Que du bonheur ?! (1)

Publié par 10lunes le 12 mai 2014 à 09 h 31 dans Après

 

famille 2

« Je ne pensais pas que ce serait si dur ». Son premier enfant, si longtemps attendu, si longtemps espéré, a juste deux semaines. Et c’est la première phrase qu’elle prononce en franchissant ma porte.

Aborder le post partum en préparation à la naissance est difficile. L’énergie des femmes et des couples est tournée vers le point culminant du parcours d’obstacles : l’accouchement.
Les sauts précédents, on les évoque en direct. Il est facile de déminer ensemble le décalage entre l’idéalisation de la grossesse – promesse de pur épanouissement – et la réalité quotidienne.

L’après, on croit le connaitre… Les futurs parents pensent aborder un rivage accueillant. Il est en couverture de tous les avatars de « Ma famille magazine » avec un couple radieux – forcément reposé, souriant, amoureux – s’extasiant devant un nourrisson au sourire enjôleur…
Que du bonheur !
Et ça parait si logique ; leur enfant a été dé-si-ré, quasi programmé (juste quasi pour cause de gamètes parentales capricieuses).
Ils se projettent forcément dans un après idéalisé.

Oh, tout le monde sait bien qu’un nouveau-né pleure mais chacun se pense à l’abri. Il sera un parent attentif se précipitant au premier appel, et le petit s’apaisera dans l’instant grâce au sein ou au biberon. Au pire une couche mouillée, un rot de travers… toutes choses facilement gérables.

Il faut donc avertir – en cassant un peu le rêve – que certains moments seront difficiles, que la nature a prévu que les pleurs soient insupportables et qu’elle a bien bossé sur ce coup là.
Qu’il est difficile de donner le maximum pour répondre aux besoins de son tout-petit, au point d’en oublier les siens, et de ne pas en être récompensé par un bébé paisible et certifié conforme.
Que chacun s’attend à des nuits entrecoupées de pleurs mais que cela devient intolérable quand les pleurs viennent vous cueillir dans les premières minutes d’un difficile endormissement et que c’est le énième espoir déçu d’une nuit reposante.
Que tout conjoint va rentrer un soir de son travail, un peu jaloux de la femme en congé maternité qui peut « profiter du petit » et qu’à peine la porte franchie, il réceptionnera un enfant hurlant et inconsolable déposé dans ses bras par une mère tout aussi inconsolable épuisée par une journée chaotique.

Il ne s’agit pas de noircir le tableau, juste de le rendre plus réaliste.
Il y a ces chouettes moments où l’enfant blotti contre soi s’endort en toute confiance, ou il tète avec avidité, témoignant par de petits bruits de son ravissement. Il y a ce regard profond et ces premiers sourires qui font craquer les parents même s’ils ne sont pas encore tout à fait intentionnels. Il y a même ces moments où l’on peut poser l’enfant endormi dans son berceau et s’étonner d’avoir du temps pour soi (mais qu’est-ce qu’on en faisait avant de tout ce temps ?).
Voilà, il y a -aussi- plein de moments de vrai bonheur.

Mais tout parent normalement constitué se dira un jour «  quelle connerie d’avoir voulu un bébé ! »
Le même parent sentira parfois la colère l’envahir, à quelques millimètres du précipice et d’un geste violent envers son enfant.
Se sentir totalement dépassé fait partie du postnatal. Il faut donc savoir s’en préserver et oser demander de l’aide à ses proches, afin d’être soutenu voire parfois relayé.

Et trouver comment se sentir conforté dans sa compétence parentale.

Au cabinet, nous organisons une rencontre postnatale. Les couples d’un même groupe de préparation se retrouvent pour se raconter les naissances, se présenter leurs nouveau-nés et surtout causer, causer, causer… de tous les aléas du quotidien.
Très souvent, entendre chacun évoquer ses doutes et ses moments de ras le bol est plus thérapeutique que toute autre parole.

Chacun redevient, par  la magie d’un vécu commun et partagé, un parent « suffisamment bon ».

 

NB : Ce billet fait partie d’une « série à thème », presque une commande, issue d’une « discussion » sur Twitter sur le différentiel entre la plénitude annoncée et le quotidien chaotique. Les angles d’abord sont multiples… J’y reviendrai surement bientôt.

 

 

58 commentaires sur “Que du bonheur ?! (1)”

  1. J’aime beaucoup ce billet, jeletrouve très juste, et pourtant le sujet n’est pas simple. bravo et merci !

  2. Marianne dit :

    Et ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que nous serons nombreux à vivre tout ça (et les inévitables tensions que ça génère dans le couple) et à recommencer! Sur le mode : « quel enfer ces gamins!!! … on en fait un autre? »

  3. working mom dit :

    Oh mais comme ce billet me parle! Surtout avec mon bébé, 2 mois, actuellement en écharpe, qui a un comportement pas toujours facile après une naissance compliquée..

  4. Daria dit :

    Bravo ! Cet aspect là n’est pas assez souvent abordé je trouve. Et même si, avant la naissance, on est pas forcément prêt à l’entendre, je trouve ça bien d’en parler quand même, histoire de ne pas tomber complètement des nues quand ça nous arrive.

  5. Cette realité miroitante c’est vraiment quelque chose d’ancrée. Et le pire c’est que les parents (les mamans ?) en font souvent l’apologie, continue a transmettre cette idée de maternité parfaite et epanouissante. Qui n’a pas eu une (bonne) copine pour lui dire « oh j’adore, mon bébé est parfait il fait caca qui sens la rose et ne pleure jamais, mon homme est le meilleur des peres, notre sexualité n’a jamais ete aussi belle, on s’aime plus que jamais, et notre bébé… Ah… ah !!!!! »

    Un peu comme le « je me suis senti mere des que j’ai su que j’etais enceinte », prends ca dans les dents quand toi t’as ton bébé dans les bras et que le lien ne vient pas…..

    C’est pas facile, surtout quand la famille est loin, surtout quand on a personne pour « deleguer », pas evident et pas possible de faire autrement… alors on survit en attendant de sortir la tete de l’eau.

    Merci pour ce billet.

    1. Madame Sioux dit :

      Moi, j’avoue que je ne sais plus sur quel pied danser en ce moment. Je suis en phase de reconquête de mon « moi » après 3 ans et demi où j’ai été principalement tournée vers les 2 enfants que j’ai mis au monde (et hyper maternés).
      Du coup, j’ai la parole assez libre et réaliste sur le côté difficile de la maternité. Et bin du coup, j’ai un pote qui me sort l’autre jour que je suis une pub vivante pour l’avortement (!) et toutes les jeunes femmes (non mères) avec qui je discute de ma fatigue semblent effrayées et se demandent tout haut si elles seront prêtes à avoir un jour un enfant…
      Alors que moi, je suis persuadée qu’il est vital de rééquilibrer le tableau, pour être personnellement tombée de très haut avec mon aîné. Mais comment le faire sans faire peur ? Ou cela signifie-t-il que ceux qui ont peur ne sont finalement pas vraiment prêts à accueillir un enfant ? Mais en même temps ceux qui passeront outre mes dires en arguant que c’est forcément merveilleux puisqu’on réitère généralement l’expérience, sont de doux rêveurs qui ne veulent pas entendre la réalité et tomberont à leur tour des nus ?!!
      Je ne sais vraiment pas.
      La seule chose que je sais, c’est qu’il faut être entouré et qu’à partir de là, ça devient plus vivable effectivement.

  6. elihah dit :

    les mags ‘féminins’ (et pseudo-psy) diffusent depuis une vingtaine au moins d’années ce mythe de la maternité parfaite et merveilleuse, si tu te loupes tu es nulle, qui fait pas mal de dégâts puisqu’elle comporte aussi le volet: femmme=mère, si pas mère, pas d’existence sociale.

  7. Mlle Loutre dit :

    Qq semaines après la naissance, ce n’est pas le plus dur j’ai trouvé, car à 2 ou 3 mois, on sait que c’est normal que bébé ne fasse pas ses nuits, qu’on ait encore des kilos qui persistent, qu’on n’ait pas encore complètement retrouvé ses marques avec son conjoint.
    Mais j’en ai voulu à ma mère, ma belle-mère, mes tantes de ne pas m’avoir prévenu que ça pouvait durer. Que ça serait peut être encore le cas à 1 an, puis 2, que je serais continuellement épuisée par son bavardage incessant, sa façon de faire EXACTEMENT ce que à l’instant t je ne pouvais pas supporter qu’elle fasse (à croire qu’elle SAIT ce qui se passe dans ma tête).
    Alors oui j’aime ma fille, non je ne m’y recollerai pas et je vous jure que toutes mes amies sont maintenant conscientes qu’être mère c’est tout sauf un long fleuve tranquille.

  8. LaPetiteMaison dit :

    Chère Dix Lunes, merci pour tes récits…Rien à voir ou presque… : à quand un billet sur la dépression du post partum ? Vrai tabou, pourtant pas aussi rare et pourtant trop rarement abordé, une dépression, comme les autres, si importante à prendre en charge… j’aurai aimé être prévenu, être mieux préparé malgré son évocation à demi-mot par ma sage-femme en consultation pré natale mais qui veut vraiment entendre ce genre de chose quand on entend dire à tout-va que c’est justement que du bonheur !!!!). Je n’ai jamais été (vraiment) questionné sur mon état physique et mental, en tout cas pas assez profondémment pour détecter une dépression, mis en confiance pour pouvoir parler de « ces-choses-dont-on-n’ose-pas-parler » car en général c’est un sentiment de honte qui nous accompagne. Pouvoir être soutenu, soigné c’est pourtant essentiel . A quand un vrai suivi de la maman en post partum ? C’était mon premier…

    1. DéformationsZebrées dit :

      La dépression du post-partum?… Etudiante sage-femme et très bientôt « bébé sage-femme », j’avais vaguement entendu parler de ce truc là, qui-peut-arriver-en-post-partum(PP). Sauf que le PP, nous on le suit surtout à l’hôpital pendant nos stages. Sur cette courte période de séjour à la maternité, nous accompagnons le baby blues. Présenté en cours comme une étape normale, conséquence des courtes nuits, des hormones, de la montée de lait, d’une prise de conscience … Quelques mouchoirs, du repos, et c’est reparti.
      Rares sont les suivis à domicile. Parfois la PMI, la sage-femme continueront de rencontrer la femme, et son enfant (la surveillance med. concerne surtout l’enfant). Les relations de confiance, celles qui étaient déjà là avant la naissance, qui permettent l’expression des sentiments, ne sont pas souvent là. On n’ose pas demander, petites filles sages, « mères responsables et autonomes ».
      Je fait mon mémoire de fin d’étude sur ce sujet. Proposer concrètement des outils pour poursuivre le suivi, le soutien que la sage-femme constitue pendant la grossesse en postnatal. Faire connaître la thématique aux soignants. Et aux parents, bien sur.
      Soyons à l’écoute, il y a autour de nous certaines sur le point de flancher, bouillante de rage de fatique de colère d’exasperation de besoin d air et de solitude.

  9. SLMC dit :

    Etonnament, je n’ai jamais eu affaire à ce genre de sentiments après la naissance de mes deux aînés. Etait-ce parce que j’étais très jeune et donc plus « malléable » ou parce que mes bébés étaient de vrais anges ? Pourtant, je me souviens encore des moments où mon aîné pleurait sans qu’on sache ce qu’il avait, des nuits entrecoupées toutes les deux heures par des tétées difficiles… Mais jamais je ne me suis dit que j’avais eu tort, et jamais je n’ai eu l’impression que c’était plus dur que prévu. Mon jeune âge et le fait que tout le monde ait tenté de me dissuader d’avoir ce bébé faisaient que j’étais préparée à pire, paradoxalement.
    En revanche, pour mes deux filles, nées respectivement 4 ans et 6 ans après mon second enfant, j’ai eu ces sentiments. J’avais si bien vécu les deux premières naissances que j’idéalisais complètement la maternité. Et finalement, j’ai eu beaucoup plus de difficultés…
    C’est la vision première qu’on en a qui décide beaucoup des impressions que nous ressentirons par la suite. Que tout ne se passe pas super bien sera moins « grave » et perturbant si on s’y attend !
    Bravo pour votre action !

  10. LaPetiteMaison dit :

    Pardon, en cherchant un peu, vous avez en effet publié d’autres billets sur la dépression du post partum. Et oui ce qu’il manque, en tout cas pour mon cas, ce qu’il m’a manqué c’est du monde à la maison car oui comme vous l’expliquez si bien, nous n’avons plus ni mère, ni grand-mère à proximité et disponible pour nous soutenir. Mon compagnon a malgré sa (trop courte) période de congé repris son travail, avec lui aussi ses journées bien remplies. Reste la solution d’une auxiliaire de vie, formée, présente à la maison, au quotidien, afin de traverser cette période difficile. Et je pense qu’en cas de souci, avec la prescription d’un médecin (encore faut-il en trouver un qui soit conscient de l’urgence et qui connaissent la dépression du post partum), les prestations d’une auxiliaire de vie peuvent être prises en charge par la sécu ou en bonne partie.

  11. J’aurais aimé lire ce billet dans les semaines qui ont suivi la naissance de mon premier enfant ! J’étais si mal, et si honteuse de ne pas nager en plein bonheur (après un bébé tellement attendu, il FALLAIT être les plus heureux du monde…) que je n’osais pas avouer à quel point c’était difficile. Même quand on me tendait des perches… Je n’ai réussi à l’évoquer qu’à demi mots avec le généraliste, qui a su voir que je n’allais pas si bien et qui a eu assez de tact pour me soutenir sans jamais me mettre mal à l’aise.

    Je me suis longtemps demandé si je suis tombée de haut parce que je n’avais pas été assez informée, ou parce que je n’avais pas voulu entendre que ce serait difficile. Ce qui est sûr c’est que l’arrivée de mon deuxième enfant a été beaucoup plus zen et épanouissante !

  12. Fanny dit :

    Mais même avec un bébé des magazines et son petit frère parfait, avec un accouchement cool et un corps pas trop molesté, je me sens dépassée, j’ai pas une minute à moi, je me divise en 4 isolée de ma famille.
    encore une fois 10 lunes tu fais mouche!

  13. Aurélie dit :

    J ai vécue CE tableau noir. Et j ai été jugée par des « amies » me traitant dans le dos de mère incapable. Je souhaite moi même à ces/cette mère de vivre ce que j ai vécu . Les hurlements, les nuits blanches de pleurs, la fatigue, les disputes de couples, l’envie de tout balancer ….Pendant qu’elle/elles arborait un tableau idyllique avec son bébé né à qq jour du mien. (Il fait ses nuits, il ne pleure pas, il est magnifique …). J adore quand ce genre de billet est écrit de la main d’autrui ça remet parfois les pendules à l’heure. Parceque sous prétexte que j avais voulu un bébé je devais me la fermer et ne pas chercher du réconfort, je devais subir, ça fait soit disant parti du lot de la maternité. Facile a dire quand tout est parfait chez soit. Je te remercie pour ce billet que je vais me faire encore un malin plaisir a partager, afin que ces/cette mère puisse le lire.

    1. Céline Naceri DIon dit :

      Un petit mot à toi Aurélie, puisque j’ai moi aussi eu des tensions avec mes amies dans les temps qui ont suivi la naissance de mon enfant. Elles n’ont pas compris que je m’isole, elles étaient loin et je n’ai pas su leur demander d’aide, je sombrais, seule, alors qu’elles vivaient également des choses difficiles (divorce, chômage et grosses difficultés financières..) A présent on a réussi à revenir les unes vers les autres, parce que notre amitié est plus forte, mais je sais qu’avec certaines, je n’ai pas abordé pleinement le sujet, je le ferai et peut être quand une grossesse pour l’une d’elle arrivera. L’une d’entre elles, déjà maman, m’a surtout reproché de ne pas lui avoir demandé d’aide, car elle avait vécu ça aussi, ça avait été dur, je ne le savais pas vraiment et elle aurait sûrement aimé que j’ai besoin d’elle, de son expérience; j’aurais aimé l’avoir et je n’ai pas osé, pas su que je pouvais lui demander. Peut être que ton amie cache aussi quelque chose qu’elle vit mal. Quoiqu’il en soit j’espère que vous pourrez vous parler, vous comprendre et vous aider.
      Plein de courage.

  14. aurélie dit :

    Comme ton commentaire me parle boudiou … j au vécu exactement ça. Une copine ayant accouché 10 jours après moi :tout était merveilleux dans le plus merveilleux des mondes. Pendant que je vivais ce qui est décrit dans ce billet. A me faire douter de mes capacités de mère.

  15. Babeth dit :

    Juste… Merci <3

  16. -Elodie- dit :

    Très juste ce tableau que tu nous dépeins.Je m’y suis totalement retrouvée! Heureusement le temps passe et les choses deviennent un tout petit peu moins dures chaque jour qui passe 🙂

  17. Aurélie dit :

    Ma soeur ayant des enfants je le savais que la grossesse comme les débuts (peuvent être long les debuts 2-3 ans) avec un enfant n’étaient pas rose tous les jours. Et pourtant 2 petits jours seulement après mon acct ça met tombé dessus et j’en suis sortie seulement au bout de 2 ans… Je me suis souvent demandée si pour me sauver moi même il était plus utile de partir et de laisser mon fils avec mon mari ou de laisser aller ma voiture sous le premier camion qui passait. Visite de routine chez ma gyneco 18 mois apres mon acct, elle me demande comment je vais et là 18 mois de pleurs sont sortis en 10 min. Elle m’a de suite adressé à une psychiatre qu’il s’occupe des post partum, 1 ans à la voir une à deux fois par semaine et enfin le bout du tunnel.
    Le comble de tout, je suis infirmière en psychiatrie !

  18. Stéphanie dit :

    Ce billet décrit très bien pourquoi je ne veux PAS d’enfant. Mais j’ai l’impression d’être la un cas rare à visualiser réellement ce qu’est un bébé… Et SURTOUT qu’il va grandir après (m’angoisser pour les examens de ma progéniture ? non merci j’ai déjà donné).

    1. Madame Sioux dit :

      Je te confirme, je trouve ça dingue que des gens arrivent à visualiser ce que c’est sans l’avoir vécu et à choisir en conséquence. Moi j’avais vraiment le tableau idyllique en tête et peu de choses auraient pu me faire imaginer le contraire je crois. Je n’ai jamais regretté mais j’en ai bavé, c’est clair.
      En tous cas, je comprends bien ton point de vue 🙂

      1. fjell dit :

        Moi aussi, je visualisais bien ce qu’était un enfant (pas forcément un bébé) : responsabilités, conflits, règles, regard des autres sur ce que tu fais en éducation… et c’est pour cela que je n’en voulais pas non plus. Donc je te comprends très bien aussi.

        L’envie est venue très tard : c’est une remise en question permanente, ce qui fonctionne un jour peut ne pas le faire le lendemain, ce qui marche avec un enfant ne marche pas avec l’autre… Les principes hérités des générations précédentes, les idées préconçues et les jugements à l’emporte-pièce volent en éclats à l’arrivée d’un enfant, individu à part entière dès la naissance.

        Maintenant qu’ils sont là, je me dis : « Que j’aurais été pauvre sans enfant » : quelle richesse et quelle ouverture d’esprit ils peuvent apporter !!! C’est un peu comme la vie de couple : ce n’est pas forcément facile tous les jours, il faut faire des concessions et pourtant, on s’enrichit mutuellement.

      2. Koa dit :

        Fjell, je sens les choses comme toi : j’adorais ma liberté, j’adorais voyager (j’avais visité la moitié de la terre, depuis 6 ans, je n’ai pas quitté l’Europe. Je pourrais voyager avec mes enfants, mais c’est mon budget qui a pris une méga claque…), j’adorais ma vie de couple sans enfant(traîner au lit en amoureux le week-end, les restos, les sorties, les dîners chez les copains qui finissent au milieu de la nuit, le ciné quand on veut, etc…).

        Aujourd’hui, je me dis que tout ça, c’était bien agréable, et que quand elles auront quitté le nid, je serais ravie de le revivre. Mais en comparaison avec ce que c’est qu’avoir des enfants… Comme toi, c’est le mot « pauvre » qui me vient.
        Bises aux mères et à celles qui n’ont pas envie de l’être.

  19. Astrabel dit :

    Billet très très juste, qui fait beaucoup de bien. Cette période difficile j’en suis sortie, ma plus petite ayant un an. Mais je me souviens très bien de ces sentiments si contradictoires que je pouvais ressentir avec mon premier bébé. Ce qui me frappe dans ce que tu écris, c’est que tout parent passe par cette phase. Et pourtant, je me sentie seule, bien seule face à ce bébé que je peinais à comprendre. Pourquoi l’entourage (sans forcément parler de nos parents pas nécessairement à proximité) ne nous épaule pas plus. Demander de l’aide, effectivement avec du recul, ça me parait la chose à faire. Mais quand on a la tête sous l’eau, on aimerait mieux que l’aide arrive par elle-même, que ça paraisse logique à l’entourage qu’on ait besoin de souffler, rien qu’une demi-journée. Aujourd’hui j’essaie d’être attentive à mes amies ‘nouvelle maman’.

    Pour moi, le plus difficile dans le post-partum, ça a été la solitude. ça donne envie de créer des petites structures (comme des cafés-asso) pour rompre l’isolement des mères en congé mat’ !

    1. Madame Sioux dit :

      C’est ça en fait, il faudrait qu’il y ait ce fonctionnement de « communauté » où finalement, toutes les femmes de notre entourage, a fortiori si elle sont mères et sont passées par là, viennent d’elles-même filer un coup de main sans qu’on demande (un repas par ci, un coup de balai ou une machine de linge par là, 1h de liberté pour aller s’aérer, etc). Mais moi, perso, pour mon 1er, je craignais trop d’être « envahie » par mes ascendants. Société individualiste, quand tu nous tiens…!

      1. Poulpy dit :

        Et pourquoi seulement les femmes pour s’occuper du coup de balai, du repas, de la machine de linge? Les hommes de ton entourage sont tous manchots?

      2. ES dit :

        Madame Sioux a écrit:
        « C’est ça en fait, il faudrait qu’il y ait ce fonctionnement de « communauté » où finalement, toutes les femmes de notre entourage, a fortiori si elle sont mères et sont passées par là, viennent d’elles-même filer un coup de main sans qu’on demande (un repas par ci, un coup de balai ou une machine de linge par là, 1h de liberté pour aller s’aérer, etc).  »

        Je suis en partie d’accord avec toi… En partie, parce que pourquoi seulement les femmes ? Il n’y a pas besoin d’avoir 2 chromosomes X pour pouvoir faire de la cuisine ou laver du linge, et les hommes de l’entourage pourraient tout à fait s’impliquer aussi. D’ailleurs, il me semble que des congés paternité plus longs (à supposer que ce soit faisable sur le plan économique) seraient vraiment utiles pour éviter aux jeunes mères de se sentir parfois un peu abandonnées avec leur nouveau-né…

  20. Je n’en suis, nous n’en sommes pas encore la avec mon compagnon : on fait partie des « chanceux qui n’ont pas de bol » et sans l’aide de la medecine, les chances qu’on arrive a faire un bebe sont tres maigres.
    Et ca me fait peur. Parce que cet enfant, on l’attend, on l’espere depuis longtemps, on galere en esperant y arriver. Forcement, on se dit qu’une fois qu’on y sera arrives, qu’une fois que ce bebe tant attendu sera la, tout sera merveilleux. Mais ce n’est pas le cas.
    Et oui, ca me terrifie.
    Merci 10Lunes pour ce bel article (et tous les autres aussi)…

  21. Steff dit :

    Très juste!
    et après 3 enafnts en quatre ans  » mais qu’est ce que je faisais de mon temps avant » est devenue ma phrase/pensée fétiche, un vrai gimmick!!

  22. Céline Naceri DIon dit :

    Si seulement j’avais pu lire ça avant! Au moment où j’étais au fond… Merci!

  23. Agnès dit :

    J’avais lu plein de billets comme ça avant la naissance de ma fille, du coup j’étais terrifiée…
    …et je crois que cette angoisse m’a bien pourri mes premières semaines, le temps que je me mette en selle. Bébé pleurait, je pleurais aussi. Une fois que j’ai eu confiance en moi, grâce à l’aide de ma sage-femme très à l’écoute, tout s’est passé beaucoup mieux avec bébé.

    C’est sûr que c’est beaucoup plus difficile d’être mère dans la vraie vie que dans les magazines, mais il y a quand même moyen que ça se passe bien ! Promis !!

  24. plume rouillée dit :

    L’ensemble des commentaires montrent que donner ce genres d’information est en effet indispensable… Mais enceinte de mon premier enfant, j’avoue que je commence à en avoir ras-le-bol d’entendre raconter combien la vie avec notre enfant sera infernale. Ah c’est sur, pour le coup, en cas de difficulté, notre entourage ne sera pas culpabilisant, puisqu’il s’attend à ce qu’on en bave! On ne vend pas ce bonheur de magazine, aurait-on voulu idéaliser la parentalité qu’on n’en aurai pas eu le temps… Mais du coup, nous avons presque l’impression d’être les deux seuls naifs à attendre avec impatience l’arrivée de notre bébé. Bon, je noircis un peu le tableau, parents et amis sont heureux nous, mais bon..
    C’est vrai que c’est important d’être informé, de connaitre la réalité de la vie avec un bébé. C’est important de savoir tout ce que l’on peut ressentir de négatif, pour ne pas culpabiliser. Mais cela doit quand même être possible sans tomber dans le travers inverse? J’imagine que cela doit être difficile de donner une information équilibrée.

    1. Aliénor dit :

      je ne suis pas tout à fait d’accord, l’entourage peut quand même être culpabilisant, tout le long de la vie de ma fille aînée (jusqu’à ce que je sois enceinte du deuxième environ) on m’a dit que plus tard, ce serait pire. quand elle est née, je devais en baver la nuit, quand elle a fait ses nuits à 15 jours (oui, ça arrive) on m’a dit qu’avec les dents ce serait fini, quand elle ne s’est quasiment jamais réveillée pour les dents, on m’a parlé des cauchemars…. il y avait toujours un truc pire qui m’attendait… ça m’a démoralisée, alors qu’elle était parfaite… et si j’avais le malheur d’être fatiguée, on me reprochait cette fatigue alors que j’avais une fille parfaite, ou bien on me disais que j’avais été bien prévenue… comme si j’avais fait ma fille seule et sur un coup de tête… armez vous de patience, mais pas que pour ce bébé à venir… bonne suite de grossesse!!!

    2. Koa dit :

      Plume, quand j’étais enceinte de mon premier enfant, j’avais tellement intégré ces remarques que j’avais dit, un jour, à ma thérapeute « je sais bien que quand mon bébé sera là, j’aurais parfois envie de le jeter par la fenêtre, mais… » (je ne me souviens plus de la suite, mais un truc du goût de ce que tu dis : je suis tellement heureuse de l’attendre, ou je serai tellement heureuse quand il ou elle sera là…).

      Ma thérapeute m’avait regardé d’un air presque choqué, en disant « mais pourquoi tu penses que tu auras envie de le jeter par la fenêtre ? »

      Moi : « ben, tous les parents ressentent ça, non ? Quand ils pleurent longtemps ? »

      Elle : « mais non, tous les parents ne sentent pas ça ! On peut être excédé parfois, mais la plupart du temps, on est plutôt émerveillé par son bébé… »

      Ca avait été une révélation. J’avais entendu ce qu’elle avait dit, mais c’est surtout son air choqué qui m’avait fait tilt : non, tout le monde n’attendait pas de moi que je sois « défiante » par rapport à ce bébé encore dans mon ventre !!

      Je me suis mise à attendre mon bébé plus sereinement. Et de fait, elle va avoir 6 ans, j’ai déjà été excédée, sur les nerfs, etc, mais jamais je n’ai eu envie de la balancer du 1er étage… Par contre, elle m’a si souvent émerveillée que je tiens un cahier pour consigner tous ces moments (et il a plein de pages :-p )

      Bonne attente de votre merveille, réjouissez-vous bien, c’est déjà commencer à créer du lien <3

  25. Aliénor dit :

    tout y est, ou presque, il manque juste le couplet avec les belle mères, belles sœur, pseudo amies…. pleines de bons (mauvais) conseils sur notre allaitement qui n’est forcément pas bon vu que bébé pleure, sur notre fatigue que nous ne savons pas gérer alors elles vont s’occuper de bébé à notre place, sur notre inexpérience de parents, alors que elles, elles savent, leurs visites impromptues pour « voir MON bébé que je n’ai pas vu depuis tellement longtemps! », sur les kilos qu’on devrait perdre vite vite, sinon ils vont s’installer, enfin on nous dit ça, ça est pour notre bien, c’est comme,nos cernes,il faudrait y faire qqch car notre mari ne va pas rester longtemps avec nous avec cette mine la….

  26. G. dit :

    Qu’y aura-t-il dans « Que du bonheur?! (2) » ? 🙂

  27. Pistouche dit :

    Merci pour ce billet, il pose les mots justes sur ce décalage que j’ai vécu.
    Je regrette que ma sage-femme ne m’en ai pas parlé, je pense qu’elle aurait été capable de dresser un tableau équilibré, ni tout noir ni tout rose, et que je l’aurais écoutée.
    Je me souviens que je pensais que mon bébé n’était pas « normal », je me demandais si ça risquait d’influencer toute sa vie et je pensais que la galère allait durer pendant des années et des années alors que dans mon cas, au fil des mois, tout s’est mieux passé.
    Aujourd’hui je me prépare à accueillir mon deuxième dans quelques mois, j’ai peur de revivre ce décalage douloureux et en même temps j’espère être cette fois mieux préparée, on verra!
    Pour réagir au commentaire de Plume, je pense que le billet de Dix lunes est juste car nuancé, non ce n’est pas l’enfer, oui il y a plein de moments merveilleux et au risque de tomber dans le cliché, c’est vrai qu’il suffit d’un sourire pour oublier toutes les galères. Bref, c’est beaucoup beaucoup beaucoup de bonheur… mais pas que.

    1. fjell dit :

      Que ça me parle aussi : « Mon bébé a un problème ». Après un accident de voiture à 7,5 mois de grossesse, la lâcheté de ma SF qui devait passer me voir en post-AAD et qui m’a laissée tomber à deux semaines du terme, et la non venue de ma SF AAD pour réaliser l’accouchement à domicile, je pensais que mon bébé avait hérité de tout mon stress et que ça l’avait gâché. Il pleurait beaucoup : c’était à cause de tout ça… (Enfin, en mon fort intérieur, je ne peux pas imaginer que ça ne lui ai pas laissé de traces).

  28. Astrey dit :

    Je me retrouve également dans cette description, mais je suis également révoltée par le fait qu’on n’informe pas non plus sur les douleurs post-accouchement. La convalescence, la frustration de ne pas pouvoir s’occuper de son bébé les premières semaines car on ne peut pas tenir debout. Je sais qu’ on n’est pas toutes égales, chacune récupère différemment, mais tout dans les livres, les séances de preparation, les conseils des sf est dit pour expliquer que l’accouchement est le moment le plus dur à passer, alors que pour moi la suite est bien pire !
    Maintenant, je ne comprend pas pourquoi on s’éternise à parler des bobos de la grossesse alors qu’il n y a qu’une demi page par livre ou moins sur les suites d’une épisiotomie, d’une cesarienne, d’une déchirure ….

  29. Gaïa dit :

    Merci 10lunes pour cet article, comme pour tous les autres !

    Pour ma part j’aimerai surtout te remercier pour cette petite ligne, sur la violence qu’on peut parfois porter en nous devant ce petit être qui ne dépend que de nous et qu’on aime pourtant…

    J’ai bien vécu les hurlements incompréhensibles de mes filles, les nuits entre coupées, les tétés de 3h, tout ca… Mais parfois, parfois il y avait un évènement, insignifiant, incompréhensible, qui levait en moi des montagnes de violence à contenir. Et quand je dis violence, je parle de vraie violence et je me souviens avoir pensé « il ne faut plus JAMAIS qu’on me laisse seule avec elle, je suis un danger pour elle » ou encore « comme je comprends cette maman dont j’ai lu dans le journal qu’elle a tué son enfant et qu’on juge si durement »

    C’était rare, mais qu’est-ce que c’est terrible à vivre, surtout quand on ne se connait pas comme ça, qu’on ne s’attend pas a cette tempête, qu’on ne sait pas qu’on a parfois le droit d’être au bout du bout, mais que ça n’entraine pas forcement de passage a l’acte. J’ai mis longtemps a en parler, et juste a des gens qui m’ont fait par de ce même sentiment, jamais a mon mari, ou a ma maman qui auraient pu prendre le relai, de peur du jugement…

    Et j’aimerai rajouter un mot a propos de commentaire qui ont été écrit plus haut, sur les remarques de l’entourage. Moi j’ai entendu milles fois, quand je parlais de quelques difficultés « petit enfant petit soucis, grand enfant grand soucis ». S’il vous plait, ne dite jamais cette phrase a vos proche, même si c’est dur avec vos ado, même si vous avez totalement oublié vos propres difficultés avec vos bébés, ou que vous n’en avez pas connu : cette phrase, dans l’oreille d’une jeune maman veux dire « c’est rien ce que tu vis, ne te plains pas, à côté de moi ta peine est minime, puis ça sera tellement pire après, si tu n’y arrive pas maintenant, imagine toi dans 15 ans… ». Les difficultés ne se comparent pas, les histoires non plus, les époques encore moins. Et c’est pas l’écoute et la compassion que passe l’aide réelle et utile…

    1. fjell dit :

      Cela me parle aussi.
      Et cette phrase assassine : quelle horreur !

  30. fjell dit :

    Apprivoiser le deuxième enfant après un premier avec lequel cela s’est plutôt bien passé. Ce n’est pas évident non plus : il m’a fallu de longs mois avant de faire vraiment sa connaissance. L’impression qu’il volait le temps que je passais avec le premier. L’histoire de la fin de cette deuxième grossesse a sûrement joué aussi dans notre relation (cf réponse à Pistouche).

  31. Puce dit :

    Merci d’aborder ce sujet !!
    Je partage beaucoup des commentaires précédents…
    Malheureusement, notre société n’accepte pas facilement qu’une jeune maman se pose des questions et ne soit pas entièrement et immédiatement remplie de bonheur. Un exemple : oui, c’est normal qu’un bébé pleure, oui c’est normal d’être fatiguée, mais non ce n’est pas normal que la maman ne dorme pas plus de 1h ou 2h par 24h, sur plusieurs semaines !!! Ces « clichés » sont entretenus par les grand-mères, tantes, copines, et même les médecins…
    Or, la dépression post partum est une vraie maladie, qu’il ne faut pas confondre avec le baby blues. Je pense qu’il est très important de parler de cette maladie, pour la démystifier et permettre à de futures mamans de ne pas culpabiliser si ça leur arrive, d’accepter d’en parler, d’être aidée… Si la médecine pouvait faire des avancées sur cette maladie, pour la diagnostiquer, l’anticiper, la soigner,…
    C’était pour mon premier enfant, il y a 2 ans, et après cette épreuve, ça reste encore aujourd’hui inimaginable pour moi de concevoir un nouvel enfant…

  32. Madame Sioux dit :

    Encore un sujet où il est agréable de te lire, où en peu de mots, tu dresses un tableau que je trouve équilibré sur la question.
    Cela dit (cf mes réponses à divers commentaires), je ne sais toujours pas comment il faut s’y prendre pour informer les futurs parents, sans être accusé de gâcher le plaisir de certains en les effrayant ou en leur faisant retarder leur projet d’enfant. Et pourtant, il doit y en avoir tellement, des « comme moi », qui ne s’attendaient vraiment pas ça et regrettent de n’avoir eu personne pour leur dire « c’est normal » (je n’étais pas accompagnée par une SF la première fois).
    Merci.

    1. Astrey dit :

      À mon avis ( de primipare, bébé à 1 mois et 15 jours), il faudrait justement informer tout court : je vois très bien ce sujet dans la dernière séance de préparation à l’accouchement. Tout comme on a montrer les croûtes de lait, le be e tout bleu. On peut aussi glisser 2 phrases sur les coliques « il arrive que bébé pleure 4h de suite, inconsolable, tous les jours pendant 3 semaines …), et 2 autres phrases sur le manque de sommeil : en allaitant, vous ne dormirez pas plus de 3 heures d’affilee au moins jusqu’à ce que bébé ait 3 semaines/ 1 mois, et un mot sur les douleurs : vous risquez de ne pas pouvoir rester debout pendant 3 semaines … Je ne trouve.pad ça terrifiant,c’est la réalité, autant le savoir et s’y préparer 🙂

      1. ES dit :

        Astrey a écrit:
        « On peut aussi glisser 2 phrases sur les coliques « il arrive que bébé pleure 4h de suite, inconsolable, tous les jours pendant 3 semaines …), et 2 autres phrases sur le manque de sommeil : en allaitant, vous ne dormirez pas plus de 3 heures d’affilee au moins jusqu’à ce que bébé ait 3 semaines/ 1 mois, et un mot sur les douleurs : vous risquez de ne pas pouvoir rester debout pendant 3 semaines … »

        Oui, après la naissance de mon aînée, j’ai vraiment regretté que la préparation à l’accouchement (cours collectifs à la maternité) ait donné aussi peu d’informations à ce sujet (par exemple je ne me doutais pas que suite à une épisiotomie, rester assise sans bouée serait une torture pendant 2 ou 3 semaines !)

         » en allaitant, vous ne dormirez pas plus de 3 heures d’affilee au moins jusqu’à ce que bébé ait 3 semaines/ 1 mois »

        Là il faudrait rajouter « probablement pas »: il y a aussi des mamans chanceuses dont les bébés espacent leurs tétées de nuit très tôt (par exemple une de mes nièces dormait déjà 6 ou 7h de suite dès la sortie de la maternité et ça s’est allongé rapidement… C’est seulement après la naissance de leur 2ème enfant que ses parents se sont aperçus qu’ils avaient eu beaucoup de chance !)
        Mais bon, en ce qui concerne l’allaitement, il y aurait de toute façon des tonnes d’infos qui seraient utiles, et qui sont hélas rarement données par les maternités… Il y aurait pas mal de progrès à faire.

  33. paujamot dit :

    Bonjour à tous et à toutes, je suis ce blog depuis plusieurs années déjà, mais c’est ce billet qui me donne envie de partager mon expérience pour la première fois. Mère de 3 enfants (6, 4, 1 an), j’ai eu comme vous le sentiment de perdre pied et même parfois des accès de violence, qui m’ont effrayée moi-même. Je suis d’accord pour dire qu’il faudrait (re)voir ou plutôt créer un véritable accompagnement des jeunes parents. Peut-être que de simples groupes de parole avec un soignant et plusieurs couples suffiraient à libérer la parole, à exprimer douleurs et frustrations autant que bonheurs et émerveillements quotidiens ? Peut-être que ça permettrait aussi aux deux parents de se découvrir parents et de se reconnaître un couple, et que cela contribuerait à la résistance des unions ! Quant aux paroles et réflexions des unes et des autres sur notre grossesse et notre manière d’élever nos enfants, je les considère maintenant (même si je n’avais pas ce recul à l’époque !) comme une résurgence de traumatismes passés qui s’évacuent encore…, et surtout, j’essaie de ne pas donner de conseils moi-même aux autres !!!
    PS: moi aussi, je déteste la petite phrase assassine sur les petits soucis…

  34. Je trouvais ce billet intéressant dès sa première lecture, je reviens pour les commentaires et c’est encore plus intéressant de voir de quelles manières ce billet nous touchent toutes, pas forcément du même angle de vue… Merci 10lunes pour cela.
    Mais je tombe des nues pour la petite phrase pas si petite (« petits soucis… »). Pourtant, je fais vraiment (mais vraiment) attention à ce que je dis aux autres femmes par rapport à la maternité, l’accouchement, l’éducation, les manières de faire, etc… Je suis toujours très embêtée quand on me demande un conseil (sous prétexte que j’ai trois enfants et que donc « je sais » ce qui n’est pas vrai) parce que justement j’ai peur de faire du mal avec des mots mal venus, mal exprimés, mal interprétés… J’ai été très marquée par tout ce qu’on a pu me dire pendant ma première grossesse et les premières années de mon premier bébé, que ce soit la famille, les amies, les connaissances, le corps médical… Moi, si sûre de moi, de mes idées, ayant toujours assumé envers et contre tous mes opinions parfois radicalement différentes de celles de mon entourage. J’ai repris pied depuis et maintenant je m’en fous, je pense comme je veux sans me culpabiliser ou presque (un peu de remise en question, quand même! ) et cela n’a pas été simple. Mais cette phrase, même si je ne l’ai que très rarement dite, je ne la voyais pas comme vous. Pour moi, c’était plutôt une manière de relativiser, par exemple si je me faisais du souci pour ma fille de 3 ans parce qu’elle était désespérée de quelque chose, je disais cela en pensant à une collègue dont l’ado venait de se faire choper pour avoir intégralement tagger la salle des fêtes de sa ville… Il ne m’est certes pas venu à l’idée de penser cela par rapport aux maux d’un bébé, parce que ceux ci, pour moi, n’entrent pas dans la case « petits soucis » justement… Mais donc je comprend à vous lire qu’en fait, même (surtout? ) avec de bonnes intentions on n’entend pas tous la même chose. Bref, j’ai bien fait de ne me le dire qu’à moi-même, et comme le commentaire précédent le dit, à ne pas donner de conseils aux autres !!!

  35. ES dit :

    Lesanimauxdumercredi: j’avais la même réaction que toi vis-à-vis de cette phrase (pour moi cela renvoyait surtout aux soucis parfois graves que l’on peut avoir avec certains adolescents, par exemple l’échec scolaire, les problèmes d’alcool, les accidents de voiture, les comportements suicidaires, etc.) Mais effectivement, autant cela peut éventuellement avoir un sens face à certains « petits soucis » avec les jeunes enfants, dont on sait qu’ils vont finir par passer (par ex les maladies infantiles usuelles sans gravité), autant je me rends compte que dire cela à une jeune maman épuisée et qui donnerait n’importe quoi pour pouvoir dormir 4h de suite et n’arrive plus à voir le bout du tunnel, c’est un gros manque de tact…

  36. ES dit :

    Cet article parle surtout du choc face à la naissance d’un premier enfant, mais parfois il peut y avoir des difficultés inattendues avec un deuxième enfant (ou plus)…

    J’avais trouvé les 3 premiers mois avec mon aînée difficile (d’autant plus que je n’avais pas de bébé dans mon entourage et je me sentais assez mal préparée) mais après 3 mois, les choses s’étaient vite arrangées, et en particulier la période 6 mois- 18 mois m’avait vraiment laissé un excellent souvenir. Avec ma deuxième, beaucoup de choses ont été plus difficiles, en particulier l’allaitement (heureusement que j’avais l’expérience d’un premier allaitement de 6 mois, sinon j’aurais sans doute sevré dès J2 tellement les douleurs étaient insupportables, et le personnel de maternité incompétent à ce sujet), et surtout ma fille pleurait énormément et dormait très peu, on a fini par diagnostiquer un reflux interne mais il a fallu plus de 5 mois pour avoir un traitement plus ou moins efficace et pour qu’elle ne pleure plus 4h ou plus chaque soir, et quasiment un an pour qu’elle fasse ses nuits (elle correspondait bien à la description d’un BABI)… Il y a eu des moments où j’avais vraiment l’impression qu’avoir un deuxième enfant était une énorme erreur (et pourtant Dieu sait que nous l’avions désirée et attendue), que je ne m’en sortirais jamais, que j’allais devenir folle à force de manque de sommeil… J’avais un peu le sentiment que mon aînée était en quelque sorte de la publicité mensongère pour les bébés.

    Et à côté de ça, nous avions des amis dont le fils était né un jour avant ma 2ème fille, et était un bébé remarquablement calme, quand ils venaient nous voir, leur bébé pouvait rester bien tranquille dans les bras de ses parents pendant toute la visite, alors que pour la nôtre, la seule chose pour l’empêcher de hurler était de la mettre en écharpe et de marcher…

    Heureusement ça a fini par s’améliorer, mais j’ai encore du mal à accepter de ne pas avoir vraiment pu profiter de sa première année, un peu comme si on m’avait volé quelque chose.

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