Soutenante (2)

Publié par 10lunes le 18 décembre 2014 à 09 h 30 dans Non catégorisé

 

candlelight-201626_640Si elle avait pu, elle aurait fait autrement.

Son dernier accouchement lui a laissé un souvenir amer. 
Pour cette nouvelle grossesse, l’accompagnement global lui semblait le meilleur moyen de faire alliance avec une sage-femme, bien en amont de la naissance. Mais aucune de celles pratiquant des accouchements à domicile n’est à sa portée, aucune non plus n’ayant accès au plateau technique d’une maternité.

Faute d’alternatives, elle se résigne à accoucher une nouvelle fois avec un(e) inconnu(e).
Elle a juste changé d’établissement, espérant que les protocoles y seront moins rigides et l’accompagnement plus attentif.

Ce soir là, elle perd les eaux. Une fois à la maternité, on leur confirme que c’est le tout début du travail. Afin de ne pas embouteiller les salles de naissance, ils sont installés dans une chambre du service, le temps que les contractions s’intensifient vraiment. 
C’est la sage-femme des suites de couches qui les accueille. Elle est à l’écoute, disponible, discute avec eux de leur projet de naissance, se montre respectueuse de leurs attentes. Elle apporte un ballon pour qu’elle puisse se mobiliser, se tient à leur disposition… pas de protocole imposé mais un dialogue ouvert et respectueux.

Au petit matin, elle propose de vérifier l’évolution du travail. Le col s’est ouvert de 4 centimètres, il est temps de se rendre en salle de naissance.

Mauvaise nouvelle pour la mère, qui ne souhaite ni changer de lieu, ni quitter la sage-femme avec qui un réel lien s’est créé.
Mais la règle s’impose à tous. Résignés, ils attendent qu’on vienne la brancarder.

La règle s’impose à tous ? Pas à son enfant.
Dans les dix minutes d’attente qui lui sont laissées, il naît !
Accompagné par celle en qui ses parents avaient confiance.

 

 

5 commentaires sur “Soutenante (2)”

  1. emotiti dit :

    Comme toujours la nature fait bien comme elle veut 🙂

  2. xixi dit :

    magnifique! une fois n’est pas coutume, ton récit m’a arraché une larme.

  3. jeanne dit :

    Pour les naissances de deux de mes trois enfants, la gynéco a proposé que j’ accouche en salle de travail, pour ne pas me déplacer après ces longues heures d’attente. J’ai apprécié. Le reste de personnel soignant un peu moins, visiblement.

  4. Thomas dit :

    C’est un beau récit ! Les accouchements sont trop protocolaires en France. Ce qui est bien dommage car nous avons des sages-femmes très bien formées. Mais la nature fait parfois bien les choses…

  5. Viobi dit :

    Mon fils est né à la maison, c’était une évidence après la naissance de sa soeur à la maternité. La gynéco m’avait imposé (entre autres choses…) un déclenchement « parce qu’il sera trop gros » (3,100kg à deux semaines du terme, quand même, sacré macrosome, hein! son petit frère est né comme une fleur à 3,820kg). Pour moi, une fois abandonnée à la maternité par le père (qui avait choisi de rentrer voir son film à la maison et dormir dans son lit plutôt que de rester avec moi..), j’ai passé la nuit debout dans ma chambre à aller et venir entre les contractions et à m’excuser auprès de mon bébé de ne pas avoir réussi à nous protéger de tout ça, ajoutant à chaque fois: « Il faut que tu le saches, je ne peux rien faire pour nous tirer d’ici, mais si ces gens-là en ont l’occasion, ils nous feront du mal. »
    Entre le TV d’autorité post-perte des eaux (ben voyons!) et son verdict de « vous êtes à 3 cm, on a bien le temps! On va quand même vous descendre en salle de naissance, ce sera fait. » et le moment où j’ai tenu ma fille dans mes bras, il s’est écoulé une demi-heure. Pas de monitoring, pas de péridurale, pas même de TV supplémentaire, z’ont pas eu le temps. Championne, ma puce. Et elle l’est toujours, bientôt neuf ans plus tard. Ne prenons pas les enfants (même à naître) pour des idiots…

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