Bouclées

Publié par 10lunes le 22 décembre 2016 dans Naissance

 

c-22

Après plusieurs fausses alertes, elle le sait, le sent, son utérus travaille cette fois-ci de façon efficace.
Quelques heures plus tard, en route pour la maternité, les contractions réveillent ses doutes en s’espaçant.

Pourtant, la sage-femme qui les accueille ne doute pas et –  après avoir vérifié si l’examen était souhaité – annonce une dilatation de 6 cm.

Elle plonge dans sa bulle, cette conscience à la fois aiguë et distanciée qui marque le travail de l’accouchement.
Au rythme des vagues successives, l’univers se recentre sur son ventre.

La sage-femme passe régulièrement s’assurer que tout va bien, restant discrète, attentive à ne pas la déranger.
Plus tard, elle propose de percer la poche des eaux nacrée venue bomber à l’entrée du vagin.
Juste après, sans effort perceptible, l’enfant naît.

Si la praticienne a semblé à son compagnon avare en mots et en gestes, elle lui sait gré de sa discrétion, de sa confiance.

Et, malgré le flou de l’environnement qui marque toute naissance, un détail lui reste très précis : les jolies boucles d’oreilles de sa sage-femme.

 

 

Mots-clés : , , , , , | 2 commentaires

Normale

Publié par 10lunes le 19 décembre 2016 dans Naissance

 

c-19

Son premier enfant est né par césarienne et si elle a accepté l’éventualité d’une nouvelle intervention, elle a aussi cherché à préparer au mieux une naissance par voie basse.

Seul hic, son utérus cicatriciel, statut maintes fois rappelé, statut entraînant même la programmation d’une autre césarienne.

La nature étant joueuse, l’accouchement se déclenche avec quinze bons jours d’avance, alors que rien ne laissait deviner l’imminence de la naissance.
La veille, son col était encore long et fermé.

Son enfant naît finalement par voie basse comme elle le désirait, même si l’accouchement est plus médicalisé  qu’elle ne l’envisageait.
Elle souhaite remercier la sage-femme, pour son accompagnement et sa confiance dans sa capacité à accoucher mais aussi pour un détail… essentiel à ses yeux.

Elle est la seule ce jour là, à l’inverse de la sage-femme qui l’a accueillie et de l’obstétricien venu pour l’accouchement, la seule donc à ne jamais évoquer son « utérus cicatriciel ».

 

Mots-clés : , , , , , | 3 commentaires

Résiste !

Publié par 10lunes le 15 décembre 2016 dans Naissance

 

7031525-matches-love-heart-wallpaper

Sage-femme, enceinte et insomniaque, elle consulte une hypnothérapeute.

Lors du premier rendez-vous, elles ont l’une et l’autre la certitude de s’être déjà rencontrées.
Mais où et quand…?

La sage-femme cherche toujours quand le visage de son interlocutrice s’éclaire : « Et si je vous disais : Il jouait du piano debout … ? »

Alors le souvenir revient, précis.
Elle est en salle de naissance, prenant en charge un accouchement trop vite venu, à sept mois et demi de grossesse.
Le médecin de garde demande une surveillance rapprochée, à l’inverse du projet d’accouchement naturel du couple. Perfusion, péridurale, enregistrement continu du rythme cardiaque fœtal… la sage-femme ne peut qu’obtempérer.
Elle tente de préserver au mieux les parents, reste présente, à l’écoute, diffuse leurs musiques préférées.

Au moment de la naissance, ce sont les paroles de Michel Berger qui résonnent dans la pièce.
L’obstétricien arrivé pour l’expulsion exige une position gynécologique, exige aussi que la musique cesse.
La sage-femme trouve que l’addition des renoncements imposés est bien lourde. Elle n’a pu s’opposer à la médicalisation de cette naissance, mais là elle peut agir.
Elle met la musique un peu plus fort.
La petite naît sur cette chanson.

Et le souvenir de cette précieuse complicité leur met les larmes aux yeux.

 

Mots-clés : , , | 3 commentaires

Présentes

Publié par 10lunes le 13 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur-7

Après un premier accouchement très envahi par la technique médicale, elle est certaine de vouloir vivre autre chose et se tourne vers une sage-femme proposant un accompagnement en plateau technique*.

Sa grossesse est sereine et la confiance installée avec la sage-femme.
Peut-être un peu moins avec la maternité…

Parce que le jour J, rien ne parviendra à l’alerter sur l’imminence de la naissance ; ni les contractions présentes depuis plusieurs heures, ni les vocalises qui s’imposent à elle, ni le besoin d’un bain chaud pour calmer la tempête, ni même l’envie de pousser qu’elle n’identifie clairement qu’au dernier moment. Prise d’un doute « soudain », elle pose sa main sur son sexe et sent un crane chevelu !

La sage-femme est en route, venant tranquillement faire le point avec une femme en début de travail qui blaguait au téléphone.
En route, ça veut dire pas encore arrivée.

Ce sont avec les mots de la sage-femme rencontrée pendant sa première grossesse qu’elle trouve sa position.
Avec les phrases d’un livre écrit par une autre qu’elle met sa fille au monde en confiance.
Et c’est la présence de la troisième arrivée juste après la naissance qui la rassurera sur leur toute nouvelle-née
(et épargnera la plancher de la chambre en l’encourageant à rester dans la salle de bain pour la délivrance !)

Ce sont mes trois fées dit-elle.

 

*Accouchement en maternité mais suivi par la sage-femme libérale

 

Mots-clés : , , , , , | 1 commentaire

Déçue ^^

Publié par 10lunes le 12 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur5

Son accouchement s’avère finalement nettement plus long et fatigant que ce qu’elle avait anticipé.

Elle en est maintenant à la dernière phase, celle mal nommée de l’expulsion, et là aussi, c’est long et fatigant.

La péridurale masque la majorité des sensations et elle doute de l’efficacité de ses efforts.
La sage-femme pense alors que découvrir l’avancée de son bébé dans un miroir pourrait l’encourager et guider sa poussée.

« – Est ce que vous voulez une petite glace pour vous aider ?
– Oh oui, un sorbet citron me ferait tellement de bien ! »

 

Mots-clés : , | 4 commentaires

Respectée

Publié par 10lunes le 9 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur

Elle s’apprête à mettre au monde son premier enfant et si elle ne sait pas trop ce qu’elle souhaite, elle sait très clairement ce qu’elle refuse. Elle ne veut ni péridurale, ni épisiotomie. Elle l’a précisé lors des consultations et l’annonce à la sage-femme dès son arrivée à la maternité.

Au final, elle aura les deux.
Sans regret.

A chaque étape, sage-femme, anesthésiste et obstétricienne se sont montrés à l’écoute. Chacune de ses demandes a été entendue, et tout a été mis en oeuvre pour y répondre. La sage-femme a su rester plus que discrète et respecter « sa bulle » quand tout se passait bien. Lorsque la dilatation s’est bloquée à 7 cm, plutôt que de basculer immédiatement vers une intervention médicale, elle a suggéré des postures différentes et fait preuve de patience.
Et quand il a fallu se résoudre à intervenir, chaque renoncement a été expliqué, argumenté et a obtenu son accord.

Personne n’a fermé le débat d’un « on connait notre boulot » sans appel.
Au contraire, tous se sont attachés à faire équipe avec elle, à conjuguer compétences maternelles et professionnelles.

Et si son fils n’est pas né comme elle l’imaginait, elle garde un merveilleux souvenir de son accouchement grâce au respect et à la bienveillance de ceux qui l’ont accompagnée.

 

NB : le début de l’histoire est 😉

 

Mots-clés : , , , , | 1 commentaire

Renommée

Publié par 10lunes le 4 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur-2-bis

Le travail a été long, très long, vraiment très long. Un jour et une nuit de contractions à la maison et encore nombre d’heures à la maternité.

Sans dormir ou si peu, sans manger, et presque sans boire.
Sa fatigue est à la mesure de l’attente.

Il est temps de pousser. Le père s’inquiète. Sa compagne aura-t-elle l’énergie de mettre leur enfant au monde ?
Elle y met toute sa force, il y met tout son soutien.
Aussi, quand leur petite fille se montre enfin, soulagé, il s’écrie : « VICTOIRE ! »

-« C’est un bien joli prénom commente la sage-femme.
Ah mais non ! Elle s’appelle Cassandre » répondent en chœur les deux parents.

Les premières secondes de Cassandre seront bercées par un fou-rire général.

 

Mots-clés : , , | 2 commentaires

Réconciliées

Publié par 10lunes le 3 décembre 2016 dans Naissance

 

coeur-3

En arrivant à la maternité, le visage de la sage-femme ne lui semble pas inconnu. Quelques minutes plus tard, le doute se confirme, c’est bien celle qui les a accompagnés pour leur premier enfant.

Mauvaise nouvelle, car ils ont le souvenir d’une praticienne directive et anxiogène.

Mais le temps est passé.
Précisément quatre années qui ont permis à la sage-femme de savoir s’appuyer sur les compétences des femmes dont elle prend soin, écouter leurs attentes, s’adapter à leurs besoins.
Elle est devenue mère aussi, et passer de l’autre coté du miroir a fait tomber quelques certitudes.

Elle, elle vient mettre son deuxième enfant au monde. Forte des souvenirs du premier, elle sait ce qu’elle souhaite. Surtout elle a gagné en confiance, bien décidée à suivre les signaux que son corps lui donnera.

Leurs retrouvailles ont une allure de trêve.
Et la paix sera scellée par deux moments clefs :
Celui où la sage-femme l’encourage à s’appuyer sur son ressenti.
Celui où la mère demande à la professionnelle de la guider.

 

Mots-clés : , , , , | 1 commentaire

Complices

Publié par 10lunes le 21 décembre 2015 dans Naissance

 

006 (3)

Pour son premier, la conjonction d’un bébé annoncé gros et sa peur panique de l’expulsion l’ont fait choisir la césarienne.

Pour le second, elle a cheminé. C’est avec confiance qu’elle débute un travail souhaité sans péridurale. Mais le manque de sommeil et l’angoisse de ce qui va advenir la font changer d’avis quand arrive la phase de désespérance si bien nommée.

Le protocole de la maternité fixe une limite stricte pour le recours à l’analgésie ; elle n’est possible que jusqu’à une dilatation de huit centimètres.
Maintenant qu’elle a opté pour une péridurale, elle se tracasse d’avoir atteint la frontière. La sage-femme comprend à demi-mot et « omet » de vérifier la dilatation*. 

L’anesthésiste peine à trouver un espace entre deux contractions. Il s’interrompt régulièrement pour laisser passer les vagues successives et interroge :
Mais on est à quelle dilatation là ?
Cinq centimètres répond la sage-femme.

Ce n’est pas tout à fait un mensonge, c’est la dernière dilatation qu’elle a constaté… deux heures plus tôt.

L’anesthésiste n’est pas dupe :
– C’est bizarre, les contractions sont quand même très intenses et très proches …

La sage-femme bredouille vaguement.
L’anesthésiste n’insiste pas.
Fausse distraction de l’une, feinte crédulité de l’autre… la péri est posée.

La sage-femme propose de faire le point :
Vous êtes à huit centimètres !

Lui reste deux petits centimètres pour dépasser sa peur panique de l’expulsion
Sentir le besoin de se mettre à genou

Et faire naître avec bonheur ce bébé plus que costaud.

 

 

*Contrairement aux habitudes françaises, cette maternité d’Outre-Rhin ne prévoit pas un examen toutes les heures

 

 

 

Mots-clés : , , , , | 10 commentaires

Déductive

Publié par 10lunes le 18 décembre 2015 dans Naissance, Vie des femmes

 

006

Le début du travail s’est passé dans une chambre confortable et accueillante ; le transfert vers la salle de naissance, s’il annonce la progression de l’accouchement, sonne la fin du nid douillet. La lumière est blafarde et l’univers aseptisé.

La sage-femme ne la quitte pas. Elle la sait en pleine phase de désespérance. Cette phase qui précède la poussée et la sécrétion d’adrénaline qui l’accompagne. Cette phase où toute femme croit se perdre définitivement.
Celle qui fait dire je n’y arriverai pas.


Débordement conjoint de sensations, émotions, fatigue et douleur.
La sage-femme vient de lui annoncer que ça pourrait durer encore…

Elle tonne et gronde.
Soudain sa colère s’articule en mots et les mots forment une phrase.
Elle s’entend rugir :
– MAIS IL VA SORTIR PUTAIN DE SA MERE !!

Puis une autre idée la traverse, une évidence révélée
– Ah mais sa mère…. c’est moi !

 

 

3 commentaires