Rationnel

Publié par 10lunes le 2 décembre 2015 dans 9 mois

 

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Ils sont tous les deux chercheurs, maniant les données biologiques avec dextérité, habitués au milieu médical. Ils sont aussi parfaitement néophytes en vécu de grossesse. Ils attendent leur premier enfant.

La sage-femme qui les accompagne cherche à trouver le juste niveau d’information, ne pas les noyer d’évidences inutiles, ne pas les priver d’explications nécessaires.

Fin du premier trimestre. Pour la première fois, elle dépose un peu de gel sur la sonde doppler, la pose sur le bas du ventre maternel, cherche en orientant le capteur dans différents axes. Un son nouveau envahit la pièce. Celui des battements du cœur fœtal.

En parfait scientifique, le père s’interroge, comment être sûr qu’il s’agit du cœur du bébé et pas de celui de sa mère ?
La sage-femme explique le rythme cardiaque fœtal, bien plus rapide que celui de l’adulte. Elle encourage le père à prendre le pouls de sa compagne pour vérifier lui-même la flagrante différence de fréquence.  Il confirme.

Le temps s’arrête.
Seul le bruit du galop décompte les secondes.

Puis la sage-femme retire la sonde, essuie la trace de gel sur le ventre maternel, sourit à l’ émotion parentale encore palpable.
Alors elle ajoute malicieusement : Là où je cherchais le cœur du bébé, il aurait été très étrange que j’entende celui de la mère.

 

 

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Révélé

Publié par 10lunes le 18 septembre 2015 dans 9 mois

 

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Il  entre d’un pas sûr, le torse bombé,  parcourt la salle d’un regard circulaire, s’affale sur une des chaises presque avant que sa femme ne s’installe, et prend immédiatement la parole, histoire de démontrer qu’il contrôle la situation.
Je viens pour lui faire plaisir affirme-t-il d’une voix trop forte.

Je la connaissais bien avant cette grossesse. Je le rencontre pour la première fois.
Elle a déjà un enfant ; lui ce sera son premier.
Une nouvelle union comme elle le formule de façon désuète.

Il se demande visiblement ce qu’il fait là, dans un cabinet de sage-femme, et fanfaronne
– Et donc, on va parler de quoi ?

C’est avec lui que je dois faire connaissance. Je tente et tends quelque perches. Eviter ce qui pourrait ressembler à un interrogatoire, lui offrir un espace pour exprimer son ressenti, ses éventuelles questions.
Au départ, drapé dans sa cape de supermacho, il la joue très sûr de lui ; c’est des histoires de nanas, je suis là parce qu’elle a insisté, mais moi tant que le petit est pas là, suis pas concerné, de toute façon la parlotte c’est pas mon truc…

Petit à petit il s’apprivoise, s’autorise à livrer quelques émotions, évoque son désir de paternité présent depuis longtemps mais enfoui faute d’avoir trouvé la femme avec qui… et puis cette rencontre, ce parfait amour, l’évidence de sa concrétisation par l’arrivé d’un enfant.

II a ôté sa cape ; son regard se fait plus doux, son ton plus modulé. Il a pris la main de sa compagne et la caresse d’un pouce un peu fébrile.

Il tente encore de la jouer bravache quand je lui propose de venir à la rencontre de son bébé.
– Oh mais je touche déjà son ventre hein, c’est même moi qui lui passe sa crème alors…

Elle s’amuse de ses défenses. Maintenant allongée, elle prend sa main dans la sienne pour la poser sur son ventre. Timidement il avance l’autre main la pose délicatement, et s’étonne, guidé par nos paroles, de sentir les contours utérins.

Son bébé réagit sous sa paume.
Il sourit.
Je leur propose alors d’inviter l’enfant à se blottir dans leurs mains, d’un côté puis de l’autre.
Ce petit là doit sentir combien c’est important pour son papa, il se blottit avec vigueur !

La première fois, son père lève un regard étonné, passant tour à tour du visage de sa compagne au mien, cherchant dans nos sourires la confirmation de ce qu’il a perçu.
La troisième fois il ne doute plus. Ses yeux se sont embués.

Quand il repart, il bombe le torse, encore, mais c’est une nouvelle fierté qui l’anime.

 

 

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Paternité (4)

Publié par 10lunes le 24 décembre 2014 dans 9 mois

 

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En préparation à la naissance, trois couples partagent attentes et craintes autour de l’arrivée de leurs enfants. Pour ce père qui attend des jumeaux, les craintes semblent se multiplier par deux.

Pour illustrer son stress, il se lance dans le récit détaillé de son dernier rêve, y insérant les digressions habituelles de celui qui, encore imprégné du souvenir nocturne, cherche à se remémorer chaque détail, aussi infime soit-il.

C’était dans la ville de mon enfance, enfin pas vraiment, j’habitais dans un bourg, mais c’était la petite ville juste à coté. Il y avait une supérette où j’allais souvent faire des courses avec ma mère. La boutique est fermée maintenant. Mais bon, dans le rêve, j’étais ado, on se baladait avec des copains au milieu de la nuit parce qu’on revenait d’une soirée d’anniversaire.

Le groupe sourit de cette évocation si précise, attendant la suite avec curiosité.

Alors on passe devant la supérette – enfin c’était pas vraiment le même magasin que celui de mon enfance mais dans mon rêve je savais que c’était bien celui là – et on s’aperçoit que la porte est ouverte. Comme il fait nuit, on décide de rentrer. Y a personne qui peut nous voir, personne ne sait qu’on est là. A l’intérieur, les lumières sont allumées, comme si le magasin était ouvert et c’est fou hein, parce qu’il est fermé depuis longtemps.

L’attention des auditeurs s’amenuise un peu devant cette accumulation de précisions.

Les rayons sont remplis. Il y a tout ce qu’on peut trouver dans un supermarché. On a tous rêvé d’être une nuit seul dans un grand magasin et de pouvoir y faire tout ce qu’on veut non ? Dans mon rêve, on est tranquilles, on a pas peur de se faire repérer.
Alors les copains commencent à vouloir emporter des trucs. Ils prennent un chariot et vont dans le rayon boissons. Ils remplissent le caddie à ras bord de bouteilles et de paquets de bières.
Pendant que mes potes piquent de l’alcool, je pars tout seul dans un autre rayon, et moi…

Le silence du groupe est toujours aussi poli mais un peu moins attentif.
L’explosion finale n’en sera que plus forte.

… et moi je pique des couches ! conclut-il d’un air désolé.

 

 

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Paternité (1)

Publié par 10lunes le 21 décembre 2014 dans 9 mois

 

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C’est la consultation du quatrième mois. Ils s’y rendent à deux, même s’il a été habitué lors des autres grossesses à rester simple témoin, quasi invisible aux yeux des soignants.

Mais cette fois, la grossesse est suivie par une sage-femme attentive. Pas question pour elle de faire un geste sans leur proposer d’en partager le sens.

Après avoir palpé le contour utérin pour en évaluer la croissance, elle guide les mains de la mère pour qu’elle le sente aussi.
Puis c’est au père, tout étonné d’être invité à faire de même. Il s’applique à sentir les bords latéraux, le fond utérin, s’émerveille de percevoir ainsi l’espace offert à son bébé. Il pose tendrement la main sur le ventre de sa compagne, au centre de la zone qu’il vient de délimiter.

La sage-femme sourit : Là, tu tiens ton bébé dans la main.
L’attention du père est totale, encore renforcée par la perception d’un léger frémissement.


Alors, une brève seconde, il tourne le poignet pour observer sa paume.
Et serait presque déçu de ne pas y découvrir son enfant.

 

 

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Inconcevable

Publié par 10lunes le 15 décembre 2014 dans 9 mois

 

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Elle saigne un peu. Pour ses autres grossesses, elle n’a jamais connu cela, alors ce sang rouge qui s’écoule goutte à goutte lui fait craindre le pire.

Au téléphone, l’obstétricien de garde comprend son inquiétude et lui propose de faire une échographie, là tout de suite.
Elle s’y rend le coeur battant, convaincue déjà que les nouvelles seront mauvaises. Elle y va seule, son homme est resté garder les aînés.

Elle s’allonge, serrant un mouchoir dans son poing gauche, prête à affronter la mauvaise nouvelle. Le papier replié sur son pantalon baissé, le bruit du flacon laissant échapper une giclée de produit, le froid du gel, elle s’attache à tous les détails pour ne pas penser à la suite.

Le médecin étale le gel sur son ventre encore plat, oriente la sonde, observe les images. Il sourit.
Elle pense que peut être la nouvelle ne sera pas mauvaise.
Il tourne l’écran pour qu’elle puisse mieux voir.
Des taches noires entourées de blanc. Au centre de chaque cercle noir, une autre petite tache blanche animée d’un clignotement rapide.

Tout va bien. Mais vous voyez ce que je vois lui demande-t-il ? Et il pointe les clignotements, marquant chacun les battements de coeur d’un enfant en devenir.
Elle s’écrie
– Des jumeaux !

Il sourit encore.
– On va compter ensemble – le calipeur se promène sur l’écran- un… deux… trois !
– Formidable des jumeaux !

 

NB: une fois la surprise passée, cette famille est devenue « très nombreuse » avec une inébranlable sérénité.

 

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Son meilleur profil

Publié par 10lunes le 12 décembre 2014 dans 9 mois

 

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18 heures. Les quais du métro sont bondés. Les portes de la rame s’ouvrent, un flot de voyageurs déferle sur les quais. Un autre flot tout aussi dense s’apprête à monter dans le wagon.
Elle est au milieu du flot montant, trop tard pour espérer trouver une place assise, trop tôt pour rester dans l’espace libéré près des portes.
Les premiers voyageurs entrés se tassent au fond du wagon sous la pression des suivants qui se tassent derrière eux.
La travée entre les sièges est déjà encombrée de divers sacoches, coudes et genoux empiétant sur l’espace central.
Elle va devoir se faufiler.

Elle débute un quart de tour pour passer de profil et s’arrête en plein élan. Son nombril vient de bloquer sur le dossier du premier siège.

Elle s’en étonne une milliseconde.
Puis réalise.

Très enceinte, elle est maintenant plus large dans ce sens là !

 

PS : publication tardive liée à la mauvaise volonté de mon ordinateur…
… mais surtout à une mauvaise nouvelle pour l’AAD : Arrêt de la CEDH 

 

 

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Travail d’équipe (3)

Publié par 10lunes le 10 décembre 2014 dans 9 mois, Rencontre

 

 

a.baa-Two-beautiful-Christmas-ballL’accouchement à domicile est l’option la plus raisonnable. Leur enfant précédent est né à l’issue d’un travail express leur laissant à peine le temps d’arriver à la maternité.
Ils ont depuis déménagé plus loin et plus haut dans la montagne et la naissance est prévue au coeur de l’hiver. Rouler en trombe sur des routes enneigées ne lui apparaît pas une option sécuritaire.

Elle a eu du mal à trouver LA sage-femme, celle qui accepte de la suivre dans ce projet alors que les nuages s’accumulent sur les rebelles osant défier l’obligation d’assurance.

La sage-femme assure son suivi de grossesse mais pas les échographies. Tout naturellement – naïvement ? – la future mère s’adresse alors à l’obstétricien de la maternité pour les trois échographies recommandées.

A cet instant précis, le lecteur s’interroge : Que vient donc faire cette banale histoire d’affrontement obstétricien/sage-femme autour de l’AAD dans un calendrier de l’Avent se voulant joyeux et positif ?

Lors de la première échographie, l’obstétricien assure qu’elle est la candidate idéale pour une naissance à domicile.
Lors de la dernière, il constate que le fœtus est toujours en siège mais souligne qu’il a encore largement le temps de se retourner. Loin de se saisir de ce prétexte pour la dissuader de son projet, il se tient à sa disposition pour tenter une version si le bébé persistait à se présenter tête en haut.
Pour faire bonne mesure, il réaffirme sa disponibilité si un transfert* vers la maternité en cours d’accouchement était nécessaire…
… et lui souhaite une belle naissance à la maison !

 

* en cas de besoin, le secteur est organisé pour un transfert en hélicoptère

PS : oui encore des boules  !

 

 

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Court circuit

Publié par 10lunes le 16 septembre 2014 dans 9 mois, Pffffff, Profession sage-femme

 

Samedi 13h30. Je viens de brancher le répondeur donnant les coordonnées de l’astreinte quand le téléphone sonne. J’hésite deux secondes, lâchement… parce qu’à cette heure-là, peu de chance que ce soit une banale prise de rendez-vous. 
Ma mauvaise conscience a vite fait de trancher ; je décroche. J’entends les mots d’une femme inquiète. Enceinte de sept mois, elle vient de recevoir une grosse décharge électrique. Comme elle est suivie par ma collègue, son premier réflexe a été de nous appeler.

Le risque électrique, j’y connais rien.

Je l’interroge rapidement. Elle sent son enfant bouger, pas de douleurs, pas de contractions, rien ne lui parait anormal. Je tente de la rassurer mais lui demande aussi d’appeler le 15 parce qu’eux seront en mesure de lui répondre précisément.

Mon ignorance m’irrite. Je cherche des infos sur le net, demande l’avis d’autres praticiens (vive les réseaux sociaux). Leurs réponses sont multiples, divergentes, pas forcément rassurantes. Je rappelle la jeune femme pour vérifier qu’elle a bien contacté le 15. Sur leurs conseils, elle est en route pour la maison médicale de garde.
Ma bonne conscience s’en réjouit.

Dès l’ouverture du cabinet, elle rappelle. Elle ne sent pas très bien. La consultation du samedi lui a semblé rapide et son inquiétude persiste. 
Je lui propose de passer faire le point. Coté obstétrical, tout va bien. Mais elle se plaint de divers symptômes et douleurs que je ne sais expliquer. Faut-il les attribuer à l’incident ? Au contre-coup du stress subi ? Je contacte son médecin traitant qui prend le temps de réfléchir avec moi et conclut qu’il ne sait pas trop non plus. Faute de certitudes, il me conseille d’appeler les urgences pour avoir un avis.
Comme le 15 a déjà été appelé, j’opte pour les urgences obstétricales du CHU qui me semblent plus à même de prendre en compte sa grossesse.

Je me présente, demande à qui je parle… une sage-femme est-il sèchement répondu à ma question répétée deux fois parce qu’ostensiblement ignorée.

J’explique la situation. De profonds soupirs soulignent la lassitude de l’autre côté du fil.
A la fin de mon bref exposé, mon interlocutrice lance un laconique :

– Et alors ?
Je tente de résumer ce que j’ai déjà dit. Mon incompétence en choc électrique et mon souhait, appuyé par son médecin traitant, que quelqu’un de plus expérimenté puisse donner un avis.
– Mais y a rien de grave là… si elle avait de la tension faudrait nous l’envoyer mais là …

Mes correspondants des réseaux sociaux, médecins généralistes, urgentistes, anesthésistes, avaient envisagé entre autres options la réalisation d’un ECG voire la possibilité d’une hospitalisation. Bien sur, leurs réponses concernaient les suites immédiates de l’incident mais …
Comme je doute d’être tombée sur une sage-femme exceptionnellement calée en gestion de choc électrique, j’insiste encore.
Elle semble céder
– Vous voulez un avis de l’interne ?
– Oui. 
Je souhaite que ma patiente soit reçue et examinée et espère en convaincre l’interne.
Mon soulagement sera bref

– Il est à côté, il est d’accord avec moi.

Et elle a raccroché.

 

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Si vous avez vu la jolie affiche placardée quelque part, venez le dire ici. A vos commentaires (que j’espère nombreux pour le coup ; suis une incorrigible optimiste !!)

 

 

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S’affirmer

Publié par 10lunes le 1 octobre 2013 dans 9 mois

 

portrait langue tirée

Ils viennent en famille pour la consultation du sixième mois. Leur petite fille de 18 mois les accompagne. Une toute  mignonne brunette avec qui je tente de faire connaissance.

Elle prend peu à peu ses marques, s’autorise à lâcher la main de des parents, accepte de s’intéresser aux jouets que je lui tends.
Son regard est malicieux et… fuyant. Annoncée par ses parents comme  « la dame qui s’occupe du bébé », me voilà désignée responsable de l’irruption prochaine d’un concurrent. Toutes mes tentatives d’approche échouent lamentablement. Elle ne me voit pas, ne m’entend pas. Bref, je n’existe pas.

La consultation se poursuit. Elle est calme, s’amuse avec les jouets, explore la salle.

Vient le temps de l’examen clinique. Poids, tension, palpation, hauteur utérine, bruits du cœur. Le petit se manifeste et ses mouvements sont bien perceptibles. Les parents commentent cette agitation, s’amusent et s’émeuvent de sentir leur enfant répondre à leurs appels, se demandent si leur fille pourrait aussi le percevoir.
La grande sœur est un peu plus loin, occupée avec une poupée. Je l’invite à venir « dire bonjour au bébé ».

Tout d’un coup, je ne suis plus transparente et elle n’est plus mutique.
Bien campée sur ses deux jambes, elle me lance un regard de braise et clame sa réponse.
NON !

Voilà qui est clair.

 

Je déstocke ce petit intermède léger. Pas le temps d’écrire en ces temps de mobilisation autour de l’AAD qui s’organise du côté des professionnels comme du côté des parents. 
– une petite vidéo à faire tourner
– et un blog militant

A suivre

 

Illustration

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L’imprévu…

Publié par 10lunes le 16 décembre 2012 dans 9 mois

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Ils ont tous les deux la quarantaine bien tassée.

Ils se tiennent par la main comme de jeunes amoureux… ils le sont. Dans les échanges qui suivent, ils précisent s’être rencontrés quelques mois plus tôt. Tous deux célibataires endurcis, ils avaient abandonné l’idée de trouver l’âme sœur.
Et puis le coup de foudre.

Cette grossesse est arrivée bien vite dans leur histoire. Peut-être se sont-ils sentis poussés par le temps ? Dans le souci de les accompagner au mieux, je m’autorise à poser la question.

« Non, non, dit-il, on ne s’est pas pressé de faire un enfant, c’est un accident ». Mais le sourire parant leurs deux visages, leurs mains toujours jointes, leurs regards complices semblent contredire cette affirmation.

Pour leur permettre d’en dire un peu plus, je les interroge sur les circonstances de cet « accident ».
« D’habitude, on utilise les préservatifs » répond-il dans une hilarité contenue.

Tout est dans le « d’habitude »…

 

©Photo Palagret Installation de Bryan Mc Cormack à Beaubourg (2011)

 

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