Crash

Publié par 10lunes le 15 juin 2014 à 19 h 26 dans Militer, Pffffff, Profession sage-femme

 

 

avionDevinette :
Qui alimente régulièrement ce blog par ses prises de position toujours « bienveillantes » ?
Qui n’avait pas fait l’objet d’un billet depuis janvier ?

Qui ravive mon mauvais penchant pour la ralerie ?

Le Syngof bien sûr (mais sur ce coup là, il n’est pas tout seul, regardez la liste des signataires).

Je vous demande de lire ce document pour vous faire votre propre opinion – les sages-femmes à la santé fragile en sont dispensées – avant de lire la suite du billet.

 

Alors ? Si ça se trouve, et si vous n’êtes pas sage-femme, vous l’avez trouvé très confraternel ce document.
Il mérite, je crois, un petit travail de décodage.

 

Blablabla… excellents rapports, blablabla… respect mutuel, blablabla… confraternité. Voilà une introduction qui va bien pour tenter de faire passer la suite.
Car ça se gâte immédiatement.

Affirmer la « non confusion de nos professions« , c’est reprendre le stratagème employé par Marisol Touraine pour décrédibiliser le mouvement des sages-femmes : « Elles veulent devenir médecin« .

En plaçant le qualificatif de médical entre guillemets, nos amis gynécologues tentent de créer la confusion ; y aurait les vrais médicaux : eux, et les moins vrais : nous.
J’ai déjà dit ici combien la césure entre médicaux/paramédicaux me parait inutile – vive les  » fournisseurs de soin » québécois – mais tant que cette nuance existe dans le code de la santé publique, cet adjectif ne saurait tolérer des guillemets pour notre profession.
Alors, quand le paragraphe se termine sur la nécessité d’une communication sans ambiguïté, je ris… (jaune).


L’affirmation suivante, « non équivalence des professions », s’appuie sur une réalité indéniable, une durée d’études différentes, pour aboutir à une conclusion apparaissant logique, des compétences différentes.

Joli sophisme.
Car tout dépend de quoi nous parlons. Nos compétences sont différentes en cas de pathologie mais équivalentes pour le suivi des femmes en bonne santé. La Haute Autorité de santé le réaffirmait d’ailleurs en 2007 dans des recommandations pour le suivi des femmes enceintes. Ce suivi se décline en effet sous différentes modalités :

  • Suivi A : lorsque la grossesse se déroule sans situations à risque ou que ces situations relèvent d’un faible niveau de risque, le suivi régulier peut être assuré par une sage-femme ou un médecin (généraliste, gynécologue médical ou gynécologue-obstétricien) selon le choix de la femme.
  • Avis A1 : l’avis d’un gynécologue-obstétricien et /ou d’un autre spécialiste est conseillé.
  • Avis A2 : l’avis d’un gynécologue-obstétricien est nécessaire. L’avis complémentaire d’un autre spécialiste peut également être nécessaire.
  • Suivi B : lorsque les situations à risque détectées permettent de statuer sur un niveau de risque élevé, le suivi régulier doit être assuré par un gynécologue-obstétricien.

Toute femme peut, pour une grossesse ou son suivi gynécologique, s’adresser à une sage-femme. Il sera de la responsabilité de celle-ci de déterminer si elle peut assurer ce suivi, si elle doit le faire en collaboration avec un autre professionnel ou s’il relève de la compétence spécifique du gynécologue. 

Ce qui nous amène au sujet très sensible du « premier recours« .
Les gynécologues revendiquent de ne pas en être exclus. Ça me va, c’est aux femmes de choisir. Et comme je dénie aux spécialistes le droit de décider pour ma profession, je m’interdis donc d’intervenir sur la leur.
J’en resterais là si le texte n’ajoutait cette affirmation pleine de menace « Toute orientation contraire serait extrêmement dommageable pour la santé des femmes » suggérant que les femmes qui font le choix de consulter une sage-femme prennent un risque pour leur santé !

Je me permets donc de citer la Cour des comptes recommandait dans son rapport de 2011 de « Mieux articuler et valoriser les compétences relatives des sages-femmes et des gynécologues-obstétriciens en faisant encore davantage des sages-femmes des professionnels de premier recours pour le suivi des femmes en bonne santé ».

Curieusement, après une longue liste d’arguments spécieux déniant aux sages-femmes toute autonomie d’exercice, les gynécologues retrouvent soudainement leur pleine confiance dans nos compétences et nous accordent généreusement un nouvel acte, l’IVG.

Loin de moi l’idée de m’en offusquer, je souhaite, comme beaucoup d’autres, que les sages-femmes puissent participer aux IVG.
Mais cette unique exception prouve le peu de considération accordé à cet acte. Nos autres demandes, portées non pour élargir nos compétences mais uniquement pour nous donner les moyens de les exercer restent inaudibles.

 

Voilà, rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n’est la pitoyable métaphore aérienne.

Les gynécologues en appellent à l’aviation pour défendre leurs prérogatives. Ils oublient qu’un commandement unique, ça ne va pas du tout avec la réalité de la santé génésique qui peut, avec ou sans la sage-femme, nécessiter l’intervention conjointe de différents spécialistes.
Qui va piloter ?

Je vous renvoie au livre de Christian Morel « Les décisions absurdes« 
« La collégialité, dont l’efficacité a été mise en évidence dans les cockpits d’avion après bien des accidents, favorise la fiabilité des décisions prises »

Collégialité, c’est le mot qui me manquait !

 

 

 

Comme les textes auxquels je me réfère disparaissent parfois, je le copie ici :

L’ensemble des gynécologues médicaux et obstétriciens écrivent à Monsieur Debeaupuis chargé de ce groupe de discussion.

Monsieur le Directeur,

Après les réunions dites « décrets de périnatalité » et « premier recours » ayant eu lieu le 26 mai dernier, vous avez sollicité des contributions écrites.

Les gynécologues-obstétriciens et gynécologues médicaux, sociétés savantes et syndicats réunis, vous adressent ici leur contribution.

Trois valeurs fondamentales basent les rapports professionnels que les gynécologues­ obstétriciens et gynécologues médicaux ont avec les sages-femmes :

Rapports de confraternité et de respect mutuel dans la complémentarité de leurs professions. Les interactions entre gynécologues, gynécologues-obstétriciens et sages­-femmes sont quasi permanentes dans de multiples occasions de leurs exercices professionnels respectifs et, dans l’immense majorité des cas, elles se déroulent dans un esprit et une ambiance excellents.

Non confusion des professions. Même si ces professions sont « médicales » et que leur objectif est complémentaire dans le but de contribuer à la santé des femmes et de la naissance, leurs prérogatives, leur mode d’exercice, leurs compétences et leurs responsabilités ne sont pas les mêmes. Dans le cadre de l’organisation des soins sur un territoire donné, les praticiens ne sont pas interchangeables mais complémentaires et travaillent en coopérant entre eux. Il ne serait pas normal, et certainement dommageable, que la confusion soit entretenue auprès du grand public. La communication concernant la meilleure visibilité et le rôle de la sage-femme doit employer des mots justes et non ambigus.

Non équivalence des professions. Une formation en 5 ans (équivalent Master professionnel) ne peut jamais être équivalent à une formation en 11 ou 13 ans (doctorat professionnel suivi d’une spécialisation de 5 ans complétée dans la grande majorité des cas par un post-internat de deux années supplémentaires). Cette non équivalence doit se traduire par la reconnaissance de liens hiérarchiques de fonctionnement dans les situations qui associent les exercices, notamment en salle de naissance.

Sur la base de ces valeurs, et nous référant aux « demandes » formulées par les sages­-femmes, nous vous adressons les commentaires suivants:

1. S’agissant des décrets de périnatalité :

Nous avons compris qu’il s’agit de contribuer à la clarification des décrets existants et non de rédiger de nouveaux décrets. Pour nous, l’essentiel de la clarification doit porter sur les points suivants :

Organisation hiérarchique des professions médicales en salle de naissance. On n’imagine pas un avion dont le vol serait piloté de façon indépendante et autonome par les divers métiers qui en composent l’équipage. Il faut qu’il y ait un commandant de bord, à qui doit revenir la décision, et qui porte une responsabilité spécifique au-delà des responsabilités qui incombent à chaque professionnel individuellement.

Encadrement des personnels. La compétence particulière des sages-femmes dans le domaine de la périnatalité lui confère un rôle spécifique d’encadrement et de coordination de l’ensemble des professionnels non médicaux en salle de naissance et dans les secteurs d’hospitalisation où sont placées les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher. Les discussions sur le statut professionnel des sages-femmes ne doivent pas faire disparaitre cette responsabilité d’encadrement car ce serait un recul certain pour la qualité des soins en périnatalité.

La différence « physiologique/pathologique ». Une différenciation stricte est impossible tant les facteurs individuels qui doivent être pris en compte sont nombreux et une situation normale peut basculer à tout moment vers la pathologie. C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il n’est pas possible d’apporter plus de précisions sur ce sujet. Il appartient aux hôpitaux et aux cliniques de s’organiser de la façon la plus adaptée en fonction de leur situation locale pour accueillir de la façon la plus humaine possible les patientes dont la naissance est a priori programmée pour être « normale » par rapport aux patientes dont le risque obstétrical est supérieur et qui doivent pouvoir bénéficier de l’accès à un plateau technique adapté.

Il y a une confusion dommageable entre « urgences gynécologiques » et « urgences obstétricales ». Par définition, une salle de naissance doit être accessible 24h/24 7 jours/7. Cette notion est prise en compte par les décrets de périnatalité. Mais cela ne doit pas pour autant conférer automatiquement aux salles de naissance et à la zone d’accueil de l’urgence obstétricale une vocation à accueillir d’autres urgences, et notamment les urgences gynécologiques (sauf choix d’organisation de la structure en question, notamment pour les structures de moindre importance). Nous sommes favorables à ce que ce point précis soit clarifié en indiquant que, au sein des structures dont l’importance le justifie, les locaux et les personnels destinés à assurer ces urgences gynécologiques doivent être différenciés des locaux et du personnel dédié aux salles de naissance.

D’une manière générale il faut souligner la pluralité des professions concernées par les décrets de périnatalité. Les sages-femmes en font partie, mais pas seulement. Les décrets, dans leur ensemble, doivent être raisonnés et interprétés de façon pluri-professionnelle.

2. S’agissant des demandes de « premier recours » :

D’un point de vue général, le « premier recours » n’appartient pas à une profession individuellement, mais doit s’organiser de façon pluri-professionnelle sur un territoire donné. En particulier, pour ce qui est de leur domaine de compétences, les gynécologues-obstétriciens et gynécologues médicaux revendiquent de faire partie du premier recours et que l’accès direct à ces praticiens ne soit pas remis en cause, aussi bien dans le secteur d’activité public que le secteur libéral. Toute orientation contraire serait extrêmement dommageable pour la santé des femmes.

Dans le détail des demandes et des indications d’arbitrage en provenance du cabinet de Mme la Ministre :

IVG médicamenteuse : sous réserve d’une convention avec un plateau technique, dans les mêmes conditions qu’un autre praticien. Du point de vue des gynécologues­ obstétriciens et des gynécologues médicaux, rien ne s’y oppose.

Suivi des grossesses pathologiques et arrêt de travail supérieur à 15 jours pendant la grossesse : ce n’est pas dans les compétences professionnelles des sages-femmes. Les sages-femmes peuvent cependant contribuer au suivi de grossesses pathologiques sur prescription médicale, à la demande du médecin qui en a la responsabilité. La sage­ femme ne peut en aucun cas se substituer à ce médecin.

Examen postnatal : il n’y a pas d’examen postnatal « physiologique » si la grossesse ou la naissance ont été d’ordre pathologique. L’autorisation donnée à la sage-femme d’assurer la consultation du post-partum n’est acceptable que si en amont tout a été strictement normal. Il serait fort dommageable pour la santé des femmes de se priver de ce moment privilégié du post-partum destiné à faire le point précis des facteurs de risque qui ont conduit à la pathologie. Une consultation avec un médecin s’impose dans ces circonstances.

Il est normal que la sage-femme soit intégrée dans le parcours de soins et qu’elle puisse adresser elle-même la patiente au spécialiste gynécologue-obstétricien, gynécologue médical, pédiatre ou médecin traitant. Elle ne peut cependant se substituer à un médecin pour adresser à d’autres spécialités médicales (radiologues, cardiologues, néphrologues…)

La prescription d’examens complémentaires, d’arrêts de travail ou de thérapeutiques qui relèvent de la pathologie ne doit pas faire partie des prérogatives des sages-femmes dont les compétences sont limitées à la « physiologie ». C’est le cas pour la prescription des échographies de surveillance de la grossesse qui doivent se limiter à l’échographie de datation et aux échographies Tl, T2 et T3.

D’une manière générale, l’établissement d’un catalogue d’actes autorisés ou non ne nous parait pas judicieux car il ne peut être exhaustif. Si cette formule devait quand même être conservée, nous demandons à participer à son élaboration. Les points déclinés ci­ dessus peuvent servir d’exemple pour illustrer les principes que les prises en charge ne doivent pas être raisonnées de façon individualisée par une seule profession mais toujours de façon organisée et coordonnée, et que les professions ne sont pas interchangeables mais contribuent dans leur complémentarité à une prise en charge de qualité.

Nous espérons que cette contribution sera utile. Nous l’avons rédigée de façon concertée entre les différents groupes de sensibilité au sein de notre profession de gynécologues­ obstétriciens et de gynécologues médicaux afin que vous puissiez avoir un reflet synthétique de ce que nous pensons de façon très large.

Nous vous prions d’accepter l’expression de nos sentiments les plus cordiaux.

Le président du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français)

La présidente de la FNCGM (Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale)

Le président de la Fédération des Cercles de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Généraux

La vice-présidente du Syngof, Vice-présidente d’Avenir Hospitalier

La présidente du SGL (Syndicat des Gynécologues Libéraux)

 

 

 

19 commentaires sur “Crash”

  1. ambre dit :

    et puis, le coup de ne pas pouvoir adresser au spécialiste, de ne pas pouvoir prescrire tout examen complémentaire que l’on juge utile pour établir un diagnostic… se rendent-ils compte du coût pour la sécu? au delà du fait que c’est nier nos compétences dans le diagnostic de la pathologie…

  2. veronique dit :

    Bonjour,

    Je découvre le métier de sage-femme, qui est très varié et complet. Je fréquente assidument une maternité du 92 ces temps-ci (dépassement de terme) et je constate avec joie que mon médecin travaille de concert avec les sage-femmes, dans une atmosphère professionnelle et conviviale.
    Aussi j’espère que ce syngof ne reflète pas l’état d’esprit général des gynécos ! quelle est la légitimité de ce syndicat dont les déclarations semblent bien maladroites et confuses?
    bien sincèrement,

    VK

    1. 10lunes dit :

      Ce document a hélas été signé par l’ensemble des représentants des gynécos présents aux réunions du ministère de la santé sur notre profession.
      Mais il existe -heureusement- une autre vision du travail en équipe chez certains !
      La position des représentants est-elle réellement majoritaire ou font-ils seulement plus de bruit que les autres ???

  3. Koa dit :

    Je trouverais ce texte beaucoup moins urticant si l’immense majorite des femmes qui sont suivies par des gynecos etaient reellement « prises en soin », et ne se plaignaient pas d’etre consideres comme des sacs a bebe, d’etre expediees, jugees, sans soutien ni espace. Parce que lire toutes ces revendications sur « la sante des femmes » avec des fleurs plein la bouche, quand on voit comment lesdites femmes sont traitees dans les cabinets gyneco, vraiment, ca me rend dingue.

    Une pensee tres douce aux si rares gynecos humains et competents, dont je ne voudrais pas qu’ils se sentent agresses par mes propos du dessus.

    Une pensee aux SF que je benis tous les jours pour les si belles naissances de mes enfants.

    1. Hélène SCHOLL dit :

      Eh bien alors, qu’est-ce que les femmes attendent pour leur claquer la porte au nez à ces gynécos…?

      1. Koa dit :

        Sans doute de savoir qu’elles ont le choix. Savoir qu’elles peuvent etre suivies par une sf, par exemple. Et a en croire le texte qui fait l’objet de cet article, ca n’est pas une perspective qui ravit les gynecos.

      2. Hélène SCHOLL dit :

        On s’en cogne de ce que pensent ou veulent les gynécos! Cette information – pouvoir être suivie par une SF – est pourtant disponible sans avoir à chercher bien loin, il me semble. Mais c’est quoi cette société dans laquelle les femmes préfèrent subir la maltraitance médicale plutôt que de chercher les moyens de s’en libérer?

      3. Tout simplement une société dans laquelle le médecin est roi, voire même dieu lui-même !
        Bien souvent, lorsque je parle avec de futures mamans, qui me disent à quel point elles se sentent blessées par la façon dont leur gynécologue les traite (plusieurs heures d’attente pour un suivi absolument pas personnel, parfois agressif, non respectueux… et qui doivent se rhabiller dans le couloir), et que je leur parle du suivi par les sf, elles me répondent : « oui, mais mon gynéco ne serait pas content… »
        CQFD.
        Le plus important, à mon sens, c’est de redonner confiance aux femmes ! C’est à elles de décider de la façon dont elles sont suivies !

      4. Koa dit :

        Je vous trouve dure, Helene. C’est un conditionnement de societe, s’en liberer est un long processus, c’est un peu rude de dire « c’est facile, y’a qu’a le faire » (le message que je comprends grosso modo de votre commentaire).

        L’attitude des gynecos est importante parce qu’ils sont ecoutes, tant par une grande partie de leurs patientes qu’au ministeres.

        Je ne pense pas que les femmes (les humains) preferent subir la maltraitance (medicale, conjugale, societale, etc) plutot que de s’en sortir, je pense que realiser qu’on peut s’en sortir est un processus plus ou moins long et plus ou moins facile selon son histoire et l’evolution de la societe.

        http://www.parolesvaines.fr/lelephant-enchaine-un-conte-de-jorge-bucay/
        (j’ai cherche ce conte pour illustrer mon propos et l’ai trouve sur ce site, mais je ne connais le site en question et ne sait pas ce qu’on y trouve – je veux simplement vous citer le conte)

  4. La sorcière dit :

    🙁
    J’ai un espoir qu’un jour, ces vieux gynéco rétrogrades continueront à grommeler leur opinion et qu’on s’en fichera, parce que tout le monde saura qu’une SF a telle et telle compétence.

    Est ce qu’il faudrait pas arrêter d’attendre que l’état pro-gynéco fasse la promotion des SF libérales, et qu’on le fasse nous même ? Si les femmes savent, c’est pas ça le but premier ?

    1. 10lunes dit :

      Oui, on peut et on doit aussi le faire nous même. J’ai l’impression d’y participer autant que possible 😉
      Mais je constate quotidiennement que le message ne passe pas partout, loin de là. Et surtout, que d’autres s’attachent à défairent ce que nous faisons. « Une sage-femme ? Vous n’y pensez pas ! »….

  5. Marjea dit :

    Rha…. le coup du « il faut bien qu’il y ait un pilote dans l’avion »… me déclenche un choc anaphylactique !
    Qui surveille le tracé pendant le travail ? L’hôtesse de l’air… Qui lance l’alerte quand ledit tracé (ou autre avarie de vol) se casse la figure? L’hôtesse de l’air.. Le pilote, lui, il pionce, et l’hôtesse, elle n’a pas intérêt à le réveiller pour rien… ni trop tard.
    Et pour finir… Qui comparent une femme à un avion montrant ainsi la grande considération qu’ils ont des patientes ?

    1. marinette dit :

      Tout à fait ! Et que se passerait-il si le pilote commençait à vouloir superviser ce qui se passe du côté des hôtesses et des stewarts ? A vouloir contrôler les menus, etc… ? L’avion en serait-il pour autant mieux organisé ?
      Même leur comparaison ne tient pas la route !..

  6. Finlandaise1 dit :

    La comparaison avec l’avion est vraiment pitoyable ! (rires)
    Effectivement il y a une organisation hiérarchique dans l’équipage, au cas où, mais les situation vraiment dangereuses sont rares.
    Et quand bien même la situation devenait critique, il n’y a pas que le commandant de bord. Disons que son rôle est de prendre les décisions techniques, mais tout le reste, c’est les hôtesses et les stewards qui jouent le rôle important. C’est à eux de communiquer, de trouver les mots justes pour éviter les mouvements de panique dans la foule. Sans oublier la responsabilité de tout un chacun ! Même si le commandant était le meilleur du monde, mais que les passagers ne se sont pas renseignés, n’ont pas lu la doc, s’ils ne savent pas où sont les gilets de sauvetage et/ou font n’importe quoi avec, eh bien désolée mais c’est pas le système qui les sauve…
    Si on continue encore le même métaphore, il faudrait aussi remarquer que d’habitude le commandant reste assez discret, hormis le petit discours habituel. Mais il ne passe pas son temps au micro à répéter que c’est lui le chef parce qu’il a fait x années d’études et que les autres ont intérêt à lui obéir (hihihi).
    Quand tout se passe bien, le commandant branche le pilote automatique, laisse les autres faire leur boulot, et profite de la vue du ciel bleu 🙂
    (En tout cas chez SantaMoomin Airlines, où je suis une habituée, ils mettent le pilote automatique chaque fois qu’il fait beau ! Plus que quelques jours avant les vacances, youpi !)

  7. Mc dit :

    Je sors d’un rendez-vous avec un gynéco (echographe) à qui j’ai dit que je n’étais suivie que par une sage femme (grossesse et hors grossesse) et qui m’en a loué les mérites.
    La représentativité de ce genre de texte n’est donc pas à prendre au pieds de la lettre, ils ne sont pas « tous pourris »…
    Bon courage dans vos batailles que je soutiens à 100%.

  8. Bela dit :

    Petite expérience que j’aimerais partager : j’ai découvert le métier de sage-femme aux cours de préparation à la naissance de mon 1er enfant (né en 2012). J’y ai rencontré une SF géniale, à l’écoute…à mille lieues du suivi très médical de ma (pourtant très sympa) gynéco. Et puis me voilà de nouveau enceinte. Mon 1er réflexe : appeler cette merveilleuse SF pour être suivie. Pas de chance : elle n’assure pas les suivis de grossesse. Elle me conseille alors l’une de ses consoeurs. Pas de chance : elle n’assure pas les suivis de grossesse. De guerre lasse j’ai appelé ma gynéco. Alors ? Pénurie de SF en Ile de France ? Dans tous les cas, l’info est passée. Simplement certaines d’entre nous n’ont pas le choix !

  9. Humbert dit :

    La relation que vous décrivez entre médecin et sage femme, et celle que décrit la Haute Autorité de santé me semble tout à fait pertinente. Utiliser les sages-femmes pour les cas courants et recourir aux gynécologues obstétriciens pour les cas extra-ordinaires.
    Cela me fait penser à ce que j’ai vu en Angleterre:
    Dans le cas de pathologies psychiatriques légères, le médecin généraliste assurait l’essentiel des soins, ne faisant appel à un spécialiste que lorsque le cas sortait de l’ordinaire, ou en tant que référent.
    Évidemment, je comprends que cela déplaise aux gynécologues obstétriciens: si pour les accouchements « standard » on a de plus en plus recours aux sages-femmes, on va avoir besoin de moins de gynécologues obstétriciens. Et comme leur tarif doit être plus élevé que celui des sages-femmes, il est probable que la Sécu arbitre en faveur des sages-femmes…

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