Le double discours

Publié par 10lunes le 2 décembre 2018 à 10 h 53 dans Militer, Non catégorisé

 

De (trop) nombreux articles de ce blog ont été consacrés à « nos amis du SYNGOF »,  marotte quelque peu masochiste nourrie de petites phrases et attaques diverses.
Début septembre, le dérapage anti IVG de leur président aurait pu justifier un énième billet. Mais le silence semblait la meilleure réponse, histoire de ne pas concourir à  augmenter – même de façon infinitésimale  – son audience.

Pourquoi y revenir alors ? Parce que le Pr Nisand, président du CNGOF (Collège National des Gynécologues et  Obstétriciens Français), vient de signer un éditorial dans le N°53 des « Brèves du Collège » où il qualifie ces propos de « simple maladresse médiatique ».
Simple maladresse ?! Les sites anti-IVG ne s’y sont pas trompés et ont largement diffusé la vidéo.

Mais cette solidarité confraternelle ne s’arrête pas là.  Plus loin, une nouvelle attaque  « Pourquoi accorder aux femmes d’avoir accès à des praticiens bac + 12 alors qu’un bac + 5 peut bien faire l’affaire sans que les femmes n’en voient tout de suite les conséquences ? La politique de la courte vue est à l’œuvre et avant qu’il ne soit bientôt, les coûts induits par l’approximation et la compétence limitée seront considérables. « 
Ne cherchez pas, les « Bac + 5 » évoqués, ce sont les sages-femmes ; les écervelées qui s’adressent à elles plutôt qu’à un gynécologue le paieraient donc un jour de leur santé ? Je vous renvoie à tous les billets publiés ici pour expliquer comment personne et surtout pas les sages-femmes n’imagine que les unes puissent remplacer les autres et comment une meilleure articulation de nos compétences respectives améliore l’offre et la qualité des soins. Mais toute coopération devient un art complexe quand le mépris suinte ainsi !

Ce mépris ne se déverse pas que sur les sages-femmes. Il prend la forme d’un « magnifique » double discours quand il s’agit de la prise en compte des violences obstétricales et gynécologiques.
En juillet 2017, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes, commande un rapport au Haut Comité sur l’Egalité sur les violences obstétricales. Dans les mois qui suivent, le HCE auditionne des représentants des usagers et des professionnels de santé. Le CNGOF, en la personne de son président, décline l’invitation.

En juin dernier, le HCE remet son rapport. Le film de cette présentation est disponible ici. A 1h 39 mn, le professeur Nisand intervient : « Ce rapport dont je salue la qualité car je peux signer les 25 recommandations. Il renchérit plus loin : Je disais que ce rapport était d’une qualité exceptionnelle et que en tant que président du Collège, j’étais prêt à en signer les 25 propositions. » 

Mais le Pr Nisand accuse maintenant, dans l’éditorial déjà cité, les ministres Agnès Buzyn et Marlène Schiappa : « Non contentes de nous avoir stigmatisés dans un rapport ministériel rendu public le 29 juin 2018 (sans aucune statistique et rédigé après avoir auditionné 25 personnes supposées compétentes, ce qui est inédit pour un rapport gouvernemental)… ».

Ce même rapport pour lequel il avait refusé d’être auditionné et dont il saluait cependant 5 mois plus tôt la qualité exceptionnelle.

Où comment nous faire espérer chaque jour un peu plus que les représentants ne soient pas représentatifs de ceux qui les ont pourtant désignés…

 

 

5 commentaires sur “Le double discours”

  1. Toum dit :

    Et on peut ajouter à tout cela les intitulés de certaines interventions des prochaines journées du CNGOF 2018: « Ces prétendues violences obstétricales : les enjeux juridiques » ou encore « Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels ». Aucune honte jusqu’au bout.

  2. OrCrawn dit :

    Je pense qu’il a juste envie de donner le change et n’ose pas se mouiller. Se brouiller avec le Syngof serait un problème donc il défend Rochambeau… Mais se brouiller avec les usagées et les politiques aussi.
    Je pense qu’il est un peu en survit médiatique, et qu’il n’arrive pas à prendre une position claire.

  3. sabine dit :

    Ca me laisse sans voix … Comment un tel personnage peut il continuer à représenter un corps de métier si important ??

  4. cel dit :

    triste, juste triste car c’est quand même de notre santé et de nos choix que l’on parle et que l’on juge. Ce n’est pas demain que les jeunes et moins jeunes seront à l’aise pour parler contraception, suivi et autres sujets très intimes

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