Du tarif de la roue

Publié par 10lunes le 3 février 2014 à 09 h 00 dans Après, Profession sage-femme

 

Pumpkin-carriage

Leur appel m’a cueillie à la sortie d’une réunion professionnelle, au moment où chacun se réjouit de rentrer chez lui après une journée bien remplie. Elle a accouché il y a dix jours, vit depuis un allaitement chaotique et douloureux

Pour son retour à domicile, personne ne lui a rappelé la possibilité d’un accompagnement par la sage-femme rencontrée pendant la grossesse. La seule consigne – donnée /entendue ? – était de contacter la puéricultrice de PMI pour surveiller le poids de son bébé. Comme elle a un peu tardé à l’appeler, le rendez-vous est prévu pour la semaine prochaine.

Consultations pédiatriques surbookées, médecin traitant annonçant son manque de compétence sur le sujet, maternité expéditive au téléphone. C’est le soir, elle a mal, envisage de cesser l’allaitement… et ils se souviennent que nous nous sommes déjà rencontrés.
Oh, pas beaucoup, juste à huit reprises, une bonne quinzaine d’heures, en préparation à la naissance.

Je suis la cinquième roue du carrosse mais la seule qui décroche son portable à cette heure un peu tardive. Cinquième roue donc mais roue de secours.

La situation n’a rien de désespéré ; son petit bonhomme plein de bonne volonté accepte de cesser de pleurer, accepte de tirer la langue pour me montrer qu’il en est capable, accepte de prendre correctement le sein et accepte de s’endormir paisiblement après une tétée redevenue indolore par la grâce d’une meilleure position.

On cause encore un peu ; l’accouchement, la rencontre, le retour à la maison et les plus ou moins petites questions restées sans réponses… je prends le temps nécessaire.

Il est tard, j’ai faim et ma soirée paisible est bien entamée. Je m’apprête à les quitter. Nous convenons qu’elle rappelle le lendemain pour faire le point et prévoir si besoin un nouveau rendez-vous. Au plus tard, nous nous retrouverons pour la rencontre postnatale déjà programmée avec le groupe de préparation.

Je suis en train d’enfiler mon manteau lorsque j’entends :
– Est-ce qu’on te doit quelque chose ?

Effectivement, je n’ai pas évoqué de règlement. Je suis arrivée les mains vides, sortie de réunion sans sacoche, évidemment sans son dossier et sans lecteur de carte vitale ; ça attendra notre prochaine rencontre, comme pour les séances de préparation dont je regroupe la facturation.
Mais la formulation m’irrite. « Combien te devons-nous » ou « Nous passerons te payer  » m’auraient mieux convenu.
Il n’irait donc pas de soi que mon travail soit rémunéré ?

Affichant mon plus large sourire, j’ai acquiescé.

 

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Un appel à signer pour soutenir le travail des PMI 

 

32 commentaires sur “Du tarif de la roue”

  1. Babaorum dit :

    Bonjour, tu juges émotionnellement à l’aulne de ta fatigue vespérale ou avec le recul de situations similaires à d’autres moments et dans d’autres dispositions te concernant (c’est une question naïve, pas de piège, promis) ? Cordialement

    1. 10lunes dit :

      Je crois que ça fait écho à d’autres situations. Mais je comprends que ce ne soit pas évident pour les parents ; nous accompagnons des moment essentiels, sur le long cours, cela crée une sorte « d’intimité » qui ne va pas tout à fait avec la relation d’argent.

  2. Lilie dit :

    C’est mon genre de le formuler comme ça, non pas que le travail effectué ne mériterait pas d’être rémunéré ! Ma sage femme ne m’a jamais demandé à être payée, elle prenait juste ma carte vitale, même lorsqu’elle est venue nous rejoindre à la maison après la naissance de notre bébé, alors ce serait tout à fait mon style de demander les choses comme ça, mais sans penser à mal et sans me dire que ce travail effectué ne mériterait pas de rémunération, au contraire, sinon on demande pas 🙂

  3. Viollette dit :

    Pareil que Lilie : tellement de rendez-vous où on ne paye pas parce que c’est directement payé par la sécu, on ne sait plus trop s’il faut sortir le chéquier, mais on sait bien que ce n’est pas gratuit. Mais je n’aurais sans doute pas posé la question comme ça.

  4. Athie dit :

    Pour ma part, c’est une question que je pose souvent à ma sage-femme. Je me l’entend pas comme une remise en cause de la rétribution de son travail, simplement je ne sais jamais si la consultation est prise en charge par la sécu sans avance de frais de ma part, ou si je la paye et que je me fais rembourser plus tard. 10 jours après l’accouchement, j’aurais dit que ça rentrait dans la 1ère catégorie (comme quoi, quand je dis que je n’y comprend rien, je ne mens pas…)
    Il est évident que la sage-femme doit être payée pour son travail, et je suis écœurée à chaque fois que je vois combien elle est payée, alors qu’elle vient de passer 3/4 d’h avec moi et/ou qu’elle est venue faire une visite un dimanche et/ou le soir. J’adore ma sage-femme, je parle de la possibilité du suivi par une sage-femme à toutes les femmes autour de moi, enceintes ou non, et je serai navrée de l’avoir froissée par une phrase maladroite. J’y penserai la prochaine fois que je me poserai la question de savoir si je sors mon chéquier 🙂

  5. marilor dit :

    Moi je ne comprends même pas qu’on pose la question… et je ne comprends pas les commentaires précédents, car il n’y a qu’à l’hôpital que je n’ai pas fait l’avance de frais pour mon accouchement (en revanche, j’ai vu la facture des 4000€!). Jamais chez la SF, le médecin, la gynéco, le dentiste… je n’ai pas eu à payer parce que c’était pris en charge. Je trouve que c’est une déresponsabilisation totale des patients de ne pas les faire payer sachant qu’on va être remboursé plus tard. Et pendant ce temps là, le trou de la sécu continue de se creuser…

    1. Oriane dit :

      @marilor : ça m’est arrivé souvent de ne rien payer (pour la sage-femme qui faisait la préparation à l’accouchement, mais aussi en d’autres circonstances, pas forcément dans le cadre d’une grossesse). Et ça ne me choque pas que les gens n’aient pas à payer, parce que « les responsabiliser », c’est sympa comme concept quand on a un compte en banque assez rempli, mais il y a des gens pour qui ça rendrait l’accès aux soins particulièrement difficile (non, ce n’est pas mon cas). Par contre, ça me semblerait important que les gens soient informés du montant, même s’il n’ont pas à le régler. A mon avis, s’entendre dire : « ça coûte 150€, mais tout est pris en charge par la sécu » n’aurait pas le même impact que « vous n’avez rien à régler », et inciterait davantage à faire attention (même si on trouvera toujours des gens qui s’en foutent dès l’instant qu’ils n’ont pas à mettre la main à la poche !).

  6. Marie dit :

    En effet le « combien je vous dois » est plus approprié …

    Mais encore une fois, cela montre à quel point les SF sont dévalorisées dans notre société … Quel dommage.

    Marie

  7. Virginie dit :

    On ne fait pas le même métier…quoi que parfois 😉
    De blog de véto en blog de médecin, j’ai atterit ici. Il y a un moment déjà. Un désir d’enfant m’a fait rester car j’y apprend tellement. Je suis vétérinaire et cette question de la part des clients m’agacent au plus haut point. Comme si ce qu’on venait de faire, ne valait pas le coup d’etre renuméré.
    Effectivement, beaucoup ne pensent pas à mal mais je pense que beaucoup de professionels le prennent mal et j’en fait partie.
    En attendant merci pour ce blog…Il ma fait et continue a me faire réfléchir. Pour moi, il n’y avait qu’une seule facon d’accoucher et les débats de ces dernier temps m’ont fait parcourir du chemin. Du coup, je me pose encore plus de question 😉

  8. Gélule dit :

    C’est une formulation peut-être un peu maladroite, mais pas bien grave. Comme il a été dit plus haut certaines SF font le 1/3 payant pour les consults de préparation à l’accouchement, donc on n’est pas habitués à « sortir le chéquier ».
    Cela dit les mots ont un sens, et si ce n’est pas méchant du tout ce n’est pas pour autant anodin.

    @Marie : la formulation n’est pas réservée aux SF, je l’ai déjà entendue en médecine générale. Je ne suis pas sûre qu’on soit plus « dévalorisés » que les autres (quoique ^^) mais nous faisons partie de ces quelques professions qui se déplacent à domicile. Je parie que les infirmier.e.s libéraux.ales entendent ça, aussi.

  9. Niania dit :

    moui… je serais moins dure. Si tu étais en train de mettre ton manteau et partir, sans avoir parlé tarif, ça peut aussi être une manière de dire « mais, euh, je te vois partir sans rien demander… tu es sure qu’on ne te doit pas quelque chose, là ? ». Après, on se rajoute un peu de fatigue côté maman, un peu de fatigue côté sage-femme, et hop, la belle incompréhension que voila….

  10. petrolleuse dit :

    Ce que j’ai quand même vachement de mal à comprendre, c’est que cette femme a suivi toutes ses séances de prépa à l’accouchement avec toi – et j’imagine que tu as dû consacrer au moins une de ces séances à l’allaitement et aux difficultés qu’on pouvait rencontrer (et, de ce fait, tu es certainement la professionnelle de santé qui lui donné le plus d’infos à ce sujet) – mais que, d’elle-même, elle n’a pas pensé à s’adresser à toi pour trouver une solution à son problème et qu’il a fallu qu’elle attende que quelqu’un lui dise que ce serait peut-être une bonne idée de venir te voir? Ô_o Faut-il vraiment qu’on vous tamponne sur le front « Premier recours » pour que les femmes songent à venir vous consulter sans forcément passer par un(e) intermédiaire? C’est aussi pour ça que j’ai du mal à comprendre certaines revendications des SF en ce moment. Il me semble que n’importe quelle femme peut DEJA vous consulter pour des questions touchant au suivi gynécologique, à la contraception, à la grossesse ou à l’allaitement, sans consulter son médecin traitant avant. Concrètement, qu’attendez-vous de plus? Un peu plus d’intelligence de la part de vos patientes potentielles?

  11. vemma dit :

    Comme certaines autres, je pense que sa phrase sous-entendait plutôt « C’est nous qui réglons ou c’est la sécu ? » je sais que je suis moi-même parfois un peu gênée de demander lorsque la personne en face de moi ne le mentionne pas.
    Cela dit, je suis d’accord avec petrolleuse. Personnellement, après mon accouchement, mon premier réflexe pour tout problème a été de contacter la sage-femme qui m’a préparée. Pour moi, il était évident que c’était elle qui était la plus à même de m’aider et surtout de me soutenir pour continuer l’allaitement. Je trouve très étonnant après toute la préparation que cette femme ne se soit pas tournée directement vers vous.

    1. 10lunes dit :

      C’est une situation assez fréquente. Et c’est pourtant pas faute de rappeler que nous serons disponibles si besoin « après ». Les raisons en sont multiples… mais l’une d’elle est certainement la pression que ressentent les couples à se montrer bons parents… et donc la difficulté à demander du soutien qui serait comme un aveu d’incompétence.

      1. pétrolleuse dit :

        « Consultations pédiatriques surbookées, médecin traitant annonçant son manque de compétence sur le sujet, maternité expéditive au téléphone. » Elle a quand même visiblement cherché à joindre un pédiatre, son médecin et sa maternité donc elle a toqué à quelques portes avant de se tourner vers la tienne…

  12. wain" dit :

    Au delà du côté maladroit (et du fait que bien sûr, une rémunération est due), cela vient peut-être du fait que des « consultations » où une professionnelle prend le temps d’envelopper avec empathie des parents démunie prend une dimension tellement humaine qu’on ne voit plus en elle juste une professionnelle, mais qqn de bienveillant… d’où la question de la rémunération, incongrue alors 😉

    1. wain" dit :

      avec un S plutôt qu’un E à démuniS 😉
      et un « prennent » au pluriel…pfiou, time to sleep !

  13. Et bien les commentaires me font bondir ! Oui, la sécu prend en charge beaucoup et c’est tant mieux. Mais l’organisation du système a visiblement pour effet pervers de laisser croire que les soins peuvent être gratuits, ce qui n’est pas le cas, qd bien même dans certaines situations on ne voit plus l’argent passer de main en main. Peut-être ne s’agissait-il là que d’une maladresse (« est-ce que » au lieu de « combien te doit-on » ? ) mais lorsqu’on est confronté régulièrement à ce manque de considération / rémunération, on est plus sensible au sujet aussi. Et curieusement, les patients ont l’air souvent surpris de devoir payer une consultation, surpris qu’un travail d’architecte ou de graphiste, photographe, etc… coûte quelque chose, par contre ils savent très bien qu’il faut payer l’électricien ou le plombier lorsque celui-ci se déplace. Mais pourquoi donc ?
    @ Petrolleuse : oui cela semble incroyable qu’après autant de temps passé en prépa avant la naissance ce couple n’ait pas eu le réflexe de refaire appel à la sage-femme… Mais parfois, les choses ne se passent pas « logiquement » : après mon accouchement, même si je savais que je pouvais faire appel à une consultante en lactation (je suis tombée sur des sages-femmes incompétentes en allaitement aussi bien à la maternité qu’après à domicile en HAD) je ne l’ai pas fait… Pourquoi ? Je ne sais pas trop… Le manque de confiance en moi suite à une grossesse et un accouchement pas simples, la fatigue qui m’empêchait de raisonner, etc, etc… J’ai le sentiment que dans la grossesse, l’accouchement et les suites de couches, les choses peuvent sembler évidentes de l’extérieur, mais pas du tout quand on est en plein dedans. D’où l’importance de professionnels compétents, disponibles, à l’écoute, bienveillants !

    1. pétrolleuse dit :

      Mouais… J’avais le nom et même le numéro de la consultante en lactation qui exerçait dans ma maternité, avant même d’accoucher et je n’aurais pas hésité à faire appel à elle si j’en avais eu besoin. Faut quand même pas déconner: on devient pas subitement une petite chose totalement écervelée sous prétexte qu’on vient tout juste de « mettre bas ». Accoucher, allaiter, devenir mère, ça se prépare un minimum, non?

      1. marinette dit :

        On aura beau préparer, il y a toujours des impondérables… J’avais aussi le numéro de la conseillère en lactation, et je n’ai pas non plus osé. Une petite phrase toute bête sur le site de la lll, rappelant que les conseillères ont aussi une vie de famille, et qu’il est bon de ne pas les déranger à toute heure du jour ou de la nuit, et j’ai perdu confiance en moi. Mal-être dû à l’allaitement qui tournait court, sensation de ne pas être à la hauteur, et puis qui suis-je, moi, avec mon petit problème pour déranger cette femme que je ne connais pas ?! Pensée que je regrette aujourd’hui… On peut être sûr de soi avant, et perdre toute confiance pendant, sans être pour autant une chose écervelée.
        Je suis ravique pour vous les choses se soient passées comme vous les aviez balisées, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

      2. Oui Marinette, tu exprimes assez bien ce qui m’est également arrivé, une perte de confiance en soi qui prend toute la place… Et les gens qui ne l’ont pas vécu ne peuvent que rarement comprendre. Mais on apprend de ses faiblesses, et tu vois pour les suivants j’ai osé. Et tout s’est débloqué ensuite. Du coup j’ai maintenant beaucoup moins de regrets car j’ai accepté le fait que pour moi, pour mes enfants, c’était ce chemin là ; et au final j’ai beaucoup appris sur moi-même.

  14. jessie dit :

    Rha bon sang je vois rouge!!!
    j’avoue que bcp de commentaires m’ont agacée, ce coté « avance de la sécu », qui donne le droit a certains de ne pas se presenter pour regler la derniere séance, sans savoir comment on va se debrouiller pr etre payé ( je suis kinée), qui donne le droit aux gens de ne pas se presenter à une séance sans même prevenir….. ce coté assisté m’insupporte… c’est pourquoi d’ailleurs je ne fais pas le tier payant mutuelle, je fais payer la séance comme un médecin le fait ( et la ça parait normal à tout le monde), ça responsabilise un peu, ça fait realiser que le systeme de soins à un cout egalement, et les patients se font rembourser apres. je n’ai jamais rechigné a attendre d’encaisser un cheque par contre…
    et du coup, ce coté  » on te doit qqe chose » me fait le même effet qu’a toi… Moi j’ai deja eu droit à  » on ne vous doit rien hein? » grrrrr!!!

  15. 10lunes dit :

    Il me semble que les patients peuvent être responsabilisés même sans régler nos actes.. notre discours y participe aussi (c’est surement ça qui m’a contrariée d’ailleurs : quelle image ai je donnée de ma fonction de SF pour que l’on me pose cette question !!)
    Paradoxalement au vu de ce billet, je défends la non avance des frais (souvent possible grâce à l’assurance maternité) mais en expliquant toujours le coût de mes actes et la prise en charge directe par la sécu.

  16. La sorcière dit :

    J’ai trouvé la parade : chèque ou carte bleue ? Au pire, la bonne surprise de « la carte vitale seulement » ^^
    Oui, ce qui est dingue c’est que la sf soit la 5e roue du carrosse. J’ai mis deux bébés à comprendre l’étendue de leurs possibilités 🙁 (et encore, parce que j’ai cherché)

  17. Mathilde dit :

    Si on résume, t’étais en train d’enfiler ton manteau, rien dans les mains, rien dans les poches (puisque manifestement, tu comptais lui demander de te régler lors d’une prochaine séance), et tu t’offusques que la patiente te demande si elle n’a rien à payer? Tu devrais au contraire te réjouir qu’elle t’ait posé la question, non? Vous, les SF, vous m’avez tout l’air de vous enfermer dans un délire de persécution depuis quelque temps, et ce n’est certainement pas ce qui va vous aider à attirer les patientes. D’ailleurs, sur ce point, êtes-vous véritablement en mesure de satisfaire cette demande que vous réclamez, quand on sait que vous avez déjà l’air d’être complètement débordées et que beaucoup d’entre vous n’exercent même pas les compétences que vous n’oubliez pourtant jamais de mettre en avant (suivi gynéco, contraception…)? On peut en douter…

    1. camille dit :

      Je pense, Mathilde, qu’il ne faut pas généraliser… Ce n’es tpas évident parce qu’il y a, dans le métier de sage-femme comme dans pas mal d’autres métiers, un esprit corpo qui pousse à faire croire que toutes les sages-femme ont le même point de vue, les mêmes demandes, alors qu’après tout, il ne s’agit pas d’une ruche, mais de gens qui ne se connaissent pas entre eux, dans la majorité des cas.

      Les sages-femme sont débordés ? C’est qu’il y a une forte (croissante ?) demande de la part des femmes, pour un autre suivi que le sacro-saint gynéco-maternité, qui laisse de plus en plus béer ses failles. Mais faut avouer qu’en ce moment, être sage-femme en France, ça fait pas rêver !

      Cela dit, j’ai moi aussi cherché il y a quelque temps à prendre rendez-vous avec une sage-femme par chez moi, pour une affaire de contraception. Eh bien elle m’a envoyée balader parce qu’elle « ne s’occupe pas de ça, voyez un gynécologue ! » ! C’est sûr que ce genre d’accueil ne rend pas service à la profession. Tandis que certains se battent pour informer mieux sur leurs compétences et leur rôle, d’autres se rendent inaccessibles, indisponibles, choisissant de ne pratiquer qu’une partie de leur métier : le suivi de procréation. Je conçois que ce soit plus fun que parler de pilules et de DIU, mais depuis quand un professionnel est sensé fonctionner ainsi ? A ce train là, j’envoie bouler mon patron quand il me demande de faire la paperasse, et je ne m’occupe que des tâches qui m’amusent vraiment, au bureau ?

      1. 10lunes dit :

        Evidemment, chez les sages-femmes comme ailleurs, il y a plusieurs façon d’envisager la profession. Je défends ici ma vision de ce métier. Cette vision est partagée par de nombreuses sages-femmes, pas par toutes.
        Moi je trouve ça très fun, vraiment, de parler de contraception, d’aider une femme à choisir celle qui lui conviendra le mieux. A l’inverse, je n’accompagne plus de naissances et ne fais pas partie de cette catégorie de sages-femmes que j’admire et qui proposent un accompagnement global de la naissance. Il y a de nombreuses façon d’exercer et je ne pense pas que le choix se fasse sur ce qui nous « amuse » ou pas, mais sur ce que nous nous sentons capables de faire ou pas, et sur des orientations liées aux circonstances, aux réseaux de soin, aux priorités locales …

      2. camille dit :

        Mais alors, si vous-même avouez ne pas vous sentir capable d’assumer tous les aspect du métier que vous souhaitez voir mieux reconnu, comment voulez-vous qu’on vous fasse confiance au sujet de vos compétences ? J’avoue ne pas bien comprendre cet argument-là. Je conçois les autres.
        Mais même dans le cas où on choisit de ne pas pratiquer le conseil en matière de contraception, ou l’accompagnement grossesse ou naissance (je tombe des nues en lisant que vous ne pratiquez plus ce dernier acte, que je perçois pourtant comme la base de votre profession), pourquoi ne pas au minimum orienter vers un confrère (au sens mixte du terme, que je décrète existant ^^) qui le pratique ?

      3. 10lunes dit :

        Camille, l’accompagnement de la naissance en libéral, ça implique –actuellement puisque les MDN n’existent pas encore -soit d’avoir accès à un plateau technique, soit de pratiquer des accouchements à domicile.(cf http://10lunes.com/2011/04/commentaires-sur-sf-mode-demploi/)
        L’accès au plateau technique, je l’ai demandé et espéré pendant 10 ans sans qu’il ne me soit jamais accordé. L’AAD, j’ai caressé l’idée de très près pour y renoncer, principalement du fait de l’hostilité de mes « partenaires » (maternités, médecins) et de l’impossibilité d’assurance du fait de son tarif (largement supérieur à l’ensemble de mes revenus actuels).
        Alors de mon plein gré ou contrainte par les éléments extérieurs, j’exerce mon métier autrement en accompagnant les femmes au long cours que ce soit autour d’une naissance ou pour leur santé génésique.

        Quant à l’absence d’orientations proposées… je suis d’accord avec vous, c’est bien dommage(j’adresse régulièrement des couples en recherche d’accompagnement global vers les collègues qui le pratiquent).

  18. Mlle Loutre dit :

    Je comprends que la phrase ait pu t’agacer mais je comprend aussi les parents : j’habite une zone rurale et contraitement à un commentaire plus haut, je ne paies ni le plombier ni l’électricien ou le garagiste. On se connait, la personne m’envoie la facture et je paies à réception. Donc quand je partais du cabinet de ma SF sans payer (et je fais souvent pareil avec le médecin), c’est simplement par habitude, on discute et la question de l’argent me sort de la tête.

  19. Lou dit :

    Peut-être que cette question a été formulé comme cela uniquement parce que tu remettais ta veste sans avoir rien demandé?
    Lorsqu’on est dans un cabinet c’est nous qui nous habillons avant de partir, une fois que tout est géré. Ici, tu es sur le départ alors la question est moins spontanée. Je l’aurais posé exactement pareil, avec un air interrogateur de te voir te vêtir sans n’avoir rien demandé, ni laissé entendre quoique ce soit… Pour moi, c’est toi qui l’a induit! Comme quoi!!…

  20. Je ne pense pas que j’aurais pu formuler comme ça. Par contre, j’aurais pu carrément oublier que je dois te payer, non pas que ton travail ne mérite pas rémunération, mais tout simplement parce que ton approche est plus douce et moins péremptoire que celle d’un médecin, plus comme une amie. Tu vois ce que je veux dire ?
    En tout cas, moi je t’aurais offert à manger et à boire ^^

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