Les femmes et les enfants d’abord

Publié par 10lunes le 24 octobre 2013 à 23 h 57 dans Militer

 

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Les sages-femmes sont en colère. Toutes les sages-femmes.
Les sages-femmes sont en grève, pas toutes. Mais le mouvement s’étend.

La dernière grève de grande ampleur, c’était de mars à avril 2001.
12 ans, 7 mois et 25 jours plus tard, on pourrait copier-coller cet article. C’est juste… pire !

Les maternités ferment, les accouchements sont regroupés sans que les effectifs aient suivi. On rationne les moyens et on rationalise les prises en charge comme dans les « meilleures » usines.

Les femmes passent de mains en mains au gré des consultations, échographies, préparations (quand elles sont encore assurées) accouchements, suites de couche. Dans certaines maternités, il existe une sage-femme de tri d’accueil. Vous arrivez pour accoucher, elle assure les premiers contrôles, confirme votre mise en travail… et passe la main à une autre.

Une autre qui doit savoir se démultiplier tant l’utopique mais si souhaitable « une femme/une sage-femme » semble hors de portée.
Et si les sages-femmes tentent de pallier au mieux le surbooking des services, de temps à autre, elles échouent.

Notre système est devenu fou. Ailleurs, la périnatalité s’organise autrement, et mieux.
Sages-femmes premier recours !

Dautres savent parler mieux que moi de la réalité hospitalière. Cet ordinaire n’est plus le mien. J’ai eu la chance de voir s’ouvrir des chemins de traverses qui font mon bonheur quotidien.

Mais hors des murs de l’hôpital rien n’est simple non plus. En témoignent les nombreux rassemblements  prévus samedi pour le droit de choisir son lieu d’accouchement.

Défendre les conditions de travail en maternité ou l’exercice à domicile, ce ne sont au final que les deux versants d’une même histoire. La longue histoire commune des femmes -des couples- et des sages-femmes.
Aujourd’hui, les secondes réclament des conditions d’exercice permettant aux premiers de vivre au mieux ces moments essentiels.

 

Une pétition est à signer

 

NB: j’avais décidé de ne pas insister sur une méconnaissance de notre profession qui confine parfois au mépris… mais je tombe sur cet interview de « notre » ministre consacré à la santé des femmes. Elle réussit ce tour de force : aborder maternité, sexualité et contraception sans que soit prononcé une seule fois le mot « sage-femme ».

 

 

 

7 commentaires sur “Les femmes et les enfants d’abord”

  1. Zab dit :

    Je suis tout juste enceinte, si la grossesse tient le coup ce sera mon troisième enfant et j’ai déjà peur de l’accouchement ; enfin pas de l’accouchement en lui-même, de la manière dont on va me traiter pendant que j’accouche.
    Je signe.

  2. mta dit :

    Dommage que le reportage du Parisien soit exclusivement axé sur les coûts. Rien sur l’humanisation de la prise en charge, a peine un entrefilet sur l’efficacité de cette prise en charge et la comparaison avec les résultats de la France.
    De plus, le titre de la photo part d’un apriori négatif «à première vue, la surveillance de la grossesse en Suède est sommaire».
    Ensuite, le dernier tiers de l’article insiste sur la difficulté d’accès aux soins «normaux» par les femmes enceintes, ce pouvoir étant laissé à la discrétion des sages femmes.
    Au moins, il informe de l’existence d’un système différent du notre dans un pays «civilisé», ce qui est rare dans la presse.

  3. 10lunes dit :

    Mta, pas d’accord, le titre c’est « Suède: le suivi de grossesse par les sages-femmes fait ses preuves », et le sous titre ne fait que traduire la conviction de bon nombre de nos concitoyens. Et pour moi, cet article parle de qualité des soins et non pas des coûts. Enfin, il envisage comme normal le suivi par une SF et le recours aux spécialiste seulement en cas de pathologie.
    Reste à chacun passant ici de le lire pour se faire sa propre opinion..

  4. Sophie dit :

    Cette interview de MT et de la gynéco me fait frémir… Ce qui me fait le plus peur dans la grossesse et l’accouchement c’est le tout sécuritaire de l’hôpital… Je n’ai pas encore d’enfants mais j’angoisse déjà à l’idée de devoir me battre pour trouver le suivi et le soutien humain que j’espère pour une naissance physiologique…J’ai signé bien sûr.

  5. Eva dit :

    C’est signé. Je vous soutiens à fond !

  6. Reynaud marine dit :

    De tout cœur avec vous

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