Poussez plus …

Publié par 10lunes le 23 mars 2014 à 15 h 59 dans Naissance, Vie des femmes

 

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L’avant-dernier billet a suscité quelques vives réactions.
Vous m’en voyez presque ébahie.
Soit les femmes que j’accompagne et celles qui me lisent ne sont pas les mêmes, soit je me suis très mal exprimée. Alors j’y reviens.

Je me défie d’un abord purement mécaniste de la mise au monde : contractions /dilatation /descente /poussée /naissance.
Si cela était, en dehors de quelques anomalies du bassin, de quelques excentricités de position fœtale… ça devrait non seulement rouler mais rouler de façon standardisée.
Or ça ne roule pas toujours. Et la durée et les modalités de progression d’un accouchement sont multiples.

L’envie de pousser est une parfaite illustration de l’intrication des différents facteurs.
A dilatation complète, plusieurs situations sont en effet possibles.
L’envie de pousser est présente. Le plus souvent, la naissance est facile et rapide. Parfois, il existe un obstacle à la progression fœtale nécessitant une aide instrumentale voire le recours à la césarienne.

L’envie de pousser est absente. Ça peut être lié à la position fœtale, à la posture maternelle. Se mobiliser, modifier les axes du bassin, les axes d’appui fera souvent apparaître le réflexe expulsif. Une péridurale très/trop efficace peut aussi masquer toute sensation. Ça n’empêche en rien une poussée efficace. C’est juste une question de temps, celui nécessaire à la femme pour trouver comment coordonner ses efforts musculaires.

Reste la situation que j’évoquais, surement de façon trop imprécise, dans le billet précédent : l’absence d’envie de pousser d’une femme percevant l’appui de son bébé.
La sensation est là, la nécessité de l’accompagner n’y est pas.
Pour moi ce décalage est à relier au temps dont chaque femme a besoin pour se séparer. Et je n’y vois aucune « faute » ! Pourquoi serait-il plus honorable de se séparer rapidement que lentement ?

Souvent l’envie s’impose un peu plus tard, lorsque la femme est prête.
Parfois, l’envie de pousser ne vient jamais. Mais si cette mère a pu sentir que son rythme était respecté, alors ses efforts seront efficaces.

La situation qui m’interpelle est encore différente. La femme n’a pas envie de pousser, la sage-femme l’invite cependant à le faire ; chacun s’enferme alors dans sa propre logique et rien ne progresse. La première se décourage, la seconde s’inquiète d’une difficulté non diagnostiquée. La tentation d’appuyer sur le fond utérin est réelle. L’autre réponse sera une aide instrumentale. Mal vécue, forcément, puisque venant rompre de façon autoritaire une ambivalence encore présente.

Les situations sont multiples, les réponses le sont aussi. A chaque femme son histoire, à chaque femme son rythme.
Mais je persiste et signe. Envisager l’accouchement dans une dualité physique et psychique, ce n’est pas porter un jugement sur celle qui accouche, ce n’est que reconnaître son humanité.

 

 

29 commentaires sur “Poussez plus …”

  1. pétrolleuse dit :

    A mes yeux, si « ça ne roule pas toujours », « de façon standardisée », c’est que les femmes sont toutes différentes, les bassins tous différents, les bébés tous différents. Nul besoin d’invoquer une psychologie de bazar pour expliquer cela. Et personnellement, je pense au réflexe d’éjection du foetus, cher à Michel Odent, qui ne nécessite aucun effort volontaire de la part de la femme et qui ne semble correspondre à aucune des situations évoquées dans le billet ci-dessus. A quand une obstétrique qui laissera naître l’enfant lorsque la femme, son corps et son bébé seront tous les trois prêts, à l’unisson…?

    1. cathy dit :

      « La femme, son corps et son bébé » : ça ne correspond pas, ça ? Je ne comprends pas très bien… Si on compte pour trois « la femme, son corps et son bébé », c est bien qu on dissocié le niveau psychique et le niveau physique de la femme, non ? Ce qui rejoint assez la « situation évoquée dans le billet ci dessus »… Non ?

    2. anais dit :

      donc pour vous le psychisme n’a absolument aucune influence sur le corps et lorsque les contractions commencent, naturellement, chaque femme est prête à accoucher ?

      1. pétrolleuse dit :

        Vous caricaturez. Je n’ai pas dit cela. Mais suggérer l’idée que si, à dilatation complète, une femme n’éprouve pas immédiatement l’envie de pousser, c’est parce qu’elle ne souhaite pas se séparer de son bébé, c’est pour moi une explication simpliste et un peu rapide, oui.

  2. 10lunes dit :

    Le réflexe d’éjection, c’est ce qu’on appelle souvent « envie de pousser », en fait un besoin irrépressible, comparable à l’éternuement ou au vomissement, qui ne nécessite aucun « apprentissage ». Nous sommes au moins d’accord sur un point ! C’est la première situation évoquée ds le billet (naissance facile et rapide…)

    1. pétrolleuse dit :

      Je n’en suis pas certaine. Odent, lorsqu’il en parle, précise que ce fameux réflexe a très peu de chances de se produire dans le cadre d’un acouchement en structure et que, les rares fois où il en a été le « témoin », c’était lors d’accouchement à domicile, lorsque la femme ne se sentait surveillée, contrainte, épiée par personne…

      1. pimousse dit :

        pour ma part, je ne peux pas dire que j’ai vécu un accouchement respecté. Et malgré le fait que je me soit sentie contrainte et totalement dépossédée de ce moment,j’ai fini par ressentir cette poussée réflexe. pas dès le début, mais elle était bien présente par la suite. Le contexte a un impact non négligeable sur l’accouchement, mais il ne fait pas tout… et heureusement!

  3. Blandine Marie Renee dit :

    10lunes, de ce que j’ai compris le réflexe d’éjection du foetus n’a RIEN à voir avec envie de pousser ou poussée réflexe …

    BESOIN DE POUSSER : tu as envie de pousser (comme envie d’aller à la selle xxl), mais il faut faire un effort VOLONTAIRE et pousser délibéremment
    Quasi tjrs confondu avec la poussée réflexe

    POUSSÉE RÉFLEXE : ÇA pousse tout seul ; tu pourrais taper le tarot à côté, ça ne changerait rien ; plus rare que le besoin de pousser – jouissif parfois, parfois douloureux si on veut reprendre le controle

    REFLEXE D’ÉJECTION DU FOETUS : Rien à voir !
    là pas de besoin de poussée, pas de poussées réflexes : bb sort SANS UNE POUSSÉE … (quasi jamais en maternité)
    des mamans qui ont vécu poussée réflexe et réflexe d’éjection du foetus ont témoigné que ça n’avait rien à voir

    1. pétrolleuse dit :

      Merci Blandine. C’est ce que moi aussi j’avais compris, à la lecture d’Odent.

      1. Foligou dit :

        Alors, là il y a des subtilités qui m’échappent, et quelques tons un peu agressifs qu m’agacent… D’abord franchement je ne vois pas bien la différence entre poussée réflexe et réflexe d’éjection (après quelques centaines de naissances observées); ce que je vois c’est qu’en fonction de la facilité de l’enfant à descendre, le réflexe est plus ou moins fort, parfois effectivement la mère ne pousse pas et le bébé glisse dehors, parfois ses abdos se contractent en même temps… et ça dépend aussi de la hauteur du bébé dans le bassin (souvent une fois que les épines sont passées, c’est à dire quand les cheveux apparaissent, et que le périnée se détend, la poussée n’est plus que le fait du bébé).
        Et puis Michel Odent a peut-être accompagné des naissances à la maison, mais avant il a dirigé longtemps un service d’obstétrique, et comme beaucoup de sages-femmes qui s’émancipent du moule étriqué de leur formation initiale, il a sûrement appris lui aussi petit à petit à devenir moins intrusif et de ce fait à observer plus d’accouchements entièrement spontanés (le mot qui me paraît finalement plus approprié que naturel), d’où le fait qu’il en ait moins observé en première partie de carrière et plus ensuite… le lieu ne fait pas tout!
        Il faudrait que celles qui affirment qu’il ne peut pas y avoir de poussée réflexe en maternité aillent justement y faire un petit tour, en maternité!! Parce que l’environnement d’une naissance à l’hôpital n’est pas toujours agressif/froid/déhumanisé, même s’il faut se battre pour cela. Quand la confiance et la sérénité sont là (l’aspect psychique des choses?), c’est toujours plus facile, et elles peuvent être présentes ou absentes à l’hôpital comme à la maison.
        La caricature ne sert personne en la matière je trouve.

    2. Madame Sioux dit :

      Le réflexe d’éjection du fœtus, c’est ce qu’il m’a semblé vivre pour mon second accouchement (en plateau technique en l’occurrence). J’étais suspendue à un trapèze (position verticale donc) et je sentais juste que ma fille se faisait son chemin de façon impérieuse à chaque contraction. Je me souviens m’être juste concentrée sur l’acceptation de cette sensation que mon corps s’ouvrait en deux et j’ai vraiment le sentiment qu’elle est sortie seule…
      Et je trouve ça incroyable (et beau) !

      1. Steftribu dit :

        Tout à fait, j’ai vécu un accouchement similaire en plateau technique pour mon troisième. Je me sentais en confiance, j’ai pu laisser mon cerveau reptilien, mon bébé et mon corps travaillés à l’unisson et il n’y a pas eu de poussée. Pourtant quelques heures avant ma tête ralentissait le travail et les contractions n’avaient rien de fortes ou de régulières. Le psychisme est important lors d’un accouchement.

  4. ambre dit :

    je ne suis pas d’accord pétrolleuse, le réflexe d’éjection peut exister en structure… avec une femme libre, accompagnée, en confiance… juré! (mon esf a pu l’expérimenter dernièrement, elle qui, à une femme accouchant sans péri, a sorti un magnifique « ne poussez plus! » au moment des épaules… ce à quoi j’ai rapidement répondu: « mais elle peut pas! » et elle a admis, effectivement, que j’avais raison 🙂 )

    1. little dit :

      Selon Odent, le « réflexe d’éjection », ce n’est pas un simple réflexe de poussée, c’est beaucoup plus que cela… Il l’assimile à une sorte de « dilatation à 11 cm », je ne sais plus dans lequel de ses ouvrages j’avais lu ca. Et, dans toute sa carrière, ça n’est jamais arrivé en structure, que dans des AAD, et JAMAIS en présence du père, même si c’était prévu qu’il assiste à l’accouchement (dans ces cas, ce fameux réflexe arrivait quand le père sortait de la pièce, ne serait-ce que pour qq minutes: aller aux toilettes, chercher qq ch dans la cuisine…).
      Pour qu’il arrive, donc, le facteur psychique est déterminant : la femme doit se trouver dans un environnement très familier (chez elle en l’occurrence), se sentir en confiance sans se sentir surveillé (=Odent dans les parages, mais pas dans la même pièce; et le futur père, à son insu facteur « contagieux » d’adrénaline selon Odent, brièvement absent).

  5. magali dit :

    J’aimerais ajouter une situation : lorsque l’envie de pousser est là mais qu’on a tellement la trouille d’être déchirée, voire, coupée qu’on retient sa poussée..
    Se sentir à la merci du personnel soignant, ça n’aide pas à se laisser aller à cette fameuse poussée..

    1. anais dit :

      C’est donc la faute des sages-femmes si parfois la peau n’est pas suffisamment extensible et se déchire lors de l’accouchement ?

      1. pétrolleuse dit :

        Les déchirures ont lieu la plupart du temps, non pas parce que la peau n’est pas suffisamment extensible, mais à cause d’une mauvaise position imposée, d’une poussée dirigée et du fameux inspirez-bloquez-poussez. Donc oui, la plupart du temps, c’est à cause de la sage-femme, désolée (et c’est du vécu…).

  6. Zulie dit :

    Ou quand on a tellement peur que le bébé ait un soucis quelconque, non diagnostiqué à l’échographie. C’était mon cas, et je crois que ça a joué plus que le transfert en ambulance à 10 cm de dilatation et que la seconde sage-femme pas sympathique du tout, dans le fait que je n’ai jamais ressenti l’envie d’accompagner la poussée.

  7. Elfi dit :

    Pour moi l’inconscient joue clairement un rôle…je peux donner l’ex de mon 2 eme accouchement, mon bébé était en siège.
    Je rêvais d’un aad, de toute façon ça n’aurait pas été possible. Je disais que je rêvais qu’il arrive trop vite pour aller la maternité.
    Et puis les contractions ont commencé. Régulières mais très légères vers 17h00, toutes les 15 min, puis 10, puis 5. Vers 21h je prends un bain qui espace les contractions, j’hésite a partir pour la maternité. A 22h elles restent très supportables mais sont de plus en plus rapprochées et je dois quand même m’arreter de parler quand elles surviennent. Sur le trajet dans la voiture elles reviennent toutes les 2 min. A 23h on arrive, la SF voit que je supporte bien, elle est un peu débordée donc ne m’examine qu’à 23h, je suis a 4 cm, je pense en avoir pour un bout de temps.
    Elle me met en salle, la gynéco et l’interne font une écho de contrôle pour vérifier que mon fils a bien la tête deflechie et valider définitivement la voie basse.
    A partir de ce moment, juste après l’écho, les contractions ont changé brutalement, elles sont devenues très fortes et puissantes, en 30 min je suis passée de 4 a complète, et mon fils est arrive a peine 45 min après le premier examen de la SF.
    Il me fallait je pense, cette confirmation que tout était ok pour qu’il naisse les fesses en premier.

  8. kiarapapillon dit :

    Entre la rupture de la poche des eaux et la naissance de ma fille, il s’est passé 41h.
    Au moment de la faire sortir de moi, je sentais que bébé poussait et qu’il fallait que je pousse. Mais les premières fois que j’ai poussé, c’était à contre cœur, je ne voulais pas qu’elle sorte, je n’étais pas prête. Mais je poussais quand même, parce qu’il le fallait. Pas assez cependant. La sage-femme me disait de pousser plus fort et plus longtemps. Effectivement, ça a été beaucoup plus efficace. MA fille est née en 4 poussées.
    Je ne l’avais encore jamais exprimé. Mais vos deux derniers billets m’en font prendre conscience. Je n’étais pas prête.

  9. Ly dit :

    J’ai remarqué très très souvent qu’en cas de position non optimale du foetus (main devant le visage, asynclitisme), on fait pousser la femme dans le vide pendant des heures avant d’utiliser les forceps, voire d’aller en césarienne… Dans mon cas, j’étais complète sans aucun réflexe de poussée et la sage-femme a tenté de faire tourner la tête de mon bébé, sans succès. Elle m’a alors fait prendre plusieurs positions faisant appel à la gravité et à l’asymétrie… succès, le réflexe a fini par arriver. Mais si elle n’avait pas suggéré ses positions, j’aurais sûrement fini en forceps ou césarienne comme plusieurs de mes connaissances. Je n’en reviens pas du nombre de cas de forceps-épisio-3e degré inutiles après 3 h de souffrances pour absolument rien… les médecins/sage-femme devraient vraiment tenter ce type d’interventions avant de sortir les gros canons…

  10. zaza dit :

    10lunes, je lis avec beaucoup de plaisir vos billets depuis quelques temps, et je ne taris pas d’éloges sur votre blog! Mais là j’avoue que j’ai été assez surprise de cette interprétation.

    Je suis tout à fait d’accord avec le fait que le travail physique de l’accouchement s’accompagne d’un travail psychique, que les deux sont intriqués, et que les facteurs psychologiques peuvent influer sur le déroulement de l’accouchement. Un exemple flagrant est l’arrêt/la reprise des contractions en fonction de différentes facteurs (présence des enfants, arrivée du papa, arrivée à la maternité, etc.), et c’est très courant. Il doit certainement exister le même type d’influence sur la dilation, ou sur l’envie de pousser, ou l’efficacité de la poussée. Mais pour autant, je ne pense pas qu’on puisse catégoriser telle ou telle situation, en invoquant dans certains cas des facteurs physiques et dans d’autres des facteurs psychiques, surtout sur le moment, et sans recul.

    Comment savoir si dans ce cas précis, pour cette maman, il s’agit vraiment d’une difficulté à accepter la séparation, ou bien de complètement autre chose? Peut être tout simplement que son bébé était encore un peu haut, peut être qu’elle devait « prendre ses marques », apprivoiser ses sensations, peut être est ce de l’ambivalence, mais comment savoir?

    Je pense que les mieux placées pour répondre à cette question sont les femmes elles-mêmes, qui bien souvent, à posteriori, savent dire si elles ne voulaient pas laisser sortir leur bébé.

    Et puis, ici, la femme s’offusque presque de cette interprétation. C’est soit parce que la SF est tombée à côté, et que la raison est tout autre, et que la femme se sent culpabilisée malgré les efforts qu’elle fournit pour faire sortir son bébé, soit c’est parce que au contraire c’est tombé juste mais c’est quelque chose qu’elle ne peut entendre. Mais dans les deux cas, il me semble impossible de dire comme ça ce qu’il en est.

    Pour ma part, on m’a sorti des explications psychologiques au fait que je ne me sois pas mise en travail 3 jours après la perte des eaux, on m’a dit que je ne voulais pas laisser sortir mon bébé, pourtant ce n’est absolument pas ce que je ressentais moi. On m’a servi la même explication pour ma poussée inefficace pendant 30 min, là encore je suis persuadée que ce n’est pas ça (je sentais mon bébé appuyer en bas, mais la péridurale était tellement forte que j’avais l’impression que mon ventre était de la pierre, c’était comme pousser dans le vide).

    Encore une fois je ne dis pas que l’explication psychologique n’est pas la bonne, mais qu’il est impossible de savoir ça sur le moment. On peut proposer à la femme qui accouche des propositions psy comme levier thérapeutique, au même type qu’on peut lui proposer un changement de posture, ou autre chose, mais dans tous les cas, ce ne sont que des hypothèses. Et pour ma part, cela me gêne d’autant plus que ce soit l’hypothèse psy qui soit retenue, que la femme n’a pas l’air d’être d’accord…

    1. 10lunes dit :

      Tout cela est complexe et les nombreuses interrogations légitimes.
      Mais à cette question précise je peux répondre parce que j’étais là (mais je n’étais pas la SF officielle …) et que c’est la femme qui a confirmé spontanément l’hypothèse de la SF dans les jours suivants.

      Mon erreur est surement de sembler généraliser une situation qui touche de nombreuses femmes, dans de nombreux contextes et pour de nombreuses raisons… j’ai essayé d’être plus précise dans le 2eme billet mais -damned -encore raté !

      L’essentiel reste effectivement de ne pas plaquer une explication de psycho à deux balles sur une histoire dont nous sommes loin de tout comprendre.
      En même temps notre rôle est aussi de tendre des perches. Parfois donc proposer une piste ; la femme peut s’en emparer, la rejeter vivement ou juste l’ignorer. L’important ensuite sera de respecter sa réaction.

      1. zaza dit :

        « En même temps notre rôle est aussi de tendre des perches. Parfois donc proposer une piste ; la femme peut s’en emparer, la rejeter vivement ou juste l’ignorer. L’important ensuite sera de respecter sa réaction. »

        Je suis bien d’accord, et je ne critique pas du tout l’intervention de la SF, qui parait d’ailleurs avoir été bénéfique puisque la poussée est devenue efficace ensuite.

        Je dis juste que c’est très difficile, sur le moment, et même après, de savoir exactement quels ont été les poids de chacun des facteurs.

        Attention aussi à la trace que peuvent laisser ces interprétations, car même s’il n’y a aucune raison, les femmes se sentent toujours plus coupables d’un refus inconscient de laisser sortir leur bébé, que d’un cordon court ou n’importe quel problème physique. C’est aussi pour ça que je pense qu’il faut manier ses interprétations avec beaucoup de précaution.

  11. sandrine dit :

    moi, je suis d’accord avec vous et je pense que le sujet n’est pas assez abordé (et maintenant je comprend pourquoi). j’ai accouché très vite de mon 2ème (30 min), et je l’ai très mal vécue, car je n’ai pas eu le temps de me préparer, et ma culpabilité a été encore plus grande quand la sage femme qui m’a accouché m’a dis que ça avait été un « super » accouchement… il faut laisser le temps aux femmes…

    « Envisager l’accouchement dans une dualité physique et psychique, ce n’est pas porter un jugement sur celle qui accouche, ce n’est que reconnaître son humanité ». merci

  12. liloo49 dit :

    10lunes, votre témoignage me rappelle l’histoire d’une patiente, qui me raconte son img…péridurale précoce, déclenchemnt.12h de non-travail. contractions syntocinées, mais le col reste obstinément fermé. Et là, la sage femme fait sortir tout le monde, y compris le mari. elle dit a la femme « maintenant vous devez laisser partir votre enfant. Je vais vous laisser seule 10mn pour lui dire au revoir et je reviens.  » La femme pleure, la sage femme s’en va. Elle revient 10mn après, avec le mari: la tête est là, sur la vulve, et la naissance se fait.
    le pouvoir des mots..et des maux!
    Cette dame reste très émue et reconnaissante envers cette sage femme. Elle m’a dit « ces mots etaient durs, mais je les entends encore, elle avait raison, et je ne la remercierais jamais assez ».
    Et quand on tape à côté, à l’inverse, tout peut se verrouiller!

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