Pour un clic, avec toi, j’écrirais n’importe quoi… ♫

Publié par 10lunes le 12 janvier 2016 à 22 h 12 dans Après

 

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Quel meilleur moyen pour booster les visites sur un site que d’affoler le chaland ?
Les titres accrocheurs et les contenus racoleurs, c’est le fond de poubelle du net.
Cette petite cuisine me laisse souvent indifférente. Mais quand un titre grand public tente de recruter de l’audience en reprenant une étude sur l’accouchement tout en en omettant un « détail » essentiel pour la rendre plus angoissante, je m’énerve.

Parents.fr titre « Les blessures post-accouchement comparables à celles des sportifs ».
Sportive de dernière zone inclassable tellement elle est énième, je peux m’enorgueillir de deux performances athlétiques enfants ! Et m’imagine bardée de blessures de guerre, éclatante démonstration de mon dévouement maternel puisque je n’en ai jamais rien ressenti…

Je lis « événement le plus traumatisant, blessures pelviennes irréversibles dans 15 % des cas » (en gras, des fois que vous sautiez la ligne). Et comme on en est plus à un trou de la sécu près, l’article évoque l’intérêt d’une IRM systématique pour toute accouchée.

Mais vous n’avez pas encore assez peur, alors se rajoute avec un deuxième paragraphe sur le périnée avec 41 % (!) des femmes ayant subi « une déchirure du périnée, au point que ce muscle se détachait partiellement ou complètement de l’os pelvien ». Vous le voyez bien votre corps déchiqueté… vous vous imaginez traînant votre lambeau de périnée plus attaché à rien… ?

Sous l’article un lien conduit à un résumé de l’étude initiale. On découvre alors que les chiffres ne concernent pas l’ensemble des accouchées ; l’étude ne portait que sur des femmes présentant des facteurs de risque élevés de déchirure (lesquels, quel pourcentage de femmes concernées ?).
Elle souligne d’ailleurs qu’il n’est pas question de généraliser l’IRM à toutes les femmes ayant accouché.

La conclusion est bien celle citée par Parents.fr : « Si une femme sent qu’elle ne récupère pas assez, qu’elle a une sensation d’inconfort ou que certains symptômes l’empêchent de faire ses exercices de Kegel, elle doit consulter un spécialiste »*. 

Mais elle n’a plus tout à fait  le même sens…

 

*En espérant qu’elle n’entendra pas ce qu’une femme me racontait ce matin même. Se plaignant de douleurs vives plusieurs semaines après son accouchement, elle a consulté et a eu pour seule réponse, « Tout est rentré dans l’ordre, tout est normal, c’est dans votre tête ».

 

 

 

5 commentaires sur “Pour un clic, avec toi, j’écrirais n’importe quoi… ♫”

  1. Ioshi dit :

    Je réagis aux caractères en petit: quand je suis allée consulter après mon premier accouchement (2 bons mois après), et me suis plainte de douleurs et d’impossibilité d’avoir des rapports sexuels, on m’a répondu que je devais me forcer, prendre un antidouleur et puis forcer. J’ai trouvé ça abominable comme réponse. Grrr.

    Merci 10 lunes de parler de tout ça, et de dire que non, ce n’est pas comme ça que ça se passe (ou devrait se passer)…

  2. hécate dit :

    Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh moi aussi je dois être explosée du périnée après 4 accouchements par voie basse!je commence à avoir maaaaaaaaaaaaaal
    D’où le recours à la césarienne dans certains pays pour protéger tout le bazar???

  3. sabine dit :

    Je ne lis plus ce genre de magazine, et encore un exemple qui me conforte dans mes choix 🙂

  4. Erulelyla dit :

    Si l’accouchement est comparé à un marathon, c’est normal d’être blessé pareil…Comment ça des amalgames et des raccourcis foireux ?

    Moi je dis, accoucher c’est comme la guerre, tout pareil, position de stress, mutilation, privation d’eau et de nourriture, cicatrices, syndrome de stress post-traumatique…si si.

  5. Okita dit :

    Ah oui tiens moi aussi on m’a dit que c’était dans ma tête les douleurs…

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