Du people et du pipeau

Publié par 10lunes le 30 mai 2015 à 12 h 58 dans Médias, Pffffff

 

Catherine,_Duchess_of_Cambridge

Devant la multiplicité des médias traitant soudain ce sujet, j’imagine que l’assurance maladie a souhaité communiquer sur les sorties précoces de maternité. M6 a choisi de traiter le sujet à la n’importe nawak. Autant d’inepties et de contres-vérités débitées en 3 minutes (à 15’20), ça frise l’exploit.

Je vous laisse en juger avec cette transcription intégrale… agrémentée de quelques captures d’écran histoire de vous prouver que je n’écris pas ce billet sous l’emprise d’une substance hallucinogène.
Et je vous épargne le ton surjoué genre iMMMMMMMense hôpital ou sans-pé-ri-du-ra-le

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Question : les jeunes mamans restent elles trop longtemps à la maternité après leur accouchement. Elles y passent un peu plus de  4 jours actuellement et c’est trop selon certaines mères d’autant qu’un délai plus court est synonyme d’économie. La caisse nationale d’assurance maladie estime que raccourcir leur séjour permettrait d’économiser 280 millions d’euro par an.

Alors quels sont les avantages et les inconvénients d’un retour précoce à la maison,  comment ça se passe chez nos voisins européens ? 
Pourquoi certaines femmes veulent elles réduire leur séjour à la maternité ?

C’est en général parce qu’elles ont déjà eu un enfant et donc elles veulent souder rapidement le lien avec les frères ou les sœurs.  Elles se disent également dans un environnement beaucoup plus confortable à  la maison que dans un immense hôpital impersonnel. Et au total 30 % des mères estiment rester trop longtemps à la maternité quand ça se passe bien évidemment.  Alors on le rappelle, la durée minimale du séjour est de trois jours pour un accouchement classique par voie basse, quatre pour une césarienne.

Et désormais certaines maternités peuvent permettre de rentrer plus tôt, c’est ce qu’on appelle le programme prado. La maman a alors droit à trois jours de visite d’une sage-femme à domicile, la première dans les 48 heures, ainsi qu’à une aide-ménagère, le tout évidemment pris en charge à 100 %.

pradoUn commentaire à présent : J’ai été choquée de voir Kate Middleton rentrer 10 heures après son accouchement nous dit Delphine.

Mais oui Delphine, ça a surpris  les français mais au Royaume Uni ça n’a rien d’exceptionnel. Les britanniques restent en moyenne 1.7 jours à la maternité contre 3 pour la moyenne européenne et 4,2 jours en France.

Pourquoi ?  Parce que la majorité des européennes accouchent sans péridurale contre une minorité seulement de françaises. Elles peuvent se lever tout de suite et il y a moins besoin de suivi médical.péri

L’autre tendance c’est l’accouchement à domicile ou dans une maison de naissance.  C’est très répandu en Hollande, aux Pays Bas, au  Royaume Uni. En France, c’est totalement marginal puisque les maisons de naissance sont totalement interdites.AAD

Y a quand même des risques non  à sortir trop rapidement de la maternité?
Ben oui, pour une jeune femme, une jeune maman dont c’est le premier enfant, c’est un peu comme partir dans l’inconnu. On peut ne pas dépister certains problèmes de lien mère- enfant, le fameux baby blues par exemple.baby bluesL’enfant risque aussi certaines complications, certaines infections, la jaunisse qui apparaît entre le 3ème et le 5ème jour de sa vie.

Ictère

Et selon la Haute Autorité de la Santé, et bien, deux femmes sur dix rencontrent des difficultés après l’accouchement et c’est précisément dû à une mauvaise préparation de sa (sic) sortie de la maternité.post nat
Et donc on comprend la prudence des femmes françaises.

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Voilà… Je ne sais même pas si ça vaut le coup de décrypter tellement c’est gros mais 

  • Il n’y a pas de durée minimale de séjour imposée ; plus exactement, un départ avant les délais indiqués est considéré comme précoce par la HAS qui a rédigé des recommandations de bonnes pratiques sur la sortie de maternité.
  • Le prado c’est, par exemple, ça. Donc plutôt deux visites de la sage-femme et pas le début de l’amorce d’un hypothétique passage d’une aide-ménagère. Coté tarif, la mère est bien prise en charge à 100 % pendant 12 jours mais pour le nouveau-né, on retombe à 70 % dès la fin de la première semaine de vie.
  • Les taux de péridurale européens sont justes (et devraient nous faire réfléchir …) mais expliquer la durée des séjours par la nécessité d’un suivi médical prolongé du fait de l’anesthésie est absurde sinon totalement stupide.
  • Coté statistiques européennes  des accouchements à domicile, j’ai la flemme de chercher des références mais en gros, c’est 25 % aux Pays Bas et 3 % en Angleterre.
  • Non seulement les maisons de naissance en France ne sont pas interdites (!!) mais le principe de leur expérimentation a été voté en 2013. Si tout va bien – croisage de doigts recommandé- les premières ouvriront l’année prochaine.
  • Evoquer le baby blues comme un trouble du lien mère-enfant est une ineptie juste bonne à faire frémir toutes celles qui ont vécu cet état émotionnel bref et banal.
  • L’ictère (jaunisse) n’est en aucun cas une infection. Il est le plus souvent banal, (même s’il mérite d’être surveillé et quantifié) au point d’être qualifié de « physiologique ».
  • Enfin, la HAS  écrit : « Actuellement en France, le nombre de femmes qui rencontrent des difficultés en post-partum serait relativement important (de 15 à 35 % en fonction des études), du fait d’une mauvaise préparation à la sortie de la maternité. D’une manière générale, ces difficultés ne seraient pas directement imputées à la durée du séjour, puisque près des trois quarts des femmes interrogées jugeaient leur durée d’hospitalisation à la maternité adéquate. »
    En poursuivant la lecture, il est clair que ces difficultés sont liées au manque d’informations dispensées par les professionnels. Le suivi à domicile est justement l’occasion de donner ou redonner ces informations, d’autant plus pertinentes et audibles que nous ne sommes plus dans la projection d’un futur idéalisé mais dans le concret de la vie avec un nouveau-né.

Résumons, la seule information fiable donnée par M6, c'est l'info people. Kate est bien sortie 10 heures après son accouchement.
L'honneur journalistique est sauvé !

 

NB : Il y a 5 ans, j’étais nettement plus critique sur les sorties précoces. L’accompagnement s’est tout de même amélioré.
NB bis: Vous devez ce billet à la nécessité de réagir rapidement à une « information » donnée dans un journal télévisé et à la conjonction d’incidents domestiques bouleversant mon programme. Pardon pour mon silence, je traverse une parenthèse un peu agitée mais ça devrait s’arranger bientôt.

 

26 commentaires sur “Du people et du pipeau”

  1. lili dit :

    pour mon aînée, je suis sortie au bout de quatre jours, j’avais le sentiment d’être mise dehors, pour mes deuxième et troisieme, a chaque fois je suis sortie au bout de trois jours, je dépérissais, je me sentais enfermée. pour ma quatrième, je déprimais à l’idée de ce séjour, bien avant la naissance, finalement j’ai un peu fait le forcing (et profité de une maternité surchargée), je suis sortie au bout de 24h, avec la promesse de revenir deux jours après, pour les différents tests (guthrie, audition,…) car aucune sage femme ne pouvait assurer de suivi, j’étais trop loin. je ne regrette pas, j’étais chez moi, avec mon mari et mes enfants, je pouvais dormir, manger,…. comme je le souhaitais. une liste de consignes et de conseils m’avait été donnée, je les ai suivie et je suis revenue fraîche deux jours après, personne n’a regretté cette sortie ultra précoce, ni eux ni moi.

  2. Koa dit :

    Chère 10Lunes, bonnes ondes pour traverser ta période mouvementée…

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette phrase :  » Il est le plus souvent banal, (même s’il mérite d’être surveillé et quantifié) au point d’être qualifié de « physiologique ». »

    La plupart du temps, c’est lié à une coupure trop précoce du cordon. Dans les pays où le cordon est coupé plus tard que chez nous (plusieurs heures), cet ictère « physiologique » n’existe pas. Pour moi c’est typiquement une dérive : on généralise une pratique iatrogène, au point de ne plus savoir qu’on peut faire autrement et donc de réaliser le côté iatrogène de cette pratique. En conséquence, les effets secondaires sont qualifiés de « physiologiques ». On marche un peu sur la tête…

    Une comparaison fantaisiste pour illustrer : un peu comme si on décidait de laisser les enfants dehors, sans vêtements adéquats, une fois par an, alors qu’il neige, et qu’on appelait le rhume qui en découle « rhume physiologique », parce qu’il est fréquent, pas trop grave, et guérit tout seul… 😉

    1. 10lunes dit :

      Merci pour tes encouragements 🙂

      Tu as des sources confirmant que l’ictère est diminué par un clampage tardif ? Parce que j’ai toujours entendu et lu l’inverse : le clampage tardif est préférable mais il majore l’ictère (ce qui semble logique vu les mécanismes en cause).
      Par exemple : « un nombre significativement plus élevé de nouveau-nés a nécessité une photothérapie pour ictère dans le groupe du clampage et de la section tardifs du cordon ombilical que dans le groupe du clampage et de la section précoces (risque relatif = 0,59 [IC95 : 0,38-0,92]) (cinq essais portant sur 1 762 nouveau-nés) http://apps.who.int/rhl/pregnancy_childbirth/childbirth/3rd_stage/cd004074_abalose_com/fr/

    2. kia dit :

      Justement ton exemple n’est pas forcément bien choisi.
      Contrairement à un abus de langage répandu, on n’attrape pas « froid », on attrape des virus. La génération spontanée n’existe pas ! On le sait depuis quelques siècles déjà. Un rhume c’est viral, il ne va pas nous tomber dessus de nulle part parce qu’on a les cheveux mouillés, ou les pieds nus, ou parce qu’on est nus sous la neige… On attrape un rhume parce que quelqu’un a éternué près de nous, ou à cause d’un objet (poignée de porte, etc…).
      A t’on déjà vu des épidémies de grippe où l’on enjoigne les patients de sortir couverts ? Non, parce que ça ne changerait rien. En
      revanche, le lavage des mains et le port de masques…

      Concernant les sorties précoces, 2 anecdotes rapportées de patientes : une est sortie le dimanche (lundi férié), pour un premier, alors qu’elle aurait vraiment voulu sortir avant. (J4).
      Une autre a accouché un 23/12, et aurait vraiment voulu sortir le 24 pour être auprès de sa grande. On lui a dit « ah non, vous avez accouché à 9h… Ca aurait été la nuit encore… ». Très très mal vécu par la maman et par l’aînée.

      1. Niphargus dit :

        Justement si, l’exemple du rhume est bien choisi. Certes on « n’attrape pas froid », on attrape les virus saisonniers, d’accord. Mais on les attrape d’autant plus qu’on est fragilisé par une situation de manque de sommeil, ou de froid par exemple. En étant couvert, reposé et bien nourri, on tombe moins malade, c’est la base de la prise en charge pour les personnes âgées notamment.
        En sortant sans protection adéquate, on augmente donc sa fragilité face à un risque courant, comme cela semble être le cas en clampant trop tôt si je comprends bien le commentaire de Koa.
        Par contre je veux bien les références de cette affirmation, Koa!

  3. Kat dit :

    Le décryptage n’est pas inutile du tout : j’ai par exemple été surprise de lire : »Il n’y a pas de durée minimale de séjour imposée ». Je voulais sortir plus tôt suite à la naissance de ma fille (deuxième enfant). J’en avais parlé à mon gynéco bien avant l’accouchement et cela lui semblait faisable en cas d’accouchement sans problèmes. Mais il partait en vacances le jour précis où j’ai accouché et a donc transmis le suivi à un collègue. J’ai dit clairement que je voulais sortir,plusieurs fois, et la réponse (gynéco, infirmières, pédiatre) a été « attendez trois jours », sachant que j’avais eu un accouchement idéal, sans péridurale, un bébé d’un poids de naissance très raisonnable (3,7 kg)et en pleine forme…Si j’avais su, j’aurais imposé mon droit !

    1. EmilieOumKalthoum dit :

      Oui ça leur fait peur quand on veut partir plus tôt, mais rappelons-nous : un hôpital n’est pas une prison ! On y entre comme on veut et on en sort comme on veut !
      Pour ma grande, je ne savais pas ça : elle avait des soucis à prendre le sein, je voulais sortir tôt car je savais que j’arriverais à rien à la clinique, je ne m’y sentais pas du tout à l’aise. Mais on m’a dit que je ne pourrais sortir que si le souci d’allaitement était résolu. Au bout de 4 jours, j’ai dit que tout allait bien (alors que ça n’était pas vrai !) et on m’a finalement laissée sortir (et je l’ai finalement allaitée 2 ans malgré les conseils pourris donnés par la clinique…).

      Pour ma 2e, je ne me suis pas laissée faire. Déjà, à la base, ça devait être un AAD, mais le dépassement de terme en a décidé autrement. Du coup, c’était hors de question que je reste.
      J’ai demandé à sortir tout de suite, bien que j’aie eu une péridurale. Je me sentais bien, bébé allait bien, et j’avais autre chose à faire (et à manger !). J’ai accouché à 13h15. On m’a dit : 6h d’observation. J’ai dit ok. Puis, on est revenu me dire qu’il fallait attendre parce que ceci, puis cela. Vers 21h30, j’ai pris mes affaires, je suis sortie de la salle de naissance et j’ai dit : « Bon bah maintenant je dois y aller ! ». Du coup, ils m’ont fait signer une décharge. Mais j’ai bien senti que sans ce forcing ils ne m’auraient pas laissée sortir…

      1. Zab dit :

        Dans certaines mater ils menacent carrément d’appeler les services sociaux si on part « trop tôt » selon eux.

  4. Caroline dit :

    Je ne suis pas d’accord avec certains points du décryptage, je m’explique :

    – on dit qu’il n’y a pas de durée de séjour imposée minimale. Certes, dans la loi. Dans la pratique, le forcing anti-choix de la plupart des hôpitaux peut virer au véritable harcèlement, non seulement ils ne diront jamais qu’on a le choix mais ils feront tout pour nous empêcher d’exercer ce droit ! C’est largement suffisant pour être considéré comme une obligation (sinon légale, d’usage) a déconstruire.

    – les maisons de naissance autorisées en France ? A ma connaissance, il n’y a que des annexes hospitalières qui soient autorisées et seulement en expérimentation … Peut être que pour les sage-femmes ça veut dire beaucoup, étant donné qu’elles les dirigeront, mais pour moi en tant que probable future parturiente ça ne change strictement rien, ce n’est qu’un service de plus dans l’hôpital. Aucune raison de penser que ça soit moins impersonnel, moins dogmatique et codifié sur des gestes invasifs obligatoires (tv + perf + …), basés sur une « performance d’accouchement » mathématique (et imaginaire …)… Bref aucune raison de préfèrer un endroit ou l’on va décider pour moi, me donner des ordres et me couper l’entrejambe dans une ambiance glauque et froide *mais sans péridurale (et ptet même que ça sera peint en rose ! Passque ça fait fâme !) à un endroit tout aussi glauque et froid (mais qui peut aussi être peint en rose, youhou !) ou on me fera la même chose avec péridurale …

    – enfin, je pense que les chiffres donnés par M6 additionnent les aad et ceux en mdn (les vraies, non rattachées aux hôpitaux). En tous cas, pour les pays bas, ça correspond à ce que j’en sais.

    1. 10lunes dit :

      Je réponds à tes différentes remarques
      – durée de séjour, effectivement bcp de maternités ont du mal à laisser sortir les femmes rapidement, par habitude et aussi pour des raisons financières: une sortie très précoce (à moins de 24h ? je ne suis pas sure du chiffre) les pénalise. Mais justement, si l’on veut que les femmes puissent choisir de partir quand elles le souhaitent, autant ne pas renforcer l’idée d’une obligation légale.

      – pour les maisons de naissance intra hospitalières, je te trouve très dure.Je fais partie des SF qui pensent que cette étape est incontournable pour arriver ensuite à de véritables MDN extrahospitalières, comme les SF le demandent depuis bientôt 20 ans. Nous avons bataillé pied à pied justement pour que ce ne soit pas un énième service de la maternité mais un lieu à part, échappant aux protocoles de l’établissement.Et une des règles de fonctionnements sera l’accompagnement « global », une femme suivie par 2 ou 3 SF maxi, avec l’assurance de retrouver l’une d’elle au moment de son accouchement. Au minimum, attendons le début de l’expérimentation pour juger de ce qui s’y passe. Enfin ta description des établissements fait froid dans le dos.J’imagine que tu as vécu une expérience plus que négative mais on ne peut, heureusement, pas généraliser à l’ensemble des maternités.
      Je l’ai écrit souvent ici, évitons les batailles rangées et les jugements expéditifs. Appuyons nous sur le meilleur pour avancer.

      -dernier point, les chiffres sont surement plus justes s’ils additionnent AAD et MDN mais le titre sur la capture d’écran est bien « accouchement à domicile ».

  5. speedy dit :

    Juste pour dire qu’il y a aussi des maternités (enfin 1 dans mon cas), où, avec pas mal de forcing de ma part (j’avais déjà évoqué mon désir de sortie précoce avant la naissance, et je l’ai répété à toute personne qui entrait dans ma chambre), on peut sortir précocément sans chantage ni signature de décharge malgré un accouchement pas « parfait », dépassement de terme, peri, spatule.
    La recette que j’ai trouvée
    * choisir un chef de service ouvert (de préférence en parler au chef, c’est lui qui décide)
    * avoir un accompagnement (global) par une SF liberale qui nous connait avant l’accouchement et répond « présent » après (AAD prévu)
    * la chance d’avoir un bébé et une maman en pleine forme
    * re-discution avec le chef de service après la naissance, discussion chef de service avec la SF-AAD
    Bref, beaucoup d’humain et d’ouverture d’esprit

    PS: merci la secu pour la prise en charge de la SF à 100%
    Pour la femme de ménage, je confirme qu’en 2011, cela n’était pas proposé ;-()

  6. emilie dit :

    Je voudrais surtout témoigner sur la sortie precoce. Pour mon aîné je suis restée 5 jours un peu forcée malgré le fait d’avoir demander à sortir dès j2. Mais mal informée de mes droits j’ai laissé faire tout en me sentant très mal à la maternité.
    Pour la deuxième j’en savais plus et dès l’inscription j’ai fait savoir que je souhaitais sortir au plus vite si tout allait bien. Malgré que l’accouchement se soit bien passé et que tout aille bien ( la montée de lait avait commencée 10 heures après l’accouchement) et surtout malgre mes demandes répétées, on me donnait toujours une bonne excuse pour differer ma sortie. Apres la toilette, apres le repas, après le passage du pédiatre etc… jusqu’au soir et puis « ah bah maintenant c’est trop tard pour aujourd’hui ». Mais pour moi impossible de rester loin de mon mari et de mon fils. J’ai préparé mes affaires et mon bébé. 10 minutes plus tard tout ce qui apparemment ne pouvait pas se regler dans la journée s’est réglé et je suis sortie 24 h apres avoir accouché. Mais quel parcours du combattant.
    je suis enceinte et normalement j’accouche a domicile. Comme ça plus de problemes de sorties precoces ou non…

  7. Caroline dit :

    Pour le troisième point, c’est vrai qu’il est faux d’additionner ces chiffres, mais on ne peut cependant pas dire « la France va expérimenter les MDN » puis donner les chiffres des MDN ailleurs, parce que MDN hospitalière et non hospitalière ça n’a rien a voir … C’est pas une double, c’est une triple correction qu’il faudrait là, avec des subtilités que les journalistes de M6 sont incapables de voir … Ou du moins, de résumer « télégéniquement » ^^’ !

    Pour le second point, c’est là que nous sommes en désaccord : je ne vais pas aller chercher « le meilleur de toute la France » pour avancer ensuite, parce que c’est l’exception. Je préfère regarder la très grande majorité des cas, et c’est beaucoup plus proche du pire que du meilleur. Les témoignages ici le prouvent d’ailleurs : c’est toujours une véritable bataille pour trois fois rien.
    Je pense qu’une femme est un être humain (même enceinte !). En conséquence de quoi, ne pas la mutiler, respecter ses choix, l’accompagner et l’écouter ne sont PAS des bonnes pratiques mais le grand MINIMUM . Donc non, je ne dirai pas bravo la France quand on me dit qu’on va « peut être » « autoriser » un petit pourcentage de françaises à « avoir droit » à la moitié de ça. Et oui, je m’étouffe quand je lis des trucs du genre « ici il n’y a QUE 30% d’episiotomie ! » (Remerciez à genoux ces grânds dôcteurs qui vous font la fleur de ne mutiler inutilement QUE 30% des femmes qui ont la mauvaise idée de leur faire confiance !). Je me demande ce que ces parangons du respect de la personne diraient si on leur demandait de remercier des flics pour n’avoir battu « que » 30% des gens qu’ils arrêtent « parce que y’a d’autres endroits ou c’est 70% de passage à tabac » … !

    Enfin, de mon côté c’est une expérimentation qui n’aura pas de conséquences puisqu’il est hors de question que je mette un pied dans ou à proximité d’un hôpital pour accoucher. Et comme pour le gouvernement français et les Médecins Qui Savent Eux cela fait de moi un danger pour mon futur enfant, étant entendu que pour eux je ne suis qu’une couveuse à fœtus écervelée incapable de savoir ce qui est le meilleur pour elle (ils ont raison remarque, moi quand je lis les études sur les effets de l’episio ou le danger ou non de l’AVAC, j’en conclus l’inverse d’eux, donc je dois être bien bête), il ne me reste plus qu’à déménager … Ce qu’il ne faut pas faire pour éviter la Dogme-based medecine XD !

    Et j’en rigole, mais ça me fait bien chier. Franchement. Je ne connais pas UNE femme ayant accouché en France pouvant dire qu’elle a vécu une grossesse et un accouchement répondant aux critères minimaux de respect. Oh , bien sur, je sais que ça doit exister ! Mais combien ? 1/1000 ? Eh bien, 999/1000 est un risque que je ne souhaite pas courir. Oh, et, vraiment, ce n’est pas la peine de me dire que les SF font de leur mieux avec les sacro saints protocoles, que quand on m’enfonce de force deux doigts dans le vagin c’est parce qu’elles croient sincèrement que c’est le mieux pour moi, que quand un Gyneco m’affirme que l’episio est sans conséquence et nécessaire pour *inserer ici prétexte arrièré et faux* il est sincère, que quand on va me forcer à l’immobilité dans la position la plus douloureuse et gênante possible ça sera parce qu’ils pensent sincèrement que c’est le mieux à faire, et que s’ils me mentent sciemment pour me forcer à prendre la péri ça sera parce qu’ils sont persuadés que c’est le meilleur pour moi : je le sais, et Je. M’en. Fiche.
    D’abord parce qu’alors on piétinne joyeusement mon statut d’être humain pensant, et ensuite et surtout, parce que ce n’est pas eux qui vivront avec les conséquences physiques et psychologiques de ce mépris, ces mutilations, cette violation de ma personne. C’est moi. Et ce pour tout le reste de ma vie.

    Pour en revenir aux MDN, je trouve que l’expérimentation à l’hôpital renforce l’idée de la nécessité de l’hôpital. Surtout quand c’est accompagné d’une chasse aux « sorcières » de l’AAD. J’espere me tromper, mais je n’ai pas du tout la conviction que ce soit un premier pas vers les MDN extra-hospitalières.

    1. Caroline dit :

      Je suis désolée, c’est vraiment tout et n’importe quoi en bordel, mais je ne peux plus éditer pour remettre de l’ordre …

      1. plume rouillée dit :

        Les maisons de naisances telles qu »elle vont être expérimentés en France doivent être attenante à un hopital ce n’est pas pour ça qu’elles sont un service de l’hopital : elles sont indépendantes, dans leurs gestion et dans leurs fonctionnement. Elles fonctionnent sur le principe de l’acxcompagnement global (une femme/une sage femme) et n’ont rien à voir avec les « pole physiologique » des maternité. J’ai été suivi toutes ma grossesse, et j’ai accouché dans une structure qui fonctionnera comme une maison de naissance dès signature des décret d’application de la loi, plutot comme un plateau technique actuellement. J’ai bénéficié d’un accompagnement global, avec la même sage-femme, très respectueux, et d’un accouchement totalement physiologique et respecté, toujours avec notre sage-femme. J’ai été informée de tout ce que je voulais, toutes les décisions médicales ont été expliqué, discuté, et décidé ensemble, les recommandation de bonne pratique de l’OMS respecté. Les locaux de cette maison de naissance sont acceuillant, avec une grande pièce de vie/cuisine ouvert à tous, les chambres de naissances, meublées comme de vrai chambres ( mais avec de plus grande baignoire que chez moi), sont confortables. Peut importe qu’en montant d’un étage on soit dans la maternité, on ne sent pas à l’hopital. D’ailleurs, on n’y est pas, les locaux sont loué à la maternité, mais la gestion du lieux est totalement indépendante, et assurée par des sage-femmes libérales et une association de parent.

        Bref, je crois qu’il faut quand même laisser une chance à cette expérimentation, à part l’attenance à une maternité, on reste très proche du fonctionnement d’une maison de naissance telle qu’on les connait ailleurs en Europe. Et pour avoir suivi un peu la teneur des débats sur la loi, la rédaction du cahier des charges, et des décrets d’application, je pense comme Dix lune qu’il est indispensable d’en passer par là en France, pour faire la preuve de l’innocuité (oui oui, il faut convaincre de ça, ça n’est pas acquis), et de l’intérêt de telles structures.

      2. Caroline dit :

        C’est marrant, c’est en suivant les débats que j’ai de mon côté pensé qu’en acceptant des MDN hospitalières ça renforçait l’idée de nécessité absolue de l’hôpital. J’espère vraiment me tromper et que le temps vous donnera raison !

        Si cela permet à un petit nombre de françaises d’accéder au minimum, c’est à encourager de toutes façons.

      3. Volibre dit :

        Je me permet de donner mon avis car le sujet des maisons de naissance m’intéresse beaucoup (enfin surtout l’aad que j’espère pour mon prochain…). En « scientifique », j’ai épluché les articles existants sur le sujet. Ce que j’en ressors, c’est l’importance dans tous les cas d’un suivis global et de l’intégration de l’équipe de sages femmes au milieu hospitalier.
        En effet il semble que les résultats pour les mères et les bébés en cas de transferts sont moins liés à la distance et au temps de trajet entre le domicile/MDN et l’hôpital que de la bonne transmission du dossier et la participation de la SF qui suit depuis le début à la suite des évènements. Dans une étude Australienne, les AAD soutenus par l’état (donc officiels, avec SF en lien avec l’équipe hospitalière et qui a sa place reconnue) ont de biens meilleurs résultats que les autres AAD (SF « étrangère » à l’hôpital, où le travail d’une SF physio est méconnu).
        Sachant qu’une partie (et en plus la partie qui se passe pas le mieux) des accouchements extra hospitaliers fini à l’hôpital (et seulement parfois pour une urgence vitale (pas tous hein! 50% serait lié à une demande de péridural…)), il est important que cette partie soit bien intégrée dans le système. Et il ne faut pas que la femme soit « punie » d’avoir voulu essayer ailleurs.
        D’après moi il y a là quelque chose à travailler plus important que la proximité du lieu de travail avec l’hôpital.

  8. Caroline dit :

    Je précise, car je sens qu’on va le tomber sur le râble, que quand je dis « critères minimaux de respect » j’entends de respect de la personne. Et que donc, ce qui n’y correspond PAS, entre autres :
    – ne pas informer la personne de ses droits légaux (sortie précoce après accouchement, refus de l’episiotomie, etc)
    – pire, inventer des mensonges, des pseudos obligations lorsque la personne s’est informée de ses droits par un autre biais
    – refuser les volontés de la personne en ce qui la concerne (péridurale, etc)
    – pire à nouveau, mentir sur les autres possibilités (d’anesthésie, par exemple, en prétendant qu’il n’en existe pas d’autre)
    – désinformer les gens, manipuler les informations de façon à tromper
    – imposer des protocoles rigides et immuables
    – et ne même pas essayer de les faire correctement vis à vis des connaissances scientifiques
    – évidemment, pratiquer des actes invasifs (tv, episio, …) sans demander l’accord de la personne (ça c’est aussi hors la loi)
    – et encore pire, les faire alors qu’ils sont inutiles et déconseillés !
    – ou encore, « tout simplement » se permettre des remarques désobligeantes sur le physique de quelqu’un, ses goûts, voire même d’engueuler la personne.

    Bref, quand je lis « j’ai du batailler ferme pour sortir de la maternité » / « on m’a dit qu’il fallait attendre ceci puis cela avant de sortir sans jamais dire pourquoi » / « le radiologue m’a fait attendre une heure de plus car il était en retard puis m’as engueulée car j’avais été aux wc » (combo !) , tout ceci rentre dans mes 99,9% de grossesses / accouchements ne correspondant pas aux critères minimaux de respect.

    Donc je pense qu’avec les 0,1% estimés corrects, je suis même trop gentille.

  9. Marion Godefroid-Richert dit :

    Bonjour chère « 10 lunes »
    Ce petit mot pour vous souhaiter bon courage pour la fin du tumulte personnel …
    Vous lire est un plaisir dont je ne me lasse pas.

  10. Luneries dit :

    On peut peut-être pas relier directement les stats de sortie avec la péri, mais pour une sortie très très très précoce, c’est sûr que la péri te permet pas de sauter dans un pantalon et partir avec ton bébé sous le bras.

    Plus sérieusement, est ce que y aurait pas un lien quand même puisqu’on sait qu’avec la péri on pousse à l’aveugle et on abîme plus ? J’ai pas de source sous le coude, mais il me semble qu’on se remet plus vite sans péri

    1. speedy dit :

      Pour être sortie « précocément » à J+1 après une peri, je crois que tout est possible. Notamment, le fait d’avoir une SF qui vient à domicile pour les suites de couches, n’interdit pas une sortie précoce même si la voie basse a été difficile. Il s’agit d’abord et surtout de s’adapter à la demande de chacune, et pour cela, d’accepter d’écouter chaque cas particulier et trouver la solution adaptée. Enfin, ce que j’en pense…

  11. Jeanne dit :

    En Belgique, on sort le cinquième jour. Mais chaque fois que j’ai voulu sortir plus tôt parce que je sentais que tout allait bien, y compris 7h après la naissance, on m’a laissé sortir et même encouragé. Une sage-femme de la maternité passait chez moi une fois par jour durant cinq jours, un vrai bonheur!

  12. Mlle Loutre dit :

    à vous lire je me rends compte de la chance que j’ai eu : j’avais discuter avant mon accouchement avec la sage femme qui était ok pour une sortie précoce vu que la SF qui me suivait acceptait de se déplacer chez moi pour le post accouchement.
    Mais finalement, malgré un accouchement qui s’est plutôt bien passée, j’ai ressenti le besoin de rester une journée supplémentaire (surtout une nuit) et ça n’a pas plus posé de problème dans ce sens que si j’avais voulu sortir plus tôt.
    Je ne pense pas que la question soit à poser en nombre de jours mais plutôt en terme d’écoute de la parturiente : pouvoir adapter la durée de son séjour à son besoin, certaines femmes ont besoin de se retrouver chez elles très vite tandis que d’autres ont besoin d’un peu plus de temps, même sans indication médicale à un séjour « prolongé »

  13. Nours dit :

    Et accoucher son propre enfant dans sa voiture à 3h du mat ? M6 n’en parle pas, bien sûr. Les minorités n’ont jamais la parole 🙂

  14. Marie dit :

    Ayant accouché en Irlande, je suis sortie le lendemain. J’ai demandé à le faire car tout s’était bien passé, et la première nuit passée en dortoir avec 5 autres mamans (et 5 autres bébés donc), avec les visites du papa limitées m’ont fait comprendre que ce serait beaucoup plus simple et agréable d’être tous les 3 ensemble chez nous au calme. C’était possible parce que je savais comment fonctionne un bébé, même pour un premier je ne me sentais pas démunie pour les gestes, les pleurs etc. Une sage-femme est venue une fois par jour pendant 3 jours, puis relais d’une infirmière de l’équivalent de la pmi du quartier. Celle-ci m’a beaucoup aidée pour l’allaitement compliqué du début, pour la chute d’hormones et m’a fait venir toutes les semaines à la pmi rencontrer d’autres mamans… essentiel à mes yeux ! C’est faisable…
    Pour le deuxième je suis sortie au bout de 3 jours car tout allait bien, j’ai insisté (idem chambre de 2, je me suis plus reposée chez moi) et vraiment pour l’aîné c’est plus facile d’avoir le bébé et la maman à la maison… les crises lors des visites se sont stoppées net lorsque nous sommes rentrés ! J’ai gavé mon enfant pour qu’il reprenne du poids, les divers tests étaient faits et bons, la pédiatre a eu le temps de passer avant la fin de la journée, il faut beaucoup de bonnes circonstances et de dialogue avec le personnel et généralement on arrive à une solution qui convient à tous 😉

  15. Estelle dit :

    Le retard de sortie lié à la péridurale, c’est n’importe quoi.

    Pour le premier, pas de péri (pas le temps). J’entends une soignante dire à sa collègue : « pas de péri, en plus ; dans l’après-midi, la petite dame, elle court comme un lapin ». Haha. Non. L’après-midi, la petite dame, elle a eu du mal à se lever (et puis par la suite, il y a eu l’hématome au bout de la déchirure qui s’est bien fait sentir).

    18 mois plus tard, deuxième accouchement, péridurale. Aucun souci pour se lever quelques heures plus tard, pourtant ! (mais sortie à J5 pour cause de bébé dormeur qui ne voulais pas manger, et perdait donc plus de poids que les statistiques ne l’autorisent, avant de se réveiller et de grossir comme une dingue au bout de quelques semaines).

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