Du buzz et des larmes

Publié par 10lunes le 13 janvier 2014 à 09 h 30 dans Vie du blog

 

bigth_3303Le blog a débuté l’année sur les chapeaux de roue avec deux billets multi-relayés.

Le succès du premier me ravit. Comme de nombreux autres  blogueurs, j’ai souhaité annoncer le documentaire « Entre leurs mains ». Et tous ceux qui le voient ont envie qu’il soit vu par d’autres…

Un film qui réussit l’exploit de motiver la publication d’un article dans l’Express évoquant l’accouchement à domicile sans sous-entendre la folie des parents et l’inconscience des sages-femmes les accompagnant… comment dire, je ne pensais pas voir ça de mon vivant ! Ce reportage fait plus en 55 minutes pour convaincre de l’importance des conditions d’accouchement que de nombreux discours et mobilisations.  

En le visionnant,  chacun peut réaliser que nos prises en charges stéréotypées sont critiquables, que l’hypermédicalisation de la naissance à la française peut être remise en question, qu’une autre voie est possible. Et si cette conviction est portée par de nombreuses sages-femmes  – et quelques obstétriciens – rendre cela évident aux yeux de tous, et surtout de ceux qui ne s’interrogent pas sur les conditions de naissance, c’est une formidable réussite.

Puis il y a eu ce second billet, un texte bref, issu des échanges avec une amie sage-femme, racontant les larmes aux yeux une consultation récente. Elle évoquait cette blessure que laisse un accouchement mal vécu, mal soutenu, blessure tellement présente qu’elle peut s’ouvrir à nouveau des années plus tard. Celle-ci s’était ouverte en visionnant le film… et la douleur était violente.

Le jour de la publication de ce billet, le compteur de visites a explosé. J’aurais pu m’en réjouir  –  comme tout blogueur, j’écris dans l’espoir d’être lue –  mais si ce texte a été tant relayé, c’est certainement parce que vous êtes nombreuses (nombreux ?) à vous y reconnaître.  Sinistre constat.

Alors bravo à « Entre leurs mains » pour son succès ; merci à tous ceux qui en parlent, à tous ceux qui relaient.
Les prises de conscience, brutales et douloureuses, que ce film génère sont autant d’appels à interroger nos pratiques.
Saurons-nous enfin les entendre ?

 

 

NB : Il est maintenant possible de répondre à chaque commentaire ce qui, vous le reconnaîtrez, facilite grandement les débats. Un grand merci à la déménageuse réaménageuse Myriam Corbet qui s’est échinée à reprogrammer le truc.

 

4 commentaires sur “Du buzz et des larmes”

  1. Blandine Marie Renee dit :

    et oui … ça a fait tilt – et larmes …
    j’ai pris conscience de ce que j’avais enduré quand bb3 s’est niché dans mon ventre … tout m’est revenu comme un boomerang, mes 2 premiers accouchements avec un JAMAIS PLUS catégorique. BB3 est né en paix, entre les mains d’une sf compétente, humaine, à l’écoute, respectueuse. Je n’ai pas accouché à l’hosto, et j’ai réellement pris la mesure de ce qui nous avait été volé, saccagé, piétiné à mes ainés et à moi … Ma grande avait 16 ans et demi …

    Alors le dire, le re dire, le re re dire …

    Ca arrive encore MAINTENANT, en FRANCE ! toutes les semaines ou plus souvent encore, j’échange avec des mamans qui ont vécu ce parcours douloureux.

  2. Salwa dit :

    Bravo à toi, à vous.
    Pour le second billet, s’il a été autant relayé, oui, nous nous sommes sûrement reconnues dedans.
    Mais surtout, pour beaucoup d’entre nous : un accouchement « mal vécu » est un moteur pour changer et faire des suivants (ou de parler à d’autres) des moments sublimes.
    Sans la naissance de mon aîné, je n’aurai pas trouvé nécessaire de changer ma façon de penser 🙂
    Merci à vous.

  3. Mélodie dit :

    Bonjour,

    Je lis vos articles en sous-marin depuis longtemps déjà, sans avoir commenté.
    J’avais un désir d’enfant depuis plusieurs années, mais mon homme et moi sommes jeunes, et nous n’avions pas la possibilité financière et matérielle (ni l’envie pour lui) d’accueillir un enfant.

    Je suis aujourd’hui enceinte de 3 mois et demi. Ce bébé était très très désiré et attendu, par tous les deux.
    Mais je n’ai jamais voulu d’un accouchement « volé ». Ma mère a accouché par césarienne sous anesthésie générale pour moi, et locale pour mon frère. Elle garde un souvenir relativement bon de ses accouchements, même si elle aurait beaucoup aimé nous avoir dans les bras à la naissance.
    Je ne me vois pas accoucher comme ça. Vos articles m’ont fait prendre conscience (bien avant ma grossesse) qu’en se renseignant bien, je pouvais accoucher différemment.

    Et c’est avec tout le soutien de mon homme, que, le moment venu, nous avons choisi de nous tourner vers une maternité labellisée « Amie des bébés ». Nous avons la chance d’en avoir une à 25 minutes de chez nous. Nous avons lu le livret de la maternité en long en large et en travers, et l’équipe nous a assuré que le personnel était formé aux différentes méthodes de gestion non médicale de la douleur, que je pourrais choisir un travail dans la position que je voulais, un accouchement sans péridurale, toujours dans la position que je voulais, que mon bébé me serait mis sur le ventre tout de suite après la naissance et que ses soins seraient différés de quelques heures,…
    On ne peut pas prévoir comment l’accouchement se passera, mais je l’espère de cette façon.

    Un grand merci !

  4. kathleen dit :

    En lisant votre article du 1er janvier j’ai tout de suite planifié ma soirée du lendemain : 22h30 « entre leurs mains ». L’extrait m’avait donné très envie de voir le film en entier, d’autant plus que je préparais moi-même mon accouchement à domicile… Bien installée dans mon canapé, ma poche des eaux s’est rompue 3 minutes après le début du film ! Ma puce est née 1h30 après, à la maison donc, et notre sage-femme aussi a été appelée cette nuit-là… J’ai trouvé le timing assez marrant.
    Bon courage à toutes celles qui planifient une naissance bien au chaud à la maison !

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