 dans Non catégorisé

Des examens de biologie médicale et d’imagerie permettant d’évaluer le risque que l’embryon ou le fœtus présente une affection susceptible de modifier le déroulement ou le suivi de la grossesse sont proposés, lorsque les conditions médicales le nécessitent, à toute femme enceinte au cours d’une consultation médicale.

Cet alinéa II de l’article 9 de la loi de bioéthique* met, à juste titre, une bonne partie du monde médical en ébullition ; l’ajout de quelques mots vient très fortement peser sur son sens.

Quelques mots laissant à penser que le praticien pourrait décider seul…

Toute puissance totalement décalée à l’heure du consentement éclairé où chaque acte se doit d’être expliqué et argumenté en présentant bénéfices escomptés et complications potentielles afin que le « patient » puisse se déterminer en connaissance de cause.

Toute puissance simplement aberrante qui substituerait la volonté du praticien au choix parental.

Régulièrement, je rencontre des couples qui découvrent avec stupeur que le dépistage du risque de trisomie 21 n’était pas « obligatoire » ; d’autres, faute d’explications, ont fait cet examen sans en avoir compris les enjeux.

Voilà maintenant que certains voudraient se dédouaner de simplement le proposer.

Deux attitudes opposées, un seul travers, l’hégémonisme médical.

 

*projet de loi adopté par l’assemblée nationale et examiné ce mercredi par la commission des affaires sociales du Sénat donc non définitivement voté


Une sympathique mise en avant par canalblog et un nombre certains de nouveaux passants venus flâner sur quelques phrases ici déposées.
Merci de vos nombreux commentaires.
Merci pour vos mails osant livrer à l’inconnue vos blessures et fêlures.
La conviction qu’écrire ici n’est pas un plaisir tout à fait inutile.


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In Memoriam

Publié par 10lunes le 30 juillet 2010 dans Non catégorisé

Il est des lieux d’exception de l’obstétrique française, quelques maternités en rébellion avec les prises en charge déshumanisées dont les noms ont bercé mes débuts.
Les Bluets sont de ceux-là.
Maternité pionnière inaugurant en 1952 les premières préparations psychoprophylactiques à l’accouchement importées d’URSS par le Dr Lamaze, avec l’adhésion enthousiaste de l’ensemble de l’équipe.
Maternité qui a eu le mérite de placer les professionnels au service des femmes et des couples, offrant aux mères des armes pour lutter contre la douleur et s’approprier le temps de la naissance.
« A la maternité des Bluets, l’important n’était pas seulement d’indoloriser les couches; ce qui s’y jouait aussi, c’était la transformation des relations humaines entre les soignants d’abord, et plus encore entre le soignant et sa patiente. » *

60 années de combats pour la cause des femmes…

Ils ont lutté pour continuer d’exister, accepté de quitter leurs murs chargés d’histoire pour des bâtiments neufs répondant aux normes mais dépourvus d’âme. Ils ont consenti à augmenter le nombre d’accouchements au détriment de la qualité de leur accompagnement afin de répondre aux critères de rentabilité imposés.
Ils ont continué à défendre l’obstétrique à laquelle ils croyaient en étant la première maternité à concevoir des locaux dédiés à une maison de naissance ; pionniers encore une fois.
Le CALM s’est ouvert dans cet espace et si tout n’est pas idéal, c’est cependant le premier projet qui parvient à fonctionner presque comme une maison de naissance…

Mais les Bluets sont menacés et à travers eux, toute une génération de sages-femmes et d’obstétriciens qui ont cru que respecter les femmes était une juste cause qui méritait que l’état y investisse quelque argent…

La rentabilité immédiate est exigée et tant pis si la maltraitance des femmes et des familles amène à terme des dépenses plus importantes.
Préférons tenter de guérir demain plutôt que prévenir aujourd’hui.

Le menace sur les Métallurgistes  – autre nom des Bluets, l’établissement a été ouvert après le front populaire par le syndicat des métaux de la Seine – symbolise si bien notre folle époque où les valeurs de solidarité, d’humanité, de respect, n‘ont plus de place.

Fermons les Bluets. La société de demain sera celle du chacun pour soi, celle de la médecine des riches, celle où les puissants peuvent tout et les faibles sont soumis.

Tous les lieux mythiques qui ont bercés mes débuts enthousiastes de sage-femme ont disparu, ou perdu leur âme ou, au mieux (!), sont en train de la perdre car ils n’ont plus les moyens d’exercer comme ils le devraient.

Donner le pouvoir aux femmes est une utopie insupportable.
Aux ordres, de l’ordre…

* « L’accouchement sans douleur, Histoire d’une révolution oubliée », M.Caron-Leulliez, J.George, ed de l’Atelier

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Flash back

Publié par 10lunes le 13 mai 2010 dans Non catégorisé

Elle vient d’accoucher sur le parking de la maternité, seule avec son homme, dans leur fourgonnette bariolée et bringuebalante. A peine garée, une envie de poussée irrépressible, vague déferlante, l’a submergée. Pas le temps de sortir ni de traverser les quelques mètres la séparant de la porte des urgences. Son fils est né sur la banquette de skaï. Joyeusement.

Elle affirme sa surprise, étant partie dès les premières contractions. Pourtant…

Remontons le fil de l’histoire : deux années plus tôt, elle est accueillie dans cette même maternité pour mettre au monde son premier enfant.

Elle, écolo passionnée, révoltée, naviguant hors de tous les circuits de consommation, « jusqu’au boutiste », ne trahissant jamais ses convictions ; personnalité attachante, entière et déterminée.
La sage-femme, charmante bourgeoise, très maquillée, trop parfumée, parée de colliers, boucles d’oreilles, broche et autres accessoires scintillants, réellement soucieuse du bien être des femmes mais à mille lieux des choix de vie de cette mère.

Ces deux là ne vivent pas dans le même monde.

La dilatation est rapide – trop – brutale, violente.
Et l’incompréhension mutuelle.

L’une se sent délaissée. Elle déplore un accompagnement réduit à de simples suggestions techniques, bain, postures, massages… La présence de la sage-femme ne lui est d’aucune aide, ses réassurances n’ont aucun écho. A ses plaintes répétées, la proposition finale de péridurale, aux antipodes de ce qu’elle avait projeté, finit de la convaincre de l’indifférence de la professionnelle.
L’autre se sent niée ; aucun des soutiens proposés ne semble trouver grâce et son offre d’analgésie est balayée avec fureur alors qu’elle ne souhaite qu’aider cette femme à traverser la tempête.

L’enfant nait, lors d’une expulsion vécue tout aussi violemment, dans une infinie solitude pour l’une et un profond sentiment d’impuissance pour l’autre.

La mère en garde une sourde colère, jamais exprimée. A nouveau enceinte, l’inéluctabilité du dénouement réactive son contentieux avec les
sages-femmes. Elle se prépare donc au combat, se barricade dans un projet d’accouchement pointilleux, briefe abondamment son homme, résolue à ne compter que sur leurs seules forces conjuguées.

C’est pourquoi cette naissance aux portes de la maternité apparait providentielle. Elle a accouché seule, réglant ainsi ses comptes avec les sages-femmes en se prouvant l’inutilité de leur présence … mais à proximité du lieu où elle savait pouvoir trouver de l’aide en cas de besoin.

Compromis jubilatoire.

Contentieux c lassé.

PS : de temps à autre, le logiciel fait acte d’autorité et avale tout ou partie d’un mot (cela est bien lié au mot, pas à sa police ou à sa place dans le texte). Parfois soumise au pouvoir informatique, je modifie mon texte. Parfois rebelle, je m’obstine et ne peux faire apparaitre le mot à l’écran qu’en y ajoutant une césure… ce long commentaire pour expliquer que oui, c-lassé s’écrit en un seul mot … sauf sur 10 lunes !!!

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Incantatoire

Publié par 10lunes le 19 janvier 2010 dans Non catégorisé

Peu de temps pour écrire, et pourquoi s’échiner sur un billet mal fagoté alors que certaines expriment si justement ce qui nourrit ma colère.
Hymne magnifique au genre féminin.

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Mal-assitance

Publié par 10lunes le 25 septembre 2009 dans Non catégorisé

Courriels professionnels, télétransmission, le net fait partie du quotidien du cabinet mais une panne récurrente empêche régulièrement la connexion. Souvent, débrancher et rebrancher le modem résout le problème.
Souvent mais pas toujours.

Cette fois là, c’est pas. Je branche et débranche, patiente, retente entre deux rendez-vous, laisse passer 24 heures au cas où… et me décide à joindre le service technique.
Mon interlocuteur me fait répéter la manip déjà tentée x fois, me laisse patienter de longues minutes au téléphone sous prétexte de test de ligne puis m’affirme que tout devrait rentrer dans l’ordre dans les 12 heures.
« Et si ça ne marche pas ? »
« Je vous rappelle »
« Sans faute ? »
« Sans faute ! »

Le lendemain, ça ne marche toujours pas et  – évidemment ? – aucun coup de fil. C’est donc moi qui rappelle le mal nommé service assistance.
Hélas, mon second correspondant a décidé de faire payer son mal-être aux appelants.

Première étape : me transformer en marionnette décervelée. Il me demande à nouveau de brancher /débr… je le coupe, «c’est déjà fait». Aucune importance, il faut le refaire. Je dois ensuite m’assurer que les fils sont bien raccordés.
«Je n’ai touché à rien»
«Vous pouvez avoir tiré les fils en passant le balai»

Aucun risque vu la disposition du bureau mais il n’en démord pas, un coup de balai  malencontreux est vite arrivé. En salle d’attente, un couple patiente.  Pour abréger la discussion,  mieux vaut obtempérer et, comme prévu, tout est correctement branché.

L’étape suivante débute : « Ne vous énervez pas !»
Je ne suis pas énervée (pas encore) juste pressée… mais rien de plus crispant que ces quatre mots qui ponctuent toutes ses phrases au cours d’incompréhensibles vérifications qui accroissent mon retard.

Puisque rien ne marche, il va m’envoyer un dépanneur mais me met en garde, je devrai certainement payer l’intervention. Je m’en étonne. Mauvaise pioche, je gagne une longue digression sur les problèmes techniques illustrée de moult exemples de pannes électroménagères.
« Et si c’était la ligne ? »
« Non elle a déjà été testée »

Je tente de me montrer conciliante «c’est ce qui nécessitait un délai de 12 heures ?»
«Je vais être franc avec vous, cette histoire de 12 h n’a aucun sens »
Restons zen…

La dernière étape confine au sublime. Le fameux technicien passera sans rendez-vous.
«C’est un cabinet de sage-femme. Nous sommes parfois en visite, parfois appelées en urgence… je ne peux rien garantir»
«Alors prenez rendez-vous mais il passera moins rapidement »

Tout cela s’éternise et je suis sacrément en retard, il faut en finir. Je demande donc un rendez-vous mais il ne me propose que des dates éloignées. J’ose souligner que je paye un abonnement professionnel pour être rapidement « secourue »..
Il soupire « alors, ne prenez pas rendez-vous, de toute façon le dépanneur vous appellera avant de passer»
Je demande à combiner les deux options, passage volant hasardeux et rendez-vous garanti au cas où…
Refus sans appel  « Non! C’est l’un ou l’autre »

Avec plus d’une demi heure de retard pour mes consultations, des explications fumeuses et un ultimatum en guise de conclusion, je ne peux m’empêcher de commenter «j’espère que le jour ou vous aurez besoin d’une sage-femme, elle se montrera plus conciliante que vous»
Et lui de rétorquer  «vous n’êtes pas digne d’être un professionnel de santé !»

Le comble est que cela m’a blessée…

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